CONSULTATIONS CHOISIES DE PLUSIEUKS MEDECINS CELEBRES. TOME SECONVi ' I lïi I j 11 rt| üH|iitijîifjj iftipîpïïpS^ 0 1 2 3 4 5 6 7 Wljil 8 CONSULTATIONS CHOISIES PE PLUSIEURS MEDECINS C^LEBKîS de L’UNIVERSITÉ DE MONTPELLIER i I SUR DES MALADIES AI GÜES ET CHRONIQUES^ - r Durand, rue faint Jacques , à faint laiîJ? Chez> &auGrilFon, ^ PI s s OT fils, Quai des Auguffins, à la SageCe. M. C C, XLTIII. 'A[vee Jf^rohation & Prmlegs du Roi. 88958 T A B LE Pes Confultations contenues dans le fécond Volume. PREMIERE CONSULTATION; ^'Vr me Dyfurie , page i Çonfultacion II, Sur une ajfeBim hypii- chondriayue , y Confulcatîon III. Sur me fièvre maligne ^ ^5 Coiifultation IV. Sur la maladie épidé- mique dAigucmortes. Fièvre maligne . .e^idémique ^ 25 Çonfultacion V. Sm un rhume de foim trine^ ' .3 Confultaiiou VL Swe une fièvre qu&tU dienne^ yy ^^4 Tms IL_ ^ TABLE Confultation VII. Sur me AffeBîm- hyJL térique, 44 Confultation VIIL Sur une Le^re , 52 Confilium IX. Dyjuria , &c. j S. TraduBion de lu Confultation précédente ^ Confultation X. Sur une fuppuraüon h roreille , avec dureté douie , - 99- Confultation XI. des ulcérés fcrophuleux'. & vénériens au palais.,. 7S Confultation XII. Sur une affeBton hyf, térique & cacheBtque , 8 k Confultation XIII. Sur une affeéîion mé-^ lanchoîique é'kyjiérique y ' 94;- Confultation XIV. Sur un fiux'hémor¬ roïdal avec enflure aux chevilles , goûte aux- orteils , jaunijfe au vifage & aux' teux , diflculté dèrelpïrer , pléthore ,.i>ou]^' donnementd’oreille, &e,. 102. Confultation XV. Sur un rhumatifl. me , avec engourdtjjemens , imtement, doreille , flkxion au' nez. , rougeur ,, dartre vive a la face , hémorrhoides „ ' ni,; Confuîtatron XVI, SUr une vérole dau-^ teufe, iiœ Confalt^ion XV I I. Sur me godé^ DES CONSULTATIONS.. iij tre a ta mqus\ iij Confulcacion XV 111 . Swr wne Colique NeŸhréüque , 133 '’ I. Mémoire. Sur les vertus admirables de la poudre de chauff'etrape[CA^cijKAVA ) pour guérir la colique néphrétique , qui fe prépare fidellement par tes fleurs P or-' talez, & Teifonniere ,, ^poticaires - Ar- tifies a MontpeîUer. rr. Mémaire. Remede pour la Colique Né¬ phrétique y 145^ III. Mémoire. Remede pour l'a Colique Néphrétique & pour la; Goûte. Confultatioii XIX., Surune gonorrhée en imagination ,, 14g’ Confultatioii X X» Sur des vapeurs convulflves , ou' plutôt épileptiques ,, 15.7 Confuîtatioii XXI. Sur un délire ma- niaque,^ Cbnfultacibii XXII. Sur une anaflarque ÿ ^75 Confülxarfon XXni. Sur une- colique Itu teftinale & hyflérique 182^ Confulcation XXIV. ^ur me fifl'ute U- chrymde commençante r§2> Confultation XXY.. Sur une goûteflereine mparfaiië^ ' îv TABLE Coiifultatîon XXVÏ. Sur une dartrê croHteufe alaface y 199 Confultation XXVII. Sur des obflruBions AU foie y& kla, poitrine , 2.04 Confultation XXVIII. Sur des fleurs bïanehes 5 , z 11 Confultation XXîX. Sur une vomique des poutmans , z 13 Confultation XXX. Sur m priapïfine prefque continuel , zi9 Confultation XXXI. Sur me jaunijfe avec piflement de Jkng périodique f zzz Confultation XXXII. Sptr me êpL lepfle, iiS Confultation XXXIII. Sur me hydre- Ÿifle afcite y 23.0^ Confultation XXXIV. Sur me gonor^ rhêe virulente, 234 Confultation XXXV. Sur me hydropû fie afcite y 23 ^ Confultation XXXVI. Sur une hemopty- fie périodique. 241 Confultation XXXVIL Sur un aflhme humide , 244 Confultation XXXVIIL Sur une moptyfie y 24 S Çon fültation XXXIX. Sur des maux ek . tête y avec engourdijfement de toutes les parties du corps , ^ 2 j(î DES CONSULTATIONS, v Confultàtion X L. Sur un refie de go-- norrhée , ^ z6i Confultation XLI. Sur une rétention dum rine, 166 Confultation X L 11 . Sur un vertige ^ 2.7 1 Confultation XLIII. Sur me chaleur dentrailles y & de poitrine y avec des boutons au vifage , 27 5 Çonfulcation XLIV. Sur une mélancho- lie jointe a la vérole , 281 Confultation XLV. Sur un tintement ' doreille y Confultation XLVI. Sur un abjc'es au col de la vejfie , 288 Confîlium XL VIL Vro agro qui peripm neumonia offeBus fuit ^ & quem nuntt fhthifi laborare fufpicio ef , Tradudîon de..la préscdente. Four un malade attaqué de péripneumonie , & qu’on foupçonne aBuellement l'être de phthijte , 962. Confultation XLVIII. Sur une fluxion. fur le poulmen y Confultation XLIX. Sur une paralyfte^ 50X Confultation L. Sur des obflruBions au tj TABLE Confultation L I. Sur me paraïy^e 311 Confilium LU. De dolore nephritm , 313 TracîuéHon de la Confultation précé¬ dente. Sur une douleur néphrétique , 310 Confultation LUI. Stu" me perte blan¬ che, Con/îiltation LIV. Sur un vomijfement de fang, 332 Confultation LV. Sur un rachitïs, 337 Confultation LVI. Sur une mélanchoUe' Avec maHvemenr involontaires, 343 Cbniîlium L V11. dyfuria cum mmorr finori , 34:9 Traduction Ae fa Confaltatîon précé¬ dente. Sur me' êyfurie avec trnneuf du firotum , 3 j'3 Confilium LV IIL _ Marcor cum dolore- membrorum, 3 57 Traduction de la Confultation précé¬ dente. Sur une maàgreur avec douleur dans tes membres , 3<$4- Confiliuna L l'X. Ox.An , five nartum ulcHS ^ 371, ms CONSULTATIONS, vij ■Tradudion ,dc la Confultation précé¬ dente. Sur un ozjène ^ ou ulcéré fèr^ dide des narines , 377 Confultation LX. Sur une dyjkrie jointe a Vafchme, 385 Confultation LXL Sur des vapeurs, avec plupeurs fâcheux fÿmptomes, 387 Confultation L X I I. Sur une perte blanche avec enflure des extrémités , 391 Confultation LXIIL Sur me mêlant choîie , 3^7 Confultation LXIV. Sur des naufées é", vomijfement , 40a Confultation LXV. Sur me infomnie avec maux ^eflomac , 40 S Confultation LXVL Sur mé douleUTj à un genouil , 414 Confultation L X V ï I, Sur une perte, blanche accompagnée de plufieurs au^ ires accidens , avec foupçon de vérole, 4 7 Confultation TXVIIL Sur une ajfeàion hypochondriaque , 42,^ Confultation LXIX, Sur me paralyfie de Hêfophage , 43 a vnjTÂBLEDES CONSULTATION SJ Confukation LXX. Sur m fcorhuty 445 Confuîtatioii LXXI. Sw un md aux TenXj Eîa dô la Tatle du- fécond Volume»' CONSULTATIONS t CONSULTATIONS C H O I S I E S DE MEDECINE. CONSULTATION PREMIERE, Sur une Dyjkrïe, N a eu foin de garder le pre¬ mier mémoire, & on l’a con-' cilié avec le fécond que l’on a reçû depuis peu. Il eft die dans le premier que les Médecins & les Chirurgiens iTavoient pas été d’ac¬ cord fur le caradere particulier de la maladie pour laquelle on demande confeil j les uns prétendant qu’il s’agif- foit d’un ulcéré bu d’une earnofité dans l’uretlire , dans le voilînage du col de la velîie ;les autres jugeant qu’il y avoir Tome IL A % Consultations choisies unç pierre ou UH autre corps étranger., dans la velEe , auquel on devoit attri¬ buer tous les accidents. On, aiïure dans le fécond mémoire que Mèffieurs les Médecins de Genes les plüs-experimentés ont éxaminé la mala- . die & les-accidents qui l’accompagnent, d’une maniéré à ne lqifle% aucune équi¬ voque dans le jugement qu’ils, en por¬ tent , en avançant avec toute certitude , qu’il n’y a ni.pierre ni autre corps étran-; ger dans la velïie -, il femble même qu’ils ont dirpenfé’ Monfieur de fe faire fon¬ der , & de fe fervir du feul moïen uni¬ voque pour fe convaincre des faits qu’ii^ prennent fur leur compte. On va fuppofer far la garantie de Melîieurs les Médecins que Monfieur- le malade eft exempt de pierre & dC' toute excroifiance &; fongofité dans la veffie, -, mais^malgré cette fuppoficion. le,-, fond de la maladie ne fe diftingue pas dânsTout fon jour, comme on va le dé-, montrer.par les réflexions fuivantes. Dans la fécondé relation, Monfieur afiure. que fa derniere . chaudepilTe a été traitée dans les réglés , & qu’il n’a f |amais eu de maladies de galanterie que-, de. cette efpece. Le fens qui fe préfents. I» i M 1 ï) FC I N s, 5 ce que Ton vient d’avancer , doit faire penler qu’il a eu d’autres cliaude- piflès, tnais non des accidents d’une cil pece difïèrente. Il reftc' donc incertain s’il n’y a- pas eu d’autres chaudepiffes qui oiK précédé celle à qui l’on attribue tous les défordres. Il eft conftant par la première rela¬ tion que la chaudepilîè dura un an êc demi ou^ environ , avant que Mon-" fieur fe déterminât à employer les in- jedions, Gii ne conçoit gueres qu’une maladie de cette efpéce , quand elle eÜ: traitée fuivant les regles,pui{ïè continuer pendant un fi long efpace de tems, à moins qu’elle n’ait porté un caraderede malignité extraordinaire , ou quelle ne foit tombée fur un fang déjà entiché du levain vénérien , ou mal difpofé d’ail¬ leurs par le tempérament Si des maladies héréditaires. On alïùre auffi dans la première re¬ lation que la chaudepille traitée félon les réglés de l’art a obligé les Médecins ^ pour corriger les accidents furvenus apres les injedibns, à fe-fervir de trois differentes cures dans trois divers tems que l’on ne détaille point ici pour ne pas îember dans de^ répétitions. Les rem©^ "4 Consultations choisies des employés dansées traitements font tirés des ancivénériens les plus efficaces qu’on donne par la bouche 5 on y a mê' me joint quelques ondions mercurielles , faites/au périnée & aux parties voifines. Cette pratique ne s’accorde point avec un traitement méthodique qui ait pré¬ cédé les iiijeétions , parce que dans ce cas-là" il feroit très-ruperflu , ou pour • mieux dire,très-défavantageux à la fan- té du malade. De ces faits il eft aifé de conclurre que Monfieur n eft point d’ac¬ cord avec la maniéré d’agir des Méde¬ cins loifqu’il dit que fa chaudepifTe à été guerie dans les formes. Pour, déveloper d’une maniéré fim- ple & naturelle l’idée qu’on a de l’état préfent de Monfieur, on croit pouvoir avancer que le col délia veffie foufFre, félon toute les apparences ^ la portion du canal de l’urethre qui l’avoifine ; ainfi l’on foupçonne un racourciftement dans une portion du col de la veffie & dans le commencement de l’urethre, & en même tems une difpofition baveufe, ou' dans une portion du col de la veffie ^ ou plus avant dans lé corps de la veffie. La précaution que prit le Chirurgien litho- £®mifte de mettre au bouc d’une bougie E Me © E C I N I. y un cerat propre à confommer la carno- iïté , & le dégagement du canal qui fui- vic cette manoeuvre , donne auffi lieu de foupçoEî«er que le commencement de Turethreell: afFèdé de quelque végéta¬ tion , ou excroifTance, ou carnofîté. Pour s’éclaircir de ces dernieres circonC- cances ^ il convenoit de faire fonder le malade , & on auroit découvert par cet expédient s’il y a des obi|acles ou non , en de-làdu fphincler, ou’vers les profta- tes, ou fi le fiege du défordre fè trouve plus loin. On demande la maniéré de traiter la dyfurie , ou ardeur d’urine , fa fortie lente & douloureuie , & fa difpofition glaireufe j mais le Confeil avouera in- genuement que la cure ne peut être re¬ gardée que comme difficile, & quelle doit être éxécutée en deux tems. Dans le premier on le propofera de changer la tilTure du fang , en le divi- fant avec beaucoup de ménagement , Sc en lui fourniiTant beaucoup de bau¬ me & d’onétuofité , pour travailler en- fuite à détruire le levain vénérien que l’on croit encore caché dans le fang par rapport aux cures défedueufes qui ont précédé , & qui font ^ en quelque ma- A iij ^ CONS^LTATIOÎÎS CHOISIES Aiîere des démoiiftracions de ce que î’oh avance. Sans cette précaution , il fcroît* lemeraire d’entreprendre le traitement -des accidents locaux, c’eft-à-dire de la carnofité dans l’urethre, ou du racour- cilïement & dans ce canal & dans le col -de la veffie. Dans le fécond tems^ayant fait précé¬ der les remedes propofés pour mettre le iang en bon état, on pourra travailler à la cure de la carnollté feche , ou à cel¬ le de la- carnefîté & du racourcillèment tout cnfemble. Pour cela on fe fervira de differentes efpeccs de bougie , faites -de cordes de boïaux , ou de toile cirée roulée. On-procurera des fuppurations, fi-on le juge néceffaire par des onguents ^>u emplâtres, que Pon portera fur les .parties malades avec des bougies. On aura foin d’employer les fondes de plomb difïèremrnent graduées,pour élar¬ gir le canal dans, les endroits où il fera îetreci. On ne négligera pas les injec» ' lions relâchantes & déterfives, que l’on fora palier dans la veffie, fuivant le be- ' ibin, & enfin on fiiivra dans toutes ces manœuvres les réglés que la bonne chi¬ rurgie de. une longue expérience dans le traitement de ces fortes de maladies ont bIe MiDÊcï^r'É; fait rêMarqaer comme les plüs furfcs, ^ les plus avatiEagéufes. On croit au refte pouvoir aiTurèt qu’on ue cônrioit quà Paris^ ou Montpellier, ou il foit ppffible de trouver des perfonnes capables de fè charger Me ces fortes de cures. Ce fera à Monfieur à prendre fon parti, fiiU vaut fa confiance. A Montpellier le 11. marsj 7 4 4, Signé, Montagks. C O N S U UT ATI O N IL Sur uns ajfeÜion hypochondriaque. L Es nouvaux accidents que Mon^ fîeur détaille dans fon dernier mé¬ moire peuvent fe réduire à des attaques de douleurs plus ou moins vives , qui tantôt ont commencé par le bras, tan¬ tôt par la jambe , pour s’étendre à là tê¬ te , dans l’eftoraac ,& âuttès parties , principalement du côté droit ; a des bat¬ tements d’artere qui fe font fëntir dans toutes les parties du co'rps , principale¬ ment dans le côté gauche ; a dès frilïbns qui fouvent deviennent les avant-ebu- * Cette confultation eftiine faite de la deri niâce du premier volume. A ny I Consultations choisies rcui's d’une fievre qui dure quelques jours ; à un ferrement qui afFede la tè- te. Ces fymptomes font fuivis vers les cinq heures du foir d’une cefTatioia , ou intermittence du pouls , d’un grand trouble à la tête , de piqueures dans les ] ambes & ailleurs, de fentiments, tantôt de froid, tantôt de chaud,dans les mêmes parties j ou un peu plus tard il furvient des êl^/ations dans le pouls , tantôt avec frïïïbn , tantôt fans friiïbn. Des douleurs dans le genre nerveux fe met¬ tent de la partie avec des fifflements dans les oreilles, & des bruits imitant celui du tambour , qui femblent avoir Icur /îege dans la tête ; une maigreur ex¬ traordinaire fe foutient depuis Içng- tem^ • mais les idées triftes , la conf- ternation continuelle , la crainte d’une mort prochaine , à l’arrivée du moindre accident nouveau, ou celle d’une mala¬ die des plus incommodes & au delTus de toutes les relîbarces humaines, & une pppofition elTentielle à efperer quelque chofe de flatteur pour l’avenir , fe fou- 'tiennent avec la même force depuis le corumencement de la maladie ; ^com¬ me ce font les fymptomes les plus inter- reffants ^ & furJefquels les remedesles B ï M E D î C I N E. ^ plus appropriés ne fçauroient agir , ils font auffi les feuls qui n’ayenc pas été fujets à des variations , & qui feront des obftacles aux effets favorables que .foii devroit attendre de la Médecine. Il eft trcs-inucile d’examiner les cau- fes de cette foule de fymptômes pré- fents & paffès J elles font toujours les mêmes, & on ne peut révoquer en dou¬ te qu’ileft toujours queflion d’une fe- chérefîè , d’un épaiffifement, & d’une fauraure dans la mafTe.du fang ^ ôc d’mi état fpafmodique dont tout le fyftcme des folides fê reffent, mais qui a porté d’une maniéré ptus marquée fur le gen¬ re nerveux & membraneux , & même fur les filets blancs qui donnent origi¬ ne aux nerfs avant leur fortie de la tê- te. Les indications fe préfentent auflî les mêmes ; on va pourtant uii peu varier k maniéré de les remplir ; ou par quel¬ ques nouveaux remedes, ou par la pré¬ férence donnée à ceux que Monfieur a le mieux rupporté. Dès que la belle faifon fera arrivéïe-^ en commencera par purger Monfieur avec la médecine qui lui a déjà été coil- feillée ôc dont il a fait répreuve^ ’ Âr *0 CoîfSTJltÂTlONS CHOISIES Immédiatement après Monfieur boi¬ ra pendant fîx matins un bouillon fair avec un morceau de jarret de veau ^ deux fcrupules de racines d^énula cam- pana concairée, deux écreviflès de ri¬ vière ctouâees dans l’eau chaude ôc ccrafées dans un mortier,^ & une peti- îé poignée en tout de feuilles de chico¬ rée amere & de fcolopendreo. On jette¬ ra dans le pot fur la fin de la co 4 ion ^ une pincée de fomraités feehes & fleu¬ ries d’hypericum». Pendant les fix matins fuivants Mon- £eur ulèra du bol ci-joînt, avalant par deflus chaque dofe une ou deux rafles dlnfufion de feuilles feehes de citronel- le préparées à la maniéré du thé , avec îa précaution_de repurger à la fin,. B & L, ^ Prenez; quinquina en poudre un Êrrir- puie ; poudre de guttete douze grains y, faflran de mars apéritif préparé à la ro- fée du: mois de maifix grains ; pilules de cynoglofle deux grains ; faites un bol pour une dbfe avec le fyrop capillaire.. On le. divifera en trois^ ou quatre pilu¬ les.. ■ ' è Ê ‘ M E g ÎÈ e I N' C- fr Pendant les fix rnatîtïs fuivants , bii reviendra aax mêmes bottillons, & toitÉ de fuite au même bol & à la même in- fufîon auffi pendant fix nouveaux ma¬ tins , réitérant la même médecine à la fin. Moniîcur boira enfuite pendant dou¬ ze matins un grand verrè , ou uirô écuellée médiocre de petit lait, qu oiî tirera du lait de chevre caillé avec là prefure ordinaire , & quon feparera pendaiît la liuic de fon frornage , en le iaillànt égoutter à travers un lingei On le clarifiera le matin avec le blanc d’oêiiî , Sc on y jettera pendant cette clârifîcai. tian une pincée de fommités de petrté centaurée, auxquelles on donnéra uné ébullition de quelles minutes avec lé blanc d’oeuf , y éteignant en mêmé tems quelques morceaux dé fer rouiliéè & rougis au féü. ‘ Suppofé que le petit lait paiîè bien, biî le continuera encore pendant dix ou douze matins , êc on pourra eiï dbiî- ùer Une fécondé prifé vers les‘quâtfè ôiî cinq heures du foif, avec la préêàiÉiôil de repurger après le terme marque pôuf- f ufage du petit lait, éc de dilïoüdré dans chaque ptife un peu de fuerey A iz Consultations CHOISIES Les chaleurs étant arrivées , ou, t* faifou permettant de recourir au demi- bain domeftique y Monfieur le prendra le matin pendant cinq jours de fuite ^ avalant à la forcie un bouillon de pou¬ let altéré avec les feuilles de chicorée âmere , ou de creiTon de fontaine. S’é- tant repofé quatre ou cinq jours,.il re¬ viendra au même demi-bain & au mê~ me bouillon de. poulet, finiffànt par la médecine ordinaire. Après une intervalle de dix ou douze |ours Cl Monfieur a bien fupporté le demi-bain , il elTayera le bain entier &.le prendra pendant fix matins , bu¬ vant à la fortieune écuellée de petit lait préparé comme il a été dit o-defiiis „ êc s’étant repofé quatre on cinq jours ,, & les bains réuififiant d’ailleurs , il les réitérera encore pendant fix autres; matins avec la prife. de petit lait à la fortie^ On èxaminera après ces douze baiiîs cqmraent le malade s’en eft-trouvé 5, & s’iravoit lieu d’être content de leur ufa- ge après, une fufpenfîon de. neuf on dix jours J. il rcviendroit denouvcan m. bain , ou au demi-bain', pendant deux leprifes. de fix jours chacune avec les DE M e d e c I n 1, îf circonftances déjà marquées ^ & on em* ployeroit le purgatif a la fia. Pendant le tem's des bains, fi Mon*" lîeur avoit quelque frillon , on lui don - neroic le foir à l’heure de fon coucher , de jour à autre , uir petit bol fait avec dix-huit grains de quinquina Ôc douze grains de poudre de guttete qu’on in- corporeroic avec tant foit peu de fyrop de capillaire. Suppofé que Monheur pallè de mau- vaifès nuks , il eft abfolurnent néceflaire qu’il prenne le loir à l’heure de fon coucher les pilules de cynogloflè , eorrimençant par quatre grains, & en augmentant la quantité par grain, juf*' qu’à être parvenu au nombre de huit. On pourroit fubftimer aux pilules de cynogloflè , la teinture anodyne de Sy¬ denham ^ commençant par huit ou dix gouttes , que l’on mêleroît avec une cuillerée d'eau ou de vin. On augmen- teroitdans la fuite la quantité des gout¬ tes , de deux en deux , ou de trois en trois, juiqu’au nombre de-vingt, vingt- cinq , ou même trente, fi le malade s’en trouvoit bien. En cas que pendant le cours des re¬ cèdes il fur vînt des palpitations, de ï4 Consultations choïsiïs cceur , & des foiblefTes ou intermittent- CCS de pouls confidérables, on fe fervi- roit durant les attaques de la potion fuivante. J V L E P, Prenez eau de mclilTe fimple trois on¬ ces ; eau de fleurs d’oranges une once j d'iiîolvez-y poudre de guttete & fuccin préparé,de chacun quinze grains; tein¬ ture de caftorcam vingt gouttes ; fyrop d’œillet ou d’écorce de citron fit drach¬ mes ; fartes-un julep qui fera pris par cuillerées. On ne croit'pas devcît confeîller des remedespour l’automne , fans avoir été informé des effets qu’auront produits ceux que l’on vient de prefcrire ; ainfl dans ce cas-là on en donneroit avis & on envoyeroit tout eafemble un précij de ces remedes. On paflè fous fllence le régime de viVre, parce qu’il en a déjà été aifez par¬ lé dans les autres confultations,. On ne lèauroit fe. laflèr d’exhorter Mônficur à s’aguerrir fur fes accidents , & même à les méprifer ^ s’il efl poflible ; ou pour le moins à. ne pas fe laîfler abbattre d’ir- 'Mû maniéré fi forte à rnèfurê ^u’il fur- BeMed-îCIIîî. ïf '^ent de nouvelles attaques ^ ou qu’il fe mêle quelque accident nouveau. La diffipation & l esercicc conviemienÊ éga^ iement. A Montpellier le 16, mars i 7 4 4^ Sigm jMontagne, CONSULTATION l I U Sitr me fievre maligne , L a maladie pour laqueRd on demaii-^ de confeil ^ femble avoir déjà fair des progrès très-cenfîderables j & lî l’on fait attention à la fievre continue accompagnée de redoublemens , à l’é- ryfipele qui a porté fur tout le viiâge ^ au gonfismeiit des amygdales qui s’eft mis de la partieà l’affe.i£rement de la tête du malade , & enfin à fon étacd’af* foup^Ülèment qui neft pas équivoque 3. puifque les paupières relient fermées ^ l’on verra qui! eft ici queftion d’une fie¬ vre putride , mais qui porte avec elle quelque chofe de fourd , ou un fond de malignité particulière. Les pullules qui fe font formées à la face^, & qui ont pa— iS Consultations cuorsifs ru charbonneufes , ceHe qui eft placés fur la langue , & qui devient noire pen¬ dant le redoublement ,, & enfin le hoc- quet que Ton remarque auffi dans le furc du redoublement, confirment ce que Ton vient d'avancer , & rendent le prognoftic que l’nn peut porter très- defavantageuxjpour ne pas dire funefte,. On ne fçaurait difcoiivenir que les ac¬ cidents que l'on vient de détailler n’^ayent été produits par on fang extrêmement feCj englué, & acrimonieux , & que cet¬ te diipoficîon des liqueurs ne Toit aélueî- iemenc entretenue par une pourriture très éxaltée , & que les premières voies founiiflènt continuellement à la maflè du fang. L’état d’aiToupilîéraent donne Heu de foupçonner un engergement des li¬ queurs dans la tête , >=/ le hocquet doit faire ei'a,i.adre une difpofition inflam¬ matoire dans, rorifice luperieur de l’ef- tornicdont les progrès relient fort in¬ certains. , ; Les vues que Ton doit avoir pour ti¬ rer tout le parti poffible de l'état pré- f, nt de Monfieur, fe réduifent à préve- nir les inondations',, ou les dépôts,dans, îes, priiivspaux, vifeeres, 5, nuis. fur-Louç. . » E M E D £ C I N E. 17 (^ans la tête , dont les parties fuperieu- res font attaquées d’éryfipele • à délayer & addoucir la maffe du fang trop fou- CTueafe -, à évacuer la pourriture qui par Ion mélange avec, le fang en entretient le défordre , & enfin à calmer , ou à faire tomber les redoublements. Lorf- qu’on aura fufSfamment vuidé la pour¬ riture furabondante , ,on fe flatte que ces indications pourront être remplies par les remedes fuivants. Les fecours les plus propres pour prévenir ’ les engorgernents du fang dans les parties les plus néceflaires à la vie , font les faignées auxquelles on a déjà eu recours , mais dont on ne fixe , poinç le nornbre , ni les efpeces parti¬ culières , par rapport aux pieds ou aux bras. Il n’eft donc permis de propo- fcr un plus grand nombre de faignées, que d'une maniéré conditionelle , ni de donner la préférence à celle .du pied ou à celle du bras , ne connoiflànt point jufqu’od on les a portées , ni leurs, effets particuliers ; ce fera à Monfîeur le Médecin ordinaire à décider fur une matière qui nous efl inconnue , Sc à Ce regler fur 1 état des forces & fur les circouftances qui accompagnent la ladie. vi’g CoNS^Ti;TÂtI'Oî« CHOîilES Il eft dit dans le mémoire qu’on a dé¬ jà fait un grand ufage des adoucifTants ; •ainfi on eft d’avis qu’on le continue , & qu’on fè fervc de la ptifane de poulet, ô . onpeut facilement avoir de quoi la faire eu bien des ptifancs émulfionnées, ou ■ des ptifanes de ris, oud’avenat. Oa eft aufli d’avis que l’on donne pour nour™ .riture au malade des crèmes de ris ou - d’avenat à l’eau , alternativement avec > des bouillons qui ne foient pas forts , •-& qui feront fots avec le poulet & la' jeune volaille. Suivant ce qu’on avance dans la rela¬ tion , le malade n’a pas encore été pur- -gé , ainft on ne doit pas perdre-un mo¬ ment pour en venir à la purgation, s’il n’y a rien qui s’y oppofe, & l’on choi- fira l’intervalle de deux redoublements' pour donner la médecine. On lacom- .pofera fuivaiit cette formule. TV RG AT 10 N. Prenez une once de pulpe de tama- -Æins *, rhubarbe concaftee une drachme j -fleurs de pêcher & de violettes de cha- •cunes deux pincées -, faites bouillir dans ;Une fiiflifante quantité d’eau de fonrai- D 1 M i 1 -K t. Î9 jïi ; mettez infufer à froid dans une li- ' vre de colacure deux drachmes , ou deux drachmes & demi, de fenné mon¬ dé ; diflolvez dans ia liqueur coulée une fécondé fois, deux onces de manrie de Calabre -, faites une potion pour deux dofeSjqui feront prîtes le matin à quatre heures de diftance l’une de l’autre. On aura foin de faire prendre un bouillon dans l’intervalle des deux ver¬ res de Jâ purgation , c’eft-à-dire deux heures après le premier & deux heures avant le 'fécond. Suppofé que le malade eût des foi- bleffes, ou le pouls abbatu, on fè fer- vîroÎE de tems en teitis entre les bouiU Ions de la potion fuivante donnée par cuillerées. J V L E F. Prenez eaux de chardon-benît & de 'bardane de chacune deux onces ; difTol- vez-y confedîon alkermes 5 c d’hya¬ cinthe , de chacune un gros ; fyrop d’œil- îets une once ; faites un julep qui fer® pris par cuillerées. Comme il eft abfoîument nécefïat- re de procurer une évacuation abondaus io Consultations choisies te , s’il eft permis de la faire ayant egard à l’état des forces , on ajoutera deux ou trois grains de tartre ftibié au premier verre delà médecine ci-delfusj on eu ajouteroit même quatre,, fi îê ma¬ lade étoit aUbupi ; mais s’il ne fe trou¬ ve pas dans cette fituation , on fe con¬ tentera de deux ou trois , &, fuivailt l’effet qu’ils produiront, on en ajoute- roit un ou deux au fécond verre , ou bien on s en difpenferoit fi les premiers avoient agi fiiffifamiUent. . Les lavements émollients 5 e' rafrai- chiffants doivent avoir, leur place. Si on le jugeoit nécefiàire , on rendroit ces lavements purgatifs, en faifant bouillir dans la décoftion la pulpe tirée d’un quarteron de cafTe en bâtons, ou bien en dûTolvant dans la décodion coulée une once de catholicum; Pendant les redoublements, fi la nc- ceflité l’éxigeoit, on auroit recoprs à la faignée , qu’on feroic plus ou moins grande fuivant les indications. Si le malade paflbit de Tetat d’aflbu- pifTement à celui de l’infomnie , on don- neroit le foir une émulfion ordinaire avec demi-once , ou fix drachmes^de fy- . rop de pavot blanc. D E M E D I C I N E. Il Le trakePxienc des maladies de cette efpece fe réduit ordinairement à purger de deux en] deux,ou trois en trois jours,. avec des remedes en deux verres, & fuivant la formule donnée ci-delTus.On - a foin d’aiguifér le premier verre par l’addition de quelques grains de tartre ftibié ; ou bien l'on s’en difpenfe , fui- vant l’abondance des évacuations, . On a confeillé de mettre du fenné dans la Kiédecine ci-delTus, parce que l’on ne parle d’aucune .tendon doulou- reufe dans le bas ventre -, mais d cette dtuatîon avoir changé ,. on retranche- roit le fenné , ou bien on en diminue- roit lar quantité , ajoutant aux médeci¬ nes la pulpe de calfe,qu’on ferait bouil¬ lir avec les tamarins & là rhubarbe, Suppofé que le hocquet fut vioJent, 5 c qu’il parût même hors du redoublement, on éviteroit d’aiguifer la médecine par le tartre ftibié. Le train de la maladie le permettant, on obferveroic’ de purger de deux eil deux, ou de trois en trois, jours avec la même médecine toute dmple & fans tartre ftibié , auffi fouvent qu’on le ju- geroît néceffaire, n’étant pas permis de fixer le nombre des purgatifs j on coii- l ^ Consultations choisies dnueroit l’ufage des mêmes ptifanes ic la meme nourriture 5 on placeroic à propos les lavements, ou la potion pref- crite ci-deflus, ou enfin Témulfion avee le calmant, luivant les variàtions des-' accidents, Suppofé que le redoublement réfiftât à-l’a<âion des purgatifs fouvent réitérés, ©n donneroit dans le tems du calme , dans les intervalles des redoublements line décodion de quinquina. Il n’eft pas permis de propofer une plus longue fuite de remedes, parce que les événements de la maladie peuvent changer tous les projets , ôc dans le fond on ne fçauroit avancer rien dans îetat où le malade fe trouve que d’une- maniéré condîtionelle. On laide à la- prudence de Monfieur le Médecin ordf- ïîaire les difièrentes modifications qu’il pourra convenir d’employer dans la difpenfatîon des remedes. A Montpellier le î 8. mars 17 ^ S^né , M O K-T A G N I. DE M e D E C I K E. îf CONSULTATION IV. Siir la maladie épidémique d’Aiguemortes. Tievre maligne èpâemique . ■^T Ous fouffigaés Gonfeillers’ Mcde- dns dù Roi, PtcfeïTe.urs en l’U- niverfité de Médecine de Montpellier nous étant tranfportés le jour d’hier ^9. de.ee mois à la ville d’Aiguemortes, & ayant viiité tous les malades le foir de: notre arrivée,& tout aujourd’hui, avons, trouvé ce qui fuit, fur environ.vingt- cinq malades que nous avons examinés. Cette'maladie commence d’ahord par- un grand froid , des maux d’eftomac, fouvent des vomilTements ou des envies de vomir, & un grand abbattement- de forces : enfuite fuccedent une »;fievre> avec un peu de chaleur, un pouls, fai¬ ble , petit, inégal, & peu fréquent, qui eft fuivi d’une douleur de côté ordinai-. nement vers le bas des côtes , que nous avons jugéetre en même tenus intérieure & extérieure. Alors il furyient de tema en tems.une toux^fans.crachat pour i’or- 14 Consultations choisifs binaire , quoique pourtant quelques înalades ayent craché dù fang ^ ainfi qu on nous la rapporté. Parmi les ma«i lades quelques-uns fe plaignent de la tête, & la plupart l’ont libre. Le bas ventre eft pour l’ordinaire élevé, & ten¬ du , & même douloureux. Les malades ont prefque tous la langue chargée , & pluiîeurs feche & brune fans être alte- • rie ; il n’y a d’ailleurs aucun change- ' ment conliderable dans les urines. Les déjedions font bilieufes & piquantes & l’on nous a rapporté que quelques malades avoient fait beaucoup devers par haut & par bas. 1 Nous n’avons obfervé des éruptions que dans trois nialades j fçavoir dans deux des parotides ,& dans un feul du pourpre rouge ; outre cela nous avons , védeux malades qui ont foulFert des hemorrhagies^onfi'dcrablesj’un par les Barines, & l’autre par le fondement. Pour mieux découvrir la nature de ce mal, nous avons fait ouvrir en notre préfence les cadavres de deux hommes, ©ù nous avons obfervé ce qui fuit. Le poulmon s eft trouvé fort adhérent des dfux côtés , tant à la plèvre qu’au diaphragme , extérieurement livide en plufieurs !>^eMedecine, l~f plufieurs endroits , enduit d’une ma¬ tière lymphatique d’un jaune verd , fort vHqueufe ; toute la lubftance du pGulmon étoit engorgée d’un fang noi- tâtreî,’& d’une lymphe épailîè de même couleur à peu près, & de même con- fiftance que celle qui enduifoit la fur- face de ce vilcere. La plèvre étoit pàrfe- mée de plufieurs points gangreneux,&en phlogofe prefque da ns toute fonétendue. Enfin nous avons trouvé dans laeavké ^e la poitrine de ces deux fujets une médiocre quantité d’eau d’un jaune verdâtre , & dans l’un des, deux de cette même eau dans la cavité du pé¬ ricarde plus qu on y en trouve ordi¬ nairement. Ayant enfuite pâlie au has-ventre nous n’y avons trouvé rien de particu¬ lier , excepté que dans l’un des deux cadavres la bile étoit verdâtre. De ce qui vient d’être obfervé nous avons conclu que cette maladie eft une fievre maligne épidémique qui por¬ te principalement à la poitrine ; & ce qui confirme cecaradere de malignité c’eft que la plupart des malades font bien-toc faifis, qu’ils perilTent en nom¬ bre , 8c qu’ils font enlevés brulquemeut Tome IL B 2(j . CONSÜITATIONS ÇHOTSIES k quatrième OU le cinquième jour de V leur maladie , quoique peu de tems i avant leur mort ils parufïent ne pas de¬ voir périr fi promptement. Ayant procédé à Texamen des caufes qui ont pû donner naifiance à cette ma- • iadie populaire , nous en trouvons trois . ' qu’on doit regarder comme générales, ' 1°. Les accès de fievre opiniâtre qui /î avoient régné l’été & l’automne der¬ niers. x°. Les mauvais aliments dont les pauvres gens ont ufécet hiver , & ; fur-tout ce carême,s’étant nourris de har ricots , de mauvaifes châtaignes, de ; merluche gâtée , de poifion Talé appelle ' ] vulgairement harençades , de figues fe- ches , &c. 5 ^. L’intemperie de l’air qui a été fort froid çet hiver & pendant long tems, A ces caufes générales l’on doit ajou¬ ter les caufes fuivantes, qu’on peut re-. / garder comme particulières aux habi¬ tants d’Aiguemortes. Sçavoir Les. raauvailès eaux, & le mauvais air du pars. 1 °. L’imprudence où font tombés., ja plupart de ceux qui ont fuivi les exer¬ cices de la^ miffion , qui, fortant des Egliffes où il faifoitfprt chaud , s’expo- pofifient fans gar^r aucune précaptipiv à i-’air froid, ' © E M S » E C I K 1. if Uon doit ol>lerver que ce qui a rcii- 4 u eacGçe cette maladie plus meuttriere , c’eft que la plûpatt des pauvres qui ont été attaqués, n<>a-feiilemeiat iront point appelle du fecours dans le commence¬ ment , mais meme ont fait quantité de remedes très - dangereux , les uns ayant pris l’huile avec le duc de rhue j d*autres du Yinalg^te, de Teau falée , des foupes fort chargées cfail , &c , Sé n’aïant voulu ni fe faire f^ùgner ni té purger. De ce que nous venons de dire, il eft évident que jufqu’à préfent cette mala¬ die a été funefte au plus grand nombre de ceux qui en ont été atteints, & qu’il eft à craindre qu’elle ne fe foutienne en¬ core quelque tems fi le froid perfiftè, 3 c fi l’on ne remedie à la nature des aliments & à la mauvaife conduite des malades, ce qui interefie le public. Pour prévenir les fuites fâcheufes de cette maladie, nous eftimons i®, qu’il faut procurer aux pauvres de bons ali¬ ments , & aux malades de bons bouil¬ lons, 1°. Qu’il faut avoir attention de leur fournir les fecours dont ils ont betbiii dès l’entrée de la maladie, les empêchant’ Bij iS Consultations choisihs d’emploïer les remedes populaires ^ pour cet effet obliger les parents des malades j & à leur défaut les proches voifîns,d’avertir Meffieursde la police, dès qu’ils fçauront que quelqu’un vient de tomber malade , afin qu’on leur en¬ voie au plûtôt des Médecins , ou au¬ tres perfoiines de l’art, comme Chirur¬ giens ou Apoticaires. 3 A l’égard du traitement nous ne içaurions donner qu’un plan général pour fervir de guide dans les cas par¬ ticuliers. On mettra d’abord les malades au bouillon, qu’on leur donnera de qua¬ tre en quatre heures pendant tout le ‘cours de la maladie , & pour boifTon ■«Drdinaire de la ptifane de capillaire dé¬ gourdie , qu’on leur fera prendre abon¬ damment. On faignera les malades dans le com¬ mencement 5 fur tout lorfque le pouls le permetcra,qu’ils fe plaindront de la dou- ■ leur du côté"; qu’ils auront difficulté de refpirer , mal de tête, ou quelqu’autre fymptôme qui demande la faignèe. On ne tirera chaque fois que cinq ou fix onces de fang ; il eft . mieux d’y revenir que de faire de grandes, faignées, pour B E M £ D E C I N E.' ^ 19 éviter l’abbatement dü pouls qui arri¬ ve facilement aux malades -, cependant on ménagera le nombre des faignees & on s’en abftiendra , lof Ique le pouls ièrafoible ou mauvais. * Le remede le plus elîèntiet eft le purgatif; il faut donc s’eii fervirle plu¬ tôt qu’il ferapoffible , & faüs perdre de tems. On donnera la préférénce à lâ manne, & à la calïè, dans quelque înfu- fioii adoucilTante & laxative , comme de fleurs de mauve , de violette , de pêcher j on joindra toujours à ces pur¬ gatifs de la poudre' aux vers , & , dans le cas ou le bas-ventre fera douleureux, de l’huile d’amandes douces. On don¬ nera ces purgatifs en lavage en deux verres & quelquefois entrois. On.pour- ra ajouter dans certains cas , comme par exemple , iorfque le bas-ventre ne fe¬ ra pas douloureux , un grain de tartre ftibié foluble à chaque verre, dans la vtie d’aiguifer le purgatif On pourra aufli employer quelquefois le fenné , mais en petitê dofe, c eft-à-dire environ deux drachmes ou deux ^drachmes & demie , obfervant d’ajouter à cette infufion de fenné demi-poignée de fleurs de mau¬ ve ou de violette, & faifint dilToudre B iij JO CoHSULTATIONS CHOISIES deux onces de manne dans le premier verre & une once & demie dans k fe^ cond. On purgera de deux jours l'un, au¬ tant qu'il .kra poffible ; & même lorf- que les forces le permettront, & que la pourriture parokra abohdante , on pourra foutenir l’évacuation du joui précédent, en faifant prendre les jours d’intervalle une legere ptikne de fenné êc de poudre à vers^ On ne négligera pas les iavements , que l’on donnera tous les jours, même de la. purgation , lorfque l’évacuation n’aura pas paru fufSfante , & les jours d’intervalle. Ces lavements feront faits tantôt iimplement avec Tèau & l’iiuile,, tantôt avec une décoétion de graine d;e tn & de fleurs de mauve , 3 c deux ou trois onces d’huiles d’amandes douces ,, tantôt avec la décodion de cinq ou Cm onces de bâton de caffe concaflee, une poignée de mauve. On donnera de tems en tems de pe¬ tites potions cordiales, où Ton ajoutera de la coraline en poudre , & où l’on a emploiera pas le mercure doux.^ A l’égard des narcotiques , on en afera febrement & en psîite dofe » E MEDECINE. 31 {*euîefflent dans le cas pu le pouls fe fôütîendïà ,Sc lorfque les malades fouf- friront des douleurs vives. Comrne lexpedoratibn éft difficile on donnera dé terns en tems du felana de baleine à là dofe d’'une deini-drach- me, ou d’une drachme y dans que^ües cnillèreés de bouillon chaud. Enfin l’on pourra ajouter quélqüefôis aux potions cordiales, vingt ou trente grains d’anti¬ moine diaphorêtiqüe , ou uiie derïiw drachme de thériaque vieille. Délibéré à Aiguemortés le 30. mars 2744. Sigfié , Hagdenot, Fixés, CONSULTATION V. Sur un rhume de fmfrine. L e rhume de poitrine hc la toüX plus ou moins fa'tîguàiïtè dont Mon- fiéur a été attaqué cet hitêr , & dône il lui rèfte encore des împreffions, ôè ceux qu^'il à efïüyés depuis quelques àil- fiées , pareillement chaque hiver , Ont été produits par la cottftitütion vicieüfe de la lymphe bronchiale,devenue grbC, Biiij yi Consultations choisies uere, acrimonieufe, & propre à s’arrêter dans Tes couloirs , à les engager , & à occanonner une diftribution gênée du fang dans les capillaires voifins des glan¬ des gonflées, & obftruées, & par ce moïen une légère dirpofition phlogtf- tique , & une fenfibilité , à laquelle on, doit rapporter les fecoulTes de la toux. Comme les évacuations de la peau à la faveur de la tranfpiration, & celles des poulmons, font extrêmement dinii- nuées pendant Thiver, les matières qui dévoient s’échapper, par ces organes fe- cretoires ^ font retenues dans le fang qui a déjà pris une plus, grande confîften? ce, en augmentant le volume, & le ren¬ dant plus falin & acrimonieux. Ges changements doivent fe communiquer à toutes les liqueurs qui compofent la maflè du fang , & cela eft arrivé d’une maniéré plus marquée chez Monfleur dans la lymphe bronchiale, chaque hk ver depuis fix années,. Pour en être coavaincu, on remar¬ quera que les rhumes de poitrine ont .pris la place d’un rhumatikne fâcheux dont Monfîeur fat faifl par l’adion d’un froid auquel il fut expofé. Il eft donc aaturel de penfer que les matières qui B E MEDECINE. 3 J Teftent dans le fang chaque hiver par le défaut de la cranfpiratioti, ont trou..' vé plus de difpofition à former un al¬ liage avec la lymphe bronchiale qu'a¬ vec la lymphe mufculaîre , qui dans le commencement avoit été dérangée par préférence. Les vues que l’on a eues dans le traitement du rhume de Monheur, ont été de diminuer le volume du làng , & de prévenir de plus grands engprgei ments dans lés tuïaux capillaires 'des poulmons, de calmer les irritations les fecouflTes de la toux , de rectifier les digeftions, & enfin de divifer avec beaucoup de ménagement la maflè dii fang,_& d’en corriger l’acrimoniedomid liante. Voici les remedes qu’on a d’a¬ bord eraploïés pour remplir les pre-i mieres indications, auxquels on joindra ceux qui font propres à remplacer ceux qui font reliés en arriéré à caeife du dé¬ part du nialade. - ' On a d’abord fait faigner deux fois Monfîeur du bras, &' on lui-' à 'fait prendre chaque'Ibir un.julép avécVqtiâ^ tre bu cinq cuillerées d’eau de lys-, & fix drachmes de fyrop de pavot blanc. Il a ufé pour fa boi^n d’une ptifahé ^4 CoNSUXTATtONS CtlOISIES: taire avec les feuilles feches de capillaîk le les fleurs de violettes infufées à la maniéré du thé. Apres les précau- «îons ,, oii Ta purgé fiiivant cette for¬ mule» TURGATtONo. Prenez moelle de cafle récemment extraite non mondée de fes noiaux deux onces j pulpe de tarharins fix drachmes -, rhubarbe eoncaflée une drachme j fleurs de violettes deux pim céesj; faites bouillir dans l"eau de fon¬ taine ; diflolvez dans huit onces de co* lature deux onces de manne de €ala- i>re J: faites- une potion qui fera prife le- înatin., Monfîeur a bu enfuite pendant dîk ^tlns un bouillon aînfl compofé., ÏÏ O V I L L oisr.. Prenez deux. éerevilTés dé rivière? étouffées dans l’eau ehaude y. Si pilées dans un mortier de marbre; feuilles de: bourrache & de chicorée Jàuvagè de: chacunes une dèmipoigiiée ; feuilles de lierre ter relire feches une pincée ; feites un bouillon avec, un, moreau de collefe de mouton». ni MEDECINE. On le repurgera avec ta même mé¬ decine y ou ici , ou dans l’endroit où il dpit le rendre. Immédiatement après Monfîeur prendra pendant douze matins sette opiate-. O F I A T E, Prenez conièrve de buglofe trois drachmes 5 aiitiheâtique de Poterius, &■ blanc de baleine, de chacun deux drach¬ mes ; conferVe d’aunée & benjoin en larmes, de chacun une drachme & de¬ mie ; extrait de rhubarbe une drachme ; faites avec le fyrop de capillaire une opiate, qui fera divifée en. douze prifes égales.. Monfîeur boira chaque matin par deflùs ta prife de cette opiate une écuèl- iée de petit lait qu’on tirera du lait de êhevre ou de vache , caillé le foir avec la prefure ordinaire ^ & qu’on féparera de fon fromage en le laifîant égoutter pendant la nuit à travers un linge, le clarifiant le matin avec le blanc d’ceuf.. On difîoudra dans le petit lait coulé un peu de fucre roïal ^ & on aura recours au même purgatif à la fin.. Suppofé <^ue Monfieut relie traiiquiL- 3 <3 Consultations choisies ie dans fon quartier apres ces remeder ;; il prendra pendant dix - huit ou vingt matins une écuellée de lait de ehevre ou [ de vache ainlî prépare. • ' Prenez douze onces de run ou Tau- ■ tre de ces laits, & douze onces d’infulîon i de feuilles feches de eapill^ke préparée | à la maniéré du thé, que vous jetterez ■ dans un vaiflfeau propre pour expofer le mélange à un feu très-doux ; on écrê- 1 mera à mefure que la pellicule fera for- j mée , continuant de même jufqu’à la diminution du quart. On dilToudra dans la préparation du lait coulé un peu dé y. bon fucre , & on finira par la même ; médecine. : * i Uautomne prochain, pour prévenir ~ j le rhume quia accoutumé de venir dans l’hiver, Monfieur reprendra les mêmes bouillons , la même opiate âvec îe petit lait par defiùs , & enfin te même lait ' coupé , avec les, précautions confeillées ci-defiiis. La fituation où Monfieur fe trouve nç. permet pas qu’on le charge d’un grand nombre de remedes. j mais, il elt abfolument néceflaire qu’il 'obferve un bon régime de vivre, & qu’il fe nour- rifie avec des. potages à la viande j dn DE MEDECINE* 57 bouilli Sc du rôti-, s’abftenant des ra¬ goûts , des falades , des fruits cruds , & de tous les aliments grolïie'rs, îndi- geftes, pu échauffants. Monfîeur boira très-peu de vin & extrêmement trem¬ pé ; & , s’ileft accoutumé à prendre dû caée ou du chocolat, il doit en aban¬ donner l’ufage , & boire à leur place le matin une infuhon de capillaire, ou une infufion de thé avec les fleurs de tuffi- lage., - A Montpellier le lo. mars 1744» êigm ,Montagne. CONSULTATION VL - Snr une fièvre quotidienne, L Es accès de fièvre intermittente de diffèrentes efpeces dont Monfieur a été fatigué depuis très - long-tems, 8 c qui fubfîftent encore fous la forme de quotidienne,doivent naturellement être attribués au caraéfere épais & vifqueux^ de la lymphe digeflîve, quî;,if aîant tra- yaillé qu’imparfaitemeiit les aliments CoNSTILTATrONy CHOrStîff ' I expofës à (bn abtion , a communiqué fés i mêmes qualités vieieulès au chyle, &r ' È ar une luice nécelTaire à. toute la maf- : du £àng avec laquelle il s’en: mê¬ lé journellement. L’état de la ly mphe digeftive, & de toute la malTé des li qu eur s ,que l’on vienc Rétablîteft démontré par les obftruc- tions que Ion diftingue dans le lobe ^ antérieur du foie „ par îa renîtence & la douleur fixe du côté droit à la hauteur des cartilages des fauffès côtespar les ■ . Tents & par les envies de vomir aux? : quels le malade efo fujet.. Les fatigues de îa guerreles blelEi* ‘ les confidérables ^que Monfieur a rç- i fucs , îè féjiour dans un pars extrême- i ment marécageux:, le mauvais airreair J & les autres aliments chargés dé fübf- i tances grolîîeres & falînes dont îîa fait | tifagc, ont agi de concert pour dé- : langer les digeftions’ Sc troubler Tcecou ; Komie des differentes dépur^ions fi néi ceflaircs à. l’entretien; dé la fanté j & comme leur impreflibn à été permanen- ; te, 5c qu’elle' a duré loag-tems:,, les i changem-cnts qut font forvenus onr été | difficiles à corriger ^ 8 c ont réfiffé àan€? i grande qua-vâté de Eienedes. dont ou ^ ' ufage;. DE Médecin;F.- Fout délivrer Monfieur des accès 3c. ^es autres accideiics; qui fout le lùjet: de cette Confultatioh , ou doit fe pro^ pofèr dé reétifier lés digeftions , de dî-- vifèr la malle du fang fans y mettre fe feu, de earriger les embarras qui fe trouvent dans le £bie ^ & de lui redon¬ ner , aulîî-bîen qu’aux autres couloirs., la liberté dé fes fonélions^ On efpere que ees indications lèront remplies pac fe moïen dés reœedes Vivants.. Monfieur ,,étant arrivé chez lui yCom-» mencera par s’y- repofer pendant neuf ©u dix feurs, après léfquels on lui ti¬ rera deux palectes de fang du bras j,.fe purgeant le lendemain, avec cette mé¬ decine. FVRGATtON^ Prenez rbubarbe èoncalTée une drach¬ me 5 . fleurs de pêcher deux pincées j;fai*- tes bouillir dans l’eau de fontaine -, in^ fulèz dans huit onces dé eolature follfe eules de fenné une drachme & demie ^ & diflblvez dans la liqueur paflee une feconde fois fyrop dé i ofes folutif une ©nce ; tartre ftibié trois grains ; faites. ^ potioii qui fera prtfe fe matiii^ 4-0 . Consultations choisies Snppofé que dans la fuite Monfieüc ne -pût pas garder les médecines en H-, j queur , on le purgeroic avec ce bol, i lui faifant boire par detlus plufîeuts caf- fes d’une légère décodion de fleurs de ; pêcher. BOL. Prenez rhubarbe en poudre une de- mi-drachme',poudre de Cornachini quin*-: ze grains -, faites un bol avec le fyrop de chicorée compofé, . Immédiatement aprèsMonheur pren- ; dra pendant neuf ou dix matins vers ' les iix heures un bouillon fait avec un ; morceau de collet de mouton , une | drachme de racine d’énula campanà" i concaifée , 5c une poignée en tout des [ feuilles de creflbn de fontaine &. de chicorée amere. On jettera dans le pot I fur la fin de la codion dix ou douze | cloportes lavés & étouffés dans le viri i blanc 5 on diflbudra dans deux ou trois i - cuillerées du bouillon coulé dix-huit ou vingt grains de tartre kalibépu martial foluble, 5c on réitérera la potion purgai tive à la fin fans vomitif, fi Moiifieuf , peut la garder,, ou à fon défaut le bol BE M ï Æ) E C I N E. .45 confeillé ci-deiTus avec la décodioii de fleurs de pêcher. Pendant tout le tems de l’ufage de cés bouillons, Monsieur boira ve^rs les dix ou onze heures du matin, & les quatre heures après midi ^ un verre d’u¬ ne décoftion faite avec une drachme & demie de quinquina, & une petite poi¬ gnée de feuilles de chicorée amere, dans une quantité fuflSlante d’eau de fontaine pour qu’il en relie deux verres, dont on fera prendre la colature aux heures marquées. Après ces remedes, s’il relie des ref- fentiments d’accès , MonlicuE aura re¬ cours à l’opiate fuivante , qu’il prendra pendant dix matins, lailTant un jour d’intervalle de tems en tems , d’une prife à l’autre, s’il fe trouvoit échauffé, & âiant foin de fe repurger à la fin.^ OPÎATE,- Prenez poudre de quinquina, & çon- ferves de petite abfynthe & de kynor- rhodon, de chacun trois drachmes j faf. fran de mars apéritif préparé à la rofée du mois de mai une drachme & demie 5 cloportes préparés, & extrait de rhu-* 4 î CoNSulTAtlOpfS CHOrSIÊS ^ barbe , de chacun une drachme -, faîtes f avec le fyrop de capillaire une opiàte | qui fera partagée en dix prifès égales. | Monfieur avalera par deffùs chaque. | prile une ou deux taflès d’infufion de ■ feuilles feches de ckrônélle préparée à la maniéré du thé. - Pendant le cours de ces remedes, > Mônheur uîera de tems en tenrs entre 1 les deux repas pour fa boitTbn ordinaire v de rinfufîon d’un noüet de fix dracftj- mes de limaille de fer rouillée dans reau :: de fontaine ; ou bien de l’infufion de la ;; boule d’acier , qu’on laîlïera dans l’eau ; de fontaine autant de tems qu’il fera i nécelTaire pour que l’infufion prenne la Couleur de la petite biérre avant de reti¬ rer la boule. , Suppofé que ces remedes n’acbevafl , fent pas d’emporter les accès , Monfieut --j boiroit pendant neuf ou dix matins les i eaux de Curenfac qu’il feroit apporter | chez lui , ou bien celles de Vie fur les frontières d’Auvergne. On àuroir foin ^ de faire dégoudir ces eaux en lesbuvant, ; difloivant le premier jour de la boiflbn dans le premier verre deux- onces de iyrop de fleurs de pécher & vingt-cinq ' gros de rhubarbe en poudre.^ ce quo» Î> F. M E D I C I N E. 45 oBfèrveroit auffi d*exécBter le dernier jour de la boiflfon dans le dernier ou pénultième verre. Pendant tout le tems des eaux Mon- fieur prendroît vers les quatre heures de haprès midi , ou tous les jours ^ ou pour le moins de deux en deux jours> une drachme de quinquina dans un ver¬ re d’eau de fontaine. Moniîeur aura foin pendant la durée de ces accès, qui viennent ordinaire¬ ment le foir,. de le priver du fouper de fe contenter ou d’un bouillon , ou d’un ris au bouillon, ou d’un potagej, ou après la fin de Taccès ,, ou pour le moins deux heures- auparavant s’il ar- rivoit dans la nuit. Il doit auffi d’ailleurs garder un régime de vivre pendant long- tems , & fe nourrir avec des potages à la viande, du bouillli & du rôti ; s’abs¬ tenant des ragoûts , de la patiflètîe, de la friture, des lalades, des fruits cruds des légumcs>& de tous les'aliments’grof. fiers, indigeftes ^ ou incendiaires. A Montpellier le 8. avril 17 4 4» Sj^né J, M O N T A 0 N E. 44 Consultations choisies CONSULTATION VIL Sur une AffeUion hyftérique, L Es pefanteurs que Madame a reffèn- ties depuis long-tems à la tête, & qui fe renouvellent encore par intervalles j les coilvulfions qui ont paru dans les differentes parties de fou corps , & qui étoient de peu de durée; les palpitations qu’elle rapportoit, tantôt au cœur, tan¬ tôt à l’eftomac ; les douleurs pafTageres dans quelques endroits de fon corps ; les gonflements qu’elle juge fixés à la tête , au col, & .même à la langue ; la difficulté de prononcer dans'certains cas; les laffitüdes dans les bras ou dans les jambes ; les agitations confidérables avec des vertiges qui s’y joignent à l’ar¬ rivée d’un bruit imprévu, ou de quel¬ que accidein particulier ; les battements légers qu’on diftingue quelquefois fur la paupière ; les petits tiraillements des levres ; les vents qui fortent fréquem¬ ment de labouche ; mais fur-tout les idées triftes ôc défagreables que ces differents, accidents excitent dans fon efprit; la DI M E B E C I N ï.' 4 j crainte de tomber dans une'apopléxie on quelqo’autre maladie fans rcflburce, ôc la maigreur qui fubfifte il y a déjà plu- fîeurs années ; tous ces accidents, dis- je; ne permettent pas de méconnoître la tnaladie pour laquelle on demande con¬ seil, & que l’on doit regarder comme une afFeâiion mélanchoUque ou yapo- reufe, & ftérique.. Pour peu d’attention que Pon fâlîè à la nature des differents fymptômes que l’on vient de détailler, mais iur-tout aux agitations, à la grande feiifibilité , & aux peines d’efprit auxquelles Madame eft devenue fiijette, fans pouvoir s’en défendre, à l’arrivée de la moindre cîr^ conftance inopinée, on conclura qu’ils loue les productions d’un fang fec , acri¬ monieux, & fufceptible de mouvement tumultueux, & en même tems de la roideur ou tènfion fpafmodique de tout le genre nerveux. Comme Madame avoir beaucoup d’embonpoint avant Ibn mariage, on juge que les grolîeiïès qu’elle a déjà e£- fuyées ont détruit le baume Sc le mucir- 1 âge lé plus fin de la maffe du fang , & que ces defordres ont été confîdérabler- ment augmentés, pat les digeftions de- 4^ Consultations choisies venues fougueufes, mais fùr-tout pa^ ies reflexions continuelles,& inquiétan-! " tes qu elle a faites fur fès incommodités, à mefure qu elles fe font développée s y & fe font rendues opiniâtres. Les ali¬ ments Jalés & épicés dont elle a abufé, ont pareillement contribué au dérange¬ ment des digeftions, & à l’état vicieux tîu chyle qui s’eft formé journellement & a- pafle dans le fang. Pour traiter méthodiquement les ac¬ cidents qui font le fujct de cette Con- fukation , on doit fe propofer de rec¬ tifier les digeftions , de rendre la maflè du fang plus fluide & plus coulante, d’en corriger la fougue .& l’acrimonie qui ont pris le deftus , d’aftbuplir le genre nerveux, & de diminuer la force & la vivacité de fes ofcillations. On efpere que ces indications feront remplies pat le moien des remedes fuivants. Il ne paroit point que la faignée fok indiquée 5 cependant s’il y avoir des marques d’abondance de fang , ou que j fon remarquât un mouvement de chaf« j leur dans le pouls, on feroit une fai-r gnée du bras, dont on fe difpenforoitû ' la malade étoit dans une fituation con^ traire, & on purgeroit de cette maniete, S> E M E D E C I N E.’ TV RG AT I O m Prenez pulpe de tamarins fîx drach¬ mes y rhubarbe conçaffée une drachme ; fleurs de mauve & de pêcher, de cha¬ cunes deux pincées. Faites bouillir dans l’eau de fontaine, & infiifex dans huit onces de colamre une drachme & de¬ mie de fenné mondé 5 diflblvez dans la liqueur palfée une fécondé fois deux on¬ ces de manne de Calabre 5 faites une potion qui fera prife le matin. Immédiatement après Madame boira pendant lîx matins un bouillon fait avec un morceau de maigre de vea,u, une drachme de racine de pivoine mâle con- caflee , deux écrevilïes de riviere étouf¬ fées dans l’eau chaude & écrafées, dans un mortier , & une poignée eh tout de feuilles de creffijn de fontaine & de chicorée amere. On jettera dans le pot fur la fin de la codion une dixaine de cloportes lavés & étouffés dans le vin blanc. Pendant les fîx matins fuivans, Ma^ dame ufera de l’opiare ci-,joiuce , ava¬ lant par defiùs chaque prife une ou deux talfea d’infufioa de feuilles fecheî %8 ■ Consultations choisies E l^ï î D E C I N S. 4 ^ ■Vin blanc , & une pincée de flears de fureau ou de tilleul, auxquels on don¬ nera une ébullition de quelques tninu- tes avec le blanc d’eeuf, y éteignant en même tems quelques morceaux de fer îoaillés & -rougis au feu ;j on -ditroudra <îans le petit lait coulé un peu de fucre îoïal, & on repurgera à la.fim On examinera avec attention TefFet de ces remedes, & , fi Madame s’eri eft bien trouvée , on lui redonnera les mê¬ mes bouillons ,& enfuitela mêmeopia- te^avec la même infufion par defîus pen¬ dant fix autres matins cbacun :; & aiant eu recours à la même médecine , on réi¬ térera pendant douze ou même quin¬ ze matins la préparation de petit la't que Fou vient de preferire , avec la pré¬ caution d’emploïer le purgatif à la fin, 5’il furvenoîc des mouvemens convutllfs on fe ferviroit de cette potion, J V L E F, Prenez eaux de mélKTe fîmple , trois onces ; eau de deurs dbranges une on- . ce , di(lblvez-y poudre de guttete vingt grains ; teinture de caftoreum vingt-qua- tre gouttes ; fyrop de limons fix drach- Tme IL C jë Gonsultatioks choisies mes ; faites une potion pour prendre par cuillerées. Les chaleurs étant arrivées, Madame prendra pendant cinq matins le demi- bain domeftique tiede , oii elle demeu¬ rera une heure ou environ chaque fois ; buvant à la fortie une ou deux taf- fes d’hifufion de feuilles feches de citro- nelle , ou de fleurs auffi feches de til¬ leul. S’étant repofee trois ou quatre jours , elle reviendra au demi-bain ôc à rinfufion à la fortie pendant cinq nou¬ veaux matins j & enfin après une autre fufpenfion de trois ou quatre jours , el¬ le reprendra cinq autres matins le de¬ mi-bain avec l’infufion. Huit ou dix jours après les derniers demi-bains, Madame boira pendant dix ou douze matins les eaux d’Amphion , mais tiedes, ou dégourdies. La quantité de ces eaux par rnatinée n’excedera pas celle de'deux pintes mefure de Paris, On dïflbudra le premier jour de la boiflon dans le premier verre deux onces de manne & vingt-cinq grains de rhubar¬ be en poudre. On en fera de même le dernier jour dans le dernier verre. Si ces eaux ne p'afloieilt pas bien, & <5u elles càufaflcht des maux de tête, ® î M e d ec i-mî, Il faudroit en abandonner Tufage, & |5urger Madame-en les quittant. L’automne -procbain on aura recours à la même médecine, aux mêmes bouil¬ lons 5 & à la même opiate avec la mê¬ me infudoii pendant deux alternatives de fîx jours chacune J. comme il a été marqué déjà ci-deîTus, & avec la pré¬ caution d’emplofcr le purgatif donné dans le même ordre 5 pour commencer après ces vingt - quatre jours le petit lait J & le continuer pendant douze ma¬ tins , repurgeant de même. Immédiatement après Madame pren¬ dra pendant un mois ou cinq femaines le lait d’âneffe entier, commeiaçant par un grand verre, 5 c montant peu à peu ju^ues à la quantité d’une écuellée. On mêlera à chaque prife une couple de cuillerées de la fécondé eau de chaux. Fpendant tout le tems du kit Mada¬ me avalera de deux en deux jours dans la première cuillerée de foupe à l’heure de ion dîner une poudre faite avec dou¬ ze grains de poudre de gutcete, & huit grains de faffiran de mars apéritif prépa¬ ré à la rofée du mois de mai. Pendant le cours de ces rcmedes , Madame obfervcra un bon régime de Gi Consultations-CHOISIES vivre , & fe nourrira avec des potages à la viande, des crèmes de ris au bouil¬ lon ou à l’eau, du bouilli &” du rôti ; elle s’abftiendra des ragoûts, des fala- des , des entremets , des fruits cruds, des légumes, & de tous les aliments greffiers, venteux ,indigeftes,ou échauf¬ fants. Elle fe diffipera par la promena¬ de à pied , à cheval, ou en voiture , par la fréquentation des concerts & des compagnies, où elle pourra s’amufer d’une maniéré agréable , & par toutes les occupations propres à croifer le penchant qu’elle a à faire des trilles attentions for les incommodités. A Montpellier le i 6 . avril 1744* Signé , ,M o N T A G N E. consultation VIII. Sur une Lepre. L e Confeil alîèmblé a vilité & exa¬ miné avec toute l’attention poffible le corps du jeune malade en entier & à nud , il a trouvé que les deux extré¬ mités inferieures depuis le haut des cuif. fès jufques aux pieds, & les deux fu- périeures depuis les épaules jufques au CE MEDECINE. ^ J poignet , étoient couvertes de dartres crouteufes, ou écaîlleufes, & blanches, qui dans difïèrents tenus, mais fur-tout dans rhiver,étoient beaucoup plus con- fidcrables, fourniiîbient de grandes fup- purations, & caufoient continuellement dans la nuit une démangeaifon infiip- portable. Le malade ell forcé quand il eft échauffé dans le lit, ou même avant de s’y mettre , de fe gratter rudement, êc jufques à faire couler le fang avec abondance ; 8c de tems en tems, Ior£- que les dartres font dans leur force, il a beaucoup de peine à étendre les ge¬ noux , les jarrets reftent un peu pliés. Comme l’état dartreux dont on vient de faire mention a été la fuite d’une mauvaife teigne que le jeune malade eut au vifage & à la tête _ peu de tems apres fa naiffance , 8c qu’elle s’eft foute - nue depuis jufques aujourd’hui, malgré Un très-grand nombre de remedes ex¬ térieurs &'intérieurs qu’on a mis en ufage chaque année régulièrement, le Confeil croit pouvoir regarder , fans craindre de donner dans des idées ba¬ zardées , la maladie comme une lepre confirmée , & comme l’e^t de la dif- pofition feche, épaifïè, & acrimônîeufe^ C üj ^4 CoNSUlTAXrONS eufoiSIES; de tout le corps de la lymphe ôc par conféquenr de toute la malTe du fang , qui peut fe communiquer fur - tout en, couchant dans- les mêmes linges, ou pair les habits. ^ " Quoique le peu de fuccès des reme- des dqa emploïés çaroiflS: exclurre tou¬ te efpérance de guérifon , le Confeil eft - d.’avis de faire une nouvelle tentative ^ & , pour parvenir à la guérifon , on va fe propofer d’entretenir les digeftions dans le bon ordre 5 , de procurer à k lymphe, & aux autres parties întegraiv tes du fang mie diviiion douce Sc mé- - nagée , de les humecïer & les adoucir , eny jetrant beaucoup de fahftances onc- tueufes mucilâgineufes -, & enfin de lecaurir au remedeTpécifique que l’ex- périenee a démontré le plus folide pour deifecher & détacher les croûtes dar^ treufes, & détruire la caufe particulière Sc cachée, à-kquelledn-doit les rappor¬ ter. On fe flatte, autant que le carede^ " re de la maladie le permet ,,que ces in~ dications. feront remplies par le moïen des remedes fuivants. On commencera par feigner incef* famment le malade du bras, & le lende¬ main on le purgera, avec une once de Jtî E M 5 D È C I N, E. 55 faîtiarins, une drachme de rhubarbe concafTée , & une demi - poignée de fleurs de violettes, dont on fera une dé- Godion, dans un grand verre de laquel¬ le on laiflèra infufer pendant la nuit à froid deux drachmes & demie defenné , diflolvant le rnatin dans rinfufîpn coulée trois onces de manne. Cette médecine fera partagée en deux verres qu’oti donnera à deux heures de diftance l’uii de l’autre. Immédiatement après le malade boi-r ra pendant dix matins un bouillon fait avec un morceau de maigre de veau ou de collet de chevreau, les cuilïès de cinq ou fix grenouilles écorchées & écrafées , une once & demie de chair fraîche de ferpent du pais coupée par tranches &' pilee dans un mortier , & une poignée en tout de feuilles de creflbn de fontai¬ ne & de beccabunga , réitérant la me médecine à la fin. Il prendra enfuite pendant dix matins îe bam domeftique tiede, ou il demeure¬ ra une heure chaque fois, avalant à b fortie une écuelle de petit lait qu on aura préparé en caillant le lait avec la prefure ordinaire, Ôc féparé enfuite de fbii fromage en le laiflant égoutter à ’C ii i|; jS CONSTÎXTATÎONS CHOISIES travers un linge , &c que Ton aura enffii .clarifié avec le blanc d^ceuf, avec la pré¬ caution de revenir au même purgatif après la dixaîne,, pour recommencer le même bouillon marqué ci-defTus, & le continuer pendant dix autres matins avec le purgatif après ce terme ^ qui fera fuivi de Fufkge des mêmes bains domef. tiques , du petit lait pendant une autre dixaine qu on terminera de même par la médecine ordinaire. Après ces remedes le malade ufera pen* dant vingt matins d’un bouillon fait avec la chair ^ le fang , le foie,&: le cœurjd’une tortue d’une grolîeur raifonnable , deux ccrevifTes deriviere étoufl-ées dans l’eau chaude & écrafees dans un mortier , & • ùne poignée de feuilles de crefTon. d*eau ou de chicorée amere. Aiant repurgé à k fin des bouillons ^ on réitérera les bains domeftiques le matin pendant une douzaine de jours ^. Ôc après une intervalle d’une disaine de jours le ma* lade boira pendant neuf matins les eaux d’Yeufet » mais tiedes ou dégourdies. On difibudra le premier jour de la boifToii dans te premier verre deux onces de manne & vingt-cinq grains de rhubar¬ be en^udre j on en fera de même le t> 1 M E D î CI Nï. 57 «fernîer jour dans le dernier verre. Monfieur s’étanc repofé une femaine, & la première boiflon des eaux aiant bien réufîî ^ ü reprendra les mêmes eaux pendant une fécondé neuvaine avec les mêmes précautions ; enfin après une interruption d’une douzaine de jours , & vers la fin du mois d’août, on au¬ ra encore recours aux bains domefti- ques , Sc au petit lait pendant douze ou quinze jours. Ces préparations aiant précédé, le malade fe rendra ici pour prendre le feul remede que l’on regar¬ de comme capable de fournir des refi- fources de quelque efficacité. Pendant le cours de ces remedes le malade gardera un bon régime de \n- vre, & il fe nourrira avec des fou pesa la viande, des crèmes de ris au bouil¬ lon ou à l’eaudu bouilli & du rôti , s’abftenant des ragoûts, desfalades , des fruits cruds, des légumeÿ, & de tous les aliments“groffiers , indigeftes, ou incen¬ diaires. Il fe feryira pour calmer les de— maiigeaifons incommodes de la pom¬ made qui lui fera donnée par un des Confultants, 'fur-tout s’il s’en trouve bien, A Montpellier îe ïz. mai 17 44. Signé , Mo N t A e M 4 . C v Consultations choisies C O N S ^ L I U M: I X.. -Byfuria-^, &c^. '» T T Rîhæ excredo ,, modb.'fïîllâtrnr. - s»- pleno canali fabta - asaliquodes: fed' rarius fangpinis- cuiui aapauco fed ffeqnendus cum multo, aadotio- permixd, incerpolatus miétiis - j 5 rn©do magis ,,iBodb- minus incommo- » d'a dyfuria j-xhordæ; a radice pénis ad- a extremum balanum tenfæ fenfado âj-modo magis modo minus ingrata ; co- a» Io£ interdum^ urihæ flammeus , iiliufl. que- multis pardçulis filamentofis &: 2» gludhofîs confperfum- fedimentum ÿ s» talîa j^ïnquam, {yjmpcomiata _,.quibus h .. pliiribus annis clariffitnus ager aâredusv ^ eft, crafTæ frefînofæ, melancholicaj^ SD làifæj fanguineæ ma(îæ- diathefî ^ ^-debili fblidorum-colii veilcæ-, illiurque;- » quorumdam. vaforum fangmneorumî Æi; varicofo contextuii,, fuos.. natales de^. ® buiiTé cenfémus . Yariarum eauiarum dbplîcisvrdîj^ » œm? felldotum tum fluîdbrum fèdulan^r bic: de: induâria, filenti» È E MEDECINE. sf praetermittimus , ut pote quæ îii aliis » confulcadonibus explanata fît. « Supra affignatis fymptomatibus » illorumque ancecedentifcfiis adjundfcis » exâûs perpenfis, co dirigendara cu- » ram præprimis ftatuimus , uc digef- » tioiium laudâbilis œconoœia fervare- » tur , ranguini débita fluxilitas ferva- » retur , nimia falfedo demuiceretur , * folidorum eollivefîcae débilitas ^va- >» ricofîa fanguineorum vaforum difîpofî- » do corrigercntur.- Prædiâis . imica.- » tionlbus lenientium , mucilasinofo- » rum ,, & bâlfaiïiiçorum remèdiorum » longo ufu in bac urbe eonlukum fuit ^ » & in futurum eafîletn indicatioiies im-, a» plere fiibfeqûentiuïn 'medicaminum* » auxUio pro vkili conaBimur. JS Redux in patriam æger per aliquof js^dies otio induîgebir , & deindedeca- j» bitur Tena cubiti & extrahentur ran'-- as guinis unciæ od?co'; per ;fex dies fin-- 3» gulo- mane capiet hoe jufculum.- ' » Semin. papaver. alb. eontus.. 8C s» in nodul. fufpens,^^. fi folior. pimpi-- 3» nelL êc cetêrac. aa. m. cunï guilL ^ gaHinae. junior;,. f., jufeulumv « Sequentt uidmuî& jufcuïlîns:' maii^ £& CoNStTLTATIOHS CHOISIES J* ^ Tamarind.. pji’g- 1* j- pulp. caC » récente extrad. &c à nucl. non put- » gat.|. ij. fal Epfon. 5- )• malv. p. M ij. bull.,in».aq. font, ad, | riij. in co- » laruE. dilîblv. mann., Calab: ij. f.. â» pot. fumenda mane, cum regimine., M. Bibét poftea per aliosfèsdies ma». » ne fùprâpræfcriptuEn jufculum^& fa- » binde uteatur æger clariffiim5& hoca P feptima matuxina balneo domeftieote- » pido per decem dies. Potabk pcÆ w egreffum libram nnam feri e lade « capriâo eum fioribus cynacæ fylvef- aatris extradi ôc parati, & fecunduœ! » artetn eîariÉcatî , addendo clarifica-. » tîonis rempote flor, gaiEi lutei p. » Interjedo uiiius bebdomadæ inter- » vallo balneum domefticum & ierum; » tadis per novos decem dies mane- »9 îterabuntur.. His rcmediis abfolutis ^ » purgabitut corpas. 9î Ineunte menfîs odobrk futuri fine ^ ^ ufum ladis afinini incipiét æger illuf- & per duos roenfes ilium fîngu- »Io mane continuabk , admixtis cuique » dofi fécundæ aquæ calcîs- cochlead-- as ribus duobus, & addito al ternis diebus. *» primo ejufdem ladis coehleaxi fequen- D 5 M 1 D E C r N R '» 'iL Carallior. rubror^ præparator. > gr. XV, lacrymar, fanguin. draeon. &: » terr. Japoiiic. aa. gr. x, mifcef. pulvis » pro una dofî. « Hora ceQæ pet duos aiSgnatos » menfes ofiàm vel cremorem aryzæ » cum la^te vacGino vel caprilio corne* » dat æger ^ futnpto laâris iiiitio & fî* » ne catbarcica jam praifcripto. Ineunte mcnfe marcio facuro feea^ » bitur ruflfus venacubitij & edecenmr »unci<2 Hovem fanguinis , exhibita » eadem potione purgance ,.^îabitur peir » decein d/ies mane hoc jufciiium. « Radie, nymph. 5 ’ vj. femini. » quatuor, frigidor. major, in iioduL ** fufpeiifor. ^ f cane, ftuvîat. in âq„ »» calii. excinét. Ôc în mprtar. marmoE. » conçus. n°. ij. foUor. fcolopendr. & » chicor, fylveft, aa. m. f. balauftioEo. » p. j. enm fruftuL carn. vitulin. f. juC- s» culuna. »» Sumetur cathartîcum jufculis finitiSj^. M & poftea ad laétis afîhini ufum màns ,»■ ad decimum ufque dicm teaü pro-- a» cedetar , obfervata , ut iam diltura » ell , cum illo aquæ fecundæ caU a* cis mixtione, fîmulque affiimpto ù~ methodo puhere fupra CONSWXTATÎO'NS CHOISIIS ' » gnato & iteraco pharmac© purgaRte » in fine,.- arToco æftatfs fuiuræ eurrîculo ai- «•ternatim adhibebuntur per deecm; »• dies mane primum jufculum Sc bal- w nea dom'eftiea cam fero ladîs poib » egreifam e balneo relidis mterval- » Iis convenientibus ^ & ira proeeden- » do lit vigihti iufeula & tocid'em balneæ » cum fero làdis- interpolare & fiiccel- » lîve capiancnr,. - - ' . M Exaduni viræ regimen oblervabie 39æger claiiffimus jlufculis- & offis ear- neis y creœoribus orizæ cum jurcul® V vel aquâ fadis . earnibus elixis & af- » faris fed boni fucci & fadlis codio- » nis vefcetur. Omnibus alimentis nL, » mio fale veî lubftantiis aromaticîsü â» çcnfperils , flatuofîs, & pardbus craf- »> ficribas onullis, vel fiomaclium quo-^ » quo modo gravantibus y vino & ii- » quoribus omnibus ardentibus abftine-- »'btt. Titabit præterea rhedaS j.curfuSy, 3> 6 c .omnes peregrinationes quæ fine’ » fuccufriGnibü& vioientis peragi mm » poiTunto. I>arum*MonrpeBidîg:iisiï^, jam •Mou ^ Ei. rssFMEiïrcî'îî' 2. TradnSüon de h Cbnjdration ÿréhsdent^i„ I A fortie de Tudi-ïe quf (èfrfcquer^ ^ quefois goutte à goutte, & très- fbavent à plein* canal 5; la fortie d’une petite quantité de cette liqueur qui eft: ' quelquefois-,, mais rarement accompa¬ gnée de lang qui fe trouve plus fou- vent dans une grande quantité d’urine une dy.fùsie tairtôt plus tantôt moins in¬ commode j: le fentiment -d’une corde: tendue depuis la. racine de la.verge juf- ' qu’à rèxtrêrnké du gland'; la couieur .quelquefois enflammée de l’urine , èc fon fédimenc parlèmé; de beaucoup de particules fîlamenteufes Sf gfuantes ; ces. accidents dis je , qui fatiguent le ma¬ lade depuis plufleurs années , font l’effet: dune dîfpofltion épaffle, téfineufe y mé- Jàncholique-, Sc falée de la mafle dit feng, ôt en même tems de, la* foiblefle du tiflu des fblides dont le eoldela veC- fie efl compofé, de la difpofition vs- Biqasufo (te quelques vailleaax fanguinsï de cette partie»» Mous nous difpenforons dé faire rcS h. Eed^-diÆ des diverfes-, caufos. élol- 6^4 CoNSTJLTATiaNS- CHOÏS-lEff gnées de ce double vice des folides ic » des fluides , parce que nous l’avons faî¬ te dans d’autres coiifultations j mais après de mures réflexions fur les acci- dens d’âne nous avons fait rénumera- tion , & fur ceux qui y étoient précé¬ demment [oints y. nous eftimons, corn»; me nous Tavons fait ci-devant ^ que l’objet du traitement doit être d’entretei- îiir l’œconomie louable des digeftions ^ & la fluidité convenable du fang, d’en, adoucir racrimonie qui a pris le defluS jj, de rétablir tes folides qui compofen-t- le col de la veiîie , & de remedier à k difpofitioii varîqueufe de fes vaifleaux- fanguins. Il nous paroît que ces indications fe¬ ront fuffifamment remplies par l’ufage des remedes que nous allons confeiller,, & que c’efl avec raifon qu’on a em¬ ployé pendant îong rems dans cette vil¬ le les remedes adouciflâiis , m.acilagi- neux ^ & baliamiques. ^Le malade étant de retour chez lur^ fe repolè'ra pendant quelques jours puis il fe fera ouvrir la veine du bras ^ d’où on lui tirera hait onces de fang ; ît prendra enfuite tous les matins peiî^ dant fis jours ie bouillon fuivant.,. de MEDECINE. <35 B OV I L L O N. Prenez graine de pavots blancs con- caiTée, & enfermée dans un noüet, une demi once; feuilles de pimprenelle & de cetefâch, de chacunes une demi-poi- ghéc ; faites un bouillon avec un jeune poulet. ' Le lendemain du dernier bouillon > le malade prendra le matin la médeci¬ ne fuivante. BVRGATÎON. Prenez pulpe de tamârins une once 5 moelle de caflTe récemment extraite , & non moiidée de fes nofaux, deux onces j, fel d’Epfom une drachme ; fleurs de mauve deux pincées î faites bouillir le tout dans l’eau de fontaine , & diflbî- vez dans huit onces de colature deux on¬ ces de manne de Calabre ; faites une potion pour prendre le matin. Le lendemain delà médecine le ma¬ lade fe remettra pendant fix nouveaux matins à l’uiàge des bouillons précé- dens, après îefquels il prendra pendant dix jours à fept heures du matin le baia Consultations chcnsïls domeftique tiede. Il boira à la forti'e du bain une chopine de ped't laie tiré du lait de chevre en le failant pailler avec les fleurs de la chardonnette , qu’on clarifiera fuivant les réglés de fart, & ; cù l’on ajoutera dans le rems de la cia- rîncation une pincée des fleurs de eaillc- îait jaune. Après une fufpenfion d’une femaine le malade reprendra le bain domeftique & le petit lait pendant neuf autres jours ^ ayant foin de fe repurger à la fin de leur ufage. A la fin du mois d’odobre prochain le malade' fe mettra à Tufage du lait : d^âneflè , qu’il continuera tous les ma¬ tins pendant deux mois , mêlant dans chaque prife deux cuillerées de là Te-. ' conde eiu de chaux , & de deux jours Tun dans la première cuillerée de laïc là poudre fuîvante. POVDRE, " Prenez corail rouge préparé 'quinze grains ; fang dragon en larmes& ca¬ chou , de chacun dix grains j faites une poudre pour une dofe^ Le malade praidra à fbn fouper pem Ü E M E D ï C I N I» cane roue l’ufage du laie d anefle, une foupe , bu une crème de ris, au lait de vache ou de chevre , fe purgeant au commencenaent & à la fin du lait avec la medecine ordinaire. Au commencement de mars prochain on faignéra encore le malade au bras , d’où on lui tirera neuf onces de fang • de après lavoir purgé avec la même mé¬ decine , on lui donnera les dix matins fuivants un bouillon compofé comme ü fuir. bovillon. Prenez racines de nénuphar fix âvachr mes ; des quatre femences froides ma¬ jeures pilées & enfermées dans un noüet une demi-once ; deux écrevîfles de ri¬ vière étouffées dans l’eau chaude , & pilées dans le mortier de marbre ? feuil¬ les de fcolopeiidre & de chicorée fauva- ge, de chacunes une demi-poignée; ba- kulles mae pincée ; faites un bouilloit avec un morceau de veau. On reprendra la médecine à la fia des bouillons ,, & on recommencerai le lait d’ànelTe tous tes matins jufqu’aii dix de mai, obfervant, comme il a étc dit d’y mâer cous. Les jouraîa feco&r 1 68 Consultations choisies ’ de eau de chaux , ôc de deux jours fuu f la poudre abforbente , fe repurgeaiit k l la fin de l’ulage du lair. ^ ? Pendant tout l’été prochain le maîa- j lade prendra alternativement le matin pendant dix jours le premier bouillon , & les bains domeftiques & le petit lait à la fortie, laiflant entre ces remedes les intervalles convenables , & fe condui- faut de maniéré qu’il prenne alternati-' vement vingt bouillons & autant de bains fuivis de petit lait. H obfervera un régime éxaél, vivant de bouillons ÔC de foupes gralTes , de crèmes de ris à l’eau ou au bouillon de viande , de bouilli & de rôti, mais de - bon fuc & ailes à digérer. Il s’abftien- dra foigneufement de tous les alimens falés , épicés, venteux , & chargés de fuc épais , ou qui pefent far i’eftom.ae par quelque caufê que ce foit ; du vin , & de toutes les liqueurs ardentes. Il évi¬ tera encore toutes les voitures & les' voyages , qui ne peuvent fe faire fans des fecoulTes violentes» Délibéré à Montpellier le j. juis î74p. Signé ^ Montagne. © E M E D E C^I N £.' 6 ^ CONSULTATION X. Sur HfiejHppuraùon a roreille , avec damé dôme. L a fuppuratîon furvenueil y a déjà quelques années à l’oreille droite , & qui, quoique prefque finie, a lailfé de ce côté-là à Monfieur une dureté d’ouic très-confiderabie ; celle qui a paru de» puis à l’oreille gauche & qui fe trouve accompagnée d’une petite carie placée à l’entrée du canal extérieur, fournillànt aéluellement un peu de pus & ayant oc- cafionné une dureté de l’ouie moindre du côté gauche, doivent être regardées comme l’effet de quelque petit abfcès formé dans le canal extérieur de chaque oreille. Il eft naturel de penler que les glan- 'des febacées qui féparent la liqueur jau¬ nâtre de ce conduit ont été naturelle¬ ment foibles, ôc que cette même liqueur devenue grolîîere & acrimonieufe s’efl: arrêtée dans Ton filtre , & y a produit quelque petit phlegmon qui s’eft ab- cedé en differents tems ^ & s’eft rendu yO CoîïSlTSyATIONS CHOISIES fiftuleux , pour le terminer prelque fans remedes du côté droit, au lieu que le petit ulcéré placé du côté gauche n'a pû encore fe delTecher par rapport à la carie que Ton touche en fondant l’entrée du canal. Comme la dureté d’oreille plus forte du coté droit & moindre du côté gauche ' îi’a jamais été précédée de tintements, ni de bourdonnements , on juge que la membrane du tambour a été aéèétée & que fa ftruéfure naturelle a été déran¬ gée ; ainfî c’eft à ce défordre qu’on doit attribuer la diminution de l’oufe. Le caraétere épais & acrim.onieuxde la liqueur Jebacée dent on vient de par¬ ler ci-defîus en fuppofe un fembiable dans la lymphe , & dans tout le rehe de la mafTe du fang, fans qu il foit permis de déterminer précilement s’il y a quel¬ que vice héréditaire qui s’y trouve ca¬ ché , & dont on n’a pas de marques cer-, raines. Pour tirer tout le parti poffible de la dureté des deux oreilles qui fait le fu- jet de- cette confulration , on doit fc propofer d’entretenir les digeftions dans le bon ordre , de procurer Une divifion douce &ç ménagée à la mafle du fang , DE M E » E C I M E. yi d*eii corriger l'acrimonie dominante , de détruire la carie & la fuppuration,qüe Ton diftiiigue fur-tout du côté gauche , & d’emporter le* vice organique que Ton a droit de foupçonner dans la mem¬ brane du t ambour des deux oreilles-. Ou fe flatte que ces indications feront rem¬ plies, autant que le progrès de la ma¬ ladie peut le permettre, en fe fervant des remedes fuivants, Mônfîeur, étant arrivé dans le lieu ou il doit faire quelque féjour , prendra pendant une douzaine de matins le bain domeftique tiede, où il demeurera une heure chaque fois, avalant à la fortié un bouirion fait avec un jeune poulet, une drachme de fquine coupée par tran¬ ches , Ie 5 CLiiflès de cinq ou ux grenouil¬ les écorchées & écrafées,& une poignée eu tout de feuilles de chicorée amcre & de creflbiî de fontaine. On aura foin de purger à la fin des bains & du bouil¬ lon fuivant cette formule. P V RG AT TON. Prenez pulpe de tamarins fîx drach¬ mes 5 rhubarbe, cortcalfée une drachme j fleurs de violettes & de pêcher de cna- 7z Consultations choisies cunes deux pincées ^ faites bouillir dans l’eau de fontaine , êc infufer dans huit onces de colature une drachme & demie de fenné ^ dilTôlvez dans la liqueur pal- fée une fécondé fois deux onces deman- ne de Calabre j ,faites une potion pour prendre le matin. Pendant les doi ze matins luîvants , Monlïeur boira une écuellée de petit lait qu’on tirera du lait de chevre caillé le fbir avec.la prefure ordinaire , & quoii feparera de fou fromage en le laiflant égoutter pendant la nuit à travers un linge , pour le clarifier le matin avec le blanc d'œuf. On y jettera pendant cette clarification. huit cloportes lavés & étouffés dans le vin blanc , & une pincée de lommités feches & fleuries d’hypericum , auxquelles on donnera une ébullition de quelques minutes avec le blanc d’oeuf^ dilîblvant dans le petit lait coulé un peu de fucre roïal. Immédiatement après , Monfieur boira pendant dix matins les eaux d’Yeu- zet, ou celles de Somaret, qu’on fera tiédir en les buvant. On aura foin de diffoud] c le premier jour d^ns le pre¬ mier verre deux onces de manne & deux gros de fei d’Angleterre, On ,cii bïMedecine. 75 fera de même le dernier jour dans le der¬ nier ou pénultième verre. Pendant le cours de ces remedes on. lavera foir & matin les deux oreilles en y injedant avec une petite ieringue un peu du remede fuivant. 1N1EC7ÎON, Prenez rofes rouges, fleurs de roma, tin & de camomille , de chacunes une pincée ; faites-les bouillir légéremenc dans une chopine d’eau de fontaine - diflblvez dans la colature deux onces de miel derNarbonne 5 faites une injeCHon pour iufage. Ayant employé cette injeéfîon pen¬ dant quelque tems, on pourra le ièrvir enfuite de l’eau de frene qu’on tirera des branches vertes dé cet arbre qu’on brûlera par un bout , ramaflànr par l’oppofé l’eau qui s’écoulera , & y mê¬ lant quand elle fera ramaflee le tiers d’eau de vie ordinaire. On fera couler un peu de cette eau dans l une des oreil¬ les alternativement, engageant le mala¬ de à refter un peu couché fur le côté oppofé. Dans le mois d’août Monfieur pourra Tome /, D 74 Consitltatioms • choisies fe rendre à Bagnols , & s’y faire donner quelques douches à la tête, obfervant dans le terns de la douche de tenir un peu de cotton effilé dans le conduit externe de chaque oreille. On ne fixe pas le nombre des douches, cependant elles n’excederont pas celui de cinq ou üx ou fept tout au plus. On pourroit tenter de feringuer un peu d’eau de la fource dans chaque oreille , & conti¬ nuer deux fois' par jour cette înjedîon , ' fi le malade s’en trouve bien ; mais on ■ Tabandonneroit fur le champ fi elle caufoit quelque défordre. Monfieur le nourrira pendant le tems de ces remedes avec des potages à la viande, dea crèmes de ris au bouillon ou à l’eau , du bouilli & du rôti : il s’abfciendra des ragoûts , de la patifiè- rie , des entremêtsv, des falades , des fruits cruds, & de tous les aiimens grof- fiers , indigefies , ou incendiaires. Il garantira Tes oreilles contre le grand froid,& l’humidité', fur-tout s’il voya-, ge. A Montpellier le 11. juin 174 4. Signé J M O N T A G N E. ^ DE MEDECINS. 7S CÔNSULT ATON XL Sur des ulcérés ferophuleux & ‘vénériens au palais. L Es uiceres qui ont paru depuis . quelque tems au fond du palais de Moiiüeur , ôc qui ont déjà fait des pro¬ grès coiifîderables , rabbaidètrsenc du voile de ce même palais fur lequel les ulcer-es ont beaucoup travaillé ,& celui de la luette qui a été forcée de fuivre fallongement du voile , de telle , forte que ees deux corps appuyant far la balê de la langue & fur les amygdales & gênaut plus ou moins la déglutition,font les elFets & les produârlons des fucs épais & âcrimonieux dont les parties font arrofées, & principalement de la ^mufcofité falivale. La grande quantité de raufcofté d’ün mauvais caradere qui fortit par le nez du malade , il y a un an ou environ, 8 c "’k perte de Todorat & du goût qui fe mirent de là partie , donnent lieu de foupçonner quil fe paffe depuis long tems quelque chofe de fourd dans les 7^ Consultations choisies lames offeufes du nez & dans la menw brane pituicaire qui les enveloppe. Com¬ me le malade a eu des glandes au col, on a lieu de craindre que le levain écrouelleux a travaillé clandcftinemenc fur les lames fpongieiifes du nez , ya capfé une carie qui a peut-être même porté fur les os palatins, & occafîonné les ulcérés qui ont percé le voile du pa¬ lais , fon allongement, la defcente & celle de la'^lueite. lîes fridions que Monlîeur a reçues la derniere fois , Sc qui avoient été pré¬ cédées par de très-longues préparations, paroiflent avoir détruit le levain véné¬ rien compliqué avec le fcrophuleux jain- fi le^Confeil ne juge pa? , du moins pour le préfent , qu’on doive s’attacher au - levain vénérien , mais feulement au fcrophuleux. On 'conviendra pourtant que l’alliage de ces deux differents le¬ vains rend la cure du vénérien très-diffî-* ■cile-, mais en abandonnant la vue de ce dernier, oiypourra mieux feconvaincre s'il conviendra de travailler encore fur îles réftes, fi tant eft qu’il s’en trouve. ^ Pour procéder avec réglé dans le trai¬ tement des accidents qui font le fujët • de cette confulration , on doit fe pro- ' Bî MïDîCINE. 7/ pofèr d’entretenir TtEConomie des di- geftiônSjde procurer une divifipn douce & ménagée à la malTe du fang de !uî redonner de la douceur &c de ronduo- iîté, de guérir les ulcères qui fe préfen- tent 5 de détruire la carie que l’on a lieu de craindre dans les lames fpongîeules & les os palatins , & de redonner au voile du palais ,& à la luette le rellort qui leur manque en les fixant dans leur première fîtuation. Les remedes que Ton va dérailler ont femblé au Confeil les plus propres à remplir ces indica¬ tions. Süppofé que le malade n’ait pas été purgé depuis quelque terns , il Iç fera avec la ^édecine ordinaire , qu’on tire¬ ra des autres confuitations;& immédia- ' tement après , il prendra pendant une vingtaine de jours un bouillon fait avec un morceau de jarret de veatï,unc drachme & demie de racine de fiquine coupée par tranches, la chair , le foie, le cœur, & le fang, d’une tortue d’une groileur raifonnable , & une poignée en tout de feuilles de beccabunga êc de ' crefion de fontaine. On aura la précau¬ tion de repurger à la fin de ces bouil- Jons. / fS CoNSUiTATIONS CHOISIES Le malade prendra enfuice pendant dix matins le bain domeftique tiede,où il demeurera une heure chaque fois, & avalera à la fortie une écuellée de lait de chevre coupé avec parties égales d’u¬ ne legere décoétion de fquine,&: écrémé jufqu’à la diminution du cinquième ou du quart. Après cinq ou fîx jours de repos , Monfîeur boira pendant neuf ou dix matins les eaux d’Yeuzec,mâis tiedes ou dégourdies , fuppofé qu’il puiffe les avar¬ ier, fans urie grànde contrainte. Oi#dif- foudra le premier jour de la boilTon dans, le premier verre deux onces de manne & viqgt grains de rhubarbe en poudrCi Onen ferade même le dernier jour dans, le fermer verre. : • Le malade^étant relié tranquille pen¬ dant une dixaine de jours,feprendra en-^‘ core pendant une fécondé dixaine lés bains domeftiques , & il-boira à la for-^ tie un bouillon fait avec un jeune pou¬ let , une drachme Sc demie dé racine ■^«ie iquine coupée par tranches , & une • poignée de feuilles de crelTon de fontai¬ ne. On finira par le purgatif. ' On éxaminera pour-lors avec atten¬ tion l’état de la bouche de Monfieur, §6 D E M E D E C I K E. 7^ îe ckaiigeraeut furvenu dans lesixlceres & dans les differentes parties du palais ^ & Cl on remarque que les chofes aient pris un meilleur train , on pourra enco¬ re avoir recours aux botiiilons de tor¬ tue pendant dix-huit ou vingt jours, & on (uivra la compofition qui en a été déjà donnée , purgeant au commenee- cement & à la fin. On pourra auffi don¬ ner durant ce même tems le foir à rheu- re du coucher une écuellée de lait de vache ou de chevre écrémé, 8 c coupé avec parties égaies d’une décodion de fquine. Mais fi,malgré lesremedes propofés ci-deffus , les ulcérés avec les autres ac¬ cidents fe fouteiioient ,ou avoient .aug-' mente, on aura foin d’en informer. Pendant tout le cours de ces remedes , on panfera plufieurs fois dans la jour- ‘née les ulcérés avec le feul miel blanc, bien choifi, qufoii étendra fur un petit morceau de linge , ou fur un petit plu- naaceau très-mince. Comme il fera dif¬ ficile que le plumaceau ou le linge avec le miel tiennent bien, on réitérera fou- vent le panfement, ou bien on frotte¬ ra les ulcérés avec le miel tout fimple- So Consultation s choisis On fe fervira en même tems de Tean de Balaruc pour gargarifer une couple de fois par jour j on pourra même e feringuer par les narines,mais avec dou¬ ceur , ou bien en faire refpirer par le malade , afin qui! en palTe par le nez. Suppofé que les eaux de Balaruc ne produifent pas un effet alfez avanta¬ geux , on pourra employer à leur place le gargariie Imuivant. G ARG ARIS ME. Prenez des feuilles de crpllon de fom taine & des fomœités de ronces, ou à leur place des feuilles de vinca pcrvm^- CA, de chacunes une bonne demi-poi¬ gnée ; .^d’^écorce de grenade concalTée demi-once; de balauftes & de rofes rou¬ ges dé chacunes une pincée, dont on fe¬ ra une décodion dans la quantité d’eau néceflàire pour qu’il refte une livre de coiature, à laquelle on ajoutera quatre onces de gros vin rouge, dilTolvant dans le mélange deux onces du meilleur miêi blanc & deux onces de teinture de lac- ^que, ou à fon défaut pareille quantité d’eau vulnéraire. Ce gargarifme fera mis en ufage en le faifant tiédir à mefure qu’on voudra l’employer. DE M E D 1 C I N E. §I ^11 auraikfoin plufîeurs fois pax jour 'de relever la luette & le voile du palais avec une petite fpatulc. On aura aujE recours une ou deux fois par jour à la poudre füiyante, que l’on portera fur la luette & le voile du palais avec la même fpatule, laiflant cette poudre attachée aux parties , & retirant la fpatule. PO V DRE. Prenez d’amidon , de balauftes en poudre,& d’antimoine diapborétique,de chacun deux drachmes, dont vous com- poferez une poudre. On pourra dans la fuite fe fervir de la poudre fuîvante à la place de la pre¬ mière. . AVTRE POVDRE. Prenez de tutie bien préparée, de ca¬ chou brut réduit en poudre, & de co¬ rail rouge préparé , de chacun trois drachmes ; d’a um de roche réduit en poudre,une drachme, que vous mêlerez exadement eniemble pour former une poudre. i On obfervera de fe fervir de ces dif¬ ferents remedes alternâcivement,& non D V 8 l CoNSFLTÆTÏONS CHOISÉES tout à ta fois ; & après différentes teiï- tatives ^ on donnera la préférence à ceux qui paroîtront les plus utiles. - A fégard du régime de vivre, Mon- fîeur s^en tiendra à celui qui lui a déjà été prefcrit dans les autres confuira-- îions, donnant avis de tenis en tems. de fon état. A Montpellier le 13.juin 1744, , M O N T A G N E. CONSULTATION XII. une àffèBion hyflerique & cacheÜiqm^ D Ans la relation, qui nous a été comv; muniquée on ne dit rien fur les difpofîcîons du fang de la famille dont Madame eff fortie4 ainfî on laifTe indé¬ cis fî elle a hérité de quelques difpofi- tions fcrophuleufes, fcorbutiques, ca- cheétiques, &c. On aifùre dans cette meme relation' que Madame a des obftruétions dâiis le bas-ventte , qu^on a diftinguées claire- snent en les touchant 5; mais on ne déter-^ laine pas quels font les, vifceres aâèéiés % DE MEDECINE/ 0y on avertit fimpleanent que dans certains tems elle couchoit avec peine fur les côtés, mais fur^tout fur le gauche. La fteriîité dans laquelle Madame eft tombée , & la fuppreffion ou. petite quantité de fes écoulements menftruels, qui ne paroiflent que très-rarement,dont lient lieu de foupçonner quelque/vice local dans la matrice -, ainii il auroic été convenable qu’un accoucheur expéri¬ menté, & bon anatomifte ^eût examiné avec attention l’état de ce vifeere j '& qu’on eût-eu la précaution de nous en informer. Dans l’énumeration des remedes qu’on a employés pour le traiternent dé Madarhe J on parle du mercure :& des pilules de Belofte , dans lefquelles le mercure entre très-certainememenr. Lei praticiens les plus expérimentés regar¬ dent ce remede comme fpecifique peur' les maladies-de galanterie^ On aîièu de foupçonner que l’époux de Madame en a été attaqué ou avant , ou depuis foii mariage , & ipi en avoir communiqué des impreffions qui éxîgeroient Fufage de ce fecours. Dans cette fuppofition , il' auroit été nécedaire qu on eut expliqué les accidents de galanterie de Monfietîr D'v| 84 Consultations choisies leur traitement, ceux dont il avoir fait part à Madame /Se la méthode fuivie dans la cure. Comme on eft perfuadé de l’habile¬ té & de l’experience de la perfonne qui a dreffé la relation , on juge que fi les ces accidents, dis-ic; font les produc¬ tions d’un fàiig^fèc 5. épais , & acrim©^»/ 204 Consultations choisies La conftitution vicieufe des liqueurs que Ton vient d’établir , & qui étoit at¬ tachée au tempérament bilieux , fenfi- ble , & plein d’ardéiir & de feu, du ma- iadCj, a été extrêmement augmentée par foii intempérance dans le boire & le manger, dans le commerce avec les - femmes , par les fatigues outrées de là chalïe , & par celles qu il s’eflr données fans aucun ménagement pour fuivre les événements, de fes affaires domeftiques. Le flux üémorrhoïdal extrêmement abondant, en diminuant brufquement la quantité du fang néceffaire pour les . fonctions de la vie, en a troublé l’oeco- ' nomie > Taffinage qui doit fe faire jour¬ nellement de la maffe du fang dans le fyftême vafculeux a été dérangé ; les digeffions font devenues imparfaites, & félon toutes les apparences la feparation de la . bile dans le foie n’a pas été libre\ comme Tiétere , Sc la couleur jaune du vifage le prouvent évidenîlnent» Les changements furvenus dans les. fluides ont porté leur impreflîon fur les foli- des , qui ont perdu leur foupleffe, & font tombés dans un état de roideur ou tenfîon fpafmodique,. Il neft pas également aifé de déter* »s Medïciîte, 105^ toiner fî les deux gonorrhées viruleii- fes dont Monfieur à été attaqué autre¬ fois , n’ont pas influé & n’influent pas encore dans le dés^elopennent, & l’o- pinârreté des fymptômes détaillés ci- deflùs , parce que l’on ne connoîc point les remedes emploies pour le traitement des deux maladies de ga¬ lanterie , ni quel a été leur caradtere. On ignore fl elles font tombées fur les bourfes ,, fl elles ont été accompagnées d’accidents violents ^ fl on les a fuppri- mées par des inledions, fl on s’eft fervî de remedes convenables-, fl pendant leur ufage le malade a gardé le régime de vivre néceffaire pour que les fecour& travaillent folidement fur la-caufe^ En attendant dTautres écTairciflements', fl on juge à. propos de les' donner , le Confeil croit que,pour fliivre les réglés de la bonne pratique^on doit fe propofeir de reélifler les digeftion', de divîfer la mafle du fang fans y mettre le feu d’en corriger l’acrimonie qui a pris le deflüs , & de:, redonner au fyflême des fciides. k fouprelle qui fui manque. On efpere: que ces indications feront: ïempfies pat le moien des remedes fuii- €ôksultatiow« choisies Suppofé que le flux; 'hémorrhoïdà!: ïi’exifte pas aduellement, on commen¬ cera à; purger. Moiifîeui fuivanc cetce- forraule.-- ■ EU R G AT 10 M Prenez pulpe dé tamarins une oncc^' inoëlle dé calfe récemment extraite, & BQU mondée de Tes noiaux deux onces"-- riiubarbe concaflee & feï d’Epfom dé; cbacuii une drachme v fleurs de mauvé:' de, pêcher, de. chacunès une demi- poignée; faites bouillir dans l’eaudê fon¬ taine dîflblvez dans une. chopine de- ccslature deux onces & demie dé man- . ne; dé Calabre ; faites une potion pout: ^lîx dofes , qui ' ferontpriles de matin îaîflànt entre elles, deux heures d’inter— Valico Mais il en- recevant cette Cônfaita^-. Hon,, Ip malade avoit fon flux hémor— îhoidal, on attendrok qu’il fût fufpendu ;; ôn pcurroit rnêmé faire une pecite lai— ' gnée du bras, II on la jugèoit néceflaire,. jLÎna , foit que l’on purge , foit que l’on .' ïenvoïe la purgation, on donnera pen¬ dant. dix; matins un bouillon fait avec.: .ma.jéwnê-’pQ.ukt. ^ leseuiilès dé quatre.:0a-r ' JJX' M"e B E C Î N I; ÎÔ7 dnq’grenouilles écorchées & écrâfees ^ ^eux- écrevîfTes de rivierè étouffées dans rèau chaude & écrafées dans un mortier, & une poignée en tout de feuil¬ les de pimpinelle & de millefeuille, Sc de fommités d’orties gtiéchès, fe fer¬ rant de la liiédecine confeillée ci-dedus ■ à la fin,. ' Pendant les douze matins fîiivants 3, Monfîeur boira^aine-écuellée de petit' Jàit qu on tirera du lait de chevre ou de vache caillé le foir avec la prefùre^ ■ordinaire , 8 c qu’on féparera de fon fro¬ mage en le laiflant égoutter pendant la-, nuit à travers un linge , pour le clari-- fîer le matin avec le blanc, d’œuf. On ‘ y jettera pendant cette clarification une ’ ■pincée de fommités feches & fleuries- d’hypéricum , y éteignant en même" îëms quelques morceaux- de fer -rouil-- ll's & rougis au feu,.. On difloudra dans:.i lè petit lait coulé deux cuillerées de fuc^ d’orties bien dépuré un peu de fùcre-' roïâl, Tepur|eant. à-la fin avec le me rernedl. ^ Gn pourra' tenter enfuite' pendane: îîeuf matins le demi-bain 3,. & mêmffî dans la-ifuite le bain domeftiqae entier ^ âlié"demi=^aüiïéüfEt.ç.où'ie rmiade-dd»' io8 CoNStîLTÂ'noîrs cîtoisîeî nieutera une heure chaque fois, ava-^- lant a la fortie unt bouillon fait avec uu jeune poulet, deux écrevilTcs , Ôr une demie poignée de fommités d’orties gtiéches. Gn aura foin de faire tenir les pieds hors du bain , par rapport aux leaeres attaques de goutte qui ont para autrefois^ Si ees remedes jnr eunn bon fticcés ^ qu’il ny ait point d’enflure marquée au pied , ni d embarras dans le bas- ■¥entre,.cu la poitrine , qurpuiflènt s’y ©ppofer 3, Monflêur prendra pendant ' neu f jours les eaux de Cranfac, ©u celles de Vie , mais tiedes ou dégourdies. Oa difloudra le-preçnier jaur de la boifloa dans i'e premier verre: deux onces de- manne & une onœ de fyrop de rofes- fokîdf • on en fera de-même-le dernier |0ur dans le dernier ou pénultiémeverrew Oivexatminera lequel de ces deux re- medes a p-aru leplus favorable-, & ,après quelques jours de repos on réitérera©a îes bains,, ou la boi(rQadeseaux.,iaver les mêmes précaurons , fuivant que- Fon. croira devoir donner la préféren¬ ce à l’un ou à l’àutreo,, L’automne prochain , Monfleur res* fxeoditâ pendant dix. malins, les. pre-r 9 % M S' » ï C T N tf. î<5^ ïnîers'bouillons conlèiliés ci - deflus 3, auxquels on ajoutera une douzaine de cloportes en vie quon aura lavés Ss ccouiTés dans le vin blanc y& d’abord après la même préparation de petit lais avec les mêmes précautions pour le purgatif déjà prefcrites pour le premier uTage de ces remedesî Suppofé que le petit lait ait bien paC. fé , & qu’il n’y ait ni obftruétion dans le bas - ventre ni enflure aux jambes qui méritent attention, on aura recours d’abord après au lait d’àneflè entier, que Monfleur boira le matin , & qu’il con¬ tinuera pendant une couple de mois , ill’eftomac s’en accommode, rnêlant à. chaque dole. deux cuillerées de la fecon-- de eau de chaux» Le lait du matin aians bien pafle, pendant une dixaine de jours,, îe malade mangerait le foir à l’heurç de Ton fouper ou un. ris, ou un avenat, ou une foupe, au lait de vache ou de chevre , fe purgeant, a la fin avec la me- me médecine. On a'oucera de deux en deux, jours à îa première cuillerée du. lait du matin mie poudre faite avec vingt-cinq grains de corail rouge préparé , & douze grains 4 e-cachou brut léduit en poudreu ITO CÔNSyflT'ATTbm- CHÔÏSÏES- On poLirroit au refte quand le maîa-i- de fera, préparé emporter avec lè fer. rhemorrhoïdè qu’on a remarque four=- nir beaucoup de fang, puifqu elle pa— roîc lorfque le malade va au baffin ^ s^il s’èn préfentoic. quelqu’autre ou fe.-? fêrviroic de la même opération. Durant l’biver j.Mbnfîeur uferà de tems à'autre 3,.ou le foir ou le matin du lait de vache en guife-d’aliment, &' trois fois la femafne dans la première * èuiiierée de foupc a Tiieure de fan dî¬ ner, du fafE'an-de mars apéritif pré'-" paré à là rofée du mois de mai la . dofe dé huit -OU dix grains. Pendant le cours de-, ces remedes g, Monfieur doit fe nourrir avec des po¬ tages à la viande , du bouilli & du rod y, s’abftenaot des ragoûts ,^^d& là friture ,, de la patiiïérie. ^ des falades, dés fruits- cruds, & dè tous les aliments venteux^, groiïïers 3 Jndigeftes-,.ou échaupàncs# ïî s’en tiendra à une maniéré de vicf très-frugale, boira. très-peu de vin ôc" extrêmemèm trempé ; •&, s’il paiîojtder mauvaifes-.nuits , on lui donneroit le;’: &1C 5,,„ou Ib fyrop dè*:'pavot blanc avscs dèuxoM-troii.cuiileréesid’eaü-de.pjanciiivs' V ç M e'd e c; I K- Ei, ■ ïa 0U îès gouttes aaodynes de SydenEam j., ou les pilules.de cyiioglolTe,- A ^Montpellier le juin 1744,. Signé M O N -T A s N K. CONSÜLXÀTI-ON- XV..:- ^ m rhumatifme , avec engourdïjfements tinîemênt doreille , fluxion au nez,, rou^ - geur , dartre, jvivje a la face , hémor^.- rhoides^. E rhunîatiiîné dont 'Madame-a été' • affligée peu dé tems après quelles réglés ont difparu ': lés engo.urdiiièraents- de differentes parties du corps y,qui lui ont fuccedé qui fe font fentir fur— , îout“à::ià tête, avec des tintements d’o— 'reille ; la ffuxion qu’elle? a au. nez? puis une de fes couches ; les ■ rougeuîss & la dartre vive dé la face & enfii!:? lés violentes attaques d’hémorrhoïdes ^, reconnpiffent pour câufes fépaîffiflè— ment-, la fecEerelTe, &: racreté, des li¬ queurs ^ . rabondance: du fang , & uner' trop grande fenffbilité & tenfion dans.- le genre nerveux,, Ea - nature particui- liere det toutes - eeS'ffndifpofidons- dé— fmcnîrê:. le.- eâraclere; qqe- ao.us. établi!^. 'élï CoKSUlTATIONS CH^rsiÊf fons dans la raalïè des humeurs , Si prouve claireraenc, que les fucs lym-r phaîiques en ont reçu une impreffioiî rrès-forte. Quoique le mémoire qu’oie nous a communiqué lailïe quelque choie à delTrer fur-tout ce qui a piécé- dé ^ & ne nous inrtruife point alTez des:- eaufes éloignées qui ont pu delTecher le faiig J & le rendre acrimonieux l’on en: découvre trois qui ont produit ce fâcheux effet j fçavoir le tempérament vif & fec de la malade naturellement propre à faire prendre aux liqueurs cette . tournure vicieufe , les, groflèfles & les- couches nombreulês ^ fo-it bonnes foie mauvaifes, qu’elle- a eiTuyées, & qüL ont dû nérc{r.iîrement répuifer , 6e pri¬ ver le fang de la partie ondueufe balfamiquê , & enfin la terrible épreu¬ ve oi elle fut mife l’a^nnée paflee par¬ la perte de Monfieur. fon fils aîné ^ qui ^ |ettanc un dérangement général dans' rœconomie des -folides & des fluides,, a agité- irrégulièrement la ma-ffo de ceux- ci 5,& en a diflîpé Les parties-, fereiifes . & volacileSo: - • • Pour ce qui concerne la tr-dp.^ grande^ quantité du iang ,,eUe eft ici b'enconf- tàtée par k conftitution phléEoriqiie D E M 1 D E C î N ïr î î f ûiiguîne de la malade par les- réglés abondantes qu’elle avoir autrefois ; par les pertes confidérables qui fuivoient fes^ couches, fans que cela les rendît plus fâcheufes ÿ & enfin par les fymptômes qui font fut venus , ou, qui ont augmen¬ té, depuis que l’écoulement périodique a eeflTé , comme boutons , rougeurs à la face y hémorrhoïdes. Enfin Tirritation & l’ébranlement du fyftême nerveùx qui conftituent ici des vapeurs naiilantes , font bien prouvées par l’attention que Madame fait à fcs maux , par la fraïeur extrême qui lui fait craindre un acci¬ dent finiftre, fans que Ton voye un fon- demerit folidc de cette crainte , par les tintements d’oreiile,& autres circonftaa- ces. Cet état des nerfs & de tous les fo^ lides dépend des caufes déjà énoncées qui ont defièché & appauvri le fang, & aînfi roidi & tendu les filets nerveux.. Les chagrins fur-tout furvenus dans le tems de la ceffation des réglés , ont eu îa principale part à cet effet. A tout ce que nous venons de dire^ nous devons joindre le vice des digef- tions , le grand nombre des gtoiTeifes,, la pléthore , îa tenfion des nerfs, 6c le mauvais caractère des liqueurs j, aiani: 'sr4 Consultations choisies; dû de touce néceffitéintcreflTer l’eftomas" ’ &- les fucs digeftifs ; & les rougeurs auî Tifage avec la fatigue que Madame- éprouve après le repas, nous indiquenc: que la digeftioii eft précipitée: 8c tumuU uieufe & que fon ceconoraie' naturel* îe eft troublée. . ' ' Toutes ces caufes étant étabiies ,,11- •fera aifé de déduire en particulier teus^ les maux qui affligent Madame j.. de la-, diftention ôc engorgement des yailTeaux: %mphatiques des parties membraneu- fes, ou des ctmloirs cutanés par des fijcs englués & acrimonieux :,dela corn- ,preffion que foufSrent en conféquence’ les vaiffeaux fanguihs , déjà furchargés- d’un fang fuperâu j.ûonî rîfiûe ordinairr Sii: fermée ; du plus grand abord de ce; fang vers les arteres & veines hémpr- rhoïdales ,,,qui ne lui permettent pointr ane libre fortie ; de la cqiigeftion de ce^ , même fang vers les parties, fupérieufes'i; êc enfin dés fecoafies irrégulières deS'^ filets nerveux. ■ Le mal ^.tel qtfil eft aujourd’hui,, ne' préfente rien de fort dangereux, & qui' puitïè porter coup à la durée des joursi de Madame 5 'il fera rébeliè ^ difticite' à. détruire 5 , L’expériencet'nous âppre?. © E M E D 2 C î N F. Tlÿ:’ Ifraiit que tout ce qui eft rhumatifanc dartreux , ou vaporeux , réfîfte affèz'. opiniâtrement aux remeàes; ron croit: cependant pouvoir fe flatter d’adoucir infiniment toutes ces incomn;îodités^, ôc d’en obtenir même à la longue une guérifon parfaite.. Pour atteindre à ce but 5,. les indica¬ tions que l’on a à remplir ^^font de tenir les digeftions en réglé , de donner à, toutes les liqueurs leur fluidité naturel¬ le , fans y jetcer la fougue & Pincendie 3. d’en émouifer & d’en temperer l’acre-, té , de diminuer le volume du fang ^ ' d’eir empêcher le trop grand abord ver^ la tête, ôc de rendre les filets nerveux, ■ Couples & flexibles. Le Coirfeil foufligné ëfl: unânîme- ment convenu de fatisfaire k toutes^ ees vues par les remedès fuivahts.. L’on commencera d’abord par tirer à la malade deux palettes de fang da pied. Si cette première faignée la fou» lageoit notablement, en en feroit une: autre du bras le lendemain. On pur-^ gera.apès avec la médecine fuivante. P V .RG AT 10 N.. Prenez, moaile; de.caflè: récemiflenè: î ï Consultations choisies extraite une once & demie 5 fleurs de mauve & dé pêcher, de chacunes une dcmi-poignce ; rhubarbe choiiie & con- caflee cryftal minéral ^ de chacun une drachme ; faites bouillir légère¬ ment dans une rufiifante quantité d’eau de fontaine 5 diflplvez dans douze on¬ ces de colature , trois onces de manne de Calabre j mêlez,& faites une potion, pour deux dofes qui feront prifes le matin. Madame prendra enfuite tous les ma¬ tins pendant fix jours le demi-bain do- meftique d'eau tiede où elle reftera une heure , & au fordr elle avalera un bouillon fait avec un jeune poulet, les cuiflès de quatre ou cinq grenouilles, , une écreviflè de rivïere lavée au para- vant & étouffée dans Peau chaude , une drachme de racine de pivoine con- caflee Sc une poignée de feuilles de chicorée amere de jardin. L’on ne doit ajourer les grenouilles & tout le refte .au poulet, qu à.ia derniere heure de la '^coétion. Madame ufêra après pendant cinq fours des eaux de Vais afïbiblies, en j ajoutant le tiers d’’eau commune. Elle cnavakra tous les matins douze verres. B E MEDECINE, llf ôbfervant d’ajouter au premier , le pre¬ mier jour, deux onces de manne , de même que dans le dernier du dernier jour. L’on examinera ii les eaux ne por¬ tent point à la tête , dans lequel cas ou en fuipendroit l’ufage, & on les ren- droit enfuice purgatives le troifiéme jour avec la manne. L’on réitérera en¬ core deux fois alternativement les bains que l’on prendra en entiers, fi la malade les fupporte, avec le bouil¬ lon par delïlis, & les eaux minérales. L’on ajoutera aux fix derniers bouil¬ lons cinq à fix cloportes lavés & étouf¬ fés dans le vin blanc. Après quelques jours de repos, Ma¬ dame avalera pendant douze jours cha¬ que matin, un grand verre de petit lait, tiré du lait de vache ou de chevre cail¬ lé avec ta prefiire ordinaire , qu’on fé- parera de fon fromage en le laifiànt égoutter à travers un Unge,,pour le cia-* rifier d’abord après avec le blanc d’œuf. On y fera bouillir pendant la clarifica¬ tion , une bonne pincée de feuilles de fumeterre. Après-le petit lait. Madame fe purgera avec la médecine ordonnée, & pafièra tout de fuite à l’ufage du lait ^ âneire,qu elle continuera jufqu au mois ’îlS CoKSÜLTATIONS_, CHOISIES de janvier. Elle en prendra cTaborâ le matin une écuelléej quelques jours„ ■ ,| -après .. Cl elle le fupporte bien , on lui 1 ■en donnera le matin ôc le Ipir,, aiant 1 •foin alors de fouper vers les fix heüres avec une crème de ris à l’eau au bouil¬ lon ou au lait de vache , ou un avenat, ©U une foupe ordinaire. On ajoutera au lait d’ânelTe une ou deux cuillerées de la fécondé eau de chaux , Sc pendant • tout le tems de fon ufage , l’on prendra trois jours de la femaine une poudre compofée avec dix grains de cachou brut, douze grains de coraux rouges ‘ préparés, autant d’ieux d’écrcvilTes, & •de poudre de guttete. Pendant l’hiver , Madame prendra le matin une tdffe d’infiîhon de mé- ■ liflê-ou citronelie,-faite à la maniéré da ' thé, avalant akernativemenn pendant , ûx jours vingt grains de poqdre, de guttete, ou neuf à dix grains de faffiraa de inars apéritif préparé à la rofée du mois de mai , la première le matin & la dernicre dans la première cuillerée de foupe. Au .printemps prochain , fon fera «ne fa%née du bras à Madame ( ce fe- - cours doit être emploie cet automne. ® î M S 3 > £ C î-îT êc méirs plus fouvent, fi i aboodancÆ ) du faug pxenok le deflus. j Uon xepur- gera Madame, elle reprendra les bouîl- Ions,&le petit lait dans lequel on étein¬ dra trois doux rougis au feu, demême que dans celui de l’automne, ce qa’cia .avoit oublié de marquer. Elle paflera ièniuite à l’ufage du lait de chevre^^ . quelle prendra mêmedeux fois le jour, éc qu’elle continuera long-tems, fe pur- îgeant ap/ès. Dans les chaleurs de l’été •die reviendra aux bains êc aux eaux minérales. La malade dok manger peu, s’abfte- mir des ragoûts, fritures ,pacii΀ries^ -& de tout aliment de haut goût, fe nourrir de crèmes de ris , d’avenat,de rôti, de bouilli, de poiffon frais de ri¬ vière cuit fur le gril ou préparé à i’eau & au fel, & d’autres alimënts humec- îants On lui confeiile de faire tous les Jours un peu d’exercice,, d’éviter toute idée triftede fe diffiper & de varier ies amufemeris. Ce genre de'vivre fer- vira autant que les remedes à mettre - jen fuite fés maux, qui d’ailleurs noue rien de dangereux & d’allarmant. A Montpellier le ti. juillet 1744» Signés , LazermEj Montagne, CouB-ïIAIGNE , G 0 MBAI.US JEB.^ îio Consultations chotsîes CONSULTATION XVI. ^ Sur une virole douteufe. L Es petits ulcérés qui parurent il y a quelque tems fur la couronne du gland , & fur la peau qui couvre inté¬ rieurement le prépuce de Monfieur, avoieiit été produits par les fucs lym¬ phatiques &fanguins devenus trop grof- iiers,&quf,apres s’être arrêtés dans les glandes fébacées du gland, & du pré¬ puce, avoient formé de petits phleg¬ mons , & pris la tournure d’une fup- puration imparfaite , comme la liqueur ' jaunâtre qui découle de ces petits ulcé¬ rés ne permet pas d’en douter. Le re¬ tour de ces petits ulcérés arrivé depuis reconnoît la même caufe , & une nou¬ velle fuppuration dans les glandes feba-; eées de ces mêmes parties, où les ulcé¬ rés fe font renouve' liés. La formation des petits phlegrpons dans les glandes fébacées dont on a fait mention, fuppofe un état d’épaiffiilè- menc & d’acrimonie dans la matière lymphatique qui s’écoule naturellement dans ces glandes, & par conféquent la même. ®E Me»ECIKE. lit inlme conftitudon vicieufe répandue dans toute la maffe dufang -, mais il n’eft pas il ailé de décerroiner fi le dcfordre. des liqueurs cft une fuite du tempéra-, raent du mabde & dbne caülè ordi¬ naire , ou fi fon doit l’attribuer à un levain vénérien caché dans le faiig, & quia été communiqué par Tapprochc d’nne femme gâtée. Il eft confiant que les petits ulcérés ont paru pour la première fois après un commerce fufpeft, & les perfonnes qui les ont exajninés d’abord ont jugé qu’on devoit. les regarder comme ^e petits chancres-, cependant ils fè font diflipés dans peu de jours par de fîm-‘ - pies lotions d’eau tiede. Le retour de, ces petits ulcères donna lieu à un nou¬ vel examen, Se püifque le Médecin ou le Chirurgien ont été d’a,vis d’emploïer la ptifane fudorifique qui diffipa ces acci¬ dents, ils ont cru qu’ils étoient entre- I tenus parmi levain vénérien. On a eu occafion de voir quelqu’uns de ces petits ulcérés en dernier lieu , Sc on les a trouvé défigurés, 5 c femblables à de petites écorchures, fans callofités & làns aucun fîgne démontré de vérita¬ ble chancre. Tome JL V il! CONSÜLTATIONS CHOISIES Sur ce que l’on vient d’avancer , il refte un foupçon violent que les petits ulcérés qui font le fujet de cette Con- fultarion , reconnoillènt pour caufc pri¬ mitive un levain vénérien, qui a paffe dans lefang de Monfieur par le moïen du commerce qu’il a eu avec une fem¬ me d’une vertu très-fufpeéte. Cette idée paroit d’autant plus folide qu’il eft d’un tempérament fain , & extrêmement ro^ bùfte, qu’il n’a jamais eu d’autres maux vénériens , qu’il fort d’une famille où l’on jouit d’une bonne fanté, & qu’il n’avoit jamais été fujet à de pareilles in¬ commodités avant le commerce en quef- .tion. Pour ne-pas. donner dans un parti qui tienne de la précipitation, le Cou* icil eft d’avis que l’on commence par redifier les digeftions, & par adoucir, en même tems humeéter, lâmalTe du farig ; aiaiit foin^de joindre quelques lé- gérnncififs, dans la vue de corriger -le fond d’épaiffiftement & d’acrimonie qui eft démontré dans les liqueurs. On fe propoieraen même tems d’emporter la caule de ces petits ulcérés ^ fi elle eft (impie & non vénérienne , ou de pré¬ parer le fang au feui remede fpécifique. SB MirvïCïSE; îi^ Capable (ie guérir radicalement , il le levain vénérien a occafionné ces ulcé¬ rés. Monteur aura d’ailleurs le tems de s’obferver , & de s’allùrer par les évé¬ nements il ce qui e,ft eaeké dans le fang ne le développera pas par des figues non équivoques. On va donner un-détail des remedes qui paroifient le plus propres à remplir les indication* combinées qu’on vient de propofer. Monfieur commencera par prendre pendant dix matins les .eaux d’Ÿeuzet qu’on aura foin de faire tiédir , ou dé¬ gourdir , en les buvant.. On difloudra le premier jour de la boifibn dans le pre¬ mier verre deux onces & demie de-man¬ ne , & vingt'grains de rhubarbe en poudre ; on aura les memes précau¬ tions le dernier jour dans le dernier on pénult-îéme verre. Immédiatement après, Monfieur bor-’ ra pendant une douzaine de matins un bouillon fait avec un jeune poulet, ou un .morceau de maigre de veau, une drachme & demie de racine de Iquine coupée par tranches, deux écrevîfièsde riviere étouffées dans l’eau chaude & écrafées dans un -mortier , & une poi¬ gnée en tout de feuilles de chicorée F ij IZ4 CoNStri'TATIOKS CHOISIES amere &de pimprcnelle *, il fera purgé à la fia avec une once de tamarins ; une drachme de rhubarbe concalTée , & de- mi-poignée de fleurs de mauve ; donc on fera une décoélion , dans un grand verre de laquelle on laiflerainfulèr pen¬ dant 4â nuit deux drachmes de fenné j dillolvant l'è matin dans i’infufion deux onces de-manne. - Pendant- les vingt ou vingt-cinq ma¬ tins fuivants--, Monfieur prendra une icuellée de lait de vache ainfî préparé. ' Prenez douze onces de décodîon d’orge-entier '& autant délaie de va¬ che-, que vous -jetterez dans un Yaiflèaii. propre pour expofer le'mélange à uii feu très-doux -, on écrémera à rriefurc que la pellicule fera formée , & on continuera de même jufques à diminu.. tion dd quart, di flot vaut dans la co^ iattire Un peu de fucfe roïah, & aiâht ïeco.urs-^ au même -^purgatif à-la fin. f " Monfieur bafîînera là partie-affedée de tems'en tems le matin, avec un mélange de parties égaies d’eau tiede 4 c de vin- blancou bien avec un pe* 0 E MEDECINE. ï i f ^’eau tiede à laquelle il ajoutera quel¬ ques gouttes d’eau-de-vie ordinaire , ou bien d’eau vulnéraire, autremenc. dite eau d’arquebufade 5 il pourra aülîî jetter un tant foit peu de cerufe en,pou- dre fur les petites écorchures fi elles s’ir- ritoient, ou bien fe fervir de l’onguent rofat bien récent, ou d’un cerat com- pofé avec l’huile d’amandes douces , & la cire blanche, & récemment faicjèït y ajouteroit ou un peu de cerufe , ou un peu de litharge réduite en poudre im¬ palpable.. Enfin, Monfieur peut emploïer un peu de charpi râpé , & l’appiiquet îûr les endroits entamés , :faifànt cou¬ ler le prépuce furie charpi , &lè teUant fixé par le moïen d’un bandage for l’en- , droit affeété ; il changeroit deux fois par jour le charpi, qui dans fa fimpli- cité fournit un des fiecours les plus fo- lides pour pareilles incorhmodités. Le printemps prochain , Monfieur fc fera faigner du bras , & fe purgera avec la médecine confeillée ci-deflus , pour prendre d’abord après les mêmes bouillons, auxquels on àioutera les coif¬ fés d’une^ demi douzaine de grenouil-^ les, & qui feront fuivis du lait de cher '^4 COHSULTATIOKS CHOISIES Yre coupé avec la décoétion d’orge, obfervanc le même ordre & les mêmes précautions prefcrites pour rautomne. S’il furvienc quelque chofe de nou - veau, Monlîeur aura la bonté d’en don¬ ner avis, & s’il paroifllbic quelques fï- gnes de l’exiftence d’un levain vénérien , - B prendroic fa derniere détermination pour paffer par le grand rcmede ; ce que l’on l’exhorte auffi de faire abfolu- Eient s’il venoic à fe marier, pour fe mettre en tranquillité fur les événe¬ ments qu’il devroit craindre ,-Sc pour î«i-même.& pour fon époufe , ^ pour les-enfants qui poüxroient provenir de’ fon mariage. Pendant lé cours de ces remedes, Monfieur fe nourrira avec des potages à la viande, du bouilE & du rôti-, il évitera toutes fortes de débauches & d’exçèsj&s’àbftiendra des ragoûts,des en¬ tremets , des falâdes , des fruits cruds, & de tous les aliments groffiers , in- digeftes , ou écbaufFaiits. Délibéré à Montpellier le 25. feptenî- bre 1744. Signé ^ Montaoke.. DE MEDECINE. lij CONSULTATION XVII. Sur uneGou'étre a la Nuque, L Es deux tumeurs contiguës & pla¬ cées à la. partie poftérieure & périeure du col qui om commencé à fe former depuis fept.ou huit ans ou envi¬ ron pour s’augmenter jufqu’àu point où elles font aujourd’hui, doivent leur ori¬ ginel: leur âCcroilTement à là congef- tion d’une matière lymphatique dans .quelques glandes conglobées ,&à celle d’une matière fébacée ou grailfeufe dans les véficules ou poches du corps cellu.- laire qui fournit le fîege des tumeurs. Il eft très-difficile de déterminer fans donner dans le hazard , s’il y a une ex- travaration réelle des matières ramaflées dans les tumeurs , ou fi elles font enco¬ re renfermées dans leurs tuyaux de con¬ duite qui fe font prêtés à leur adioa & à leur volume ; mais en maniant les tu- fheurs dans toute leur étendue , on dîfi- tingue clairement des duretés lympha¬ tiques dans le voifinage des parotides,& Mil gonflemeac molalfe dans le centre F iiij ,'ï;hg Consultations choïsies de chaque tumeur, 6 c dans l’endroit de leur adoiïement. Le caradere épais & groffier de la lymphe 8 c de la matière fêbacée ou hui- leufe contenue dans les tumeurs eft une fuite nécelïàire d’une femblable confti- tution répan Jue dans toute la malle du fang. On ne fçauroit y méconnoître d’ailleurs un fond d’acrimonie , fi on a égard au tempérament plein d’ardeur & dé fendu malade , à la fatigue occàfioiï- née par Ton commerce 6 c fes voyages-, êc enfin à l’abus qu’il a fait du vin de¬ puis long-tems» Les indigeftions aux¬ quelles il eft fu}et,& la diarrhée bilieufe qui terminent cette incommodité , ne permettent pas de douter que les fonc¬ tions de l’eftomac n’aient été dérangées", & . que le mélange d’un chyle mal tra¬ vaillé dans le fang n’ait entretenu fou état vicieux , auffi bien que fes prtf-' grès. Comme il n’’eft point permis de fe fervir du fer pour détruire les tumeurs qui font le fujet de cette con fui ration , êc qui ont beaucoup de rapport aux gbuë- tres, ou aux loupes de differente efpece, ^on va feulement fe propofer de reftifier les digeftions , de rendre la malTe da C î M E D E c î K ï. 119 îâiig plus fluide & plus coulante , d'ert corriger l’acrimonie qui a pris'le deflùs , & de préparer ^ un égout aux matières renfermées dans les tumeurs, (ans expo- fer le malade aux inconvénients de l’o¬ peration par le fer. On fe flatte que ces indications feront remplies par le moïen des renredes fuivànts. On a confeillé à Monfieur d’allei: boire les eaux de Balaruc,dans îidée dé remplir en partie la première indication, ' d’autant plus qu’il eft extrêmement fu- jet à la bile.; Après qu’il fe fera rendu chez lui,, & qu’il y aura pris quelques jours de repos ,.onle faignera du bras, & on lui tirera deux: boniaes palettes de £ang ,, pour le purger le lendemain avec une once de tamarins , une drach¬ me de rhubarbe concaflee & deux pin¬ cées de fleurs de pêcher , dont on fera une décoction,dans une.livre dé laquelle on laiflèra infufer pendant la nuit deux drachmes 5 c demie dé fenné, diflblvânt le matin dans l’infu.fion coulée deux on¬ ces ou deux onces & demie de manne. Cette médecine fera partagée en deux Terres que Monfleùr boira à deux heu¬ res de diftance l’un de l’autre. Fendant les dix matins fuivànts, Mon- Ev ifo CoWSTJITATIOW CHCîrsrES fieur boira un bouillon fait avec un moti ceau de maigre de veau „ ou de coller de mouton , une drachme de racine de- fquîne coupée par tranches , deux écre- vilTes de rivière étouffées dans l’eau chaude , & écrafées dans un mortier , tme poignée en tout de feuilles-de cref- fon de fontaine, & de chicorée amere^ On jettera dans le pot fur la fin de la eoffion douze ou quinze cloportes la¬ vés, & étouffes, dans le vin blanc. Oit réitérera la même ‘taédecine à la fin. Pendant les douze matins fuivantsî Monfieur ufera du bol fuivantV& ava¬ lera par deffus une ou deux tafïès d’înfu- fion de théou de feuilles feehes de cfi- Êronelle préparée à. la maniéré du thé,, terminant l’ufage du bol par le purgav tif'prefcriî ci-deffus^ B O U Prenez antimoine diaphoretique ^ cloportes préparés ,, de chacun quinze- grains ; faff an de mars apéritif prépa¬ ré à la rofée de mai, dix grains ; extrait: de rhubarbe fix grains •, faites un bot avec une ruffifante E C î- N E, Î5 J Pendant L’ufage de ces remedes Mon- £cur gardera un Wn régime de vivre , & fe nourrira avec des foupes à k vian¬ de , du bouilli & durod il boira trcs-^ peu de vin,& extrêmement trempé- ;;, ref- tera-tranquille chez lui, & s’abftiendra des ragoûts, de la padflèrie , de la fri-- ture, des éalades-, des fruits craàs, des legumes , & de tous les aliments giof- fiers, indigeftes, ou échauffants^ A. Montpellier le i8» offobre 1744, -Signé , M O H T A, G N- É. C O N S ü L T A TIO K XT I I I. Sur une- Coliqm Néphrétique-. O N voit très-clairémenrpar la rela¬ tion qui nous a été communiquée que Madame la-Confultante eft fujette à des attaques de colique néphrétique depuis un an environ , durant lequel tems elle a fouffert dix attaqucsî On à foin de nous faire obferver dans le mé> naoire, que ces attaques précédent de quelques jours fécoulèment. menftruel êc qu elles font terminées par des fables qui font châtiés dans les urines^ 1^4 CoNsmirATro^s choisîis Monfieur Hori nous a aufli fait re- marquée que la mere de la Confultante cil fujecce à de pareilles attaques de co» lique , qui, à la vérité font moins vi- Tes & moins fréquentes. Cette maladie reconnoît pour caufê une foibleflTe dans les reins mêmes ,fea-- Toir une délicatelTe’ & un relâchement . dans les tuïaux fécrétoires de Turine ,, avec un état d’épaifîîflement dans laiym-- phe i ainli la matière deTurine en paflTant dans fes propres tuïaux fécrétoires n’é- t?nt pas âÎFez fluide coule avec peine; leÿ vailfeaux urinaires étant un peu foîbles ne peuvent chafler & fouetter cette ma¬ tière fèreafe /thargée de parties fablq^ nëufês. Il arrive donc que les petits grains de fable s’y dépofènt Sc par fau¬ te de véhicule , à la fuite du tems s’yr. , accumulent à Un point quils engorgent çà & là ces canaux ^ ce qui détermine mie attaque de colique néphrétique ^ qui fubfifle jufqu’à ce que ces graviers; foient tombés dans lès uretères 6c dans; h. veffie. , ' . Cet état de foibleffe dans les reins y, êc cet état d’épaifliflfement dans la paî^ tie Hanche du fe.ng ^ fe préparoient de' ïong tems chez Madame la- Cmîfultaii- & E M- î: D i e’ r N-1. rjf te, §C naturellement on doit foupçpn- Her qu’il eft ancien,quoiqu'elle n’ait Ibufi- fcrt d’attaques que depuis un an. , Âinli quant au prognoftic de cette maladie, pu doit s’attendre quelle ré- fîftera Imig-tems aux remedes , & que fi on lés negligeoit tant foit peu les at¬ taques deviendroient & plus- fortes^ plus ftéquentes dans- la mite ; que ce n’eft que par un ufagelon^ & métho¬ dique des remedes appropiiés dans ce cas qu’on peut prévenir ces incom-^ modités ^les guérir ,, ou du moins les- Éendre beaucoup moins fréquentes,, Sc moins domioureufes j, la malade eft en¬ core à tems par fon tempérament êc parce qu elle s\ prend de bonne heure. Les vues qu’on doit le prop'ofer pour J parvenir font de fecourir la malade: dans te tems même de l’attaque , êc eit^ fuite dé travailler à en prévenir d’autres.. C’eft pourquoi dans l’attaque de coli¬ que , il faut faigner la malade du bras fiiivant fon état de fuivant la fievre une fois,, deux fois que l’on ne peut abfolnment déterminer , ôt que nou^ lailTons à la prudence de Monfietir le Médecin ordinaire.. Dans le même tems ;le plus fâ r m Co-ÎÎWStTATIONy ca©ISrES mede , eft de donner à la malade une, potion anodinecomme il- paroîc qü’on a déjà fait, ajoutant uii grain del'auda- aum- à. la prenaiere prife ;■ &/uppofé que la malade n’en reifentît pas du foulage- ment, une heure après environ on luf; donnerok encore un demi grain , même ou un grain de laudanum,dans quelques cuillerées d’eau de lys ou autre eau convenable , ou bien on le mêleroic: avec deux onces d’huile d’amandes dou¬ ces récemment tirée.. Monfieur le Mé¬ decin qui a. déjà, ordonné des remedes à la maladp , rçaura mieux la quantité de calmant qu’il faudra dans ce cas.. Durant, l’attaque oii boira ou de l’eau de poulet , ou de l’eau de ris ,, ou de l’infufion des fleurs de mauve & on era boira beaucoup. On fe tiendra alors à des bouillons fort légers non point fiicculents.. Quant aux vues qu’on doit fe propo- fer pour' empêcher le retour des' atta¬ ques,, il faut s’attacher à reétifien les. digeftions qui doivent fe faire très-mal chez Madame la Gonfulcance , à les feu- tenir toujours-en bon état j on doit en- feite humeûer la maffe du fang U de !» - graphe ^ l'a divifex doucement ^.fans f BêMeDICINE. IJ-y occanonner de fougue, l’adoucir un peu, & enfin on doit tâcher de rendre les Euïaux urinaires plus fermes , en leur refticuant leur ton naturel. Pour cet effet on commencera ,auflî- tôt après la confultation reçûe , les re- medes fuivants, évitant de ne rien fai¬ re pendant, l’écoulement des menftrues , & pendant les attaques fufpendant les derniers remedes, fe contentant de ceux que nous avons^marqués ci-défliis. On fe fera faigner du bras , à la va¬ leur d’environ neuf onces de fang : le lendemain on fe purgera en deux verres avec fîx onces de.^batons de cafTe c6n- cafîes, qu’on fera bouillir pendant demi- heure dans ce qu’il faut d’eau pour for- mer deux verres de médecine. Sur la fin on y ajoutera une drachme de fel d’An- .glererre , ou à fa place une drachme de fel polychrefte , ou de fel végétal. Ort lai fiera ainfi le tout julqu^au lendemain fur les cendresxhaudes, pendant la; nuitt ayant coulé ôc partagé en deux prifes ^ dans la première on fera difioudre deux onces de manne , & dans la fécondé une once feulement. Le lendemain de cette médecine on commencera les. bouillons faits avec dét 158 CONS.ULTATIONS CHOISIES mi-livre de veau , ou autrement huit onces de veau, ou de collet de mouton • une drachme de racine d^'énula campa- na concaflèe ; fur la fin de la codioti on ajoutera deux petites éereviffes de riviere lavées & écraiées en vie , & une poignée de chicorée amere de jardin t ayant laille bouillir ainfi après ces ad¬ ditions environ un gros quart dlieure , 011 exprimera bien le bouillon 5 on ne prendra rien après jufqu’à midi. Ayant pris huit ou neuf de ces bouil¬ lons , on fe repurgera comme ci-deiTus, , pour paffer de fuite à fufage du lait d*à- nefle , ou du petit lait de vache , ou bien * à ropi.ate fuivante, qu*oii employeraau cas que. la malade ifeûc pas reftomâc en bon état, & que Monfieuc le Méde¬ cin ordinaire jugeât cette opiate néceC faire pour mieux faire palTer ie laitage, O ? I AT E, Prenez pour chaque prifè demi- drachme de conferve de fcynorrho- don , quinze grains de terre figillée pré¬ parée , autant de. corail préparé J fi 011 a de bon extrait de rhubarbe , on pour¬ ra y en ajouter quelques grains j mêles deMidïcîne. «35" îetout enfemble avec ce qu’il faut de fyrop de lierre terreftre , ou de tuflik- que pour former un bol. On prendra ainfî cette opîate pen¬ dant quatre ou cinq matins , avalanr par deffiis une tafTe d’infufion de méiiiîe en maniéré de thé. Après quoi de fuite on pafFera au laie d’ânelTe qmon continuera ^ fi on peur , pendant un mois & demi ^ à la valeur d’environ douze onces chaque matin , y ajoutant un peu de fucre en poudre j on ajoutera encore à ce lait deux cuille¬ rées de la fécondé eau de chaux , cha¬ que matin des premiers jours , & fi le lait pafle bien enfuiie , on l’ajoutera de deux jours Tun feulement. Pendant l’ufage du lait, on prendra trois fois la lèmaine une poudre com- pofée avec douze grains de terre figillée, & autant de coraifidans quelques,cuille¬ rées d’eau de fleurs d’oranges. Si on n’a pas commodément du lait d’âiiefiè, on prendra le petit lait de va¬ che fait avec la prefure , à la même do- fe ^ & avec les mêmes attentions, qu’on clarifiera avec le blanc de deux ceufs, y jettant alors une bonne pincée de fleurs d’hypericum 5 qu’on continuera peiv Ï40 CONSULTATIOHS CHOÏSSES ^ant trois femaincs, ou un mois, fioii . peut. Pendant îe refte de l’hiver on fe repofera , prenant feulement trois à quatre fois la femaine, fept à huit grains d’acier préparé à la rofée , à la première cuillerée de foupe , & le matin on ava¬ lera une taffe -d’infufion de mélilTe eii maniéré de thé. Au printemps on refera tous ces mê¬ mes remedes , continuant le lait d’ânef. fe alors pendant trois mois environ, ce que nous préférons au petit lait de vache. Dans l’été on prendra trois dixaines de demi-bain domeftique j un chaque matin, avalant à la fortie un bouillon de poulet tout hmple. On y reliera en¬ viron une heure -, on fe repofera douze a 'quinze jours d’une dixaine à l’autre. Dans l’intervaîlé on prendra cinq à fix: jours > ou huit jours même, les eaux d’AvailleSjObfervant d’y ajouter la man¬ ne à la première & à la derniere prife;’- en n’en boira que trois à quatre livres chaque jour ,, & on les fera dégourdir auparavant., Nous confeillons- d’ufec. une fois lemois duremede de Monfieur de Baville , décrit dans. Monfieur Tour- nefort & dans Chomel, ne faifant alors pendant les deux jours d’autres reraedes DE MEDECINE. I 4 Ï Tous ces fecours fout inutiles, fi en n obferve un bon régime de vivre • iis feroient même nuifibles, £ ou n’y etoic pas attentif, pendant l’uiage fur- tout des laitages. C’eft pourquoi on fe eondiiita avec fcrupule de la. maniéré •fuivailte pendant un an environ, fur- tout au moins pendaÿit les remedes. On fera toujours gras , fçavoir , en foupe bouilli & rod. On ne mangera point de ragoûts , ni autres chofes qui foieat épicées ou trop falées -, on ne mangera point de viande noire, ou très p.eu -, on ne mangera point du tout de cochon ; on évitera de manger du fro¬ mage, des confitures de quelque ^efpéce qu’elles foient, des fruits ou fecs ou ré-, cents 5 des herbes Ç des racines ,, des châtaignes , des laitages outre ceux que , nous avons marqués ,& non point au¬ tres niets qui foient préparés avec le lait, de crainte qu’ils ne s’aigriflent dans l’ef- tom.ac de Madame i elle ne mangera pas non plus'de patifTerie *, elle pourra feulement manger au deffert quelques bifcuiîs fort légers Si Vieil cuits ; elle boira de bonne eau de fontaine , y ajou¬ tant ta nt foit peu de vin, évitant les ii- - queurs ôç fyrops-, elle aura foin de ne. Î42. Consultations choisies pas beaucoup veiller , ôc elle fe cou¬ chera de bouiie heure ; elle évitera de s’échauffer ou par le travail , ou par des exercices violents, ou par conten¬ tion d’efprit : toutes ces attentions font abfolumenc néceflàires & eflentielles pour guérir. Nous faifons obferver qu’on ne donnera point 2e lavement pendant l’attaque de colique néphréti¬ que ; on ne faigne'ra même pas pendant ces mêmes attaques. Délibéré à Montpellier le 12. novem- I bre .1 7 4 4- Signés Montagne,^ | F i Z E s 5 & P E T I O T. i Le remede dont Monffeur dé BavlIIe Intendant du Languedoc , s’eft ifî. bien j trouvé dans lès attaques de colique né--. i phrétique efl: décrit dans Chomel pa-^ ♦ gedeux cent vingt-cinq tome premier,&: dans Tournefort, hiftoire des plantes ffes environs de Paris , page treize. Yoici la copie de trois differens mé- ; moires compofés fur fonufagejqu on ne fera point fans doute fâché de trouver icL- | D E î^î E B E C 1 N E. ' 14^ I. M E M O I R E. Sur les vertus admirables de la poudre de chaujfetrape ( calcitrapa) pour guérir la colique néprhétique ^ qui . fe prépare fidellement par les fieurs Par- talez. & Teifinniere , ApoPicaires Ar- tifies 4 Montpellier, C Ette excellsnte poudre a guerî dans cette Province un grand nombre de perfonnes qui en ont ufé , parmi îefquelles il y en a d’un grand mérite. De fi heureufes expériences lui ont don¬ né dans l’Europe une grande réputa¬ tion , qui en produit un débit confîdc- rabie. Les fenfibles douleurs que cette maladie caufe , obligent tous ceux qui les refièntent à chercher des remedes pour s’en délivrer - ils les trouvent dans Tufage de cette poudfb. On Ta donnée ci-devant différemment ; les uns la don- noient feulement le vingt-huit de la lune , les autres en donnoient trois prî- fes durant trois m,atins de fuite ; préfen- tement on a reconnu qu’il étoit plus fur 4‘e guérir le .malade en lui en «^nnaiie 144 Consultations choisies lîx prifes pendant trois jours coniecutifs matin & loir, dans quatre onces du meilleur vin blanc qu’on trouvera , & de conamencer a en prendre lorfque la douleur commence. Et pour faciliter au malade une plus prompte guerifon , on lui fera prendre pendant lefdits trois jours fur le midi. huit onces de ptifane faite d’eau de fon¬ taine, d’une pojgnée de pariétaire;, d’u¬ ne drachme d’anis & autant de falEafras, dans laquelle on fera^ fondre une once, de fucre candi, qu’on fera boire le plus chaud qu’il fe pourra^ Cette plante decakkrapa,ou chardon étoilé, croît en France en divers en¬ droits , & on a reconnu que celle qui vient autour de cette ville fait un plus grand effet que les autres ^ étant prépa-’ rée fidellement dans le tems que toute- la vertu de la plante réfide dans la raci¬ ne , cueillie le jour de la lune qu’on a remarqué qu’elle fait plus d’effet, choi-, fie exadement, rejectanc le cœur dt . ■ première peau, ne prenant que la moyen- ' ne où réfîde fa vertu , qu’on fait fecher à l’ombre entre deux papiers, & on ajoute à chaque prife compofée d’une dïachine . dix grains de fon fel iis;e pour et MtDECINS. ' î& tendre parfaite , qui Tanimant de 1 enciere vertu de toute la plante , lui fait produire de très-bons eflèts,d’où s’enfuit la guerifbn du malade. Pour éviter le retour de eette coliqaej &: de -femblables, douleurs , on prend fîx prifes de cette poudre ; fçavoir, trois prifes les-trois derniers jours de lâ lune , ïe matin à jeun , & les autres trois pri- fcs les trois premiers jours de la lune , le foir en fe couchant ^ on peut conti- îîuer autant de lunes qu’on le jugera iréceflkire. ^ î I. M E MOIRE. Remede pour ta Collfue Néphrétique. . O ,N fait cueillir vers la fin du mois de feptembre la racine de chauflè- trape, en latin cardans ftetlams ou calci~ trapa. Après qu’on en a une .certaine quantité, que l’on a bien mondée , 011 n’en prend que la petite peau , qui ell: une pelure fort fine , brune par dehors & blanche par dedans, que l’on fait fè- cher à l’ombre, & à l’abri de la poulEe- re. Quand elle eft bien feche , on la met Tome IL Q 14^ Consultations choisies ' en poudre fubtile ^ dont on .prend une drachme le vingt-huitième jour de la lune de chaque mois, le plus matin que Ton peut, dans quatre ou cinq doigts de viii blanc qui ne foit ni aigre nï au bas Le ioir du même jour que l’on a pris cere- mede , on fait infufer le remede fui- vaut. On met dans un pot de terre qui Ile fert qu à cela , & qui ne tient qu'un peu plus de demi-feptier d’eau .,une poi¬ gnée de pariétaire , herbe qui croit aux vieux murs. On la nettoye bien de tou¬ tes ordures & on la lave , après quoi on la met dans le pot avec une drachme der-bois de falTafras, uiiè drachme d’anis & pour un fol de canelle fine. On met ie pot devant un feu clair pour le faire bouillir l’efpace d’un m'tfirere. On re» ■ tire apres le pot de devant le feu, on le couvre de papier & de fon couvercle, & on le met fur les cendres chaudes. Le lendemain^vant de prendre le re.. mede, on remet le pot devant le feu clairç, pour le faire rebouillir un autre efpace d’un ^mijenre-. Quand cela eft fait on met dans une écuelle d’argent deux onces de fucre cand^en poudre. On verfè riiifufion par deflus avec e;xpreCp fion du marc, C^and-le fucre eft fon- DE M ï B 1 C ï N 1, ï 47 éa , on le prend le plus chaud que l’oa |)eut, & on demeure après trois heures ians rien prendre, ce qu’il faut obferver âuflî après la prife du remede précédent* I I î. MEMOIRE* Remede la Colique NéphrMque ^ ^our la Goûte. I L faut prendre le vingt-huitièmejouf de la lune de chaque mois-, le plus matin qivil fe pourra / une drachme de poudre de calcitrape, dans un verre de vinhlanc , & relier enfuite trois heures {ans rien prendre. Le même jour fiir le foir. I on mettra dans u0 petit pot qui ne fervira qu’à cela , un demi-feptieç d’eau J une poignée de pariétaire, une drachme de bois de lalTafFras , une drachme d’anis , 6 c pour un fol de ca- nelle fine , ôc l’on fera bouillir le tout devant un feu clair, Tefpace d’un mjè~ rere ; après quoi l’on couvrira le pot d’un papier & de fôn couvercle , & on le laillera fur les cendrés chaudes. Le lendemain matin l’on fera bouillir ce pot comme ci-devant j cependant Ton 148 Consultations choisies mettra dans une écuelle une once de fucre candi en poudre , îk 011 coulera par deiïus rinfufion avec expreffion du marc , Ôc dès que le fucre lèra fondu , l’on prendra ce remedé le plus chaud que l’on pourra , ne prenant rien que trois heures après. L’ufage de ces deux remedes ne change rien , foit à l’égard de d’exercice que l’on fait ordinaire, ment, ou du régime de vie. , CONS Ü LT ATION XIX. Sur une gomrrhêe en imagination. M Onfieur fe plaint depuis quelques ■années de dôuleurs plus ou moins inquiétantes, 8 c d’un feu prefque contL ttuei à la verge , dans le canal de Tu.- rethre., fur - tout dans le voihnage du gland, aux tefticules, 8 c au perinée. Ces fentiments de chaleur & de douleur s’é¬ tendent iufques dans le bas-ventre. La déleciion de l’urine eft; accompagnée d’ardeur , 8 c elle fort involontairemt nt quand le rbalade veut la trop garder j il .coule dans la journée quelques gout¬ tes d’une matière jaunâtre 8 c qui tache D E M E D I C I N i; I49 m peu la chemife. A ces accidents fè joignent quelques douleurs dans la poi¬ trine après des applications ou des fati¬ gues un peu confîderables & il femble à Monfîeur que dans ces circonftances le poulmon s’attache aux côtes. Comme ces dilFerentes incommodC tés font farvenues , ou fe font fait fen* tir après le traitement d’une gonorrhée virulente & lès reraedes appropriés pour une guérifon folide , le malade craint ^ue la cure qu’il, a effuyée n’ait pas. été complette , qu’il ne lui refte encore un levain vénérien dans le fang, & que ïa gonorrhée virulente ne recommence; Le Confeil ne voulant rien négliger pour mettre l’efprit de Monfieur en re¬ pos , en lui fournifllànt toutes les rellour- ces qu’il peut attendre de la Médecine , juge qu’il convient de faire les réflé- xions fui vantes La gonnorrhée virulente ayant été un peu négligée pendant quelques jours, on prit le parti de recourir à plufieurs faignées , à des ptifanes rafraichiflàntes êc tempérantes, à des bouillons adou- cilTants, à des émulfions, & à une dicte convenable. Le grand feu & les acci¬ dents âïant beaucoup diminué , on pur- îf® CONSUETATIONS CHOÎSIIS. gca avec une médecine en deux verres ^ on vint à Tufage du petit lait, on fè fer- vic des pilules ou entroient les prépa¬ rations de mercure- adoptées pâr les meilieurs praticiens, & on les continua pendant vingt-cinq jours pour le moins^ On ne négligea pas de donner la pti- fàne fudorifique pendant vingt ou vingt cinq jours. On fit fuivre l’umge du lait entier ou de fes préparations, aulîi-bien que la boilîbn des eaux minérales d’Yeu- zet , des bains domeftiques , & enfin on donna des friétions aux cuilîes , au pe- linée, & dans le voifi nage,avec la pom¬ made mercurielle ordinaire.. Les praticiens les plus experimentls M qui fe piquent de traiter les maux vé-.. aériens avec plus de régularité, ne fçau- roient difconvenir que lé traitement ne- jfoitdes plus méthodiques, & qu’il tfâit été- éxéeuté julqu’àu fcrupule, fur-tout s^àgifTant d’une gonorrhée virulente qut ae tomba point fur les bourlçs ,,qui îie> fut point cordée, ôc dont l’écoulement a; toujoiKs été abondant & long. Quoique Tbii dut naturellement regar¬ der le- malade- comme- radicalement guéri après la cure énoncée ci-délfus 5, fout le. m,i£.ttre dans, uneruteté. à toute: DÉ Medeci né. cpfenve , on Ta depuis fait palTer par le grand remede. On l’y prépara par vingt- cinq bains ou environ , par le petit lak qu’il prit da,ns le mêaie tems , par les- faigiiées & les purgations ordinaires en pareil cas-, & par un régime très-régu- fier 5 il reçut douze ou quatorze £ric~- tions & eut tout le corps entierensent couvert ; on employa fix onces de pom¬ madé faite dans la proportion reçue dé tous les praticiens. Le féjour dans les linges fut de trentèrciiiq ou trente-fix ^ours , les urines fournirent avec abon¬ dance J le remede fut terminé par une lignée & une purgation , & pendant toute la durée le malade but le lait deux fois par jour,& obferva une diete éxaâfe. ïl revînt dans la fuite à l’ufage des eaux minérales & du lait ; on joignit même celui du baume de Canada par rapport au petit écoulement qui fublifte après le grand remede. Ces faits , qui Ibnt connus au mâhêe^ & dont ilj ne Içauroit difconvenir , ont engagé le Confeil à donner toutes lés attendons pour porter une décilion con¬ forme aux réglés de là plus laine prati¬ que , & il juge que les accidents qui fub- fiHent encore ne font nullemenc de^ G, iiij Consultations choisies pendants d’une caufe vénérienne , mars plutôt de râereté du fang attaché au tempérament , d’une foiblelîe des glan¬ des du canal de l’urethre , ou des prof- tates , & des impreffions qu’ont foufFer- tes les paxties affedées, principalement pendant la vigueur &c la durée de la go¬ norrhée. Il femble thème qu’on pour- roit aflfurec qu’on a en quelque maniéré abufé des remedes , far-tout dans le traitement dé la maladie,qui donne très- rarement la verole lorfque la cure eft des plus défedueufes. Les vues que l’on doit avoir préfente~ ment fe réduifent à divifer avec beau¬ coup de'douceür la mallè du fàng , à modérer fa fougue & fon acrimonie , à diminuer la fenfibilité du canal de l’u¬ rethre & du col de la vêflie, à redonner uux parties qui paroilTent encore affec¬ tées le reffort qu’elles ont perdu, & en¬ fin à deffecher ou tarir la foiirce du lé¬ ger écoulement qui rettc. On efpere que ces indications feront remplies par le moien des remedes fuivants. Monfieur pourra commencer par fè faire faigner du bras, & te îendemaih de la faignée on le purgera avec une on¬ ce. de tamarins la pulpe tirée d’mii quax- es Medîciîîî. Tf3 teroii de cafîè en bâton fans la palTer, fine drachme de fel d’Epfom , de demi- poignée de fleurs de mauve , donc on fera une décodtion , dans deux grands verres de laquelle on laiflèra infufer pendant la nuit à froid deux drachmes de feiiné ^ diflblvant le matin dans l’în- fufion coulée deux onces & demie de manne. Cette médecine féî-a partagée en deux verres quon donnera à deux heures de diftance l’un de l’autre. ’ Immédiatement après ,, Monfieut boi¬ ra pendant dix matins un bouillon fait âv^c un jeune poulet,dans le ventre du¬ quel on mettra demi once de femences froides-, on ajoutera deux écreviflès de riviere étouffées- dans? feau chaude & écrafées dans un mortier , & une po:i- gnee en tout de feuilles de chicorée amere & d’endive, ou chicorée blanche, avec la précaution de repurget à lafiii avec le même-, remedé- Pendant les vingt-cinq qu trentè jours iuivants , Monfleur boira une ' écuellée de lait de vache, ou de chevre, que l’on aura légèrement écrémé à un feu très- doux 3 y mêlant chaque fois., deux cuÜ- îerées de la fécondé eau de chaux le lait du matin a.bien pafle pendant : une; Cot^SülTATIONS CHOISÏÎÎ «iixaîne de jours , il mangera le foiir âs fe):n fouper une foupe/ou un ris au lait d'e vache. 0'n purgera à. la fin, avec la- îïiédecine ordinaire. Suppofé que Monfieuc ne put pas-; avoir commo-.iement du làit de vacher ©U de che.vre s.ji fe contcnteroit de boi- Ee le: matin une écuellee dè lait d-’âneflè;' h laquelle: 5 n ajouteroit deux cuillerées?: de la. fécondé eau de chaux , .finifiant: ©oujoufs par le purgatif.. On, aura foin d’ajouter à la premierer ^.iuillèrée dii.laît du matin , d’abord fept: ©U huit, Sc enfuite une dixaine de gcuit=- tes du'baume qu’on a dbnné''iGi. Cès, remedes étant finis j.,on aura re-. cours à? l’înjeélion fuivante , que l’ons |>ou(ïeFa.dàns,lè canal de Türethre à lài :^veur d*uhe ferihgue foir 6 c matin aya-nt foin chaque foisvde remplir lé cas¬ sai deux ou trois fois , & d’y: recenk cette liqueur pendant quelques inftants-,, ;©bfervânt de la, faire tiédir légèrement en s’èn fervâim, & delà troubler eii‘;re=^ siuanc: la bouteille auparavant.; • MN^jEQrw‘U:, , itenez. eau^de pIaMUî.&: de dfe 3 E MEDECINE. chacune cinq onces j vin de Canarie oa mufcat, deux onces .j difTolvez dans ce mélangé tuchie préparée & trochifques Blancs de Rhafes de chacun une drach¬ me i faites une injeétîon pour l’ufage. On continuera l’ufage de cette injec¬ tion pendant une dizaine de jours, après kfquels on la fufpendra pour la réitérer enfuite fi la néceffité l’exige.. Suppofé que les accidents & l’écou¬ lement n’aient pas fini le prîncems prochain , Monfieur reprendra vers le commencement ou le milieu d’avril les mêmes bouillons , auxquels on ajoute¬ ra les çuilTes de cinq ou fix grenouil-les^ ^ faifant précéder la faignée & la purga¬ tion, ôc réitérant cette derniere à la fii>, t our revenir d’abord après à l’ufage du lit d’ânpire,ou à celui de chevre entier, qu’on donnera le roadn .à la dofe d’une écuellée avec le mélange de l’eau de chaux comme il a été dit & qui fera continué pendant un mois , terminant &n ufage par la médecine ordinaire. Pendant l’été Monfieur prendra deux ÆiFe-rentes dixaines de bains domefti- queSjOU le matin,mu t’après-'rfiidi vers les quatre heures ,, lailTant un intervalle de ^uze joup d’une dizaine à l’autre , & G vj 15^ Consultations cnorsrESf <îans le mois d’août prochain , il bofr^ pendant dix matins les eaux d’Yeufet,, ou celles du Cap verd dans le Bigorre , qu’il fera apporter chez luiv H aura foin de les prendre tiedes., & il düToudra. ' îe premier jour de laboilTon dans-le pre¬ mier ^erre deux onces & demie dé manne , & trois dradimes de rel d’An-' gleterre -, il en fera de même lé dernier jour dans le dernier verre^. Monûeur fe nourrira pendant le cours de ces remedes avec des foupes à la. viande du bouilli êc du rôti ; il s’àbf- , tiendra des ragoûts ^ des falades, des. fruits.. eruds:^.& de tous les- aliments de Êauc gout;^ greffiers indigeftes ,.ûit échauffants -^maisil doit ptinGipalement âba-ndonner les préjugés qu’il- s’eft for^ mé fur fou état préfent, & être perfua-: dé q.u’îl 11 a-rien à craindre du côté dit levain vénerien^qui a été plus-que fuifie famment détruit, après les remedes fei; plus efficaces & les , plus appropriés dont: ' üa fait un fl long u{kge„. A, Montpellier le rô novembre -i 74^$^ . ^ M Q-.N. T A. G N.E.. B- E M E D’ E C r N E. ^S.7 CGNSULTATrON: XX. , ^,tÿ:r def vapeurs convuljîms , ou -plutôt épi^ leptiques', L Es vapeurs convulfives (Tout Mon- fieuE a déjà eiluyc differentes atta¬ ques depuis, le vingt - fepc novembre fept eent quarante-trois font ciaire- meiic (Témoiitrées- par les differents fymptômes détaillés dana la relation , mais fur-tout par les mouvements con>- vülfîfs que l’onarcmarquésAans les-dif- ferentes parties du.; corps, pendant l’ac^ , CCS, par les convulfions prefque géné¬ rales , & par la perte de connoiflànce qui s*eft mife dé la partie.- On doit regarder les, attaques de va¬ peurs convulEves, qui- font, le fujet de- cette confuitation ,, comme.,dépendan¬ tes dü caraâ:ere-cpais., lourd^.& pefiint-a de la malË du fang^., êc d’un vice orga.» sique fixé dans le eerveau.- L’état de& liqueurs que l’on vient d’é¬ tablir eff prouvé par lé tempérament' gras de MbnfieuT, par h. vîé fédéntaire: qufil a. coutume de. mener *,jgar L’abus ^5*8 CoNSÜlTATIOîîS CJHOISÏÏÎ- qu’il'a faic des aliments pris en trop:* grande quantité 5. & par ion ,peu d’at¬ tention à éviter ceux qui font pefantg- & iiidigefteSo- Le vice organique que l’on foupçon^ ne dans le cerveau 3, femble démontré’ par les maux de tête & les pefanteurs» de cette partie , qui précédent & fui^ vent leS' attaques, mais principalement, par les obfervations anatomiques ,, qui? ne permettent pas de douter de ce que- Lbn vient d’avancer fur le vice local que; Bon a füppofé contribuer au retour des- attaques. Il eft d’ailleurs naturel' de convenir que les mauvaifes digeftions marquées- par les pefanteurs d’éftomae, par lesf^ naufées'. , par le vomiCfement , Sc par Tes bons effets qu’ont produits les pur-- gatifs , ont eu beaucoup de part au dé¬ veloppement des premières; attaques; y, & doivent enoccauonner de nouvelles i Bon ne prend le parti d’employer 1 er moieiis les plus efficaces, pour en réta— ilir,Boeconomieo, Pour fuivre les réglés de îa Bonne" pratique dans le traitement des vapeurs'? ©onvulffves ,,ppur lefquelles on denfan— «le Gonfeil^, 011 doit fe pcogofer de. î3 SF M'E" îT^E crr N-r^ îa'é Tes cîîgeftions en réglé , de rendre^ îk maflè du'fang plus-fluide:&5 plus cou¬ lante de la- faire rouler avec liberté*, dans les vailîèaux da cerveau ^ & de.' corriger,s’il eft poffible, le vice organi¬ que que fouffre ce vifeere. Gii eipere::: que ces: indications feront remplies pm le moien; dés remedes fuivants.. On commencera d>abord par une fâw gnée du pied j..daiis laquelle on. tireras Muic onces dé fang, êc on pourroic mê¬ me la réitérer vingt-quatre ou vingt-fî»: heures après de l’autre pied', s’il y avoiEc dès figues d’abondance de fang , ou s’il* y avoir déjà ibng-tems que lé maFadec n’eût- été faigné. On purgeroîc lé len¬ demain ou le furièndémain dé la pre¬ mière ou fécondé.faignée de-la maniéré* fiiivante^. 2 V:RG AT I O ■ Ffenez" rhubarbe * eoneaflTée & feî d’Epfem de chacun une.dfachme ; faites;, bouillir dans l’èau dé. fontaine, & met- ©ez infiifer dans une livre dé c-olature dèu» gros^ Sc dèmi dé fènné ^ difiblvez: dans, lai liqueun palTée une fécondé fomj ^i£.Qii£e&s dê; manne, de Calabre CoksuitAtioks choisies^ ' tes une potion pour deux dofeSjqui fe« sont prifes à trws heures- de diftance î'une èe l'autre; On dilToudra feulement pour cette fois dans le premier verre trois grains de tartre ffiibié ,, ou trois- drachmes de vin émétique^ Immédraremenf après Monfîeur prendra' dix matins un bouillon fait avec un morceau de collet de mouton , une drachme de racine de valériane fauva- ge concalTée , quatre ferupules de celle de pivoine mâle auiîî concalTée , deux écrevilïes de riviere éroultéeS’dans Teau chaude & écrafées dans-un mortier-, &, une poignée en- tout de feuilles- de chi¬ corée arpere de crelTon de fontaine; On jettera dans le pot hir la. fin de* la coétion une douzaine de cloportes lavés & ét(^ffés d'ans le vin blanc , réitérant. Ik même, médecine àda- fin., mais fenss vomitif. Pendantl’êS'dix* matfns ruivantSjMdn- fieur ufera de Topiace feivanteavalant par deffus chaque dofe une ou deux taf- fes'd’infiiltomde feuilles feches deeitro-; belle: y. préparée à la maniéré du tbé:^ ic; ayant recou i s au mâme purgatif fin®- pleag-tès ïà.dixâin£u„ , . ... DE M E D E C I NE. O P I AT E. Prenez conferves d’année & de kyiior- rhodoiî de chacune deux drachmes & demie ; poudre de guttete , & antimoi¬ ne diaphoredque de chacun deux drach¬ mes 5 racines de valériane iauvage en poudre & cloportes préparés , de cha>- cun quatre fcrupules extrait de rhu^ barbe une drachme ; cinnabre d’anti¬ moine une demi-drachme -, faites avexr le fyrop des cinq racines une opiate qui fera partagée en dix prifes égales. Vers le quinze ou vingt mars pro¬ chain on reviendra aux mêmes bouil¬ lons & à la même opiate ,, obfervant les précautions déjà confeillées pour le pre¬ mier ufage de ces remedes. Ces purgations aïant précédé, Mon- fieur boira pèndant une quinzaine de matins une écuellée de petit lait qu oa tirera du lait de vache ou de chevre ^ caillé le fohr avec la prefure ordinaire j,, & qu^oii feparera de fou fromage , ea le laiffant égoutter à travers un linge pendant la nuit, pour le clarifier le ma¬ tin avec le blanc d^’œuf. On y jettera pendant cette clarification une pincée; I(j 2; CoNSifflTATrONS CHorSTES de- fleuxs de tilleuil,, & buic clop'orres lavés & étoufFés dans le vin blâne ^ auxquels on donnera une ébullition de quelques minutes avec le blanc d’œuf y éteignant en même'; tems deux ou trois petits doux rouillés & rougis aœ feu^Ôn dilFoudra dans le petit laitcoua. ïé un peu de fucre roial j, & on repur», géra à la fin avec la médecine ci-deiruSy Tans addition d’émétique. Cette préparation du lait- aïant été eniployée y u Ton peut avoir facilement les eaux de Balaruc y Monfieur les bow ra pendant trois matins-dilïblvant fe premier jour de la boijfibn dans le pre¬ mier verre deux onces de manne êc trenté grains de rhubarbe en poudre ^ & aïant la même précaution le dernier. pur dans le pémiltiéme ou dernier ver¬ re^ ' 0h compte qu’après ces précaution^ Monfieus: pourra fupporterle lak entier^; ainfi. on lui donnera le matin peiidanç un mois ou cinq femsaines le lait d’ânef»- fe ©u de chevre entier , commençant' par un grand verre montant peu à peu jufques à la" quantité d’une écuellée.^ ©n y mêléra chaque fois une couple de cuillerées dè la. fécondé eau. de chaos y © E . M E 0 E C 1 W Sv 1^5; Iforgeant à la fin avec la médecine or- dînaire^ Pendant tout le terns dü lait , Mon- fieur prendra de deux en deux jourç îe bol fuivant , avalant ua moment: après fa prile de lait». ^ O L, Prenez poTU Jre de guttete douze grains ^ cloportes préparés, fafFran de mars ape- titif préparé, àlarofée du mois de raar^^ dé chacun huit grains ; çinnabre d’anti¬ moine deux grains Éites un bol avec: le fyrop de chicorée compofé.. Les chaleurs de l’été étant arrivées Monfieur prendra pendant huit ou rieuiF matins le demi-bain dbmeftique ou il demeurera mie heure chaque fois ; bu-^ vaut à la fortie une ou deux taflès d’în-^ jfiifion db feuilles fëches de- cicronelle. Après fept ou huit jours dhntervalle ,, Monfieur reviendra aux mêmes bains» s’il s’en eft bien trouvé, & prendra, e» fbrtant de ce demi-bain un bouillon fait avec un-; jeune poulet, deux écreviflès» en vie-, éc. une poignée de feuilles de chicorée amere-. Oirterminera cef> te- siedeagar le purgatif oïdinairei, ï é,4 CONSiriTAXIONS ghoisîes On examinera pendant dix à douzç jours l’effet desclemi-bains,.& s’il a été favorable ^ après une quinzaine de jours de repos , Monffeur réitérera les demi- bains dpmeftiquès pendant une dixain* de matins & avalera en forrant une écuelle de petit lait préparé comme ii a été dit ci-deffus ^ ayaiu foin de recoiirîs' à la médecine à la fin, Suppofé qu il arrive dés attaques pen¬ dant le cours de ces remedes ,, le" Coru féil eff d^vis de laifièr le malade en re¬ pos durant l’accès,, à moins qu’il ne fût accompagné de quelque accident qui menaçât de devenir funefte.. L’automne prochain on pourra ufer , des remedes confeillés pour le printems, dans le même ordre ^èc avec les mêmes précautions & fi le lait d’àneflè du ma¬ tin avoir bien réufli, on en coiitinueroit l’ufage plus long-tems. Tous ces remedes deviendront inu.- îiles, fi Monfieur n’obferve un éxaéi régime de. vivre. Il doit pendant quel¬ que tems éviter toute forte de con¬ tention d’^erprit èc d’agitation de l’ame mêlée de- vivacité. Le commerce des femmes doit être auffi fufpendu. Il s’abÇ- «kindra des ragoûts ^ des falades des I) £ MEDECINE. l fruits cruds, des légumes , des chatai- !gnes , & de tous les aliments de haut ^ûc. , propres à former des vents g-roffiers , indîgeftes , ou échaulîànts. Il fe nourrira avec des potages à la viande, du bouilli & du rôti, fe contentant de deux repas par jotTi:, & foupant très- frugalement.; il boira très-peu de vin, & extrêmement trempé. Délibéré à Monrpelliej: le i®. Jan- ’ider 1745 Signé , M o n x acné. CONSULTATION XXL Ssif Hu Délire imniaqHe, O N a lu avec beaucoup d'attendon le.mémoire qui nous a été ,com¬ muniqué on auroit, même fouhaité qu’on y eût parlé des difpofiîions de la famille du malade ; mais on laiflè indé¬ cis s’il y a quelque chofe d^héréditaîre dans la maladie qui fait le fujet de cette confultâtion. On va fuivre pied à pied Æe qu’on a trouvé à propos de nous ap<. prendre , & on va en profiter pour ^epiifeiikr Ifs remèdes que i’expérience CONSULTÂTIOT^S CHOÏSÎK a démontré les plus efficaces dans de iemblablescas. Le dérèglement que ron remarque depuis quelque tems dans les occupa¬ tions les difeours g la maniéré de pen- fer , & dans toute la -cotrduite de Mon- fieur , l’emportement, l’air de hauteur & de dérifiou , & les autres circonftan- ces qui accompagnent le déiordre defa raifbiî, ne permettent pas -de mécon- lîoître la maladie pour laquelle on de¬ mande des remedes & que l’on peut regarder comme un délire maniaque. Il n’eftpas également aifé de détermi¬ ner les caufes qui ont occafionné ce dé- lire| mais , comme Monfieur étoit d’un tempérament robufte & vigoureux , & que d’ailleurs depuis une vingtaine d’aiv liées g il avoir été attaqué de violents accès de méiancholie , qui tantôt i’a- voit jetté dans une humeur fombre ou contrariante , tantôt dans des fcrupules outrés en matière de religion , tantôt 4ans an dégoût pour la focieté & la compagnie, & tantôt dans des trans¬ ports amoureux, on a droit deconclur- re que la maflè de fon fang s’eft trouvée originairement épaifîè , rérîneure,& fuf- ceptibiéde mouvements tumultueux 39 E ME.©Et:iîîE. 1^7 ,êc q«e les fibres de ion cerveau ont été trop tendues^ trop élaftiques^ & diljpo- iees à des aftêdions fpaimodiques. -Cet état vicieux tant des folides que des fluides a été d’abord excrêmement augmenté par le délire mélancholique qui a duré pendant plufieurs années,& a fait des progrès %. con-fidcrables que le iélire maniaque a pris la place du œé- lancholique , à mefure que la mafiè du fang efl: devenue plus épaifiè & plus ré- ^ueufe, & que les fiferes du cerveau,de-: venues plus racornies ôc plus élaftiques ^ ont rendu riœpreffion des objets extrê¬ mement forte, & capable de retran¬ cher à famé la liberté de bien diftin- guer les idées , de les lier entr’elles ^ de les comparer , & de-juger & raifon- uer conféquemment, C^oique la chute que Monfîeur fit il y a quelques annéef puiflè avoir lailTé quelque impreffion fur le cerveau , il ne parole pas qu’on doive la regarder comme la caufe prin¬ cipale de la maladie , dont il eft ici queftion $ d’ailleurs on n’explique point dans la relation fi le coup porta violem¬ ment' fur la tête , fi le malade perdit la connoiCfânce , ou s’il tomba dans qùeL que aecidêiiî particulier qui air prou- 1^8 CoNSUXTATIOT4S CHOISIES vé une commotion dans le ccryeau* ■Comme cette maladie a commencé depuis très-long tems, & qu’elle eft en¬ tretenue par des caufes qu’il eft très-dif¬ ficile de corriger ,oa ne fçauroit difcon- venir que^la guerifon ne foit très-incer¬ taine , & cela d’autant plus que l’indo¬ cilité du malade croifera l’ufage desre- medeSjSc les differents fecoiirs que l’on pourroit emploïcr pour changer fa ma¬ nière de penfer,, & l’engager à occuper fon efprit par des objets entièrement ©ppofés. Pour tirer le parti poffible de l’état préfent de Monfteur , on doit fe propo- îèr de reftifier fes dîgeftions , de ren¬ dre la maife de ion fang plus fluide & plus coulante, d’en diminuer la fougue Sc h raréfadion tumultueufe , d’aflbu- plir le fyftême des folîdes,, & de dimi¬ nuer la force & la vivacité des ofcilk- tions du genre nerveux & des fibres même du cerveau. On eipere que ces indications feront remplies par le moien des remedes fuivants. On commencera inceflàmment par fâigner Monfîeur du pied, êc on lui tirera huit à neuf onces de fang, réité¬ rant vingt quatre heures après la fai- gnée : ■© ’E M 1 -ï) Ï c î îî E, ' E MEDECIN î. t76 înfufer pendant- la nuit crois drachmes -de fené -, diflblvant le matin dans l’infu- fioii cQulëer trois onces de manne. La médecine ainfi préparée ferapar- . îagéeen .deux verres, que le malade boi¬ ra à deux heures de diilance lun de l’au¬ tre. On pourroit ajouter , fi on le trou- - voit à propos, au premier verre deux -grains de tartre émétique ; on en féroic de même dans le fécond. Mais fi le malade par lôn indocilité' ; ne veut pas ufer de la médecine qué l’on vient de prefcrire, on diflbudrà huit grains détartré émétique dans une chopine d’eau de fontaine, & on la lui donnera en quatre dofes dans l’efpacê de deux heures. Ayant laifle repofer le malade pen¬ dant dix jours après les bains & les bouillons , on pourroit revenir pendant une fécondé neiivaine aux bains deux fois par jour , & on feroit boire à la fortie de celui du matin un bouillon fait avec un morceau de jarret de veau , deux écrevilfes deriviere étouffées dans l’eau chaude & écrafées dansun mortier, une poignée delfeuîlles de chicorée blan¬ che ou verte, & dix cloportes lavés & • étouffés dans Le vin blanc réitérant k H ij Ï72 . Consultations choisîîs médecine ordonnée ci-deffus. Ou bieii le tartre émétique diilôut dans l’eau. Ou continueroit en même tems l’üûge du Jaudanum une fois par jour -, & , fl Ig malade n’écoit pas tranquile dans la jour¬ née, on lui en feroit prendre une demi. élibéré à Montpellier le 17. février' 1 74 5. Signiy M ON. T A G H D E MEDECINE. , - GONSirXTATTON XXII. Sur‘me anafar^ue, L ’Enflure ædémateuife,, qui,après avoîï commencé par les jambes , s’eft étendue dans toutes les diiFérentes par¬ ties du corps , mais fiir-tout furlaEace & les autres extrémiTés fupérieüres ; la fièvre '& la rfoif qui ifanc ^ la partie le dégoût., la foibleffe très-confidér-able , ,& l’aflbapîflement dont M^nfieui: efl: attaqué-depuis -quelques mois , 'font les produétions dua fang épais, pefant, & faumuré’i mais dont la portion féreufe iè trouve ârréguiieremenc mêlée avec les autres parties intégrantes. Cet état des liqueurs avoît ^été an¬ noncé dès la treiîtKme année de l’âgê du malade,par des attaques d’aftfcme afl. fez violentes & fréquentes , •'& ^nfui- te par un afthme aéfcuel, qui a-duré au¬ tour de quatre ans. Maïs la vie féden- taire & méditative , & l’abus que Mon- fieur a fait de l’eau--de-vie, & delà, fumée du tabac , ont fceaucoup contri- à augmenter ces premiers 'deiôr» H iiii *7^' C'OMSïîLTÂTICfNS CHOÎSliS; dre&j foie en troublant rœconomie dcÆ digeftionsfoit en dîffipaiu le mucila¬ ge le plus fin de la. maflè du fang ,, &: en- racornifTant fa partie fibreufe ôr g!o<* buleufe. La bile.d’ailleucs s’eft relTentie. des. mauvaifes difpofitioiis des liqueurs en général, & a formé des embarras dans le.- foie , & peut-être même dans (quelques- autres vifeeres- du bas-ventre-». La ié.rofîté furnageante a relâché le- liffu: fibreux de tout-le fyftême vafem. , leuxmais fur-tout des vailTeaux blancs,, ■êc a’eft arrêtée dans le corps cellulaire-^ ^oiK .y produire les enflures j; on a mêi. me- lieu, de foupçoniier: que les-fibres duî. eerveatt ©ut fouflférc par raétion-de la ' .même: camfe comme HafFoupiÉlement: parok i'e- prouver , aulE, - :bieu que la. grande fciblefle». Pour tirer çout lé parti poffibledè- Mtat: préfent; de Monfieur, ou doit propoier de rétablir les digeftions , de- rendre la maflè; du.fang plus fluid'e Se. plus coulante ,,d’en corriger la.fâümure ' qui a pris le.delTus de procurer ufi mé¬ lange proportionné, des autres parties intégrantes, du fang. ayee la féroficé^ & jde- 'déterminer celle' qui .fiirabonde k .l£rieéyac.uée.QUvpâx. les.felks., -ou par: DE M E-D E C IN E. I77- ïcs filières urîneufes. On- efpere que ces indications feront remplies par le moïen des remedes fuivancs. • Comme les forces- de Monfîeur ne. permettent point de le purger d’une, maniéré à caufer,. des évacuations cpn,-- fidérables, on aura d’abord recours à, ià médecine fuivante. iVRG ATIO Prenez, tamarins une once 5 .rHub^r-. Be concaîTée deux fcrupules flèu.rs pêcher une pincée ; faites bouillir d^ns une Tuffifante quantité d’eau .da-fomai- ne J & dilRiudre.dans huit onces.de ço^~ Fature deux onces de manne, de.,-Gaiâ~, Bré.^&.un.gros de cpnfeétiqn haœech:^ Êiîtés une,potion qui Fbra.prifé. le mæ, 'tin.- ■ 7. . -, Immédiatement apres Monfieur.boi- m: pqu.daat. cinq matins ,..,un ^bouillon ïajx .avec uné livré ou unedfvie & de- mîe'de ^.aîgre de veau,, qu’on, ,coupém en/ bmèBesiôuitranches allez minqes.j. une'drachme deiracine d’énula, campa- na concaïFéé, autant de celle d’angelh que ajflPcoîicairée, y., dés feuilles. de:clii^ sofééiamejxi &- de-crefion de fontaine TJ$. CoNSUlTATtONÎ CHOISIES bien hachées , en .tout deux poignées de rhubarbe en poudre demi -drachme.-,, de fàfE an de mars apéritif préparé à la. ïofée du mois- de- maiune drachme- &c demie,.qu’on mêlera avec la rhubar¬ be pour former une poudre,, dix-huit ®u vingt doport.cs. la.vés &étoufFés-.dansi te vin blanc.- On placera les roueHes de veau, lès; plantes hachées & lesTacines-concafTées,^ couche par couche dansun pot de terre; dhine grarîdfeur CGnvènàbie,.& ganu'dè; ' ion couvercle,. Oh jettera fur ces cou¬ ches de la. poudre faite avec la rhu¬ barbe. & le fàfFran; de mars^.entremê- îàné,les dopoTtes; ;à proporcioihj oœ continuera, de même jufqu’à ce que on;, aura;, emploïc. toutes les drogues , & oin Yf ajoutera uiT verre d’eau;: de fbntaine ayant de placer le- couv ercle fur le pot &: le lutér.. Ces précautions âiant été- ©bfervées on mettra le pot dans uios bain-maric ,‘IeTQir vers lès cinq HeUrés ^ on donnera- afci matières qui y Ictlt contenues une ébullition dé llx hèurea- OU; environ.. Oii déliitera lé matin , & «Jncoulera avec expreiïion pour don^ îier le bouillon à. Moniîeur avee le de-»- gte,' dé clwlést éoriveiiablÊ .5.' réicérâiÆ ÏS E M E D E G I K E. la même médecine à la fin , ïuppolê pourtant que l’état des forces le per-; mette. Pendant les, cinq matins fuivants, Monfieur ufera d’un fuc de plantes ain- fî préparé; ■ V ' ■ ! ' ' ^ SV c. Prenez cinq onces ou environ _cîé fuc de Grelin de fontàaïé ,■ & dé cfiicoTéd amere, bien dépurés, que,vous, niettrez dans ün petit-vaideaU ou pot de téf re , y mêlant une dixainè de clo.portçs lavés & étouffês dans le viiv blanc , & vin^t ^ grains détartré yitriblé j àïanx, couvert le vaiflèau on le plâcêrà furdes cendre»^ médiocréaleiit cbaudes bn làîder^ fiifurer ’ lès'màtîer'és ’pfettdaiit quelques %ures 3; ajant coûté te macia avec ex- pteffion , qn fera prendre à Monfieiir Ik'toîature,^^ ■ 'd'. ''d - ■ ^ On aura rccqür-s a îà'medecîné le fi-- ^éme jour ^pour reyénfr'aux mêmes l'quillons confeîllés ci-deflùs V pendant cing nouveaux matins, & les termincc- |àf le purgatif... Pendant te cours de ces remedes on ItenéEâi dansi lav|bu^êé:'des cuiil^ CTcmSTJiTATTQjSrS. choisies-' de la. potioiv fuivauie pour, foutenir. lèfc ébrces^ .J- U L.E El ' ' Frënez eau dé eKardbn -henîrtroi^: ©nces ; eau de fleurs d orangés une on» ee J, diflblvez dans liqueur confec-- tioris alksrmes & d’hyacinthe de cha^ euoe. une, drachme i;^iy.rpp dbeillets uner ©aceafâUes..iiûejû|ep',a',p,reh 4 te£arrrqiU- ‘ îetées,. ' ' ^ ' Ivlonfieux. boira;, enfuite,.pendant', jfir matins umgrand>erré dè;peuc lairqu’pii' èrera, du? lait, dé 'vacHê c-aiîlé lé 'foir aEstec. la,.prefure ordinaire ,. qu ùn Té-- jiarera...de:lp.n iipmage: en, lé, la^flaiic e^puter pen^nç, 'la, nuit,, à'{tràvé'rs-, up;- Bhge’pour: léxlarifeX Te madn aXec,- lê} B.tanc d-opufl' On y: jettera péhdânt çéi“- îe^darificatian huit clopoiteS: layés.ôéî étouâes dans le vîïi blanc ,, une pin— eee- de.ibrrMpit.és dé |>ent chêne'^ ap^“ quelles’, on. donhera ühe- ébplliçipn dbi:' quelques minutes lé'blànc d'cédfX y- éteign^rnt eh- même tems une couple ,cid■ .e^6.uXirouil^és&rQug^s_a^.feu.Ondî^^bar- te. dans le, petit lait coulé un peu dér &eîâU;r.QîâiJ, repur^ra.»Ja. fin ^ B B M^e.d E-c rN" r. i5te ^otxr revenir pendant- cinq autres ma^ BUS àl’ufage des mêmes fucs5.&y,aïans emploïé. le. purgatif à la fin ^..au même petit lait pendant fix nouveaux matins après' lefquels- on redonnera la; niême.* médecine- - ; On croît devoir oSferver qu’bn a& jngé. nécelTaire ,,à' caufe de la. foibleffe de. Monfieur „de. fe. fervir d’un purgatif^ êît reniement. 4'oux *, .mais fi les> £orcea avoient, augmente;,* on.ajouieroic dm feiné,..On daifièoe c,|iangemenKà la.pru- dènce de Monfieur le; Médecin ordinai¬ re^. M ais fi-au contraire le malade étoic: extrcmement abbattu j. on.ménageroic: glus ou moiiis^ la.fprce du pur.gatifi, SC. on le:: donneroit moins fouvento... ; . L’état: de.Monfieur déterminera aprèss ees remedes 5.isîi|'dbkd.es'^GontinBèrv- '&' on dbnnera. la. préférence, à ceux. quL auront le mieuxnéuffii,. ; .boitrons ordttîaire fera une ptîfa-- . ne faîte avec le.s,feuilles..fecbes:,de^ca,- pfllàiiei-gi céfiès.yè fcoloperidré/aJa- quelle, qn,. ajaureEàlunrnoikt.^deT demV ©ricè de limaille de fër rouillé, & qu’om. préparera apres une léger-e; ébullîtibm à la; manière- du. thé;. On pourroit' fttbfti;^ ^j:. à.cme 0ifaae: une. dé£aéi:ioa.,iàfeî îSTï. CofNSULTATi'ONS Cl^OlSlSlS racines de chiendent, & de fruit de fey.» norrhx3îion: ou grattecul *, aloutant'àcha-- que bouteiUe de cette ptifane une de^ mi-drachme de tartre vitriolé. Oit nourrira le-malade avec de bpnÿ bouillons , quelques- foupes, & üit peuî de bouilli & dé rôtiféulemenc au dî¬ ner,. Il pourra faire ajouter un peu de viiï à fa ptifane à l’heure des repas ^ prendre même daus là-journée quel¬ ques rotiesvUu: vin alRîibli par dé l’éau.1' Oit joindra- à cettê ’ nourriturq qnef. que jaune d%uf.. îdonfieuf. s’àbftiendfai de tous' les^'aliments de^ haut', goût, éé ''de tous-ceux: qui: font cruds, grolïïers.,, & iiidigeftes ou pr-opres - à. inonder, 'le âng,;- - - - ’ - Délibéré à Montpellier le févr^ 1.745. » Mfe HT A G H E. CO N S D'L T A TJ 9 h: XXEÏ.i mt ûoÜqHe'inteftlndt &' A Près av-oî« lu avec attendoiy la re¬ lation très-détaillée qui nous à-hb ^somioauniquv.^; ÿ/ieftÎBne-ic^elsimaiâd^ B'E. M H-D E G r N «font la jeune Dame eft tourmentée avec tant d’obftinattoiT, eft une coli¬ que inteftinale-hyftérique caufée par les; vents, par racrimonie du fuc inieftinals, & par lesfpafmes dés Jibres des mtef- tins. Les caufes qui entretiennent ainft cette colique , font les mauvaiiès digei- tions, & le mauvais, caraéterc du fang ^ qui eft épais foc,, & acrimonieux.. Les dérangements des- réglés, & les pertes de foiigqai ont précédé, font voit qu’il y, a long-tems que le couloir Dceriui- n’eft pas libres & ces embarras de 1^ matrice- prouvent que la. portion lym¬ phatique du £àng étoît déjà épailfo dc;. puis, plufteurs années e mais comme h. l’occafton de ces embarras du couloir utérin le iàng fe portoit trop abon¬ damment vers: quelques vaifléaux fon— guins dé la: matrice que d’ailleurs Madame étqit ^dit-onpléthorique , ces vaifléaux forompoiént^ & le fong uteria: couloir abondamment par hémorrha¬ gie j & cfoff en conféquence de ces hé- îâorrhâgies ré-iterées que^ le fo,ng épuifé & appauvri' dé ce mudiége déuit & balfamiqué, dont il a befoin pour être- dans une fluidité homo-geae 5 drifo âant déjà, épais devenu -eacM^ rSî^L CÔNSüLTJbTîONS' CHOISIE?- plus , ôc en même tems fec & acrimooi nieux jxç qui a OGcalîonné trop de roi— deur & de fechereflè dans le fyftêmev nerveux& la- dîfpQÛtion prochaine:; aux fpafmes. à;la: moindre occafion. Un fang tel que- nous venons de lei îepréfènter ^, fournit des fucs digeftifs. de, même qualité ^.c’eft-à^^dire épais ^ te¬ naces ^&àciimonieux, d’où il réfulte des digeflions- imparfaites & fougueufes,,, avec produdian de ventsdê patticifc^ les gr0ffieresv.& d’acrinaonie,^ ; ' Les vues que.. Ton doit avoÎE- poag: sraiter^ ave© fuocès eette, maladie/.font: de mettre, les digeftions en réglé-^.dèi à>nner au fâng de-la fluidité , en rincL- fant: légèrementle détrempant & 1 -a-^ douciïTant y.: de readre libre le couloir: îiterin dé dosner du calme à la-ma-r- làde continuellement 5,,averd{ranE'qw’om ne fqaurair venir-à bour d’une telle raa-r; ladie-qu’au moïen dun sraitemeiiE: long & méthodique d un régime de- vivre bien obier vé. >' Ç!ëft pourquoi d entrée on- purgerai f& malade '’vec une once de racme de polypode5,..ôcdemî-poignée:de'fleurs, ae^ wolètces ^. dontron fera:. ei> demi-heureî #axi.v.eireside 'dé]co^:oiîï^ n i M E D t c r N E. en (fifToodra dans le premier verre de'^* onces de manne 5^^ de dans le fécond once de manne , ajoutant à chacun ces ven-es une onte d^uile d’àm’and^^ douces tirée fans feu , & récemment'’' L’on prendra le fécond verre deux heu¬ res après le premier , & un bouillon de: veau deux, heures après le fécond verre.^ Le lendemain de la purgation ,, ôn commencera^l’ufage de bouillons faits, avec huit ances- de m^ou dè veau , deux, écrevifles de rivière' pilées em vie f & k feur défaut dix. ou' dbuxe cloportes la¬ vés, & écrafës-.en vie ): deux drachmes- déraciné, de pivoine mâle, mie drach¬ me de, racine de valériane làuvage une poignée- de credbn dé fontaine. Âïant pris ces Bouillons douze jours de fuite on fe purgera comme aupara¬ vant pour pafler enfuite à, l’ufage dfc Fopiate fuivante., O F I A T E. Prenez confèrves de fe’^ilorrhodoiT^ daunée, de chacune deux drachmes dt demie;: racines, de valériane fauvage „ fiiccin blanc prépare, & cloportes aufli- ftégaréii ^ de. chacun deux- drachmes. ïSô Consultations choisiïs pilules de cynoglolîe deux fcrupules 5 cachou brut eu poudre quatre fcrupu- les ; faites avec le fyrop de chicorée compofé une opiate molle , dont la dofe fera de deux drachmes, . L’on prendra le matin à jeun deux drachmes de cette opiate dans du pain à chanter , avalant -demi ^ heure apres ïin bouillon fait avec huit onces de collet de mouton , demi-poignée de uhicorée amete de ij-ardin, Aïant pris cette opiate quatre jours l’onprendra tout de fuite le petitdait de vache, caillé par le moïen-de la crème de tartre ou de la prefure. La dofe de ce petit kit fera de douze à quinze onces, que i’Ga prendra le matin à:jeu% mais 011 y éteindra trois doux de la longueur du petit doigt, rougis au feu, Qu le clarifiera avec le blanc de deut œufs ,yfaiknt bouillir pendant la cla¬ rification dix cloportes lavés dc écrafés en_vie , & raïant, coulé on y fondra une cuillerée de, fucre fin en poudre, ôc 011 y ajoutera une cüiUcrée de k fécon¬ dé, eau de chaux t mais un moment: avant de prendre ce; perit kit, on ava¬ lera vingt grains de poudre dé guttete dans deux au trois cuillerées d’eau de UE Médecine. 1S7 fîcurs d’oranges. L’on prendra, ainiît cc petit lait fix jours de fuite , après lefquels l’on reviendra à l’opiate quatre jours comme auparavanten fuite à lîx jours de petit lait ; encore à quatre jours d’opiâte , & enfuite à fix jours de petit lait. Après quoi on fe purgera avec la médecine indiquée. L’on palïêra enfuite à Lufage dès bouillons qui feront faits avec un jeune pouletdeux écreviffes de rivîere pilées en vie , une drachme de racine de pi¬ voine mâle , .une once de racine de va¬ lériane fauvâge 5 demi-poignée de pim- prenelle de jardin & autant de chicorée àmere aulE de jardin. Aïant pris ces .bouillons dix matins ^ on fe purgera comme auparavant, pour pâfTer enfuite à l’ufage du lak de chè¬ vre , que l’on prendra le matin à jeun avec un peu de fucre jufqu à la fin de juin ^ obfervant i®. D’ajouter a la pti- fc du lait , les huit premiers jours,, deux cuillerées de la fécondé eau de chaux. 2®. De prendre le refte du tems de l’ufage de ce laitj. de trois en trois fours ^ un moment avant le lait, une poudre compofée de douze grains de facciû blanc préparé. ^ de douze grahii, r§'8 CoNSüLTATi-oKs GHorsrïï ^ cachou brut , de huit grains de çlow portes j,& fîx grains de fàfFran de marff apéritif; oii ava-lera eerte poudre dans, un peu d’eau de fleurs d’oranges.- 5®. De fe purger avec la. médecine ordonnée en quittant, ce lait,^ ■ Je confeille de plus dès à préiènt de' fc mettre dans un ufage habituel duf laudanum ^ fans quoi les remedes ne réuffiront gueres-; ainfl tous les'jours’ l'a maiâde doit prendre quinze ou vingt gouttes de laudanum liquide de Syden-- fiam dans deux cuillerées- d’eau de fleurs' d’oranges, ce que Ton répétera dans la journée lorfque les - douleurs feront violentes. Au fotplus la iKturriture fera - du bouilli ,, , du rôti fin , & de la foupe à dîner &. à fouper (; & point de. viande à louper ) du poiflbn bouilli à l’eaU j OU- au court bouillon moitié eau moitié vin y t oînt de patiiièrie , bien peu de Tel, ôc: I boiflbn fera, toujours de l’eau pure, A Montpellier te 24. février s fïZ£S. CONSULTATION XXiV. ^ur me fifinle lachrymde smmen^ânte^ O N ne Tçajiroiî: encore détecminer bien pr-écifément fi Monfieur le ^■Çonrultant efl;:atcaqné d’ane fiftule Ta- chrymale ^ parce qu on n’a pas vû le pus évidemment fortir du coin de rceil Iprfqu’onJ’a prelTé ^ & qu’on n’a pu bien vérifier fi Tinjeâion faite -par les points laclirymaux lae pafferoit pas dans les nariaes,;cependan£ comme il eft atta¬ qué d’un larmoyement depu^ un an ; ' que le grand angle de roeiî ^roîc fonE altéré J que d’ailleurs Monfieur Gomba- lu.fier dijc lui avoir exprimé une matière purulente par le grand angle de l’œil 5 on eft fort porté à croire qu il eft atta¬ qué d’une fifiiule lachrymale, du moins que cette maladie fe prépare très^-pror- chainement, La caufe de cette maladie doit être rapportée _,tant auximpreffions qu’ont caufées à cet ccll les vents violents, & le froid auxquels il a été expofé Long-tems .dans l’endroit que le malade habite tç'o CaNSTTLTÂTÎONS «HOISISS ce qui a épaiffi la matière , des larmes • qu’à la conftitution de la lymphe , qui eft épaiflê .& même acrimonieufe , ce qu’on déduittant des enchifrenements auxquels il eft fi fujet , que principa¬ lement de la chaffie abondante &: épaif- le que l’on voit au bord des paupières dé l’œil aftedé avec inflammation de fesd| bords , & de la face inté4?ure des p^u- pieres. L’on peut même prélùmer que les larmes ont entraîné une partie de cette matière épaiCe , qui a concouru à boucher le fac nafal, & a donné lieu à la formation de la fiftule lachrymale. Sur quoi le Confeil fouffigné eftime qu’avant, d’en venir à l’opération , il faut efla^r de rendre le cours des lar¬ mes libre par le moien des injections que l’on fera long-tems par les points lachrymaux. C’eft pourquoi inceflamment l’og ih- jeéterâ deux fois le jour par. les points l’achrymaux de l’eau de Bareges tiede, &, au défaut d’eau de Bareges, de l’eau d’orge. - Si cette injedion vient à paffèr dans quinze jours ou plutôt dans la narine , pour-lors on fera dans la fuite l’injec¬ tion avec un mélange de parties égales BE MlDECINSr Ï^I d’eau cîe Barlaruc & d’eau de Bareges, ou d’eau'd'orge. Mais s’il n’y a pas moïen après un certain terns de faire palTer rinjedioii ( aiant été bien faite ; il y a peu de Chirurgiens qui connoiffent bien'éette Hianceuvre ) pour-lors ce fera une mar¬ que que la fiftule eft bien formée ; ce que i’on ■ oonnoicra atiffi fi l’on s’aflure, en expdmanr qu’il fort du pus par le grand angle de-l’œil : alôVs il faudra venir a i'opéfâri'on , mais reulement-au mois de ïïiâû ' ■ ' Mais, foit qu’il faille en venir àl’o^ pération, ou non , les injeélions de¬ vant être fuffifantes, dans l’un & l’au¬ tre cas comme la portioii lymphatique du fàng eft- épaifîe & acrimonieufé , foit ’ pour préparer àTopération; fok pour 'favorifer l’efîèt des injeéfcions , & mieux procurer la déterfîon des voies des lar. mes , il eft nécelfàîre de fe conduire comme il fuit. Deux ou trois jours après être arrivé chez foi, le malade fe fera faigner du bîas', d’où l’on tirera environ huit on¬ ces de fang. Le lendemain de la faignce il- fe purgera avec une once de tamarins dont on fera deux verres de décoélion. Consultations choisies 'OÙ Ton fera infufer toute la nuit fur les cendres chaudes deux drachmes de fen- né, demr-poignce de fleurs de pecher & demi-poignée de fleurs fle violette • diflblvant le lendemain m^tin dans le prcsiicr verre -de colature deux onces de ' manne , êc dans le fécond .une once reulement. L’on -paflèra enfuice à Pufage de 'bouillons,qui feront faits avec ilx onces de collet de-mouton, deux écrevides. de rivlere pilées en vie , une drachme ■Se demie de racine d’énula campana, & aine poignée de creflon de fontaine^ Aiant pris ces bouillons neuf matins, ^n Te purgera comme auparavant, pour , .paflèreh mite à Pufage du laie de cheyre, •que Pon preudra le matin ù jeun juf- •qu’en mai, à la dofe de douze à feize ' onces, avec un peu de fucre, fe pur¬ geant en quittant le lait comme aupa- j;avanr„ Mais pendant'Pufage du lait, on prendra de trois en trois matins uirrao- ment avant le lait, une poudre compo- fëe de huit grains de cloportes prépa^ ris J de dix grains de cachou brut, & de dix grains de fuccin blanc préparé, avalant cette poudre avec trois cuille¬ rées d’eau de fleurs d’oranges. En DE M E D E C T N E. ïpj En mai on déterminera fi on doit fai¬ re l'opération. Cependant on obfervera un bon ré- . gime de vivre, faifant gras, mais feule¬ ment en foupc , bouilli, & rôti, & ne fàlant prefque pas les aliments. L’on pourra aufli manger quelquefois des ceufs frais, & même du bon poilibn ; mais feulement bouilli, ou à l’eau, ou mu court bouillon moitié eau moitié vin, fans épiceries, ou fur le gril, fans aucun aflaifonnement. L’on boira l’eau fimple- ment teinte de vin , & l’on évitera le vent, le froid, l’humidité , la fumée, & la pouffiere. Dès à préfent on baffinera rœil deux ou trois fois le jour avec un col- Jyre fait avec trois onces d'éau de ro- fes, deux onces d’eau de plantin, & de¬ mi-once de mucilage de graine de coin , 8c lorfque l’inflammation ^ Consultations choisies avec fix drachmes de racines de po^ lypode, dont on fera un verre de dé¬ codion , où l’on ferainfufer deux drach¬ mes de follicules de fenné j demi-drach¬ me de rhubarbe concaflTée -, demi-drach. me de rapure de fantal citrin, & demi- poignée de fleurs de mauve , diflblvant dans le premier verre de colature deux onces de manne, & dans le fécond une once de fyrop de rofes pâles. - Le lendemain de la médecine on com¬ mencera fufage de bouillons, qui fe¬ ront faits avec huit onces de collet de mouton , deux écrevjlfes de riviere pi¬ lées en vie , une drachme de racine de valériane fauvage , autant de celle de pivoine mâle, ôc une poignée de chico¬ rée amere de jardin, t Aïant pris ces bouillons dix matins, on fe purgera comme auparavant, pour paflèr enluite à l’ufage du petit lait ,tiré du lait de chevre par la crème de tartre, La dofe de ce petit lait fera de douze à quinze onces , que l’on prendra le ma¬ tin à jeun, mais on le clarifiera avec le blanc de deux œufs,y faifant bouillir pen¬ dant la clarification douze cloportes la¬ vés & écrafés en vie, & l’aiant coulé on y ajoutera un peu de fucre & 'deux cuillerées de fuc de cerfeuil. DI Midïcini. Ï97 Aïant pris ce petit lait un mois de fui¬ te , 011 fe purgera comme auparavant, pour paflèr tout de fuite à l’ufage du lait de chevre coupé avec partie égale d’une décoétion d’une drachme & deiîiie de racine de fquine ^ y ajoutant un peu de fucre j obfervant de prendre dé trois en trois jours , un moment avant ce lait coupé , & dans deux ou trois cuillerées d’eau de fleurs d’orange, une poudre compofée de dix grains de cloportes, dix grains de fafïran de mars apéritif , & de dix grains de fuccin blanc prépa¬ ré. En quittant ce lait vers la mi-mai, on fe purgera comme auparavant. Alors on viendra à Balaruc y prendre huit douches à la tête,en arrofant de cette eati le devant des ïeux ouverts. L’on trem¬ pera auffi cinq ou fix fois les jambes dans la fource. ^ Trois ou quatre jours après être revenu chez foi, on reviendra à l’ufage du petit lait déjà preferit, & on continuera pen¬ dant un mois, fe purgeant avant 8 c après tout comme ci-devant. Dans^la fuite du tems on prendra- trois fois la femaine, le matin à jeun, une grande talTe d’in- fufîon de m élilïe ou citronélle en ma¬ nière de thé , avalant avec les deux on liil spS Consultations choisies trois premières cuillerées huit grains de poudre de cloportes. Cependant des à préfent & dans la fuite du tems , on fe baffinera les ïeus trois fois le jour avec de rinfufion fui- vante que Ton aura fait tiédir. C O LLT RE. Prenez de la racine de valériane fau- vage mife en poudre grofEere,demi-on¬ ce ; de la rhue hachée une bonnç pincée ; on mettra le tout dans une bouteille- âvec une livre de vin blanc clairet, bif¬ fant toujours infufer le marc ^ & tenant ïa bouteille bouchée 5 on refera de cettè infuEon autant qu*il fera nécefbire dans la fuite. Au furpîus on fera gras, mais feule¬ ment en foupe!, bouilli & rôti fin j oii' pourra manger quelquefois des œufs frais, & même du poiuoivfur le gril, ou bouilli à feau, ou aii court bouillon moitié eau moitié vin. On boira le vin trempé , & Pon ne fouffrira ni froid ni humidité à la tête. Délibéré à Montpellier le lê. mars 1745îZE s,Co mbalîIsî.£R» DE Mej>ECINE. ^99 CONSULTATION XXVI. Sur une Dartre creuteufe a la face. L a dartre crouteufe qui à paru de¬ puis quelque tguis fur la levre,rupé-. rieure de Monfieur, principalement du¬ rant le froid, a été produite par l'épaif- fîdèment & racrimonie de la lymphe cutanée, qui ^ s’étant arrêtée dans quel¬ que glande fébacée delà partie affec¬ tée , y a occafionné une légère fuppura- tion , & de petits ulcérés devenus crouteux dans la fuite. L’état de la lymphe cutanée que Ton vient d’établir en fuppofe une femblâble, & dans le corps de la lymphe en général , & dans les autres parties intégrantes du fang comme les petites glandes lymphatiques que l’on remar¬ que fous le menton, ^ qui font d’un caradere skirreux , ne permettent pas d’en douter. Ce qui eft encore confirmé par le temipérament plein d’ardeur & de feu du malade. Les fréquentes courfes à cheval, ,îès 1 iii] ioo COKSUITATIONS CKOîSIïS veilles & la grande activité de Monileur, dans ce qu'^il fe propofe d^exécuter ^ ont beaucoup contribué à retrancher de la malTe du faiig le mucilage le plus fin , & àdéterminet les progrès qu’ont faits les difpofîtions vicieufes qui fe trou- voient déjà dans la maffe des liqueurs. Pour guérir la dartre qui fait le fu- jet de cette Confultàtion, & en préve¬ nir les retours dans la fuite , 011 doit fe propofer de reétifier les digeftio-ns, de procurer une divifîon douce & ména¬ gée à la malle du fang, & d’en dimi¬ nuer la fougue ^ l’àcrimoiiie, qui ont pris le delTus. On efpere que ces indi* cations feront remplies par le moïen des ïemedes fuivants. On commencera par faigner inceC- famment Monfieur du bras, & le len¬ demain de la faignée o>n le purgera avec une once de tamarins, la pulpe tirée de quatre onces de calfe en bâton fans la palier, une drachme de rhubarbe con- calTée , & autant de fel d’Epfom , dont on fera une décoétion, dans une livre de laquelle on lailfera infufer pendant la nuit à froid une drachme & demie de fermé , dilTolvant le matin dans l’infu- fîon coulée deux onces de manne > la 6 i M E D ï C I K 1. lût îhédecine préparée fera partagée en deux verres qu’on donnera à deux heu¬ res de diftance l’un de l*aucre. Pendant tes dix ou douze matins fuivantSy Monfieur boira^ un boui^pn fait avec un morceau de collet de mou¬ ton ou d’agneau,fix drachmes de ràSfe- ne de lapamm acutum , les CuifTes de cinq ou fix grenouilles écorchées & écrafées , deux écrevifiès de riviere étouffées dans l’eau chaude & écrafées dans un mortier , & une poignée en ïont de feuilles de chicorée amere & de crefibn de fontaine, repurgeant à la fin avec la même médecine. Pendant les quinze ou dix-huit matins fuivans, Monfieur boira un grand verre GU une écuellée médiocre de petit lait qu’on tirera du lait de chevre caillé le foir avec la prefure ordinaire ^ & g l’on féparera de fon fromage , en le iflànt égoutter pendant la nuit à tra¬ vers Un linge , pour le clarifier le ma¬ tin avec le blanc d’œuf. Onjettera pendant cette clarification une demi- poignée de feuilles de furaeterre que l’on fera; bouillir durant quelques mi- aiïtes^ avec le blanc d’œufy éteignant- ^ îïïênsc temS' deuxr ou trois- petits* à02 CoNSULTATrONS CBOISIES doux touillés 5 c rougis au feu , & fiiifC iànc par le purgatrfe Après ces remedesfi Monfieur peut tecouvrer facilement des tortues , i[- prçüdra pendant une vingtaine rie jours t que matin un bouiHon fait avec un rceau de maigre de veau ou un jeune poulet,, la chair ^ le foie lé fang & le cœur,d*une tortue d’une grofièur raifon^ lïabîe ÿ une ctracbme Si demie de raci¬ ne de fquine coupée par trancbes ^ 8 c inné poignée de feuilles de chicorée amere» On aura foîn de recourir à la médecine ordinaire à la fin, de ces bouil¬ lons.. Les chaleurs de i’érê étant arrivées 3, Monfieur prendra pendanc'neuf ou dix: matins fe batn domeftique tiédè , ou B d’emeutera une heure chaque fois,, îf pourra boire à la foi de un bouillom ie: poulet altéré avec un peu de biaiie Æelaitue &'un peu de cerfeuil. S’étant repofé pendant quelques |oors, il boira pendant dix matins lès eaux d’ifeuzet, qu’il pourra feire tranf- f orter chez lui , fi mieux il n’àime a:lleiî ir les iîéux. On difibudra fe pemier |Qut E Médecine. lof _ Heti réuffi, Madame les reprendra penr dant une fécondé dixaine de matins , &, les aïant terminés par le purgatif ^ on lui redonnera le même petit lait pen¬ dant dix-huit ou vingt matins , Sc ü fon eftomac s’en accommodoit bien, elle en/ prendroit une féconde dofevers les qua¬ tre heures du foir , obfervant d’employer la médecine ordinaireà la finde ces re- medes» Suppofé que Madame'palTe de mau- vaifes nuits ,. elle boira le foir à l’heure de fon coucher un julep fait avec trois ou quatre cuillerées d’eau de pavot rou¬ ge , une cuillerée & demie d’eau de fleurs d’oranges, & dembonce de fyrop de pa¬ vot blanc. On ajoutera fept ou huit gouttes de teinture anodyne de Syden¬ ham , fl le fyrop de pavot feul ne pro- curoit pas aflez de tranquillité , & daijs la fuite on augmenteroit le nombre des gouttes fuivant le befoîn. Pendant Tété Madame pourra alter¬ nativement prendre unbouillon fait avec un jeune poulet , deux écrevifles & une poignée de chicorée amere , durant une dixaine de matins , ou bien le petit lait preicrit eî-delTus, maisdonton se- tranchcroît les cloportes ^ fi on le tron» '210 Consultations choisies ve à propos. On purgeroit à la fin de Tufage de ces remedes fuivant le befoin. Mais fi Madame pouvoir recouvrer des tortues à la place de ces derniers remedes , elle prendroit pendant les chaleurs de Tété un bouillon fait avec un morceau de maigre de veau j la chair, le foie, le fang^ & le cœur, d'une tortue de grofièur raifonnable ; deux écrevilTes, ôc une poignée en tout de feuilles de chicorée amere & de pimprenelle ; la ' médecine ordinaire feroit employée apres vingt jours de ces bouillons. L’automne prochain on pourra réité¬ rer les remedes confeillés ci-defiùs, fi Madame s’en eft bien trouvée , ou bien elle feroit donner avis de fon état aupa- / ravant. Il eft abfolumenE néceftaire que Ma¬ dame garde un éxad régimefte vivre , & qu elle s’abftienne des ragoûts, de la friture & de la patiflerie , des falades,, des fruits cruds , des îegumes, des ch⬠taignes de tous les aliments grofliers, indigeftes, ou échauffants, A Montpellier le 51. mars 1745. SJgaé Montagne, BB MîDECINE. Jllî CONSULTATION XXVIII. Sur des fleurs blanches. I L paroîc que tous les fymptômes dont la malade eft affligée ne provien¬ nent que de la difficulté que le fang menftruel trouve à s’écouler par les ex¬ crétoires, ce la matrice j car , cette diffi¬ culté étant uoefsîs pofée, il fera fort ai- fé d^’expllquer tous les maux qu^elle fouffre, ava43f, pendant & après Té- coulement, dont cependant le détail feroit ennuïeux, & affèz. inutile. Cette difficulté ne peut provetitr que de l’une des trois caufes fuivantes; fçavoir ^ bu de la grofliereté des liqueurs, ou de la vélocité de leur mouvement , ou enfin du rétreciflèment des couloirs mêmes. Car fi lès molécules fe trouvent trop groffieres, elles ne pourront paflcr qudvec peine par les couloirs. St les humeurs circulent avec une trop grande vélocité ,, elles ne s^rrêtent pas affez pour diftribuer les liqueurs conve¬ nables aux vaîffêaux collateraux, 3®^, Enfin.fi le calibre des vaiifeaux fecretoi- 111 Consultations choisies res ou excrétoires iè trouve rétréci, îi eft évident que la fecretion ne pourra fe faire qu’avec peiné. Cependant la maigreur de la malade & fon tempérament délicat femblenc donner l’excludon à la première caufe , qui peut avoir lieu dans d’autres occa- fions 5 &,quoique le même temperamenç' nous faffe foupçonner la fécondé caufe, nous regardons la troifiéme, ou le ré^ trecilfement des couloirs,comme la cau¬ fe principale j la feule durée de la mâla-^ die femble confirmer cette, alTertion. Il s’enfuit de cette théorie que indications curatives doivent rouler fur les remedes qui humedent, qui rel⬠chent , & qui font en état d’adoucir lé¬ gèrement. On commencera par une faignée du pied. Le lendemain, la demoifelle fera purgée avec deux verres de ptifane roïale. Après elle' commencera l’ufage des bains domeftiques,qu’elle continuera jufques à la fin du mois d’août , lailfant quel¬ ques jours d’intervalle fi elle fe trou¬ ve fatiguée , & dans ce tems elle pren¬ dra pendant fept jours de petites eaux ïafraichifiàntes , comme celles de Mai¬ ne , de Lodeve ou de fembiables. Ces DE MEDECINE. eaux lui fer virent pour boiiîon ordinai¬ re , ou routes pures , ou en forme de ptiiane y mettant le capillaire , ou la fcolopendre. Au commencement de feptembre , elle fera encore faignée & purgée com¬ me ci-deifus. Four lors-elle commen- CÆrale petit lait chalibé,le matin à jeun , Sc elle le continuera pendant dix à douze jours. Après elle fera encore purgée dou¬ cement , & pour 4 ors elle commencera l’ufage du lait d’ânelTe le matin ; à midi elle prendra une loupe au lait de vache, & le, foir de même pour fpuper. A Montpellîer.5/^iî7e. F i l z g e r a l d. ^CONSULTATION XXIX. Sur une vomicjue de_s poulmons. Mémoire. M Adame eut il y a quelques années une fluxion fur les jointures, qui lui caufa de grandes douleurs ; cette douleur fe jetta enfin fur la poitrine, & faivant les fymptpmes apparents , lui caufa une peripneumonie., Depuis ce iî4 Consultations choisies tems-la elle a rendu une grande quan- dcé.de pus , confervant toujours fon einbonpoînc, & eft devenue enceinte j, comme lî elle étoit en parfaite fanté. On ne peut pas dire que ce pus vienne d un fchirre qu’elle avoit dans le poul- mon , qui fiippure à préfent, comme quelques Médecins de cette ville l’ont prétendu 5 puifque, fi cela étoir, elle au- roit eu difficulté de refpirer, avec fievre ^ & foiï embonpoint n’auroit pas fubfifi. zé. Le pus ne vient pas non plus d'un ul¬ céré du poulmon , puifqu’il eft impoflî- ble qu’il y ait un ulcere, & que la maf- fe du fang n’ait pas été infedée , depuiy que cette dame rend une quantité de pus fi confiderable, & fi puant. Le ma-^ rafine l’auroit bientôt iuiviCj & elle n’auroit pu réfifter long tems. Nous croyons donc que c’eftune véritable vo¬ mique occaiîonnée & produite par une acrimonie du lang , Sc par la mauvaife difpofition du poulmon. On ne fçau- roic douter que lé pus ne foie dans un kifté qui empêche que la maflè du fang ne foît infedée ; on peut même afturer que dans le tems que le dépôt fe fit fur îa poitrine, quelque ^véficulé du poul- mon fe rompit, & le fang qui s’extra* DE M E D E C I N E. rafa alors, duleiidanc les autres, & fou cours fe trouvant trop gêné, il le fît une poche , où il s’épancha dès qu’u¬ ne fois le fac fut formé ; le fang s’y déchargea de fes impuretés , ainh on ne doit pas être furpris de l’embonpoiiit de Madame , puifque la vômic^ue eft comme l’égout de tout le corps. REPONSE. . Nous fommes d’abord d’avis qu’on s’en tienne aux conjectures de Mon- fieur Fabre , que nous croyons três-vé^ ritables , & très-conformes à l’indifpo- fîdon de Madame. La toux dont elle eft travaillée depuis trois ans ou envi- ion , & qui lui fait cracher du pus nuit Séjour, vient réellement d’une vomi¬ que quelle a dans le poulmon. La gran¬ de puanteur des matières qu’elle rend en touftant fans maigrir , lans fîevre îente, & fans oppreiTion , en font des marques évidentes. Les mauvaifes dif» pofîtions quelle a d’origine dans fou. poulmon , ont bien donné lieu à cet abfçcs,mais celles qu’elle a dans fon fang^ fin font la caufe principale , à raifon des humeurs corrompues qu’il a depo» lié Consultations choisies fées fur cette partie au commencement ■de fôn mal, èc de celles qu elle, re- (çoit tous les jours , & qui fortent pu« rülentes des vailTeaux, comme il arrive ordinairement à toutes les humeurs reii, fermées dans-un kifte. Comme le pus du kifte eft extrêmementpuant^ilfaut qui! ne fe vuide pas abfolument, Sc qu il y ait divers linus dans lefquels il croupit. La malade fe maintient dans fon em¬ bonpoint , & elle eft fans fievre, par¬ ce que le pus ne fe mêle pas avec la malTe du fang. Si elle fênt quelqueop- ■p'r'effion , en le couchant du côté droit, cela vient des lobes oppofés du poul- ïnon qui compriment fabfccs & le-s bronches vqifins, que le cotjrs du fang a déjà rendus moins libres que les au¬ tres. Le mal étant tel que nous venons de l’établir , nous jugeons qu’il eft très-dif¬ ficile de le guérir; mais qu’on doit pour tant l’entreprendre , puilqu on a vu des perfonnes qui ont été heureufement dé¬ livrées , en mettant en ulkge les reme- des que nous voulons emploier dans l’ordre qui luit. La malade commencera par un lave¬ ment fait avec parties égaies de lait 8c i5i Medecïhï. ilf le l'eau d’orge , une once de moelle de caflè, & du miel rofac. Le lendemain du lavement on lui ti¬ rera huit à neuf onces de fang du bras» un ou deux jours après elle le purgera avec deux onces de manne , une once de moélie de calïe , dans un bouillon fait d’un poulet & d’herbes rafraichiflan- tes. ^ ■ Après la purgation elle prendra dix matins un*bouillon fait avec un pou¬ let , de un morceau de veau , des écre- vifles de riviere , avec trois drachmes de racine de guimauve , des feuilles de chicorée fauvage , d’aigremoine,de pim- pinelle^ôc de buglotTe, en tout une pei¬ gnée ,& une pincée de mille-feuille. . De deux jours l’un elle prendra une demi-drachme de térébçnthire avec deux drachmes de caCTe en bol dans du pain à chanter. Elle fe purgera à la fin des bouillons comme ci-deflus. Si le lait peut fe concilier avec la foi- blelTe de fon eftomac , elle prendra de celui de vache le foir à fept heures avec un morceau de pain, ou de la crème de ris, d’orge , ou d’avoine , qui lui tien¬ dra lieu de feuper & , fi elle s’accoir- tume au lait, elle le prendra enfin pouc Tome IL K CONSULTATIOKS CHOISIES toute nourriture jelle ufera pour-Iors.^ de deux jours Tun , de lopiate fuîvanl te. O P 1 ji T E. Prenez çonferve de capillaires trois onces -, corail rouge préparé, quinquina en poudre, & yeux d’écrevifks de ii_ viere, de chacun trois drachmes ; faites une opiate avec le fyrop de rofes fei- çhes.. Elle prendra aufll après le dîner trois verres d’hydromel fait de deux parties d’eau de fontaine , & d’une de miel de Narbonne , deux fois^la femaine,& plus fouvent s’ils fe peut, ou s’il le faut. On pourroit lui ordonner, Ci elle avoir des infornnjes, trois ou. quatre drachmes de fyrop de pavot dans un petit verre d’caa d’prge. A Montpellier. Signé, Vergneî G A U T E B. O N , L A Z E R M E. [CONSULTATION XXX. Snr un Priapijme continuel. L ’Envie forte & prefque continuelle qu’on a de connoître les femmes , (Se la néceffité prerque indifpenfable, oà l’on eft tous les jours de goûter de leurs embraffèments, font une fuite ncceflai- re d’un vice de iafemence , & du fang. Cette première étant ramaflee dans les réfervoirs qui lui font deftinés, ayant un caradece d’acrimonie , qui irrite & a^ace comcinueilement ces parties, & y détermine une plus grande quantité de fluide nerveux, Fétend & leroidit, pré¬ cipite & avance ainfi le plaiûr de Fa- mour. Mais la ièmence ne fçauroit être capable de ce défordre , fi le fang qui eft la fource de tout ce qui fe paftê dans les réfervoirs particuliers , n etoic d’une même nature, &: s’il ne produifoit lui- même en roulant dans tout le corps des irritations, des échauffements, & des ardeurs, qui contribuent à animer les parties, & à préparer le cerveau & Fi- luaginadon a s’ébranler à la moindre imw 2.2.0 Consultations choisies ’ preflion du fexe. Nous fomtnes même perfuadés qu’en combattant cette der-, niere caufe , le vice de la femence ne tiendra pas long tems , de maniéré que nous réduifons nos principales vues à rafraichir & à calmer le mouvement du fang, pour pouvoir, enfuite 1 adou- ‘ cir 8c lui redonner les particules douces & balfamiques, dont il paroît manquer. Nous comptons même qce ce ne (eroit pas une afFaire de longue durée, fi l’on nous avoit prévenus à tems j mais com¬ me on a aidé & foutenu cette difpofition en fe préfentant volontiers à ces efforts qui ont dû nécelîàircment épuifer le corps, qu il fe réduiroit même à un état de langueur, & de defièchement, fi on ne fe hatoit d’employer les reme- des fuivants. On commencera par une faignée' du bras ; on prendra quelque¬ fois un verre d emulfion avec une once <îe fyrop de nymphéa , & le jour, de la ptifanc de cette racine. Après s’être ain* fi humecté quelques jours, on fe purge¬ ra comme il fuit. TV RG AT I O N dPrenez pulpe de tamarins une oncej DE îiÎEDECiNE. 211 faites la bouillir dans un fuffifante quan¬ tité d’eau de fontaine 5 infufèz dans la colature deux drachmes de fenné rhon- dc, fleurs de pêcher une demi poignée ; coulez avec expreflion, & diflblvez dans flx onces de colature une once & demie de manne de Calabre. Faites une potion. Le lendemain de la purgation on commencera des bouillons de poulet farci de ris & graine de pavots , dans le¬ quel on mettra les feuilles de chicorée , d’endive,& de laitue. Apres ces bouil¬ lons on fe purgera comme ci-deflus , pour en venir aux bains dot;nefl;iques,& aux eaux de Camarez , qu’on prendra à l’ordinaire.. Nous fommes d’avis qu’on fe mette inceflamment à l’ufage du lait, qu’on pourra couper au commencement avec la décoétion d’orge , 5 c qu’on prendra cnfuite entier, &légérement écrémé, fup-. pôle que l’eftomac du naalade s’en accom¬ mode. S’il eaufoit quelque défofdre, on pqurroit y remedier par quelque prife d’opiate abforbante, ou une drachme de corail préparé , avant d’avaler le lait. On n’obfervera pendant ces remedes aucuns jeûnes ordonnés par l’Eglife ; on fe nourrira avec des aliments doux 5c K iij x% 2 . Consultations choisies &: ragoûts faus épicerie, évitant les fritu, r.es;oii aura fur-tout foin de boire le vin trempé , & de. ne faire aucun exerdce confîderable, co;mme auflî de fuir le eommercedes femmes dont lâipréfence ' pourroii éveiller Jes premières ardeurs encore mal éteintes. Délibéré à Montpellier ce i. mai 1731. Signé ,”M O N T A G n s , H a g u e n b t^ f O U B. N I E R. CONSULTATION XXXI. Snr me Jaunijje avec f de fimg - l^^riadiqnt, , I L paroît par le mémoire qu^on nous a remis que la jaunille dépend des embarras qu’on a remarqué dans le foie. Or les obftrudions de ce vifcere.dépen¬ dent du dérangement des dîgeftion.s j de forte que le chyle étant 'aigre & greffier a épaiffi- le fang , & la lym.-„ phe,qui ont produit à leur tour desem.- barras dans les vifeeres. C^elt encore, à cet épaiffilTement des liqueurs qü’on doit rapporter le piffiement de fàngpério^ ,'BE M.E D I C I N E. -lif dique que fouffre le malade. Il y a tou¬ te apparence qu’il s’eft forme quelque varice dans les organes qui fervent à la fécretion des urines ‘ ces varices lè rempliiTant & fe defempliffànt -pàr in¬ tervalles , font le retour périodique du piflement du fàng. Pour prévenir les fuites de cette ma¬ ladie , & redifier les digeftioiis, il faut déboucher les vilceres obftrüés, & re¬ donner aux liqueurs la fluidité iiéceP- faire pour quelles circulent librement dans ces parties. Le malade fe fera donc tirer deux palettes de fang du bras. Le lendemain il prendra quinz-ê grains d’i- pécacuanha en poudre. ^ Deux jours après on purgera le ma¬ lade de la maniéré qui fuît, F V R G A T l O N. Prenez fenné mondé trois drachmes^* rhubarbe concaflfée & fél véptal,de chacun une drachme* fommités d’abfyn- the , & femences de conande , de cha¬ cunes une pincée j faites bouillir danè l’eau de fontaine , & dîflbIvez’- dans douze onces de colaturé trois onces de manne de Calabre. Faites uire potiô» pour deux dofes. ' . " K iiil iii4 Consultations choisies Le malade lailTera palTer une greffe heurè d’une prife à l’autre. Quatre jours après on le purgera avec la même mé¬ decine , & deux jours après il prendra à jeun le bouillon fuivant. B OV I LL O N. Prenez racines de chicorée fauvagc te d’afperges, de chacunes une once *, racines d’aunée & d’ache de chacunes une demi-once; faites bouillir le xout pendant une heure dans du bouillon de veau / ajoutant fur Ja fin de la coétion feuilles d’aigremoine, de chicorée fau- vage , de capillaires, & de fcolopendre, une poignée en tout ; faites bouillir léi gérement, & coulés avec cxpreffioiK PO V DRE. Prenez tartre martial, poudre de cloportes, &^rhubarbe en poudre,’de chacun une demi-drachme ; faites une poudre. , Le malade prendra cette poudre.avec quelques cuillerées du bouillon ci-def- fus , 8c boira le refte immédiatement après. Ces bottillons feront çontinuéi ©ï MEDECINE. 22,f petKÎant une huiraine, & le malade, s'é¬ tant repurgé, fe mettra à l’afage de l’o - plate luivante. O P I A TE. Prenez fafFran de mars apéritif une demi-drachme ; fenné mondé , & rhu¬ barbe en poudre, de chacun deux drach¬ mes ; cajfia lignea , fel d’abfynthe, de chacun deux drachmes ; jalap & dia- grede de chacun une drachme ; canelle , fel ammoniac , & fafFran oriental, de chacun demi-drachme 5 mettez le tout en poudre 5 c faîtes avec le fyrop'des cinq racinces une opiate , dont la dofe fera de deux drachmes. Il faut continuer cette opiate pendant huit à neuf jours, après lefqueîs oh fe purgera comme ci-defTus. Si cependant par fufage des apéritifs , le pifîèment de 4 ng augmentoit, il fau- droic les fufpendre pendant ce tems- là. Après l’opiate , le malade prendra îe petit lait de vache bien clarifié, dans; lequel on aura fait infufer à chaud pen¬ dant une demiO heure mi gros de: faf- fcan de mars apéritif dans un noüet af» Ky *■^6 CoNSir^LTÆTîONS CHOISIES fèz lâche , & cela pendant douze jours- confécntifs. Il fe purgera enfuite & re¬ prendra l’opiate apéritive pendant neu£^ jours. Les quinze fuivants ,, il- prendra vingt grains de fafiFran de mars dans la première cuillerée de foupe j enfuite iî prendra dés, eaux coiivenablesdont on laiffe le choix au Médecin ordinaire ^ &, comme cette makdie fera opiniâtre » îkutomne prochain ïe malade prendra les mêmes remedes. Il fera toujours gras, skèffiiendra de îpus les aliments falés , ou indigeftes 5 , vivra de bonnes foupes , de bouilli, de ïoti ; boira de bon vîn trempé -, évite¬ ra les veilles, les excès , ôc les trop vio^ lents exercices» , ' Donné à Montpellier. , Lazermk CONSULTATION XXXII. Sur me Epilepjte^ L Es accidents dont Monfieur eft'at¬ teint , ou il a perdu la connoiflan- ce & eu des mouvements convulfîfs fcne des attaques d^épilepfié» La c,aaf® B t M 1 B E C I lî ÊV 117 ie cette maladie eft une mauyaifè con¬ formation des vaifîeaux fànguins du cerveau qui fe trouvent trop dilatés én certains endroits , de forte qu’ils vien¬ nent par fois à s’engorger inégarement: / fçavoir iorfque le fâng devient trop -abondant, ou trop épais , ou trop raré¬ fié ; ;par la fubftàhce du cerveau eÈcom- priméednégalement , d’où vient la per¬ ce pâlTagere dé tous les féiis avec les inouveménts eonvulfîfs dés bras .3 ôt en" care d^autres parties, qu’on n’à peut-être pas obfcrvés. : ' Gétce maladie elt très - dijfficile à guérir, & on defofpérèroit àbToluiïiènc d’en venir à bout , fi lé füjet avoir at- reint vingt-cinq ans j mars . comme fort" corps croît encore , puîfqu’il n’en a pas" dix-fept , il y a lien d’erpérer quedès' varices j ou les anevryfmes de fon cer-" veau poÉrrfont fe corriger par raccroiP fèment , dé maniéré que fort fang- né fera plus ainfi expofê à s’arrêter dans la" fobffancé du cerveau. Les vues que l’om doit avoir font dé' maintenif 1er digefaons en' bon état\ÿ d^empêcber la furabondancé du fong ^ St rentrcténÎT' continueliemeiït dansi Boe fulSfonte fluiditêy Four remplis îaS Consultations choisies toutes ces indications^ on fe comportctà de cette manieie. On fera d’entrée une fatgnée du pied* Le lendemain on fe purgera comme U fuit. TV K G AT 10 N, Prenez fenné monde , deux drach-*- mes ; fel végétal une drachme j, faites înfufer le tout dans une fufEfante quan¬ tité d’eau de fontaine J. dilTolvez dans fîx^ onces de colature deux onces de man¬ ne de Calabre , & quatre grains de tar* îre ftibié foluble. Faites mie potion qiiî fera prife le matin. Le lendemain de la purgatiqu on /è îepofera, & le jour fuivant on com¬ mencera Tufage de bouillons qui feront faits avec un morceau de maigre de mouton , avec demi-drachme de racine d’énula campagna > deux drachmes de racine de valériane fauvage , & un£ drachme de racine de pivoine mâle* I Aïant pris ces bouillons dix m.âtias, on fe purgera comme cï-deflus, en iuppriraant le tartre ftibié j enfuite on fe contentera de purger une foisJemois,^ |u%u’avi commeneement du mois d’â>5 DE Médecin Ei 225 ■’frîl, où ron fera une fàignée ùu pied , recomnaençant les remcdes? marqués ci-delTus ÿ mais après la purgation qui fuir les dix bouillons on ufera de l’opia- le füivante. O ? I A T E. Prenez fâffraii de mars apéririf trois drachmes ; racines de pivoine mâle , & de valériane fauvage , en poudre ^ de chacunes deux drachmes -y cinnabre d’antimoine une dracbrhe& demie ; dia- grede & jalap, de chacun une drach¬ me ; trochifques alhandaî douze grains ; faites avec le fyrop de chicorée com- pofé une opîate , qui fera partagée en neuf dofes égales. ■ On prendra -cette opiate le matin à, jeun, & une heure après on avalera un bouillon fait avec un jeune poulet 6c un poignée de chicorée amere. Deux jours après avoir fini l’opiate on purgera avec la potion marquée,fans émétique j on prendra enfuîte pendant vingt matins , environ douze onces de petit lait clarifié ^ auquel on aura ajou¬ té deux onces de fuc de fumeterre ; oie purgera après le petit lait j & l’on pxenç CôNStJLTATÏONS CÏÎOlSrîS dra enfuite vingt jours le lait d’ânef]^ ’ purgeant après qu’il fera fini. . Mais Tarticle eirentiel , eft d’obfer- ver un régime exact pendant plufieurs* années, laiis quoi on ne (e tirera pas de cette fâcheufe maladie j on mangera fobrement, & feulement pour foute- nir ; on évitera les ragoûts, les aliments groffîers , ôc ron boira le vin trempé, . A Montpellier , , F i z e si Consultation xxxiil Siâr me Hydroÿifie ^fcke, I L paroît bien par le volume du bas- ventre , par ,1e gonftement qUou y fent en frappant dellus ^ qu’il y a des eaux épanebées 5 mais auffi o-n a lieu dé foupçoiirrer une tumeur dans fa matri¬ ce , ou les parties voifines, par h douleur que la malade a de ce coté di^ bas-ventre, depuis le commencement de fa maladie, aiant perdu fe& réglés de¬ puis plufieurs années j dé forte qrfo» doit regarder cette maladie corauie Compliquée , & par-là','di^ciie à guérir f B î Me d te in I, èc fore dâiigereufe j ôc comme la tiî- iiieür doit être la caufe de 1 épanché- • ment des eaux , il faut auffi travailler à la refoudre , s’il eft polîible, fans pour¬ tant négliger les remedes qui peuvent évacuer les eaux. Pour cet effet, on purgera la mala¬ de avec la médecine qui luit. P V RG AT ion: Prenez fènné mondé deux drachmes; îhubarbe concafTée une drachme; fel de^ tamarife une drachme ; faites bouillir dans une décoction de chicorée rauvage. Dans huit onces de colature exprimée dîlfolvez deux onces dé manne de Ca¬ labre ; ajoutez fîx grains de jalap en poudre ,& faites une potion. Deux jours après la malade ptendrâ le bouillon fuivant, BOVIL LO N 'Prenez une livre dé maigre de veau coupé par tranches ; de rhubarbe en poudre, & de tartre martial, dé chacun une demi-drachme ; de fel admirable de Glauber, une drachme ; des feuilles de chicorée hachées une poignée ; du cer- iji Consultations cîtoisiïS fet^il deux pincées ; faites une couche avec les herbes , mettant par defTus une tranche de veau faupoudrée avec la poudre cLdefTus j continuez de meme jufqu’à ce que vous ayez emploie tou¬ te la matière', c^eft-à-dire les herbes, la viande, & la poudre, obfervant que la derniere couche foit faite avec les herbes ; ajoutez cinq ou fîx cuillerées d^eau de fontaine , bouchez bien le pot avec un parchemin & le couvercle; faites bouillir au bain-marie pendant cinq heures ; palïèz à travers une fer- viette, & exprimez fortement. Le tems de l’üfage de ce bouillon fera de neuf jours , après lefquels on' purgera la malade avec la médecine or¬ donnée ci-delTus. Deux jours après elle prendra le fuc préparé de la matière qui fuit. S V C. Prenez feuilles de chi-'orée lauvage &: d’api fauvage de chacunes une poi¬ gnée ; hachez, bien ces herbes, & ajou¬ tez vingt cloportes Javés dans le vin blanc écrafés en vie j & use drachme de faifr an de mars apéritif à mêlez le DE MEDECINE. tout enfemblc , & kifTez eu digeftion toute la nuit entre deux plats, & le lendemain on le mettra fur un peu de feu , le remuant avec une fpatule. Dès que les herbes feront allez échauf¬ fées pour rendre leur fuc , il faut paf- fer le tout à travers un gros linge , & & exprimer fortement. On partagera le fuc en deux prifes -, la malade en prendra une à jeun , & Tautre à qua-t tre heures du foir. Il faut continuer ce remede pendant fix jours, repurger la malade à la fin , la mettre aux bouillons au bain-marie pendant neuf jours , & lui redonner le fuc pendant lîx jours. Setant repurgée à la fin , elle prendra un mois de fui¬ te , tous les jours, eii fe mettant à ta¬ ble pour dîner , dix grains de falFrati de mars apérifs, qu elle avalera entre deux foupes. Délibéré à Montpellier , ^tgnl , Lazerme» Consultations choisies CONSULTATION XXXIV, Sur me Gonorrhée virulente, M Onfîeur prendra pendant trois fe- rnaines 5 ou même davantage, s’il ,efl; néçeiTairc , la ptifane faite avec l’al_- thea , le nymphear, &, le fraifier ; ulànt dans l’intervalle des émulfions cuites, avec demi-once de fyrop de pavot ou dé nymphéa , fuivant que . la douleur fera plus ou moins forte. Lorfque h cuiiîon fera palTée, que la matière ne fera plus épailïe , ni verdâtre , mais au , contraire qu'elle Ce trouvera blanche ^ & lympide il ufera des ptifanes fa- dorinqucs , mais n’en prenant que trois ou quatre verres tout au plus par joue. Un des verres fera pris le matin à fus lever, le fécond deux heures ayant le dîner-, le troifiéme quatre heures après, & enfuite le quatrième en fe couchant. Il continuera cette ptifane fudorifîque faîte avec la falfepareiiîe, la fquine, le gayac , le Ufïàrïfas , & un noüetd’a- cier & de mercure ^ en ohfervant qu’il entre environ demi-once de bois , ou Medïcikï. èc racines prifes enfemble , fur chaque pot de pciiane 5 après quoi on pourra lui donner quelques pilules mercurielles, mais fur-tout obfervant de donner fur la fin quelques fridions avec ronguent mercuriel fait au tiers. Il obfervera pendant l’ufage de tous ces remedes un bon régime de vie, en évitant les ragoûts , tout ce qui eft falé ou épicé. Après avoir ufé des fridions , s’il reftoit un petit écoulement, on pour- roit prendre vingt gouttes de baume de copahu dans un peu de fyrop de capîllab re , avalant par delTus un verae de petit lait clarifié avec le blanc d’œuf.. CONSULTATION XXXV. Sur une Hydrof ifie afche^ L ’Élévation de tout le bas-ventre de la malade, qui s’eft formée peu à peu depuis environ fept mois , & la Iluduation qu’on y fent en dedans lorf- qu’on frappe deiTus avec les mains, ne per¬ mettent pas de douter ici que ce ne fi>΀ une véritable afcite. Cette hydropifîe s’efi: formée, félon toute apparence, pag xi 6 Consultations choisies le fimple deffechementdes tuniques des boïaux, & de la veffieurinaiie, lefquels n’âïant pu recevoir la tranTpiration des parties voifines, ont donné lieu à cet excrément de feramalTer en gouttes fen- iîbles pour produire infenfiblcmcnt cet¬ te quantité d’eau répandue dans toute la cavité du bas - ventre. Ce qui nous donne lieu de foiipçonner ce -deflècbe- ment des tuniques, & cet amas de tranf-' piration, c’eft que la malade qui eft d’un tempérament fort vif & fort fec, na jamais eu aucun dérangement dans les vifeeres de cette cavité , qu’elle eft na¬ turellement fort conftipée, & que l’hy- dropîfte a fait beaucoup plus de progrès , ces deux ou trois derniers mois, que dans fon commencement \ ce qui rend bien fenftble l’amas de tranfpiration , puifqu’en cette faifon on tranfpire plus, & on urine moins. D’ailleurs la malade a depuis quelque tems. des en- ries d’rfriner, fans rendre beaucoup d’u¬ rine , parce que la veffie, deflècbéc & rétrécie., eft obligée de fe contradcc fort fréquemment, par le ftmple contaét du peu d’urine' quelle peut contenir. Get excrement fe fépare aujourd’hui en petite quantité par les reins,non- DE MEDECINE. feulement parce que la tranfpiratioii eil pins abondante vers le bas-ventre, mais encore parce que l’eau manque dans le fang, à proportion quelle s’extravalè dans la cavité. Si les obftrudions des vifeeres du bas- ventre , qu’on a coutume de foupçon- ner dans cette maladie, en étoient la caufe J les differents apéritifs qu’on a emploies jufqu ici , auroient du dimi« nuer la tumeur, ou en empêcher le progrès ; ce qui n’étant point arrive, nous avons lieu de foupçonner le deC- fechement ci-delTùs établi, & nous fe¬ rions d’avis qu’on commençât la cure de cette hydropiùe , par l’opération de la paracentefe , dans la vue de vuider d’abord les eaux répandues , qui pour- roient par leur long féjour produire de Êcheux accidents , qu’il .Reçoit bon de prévenir. On pourroic enfuite travail¬ ler plus âîfémenc à-rétablir le tiffü des boïaux , & à donner aux urines leur cours naturel J par le moïen des pur¬ gatifs hydragogues, & des diurétiques appropriés. Nous craignons même que ces remedes , emplbiés avant l’opéra¬ tion , ne -déçcrminent une plus grande quantité d’eau dans la cavité, parce qu® COKSUITXTIOKS CHOISIES les inccftiiis Se les reins ne fçauroîent être libros pour leurs fécretions, tandis qu’ils feront preiTés de toutes parts par les eaux extravafées. Cependant fi, nonobftant toutes ces railons, la malade ne peut fe réfoudre à l’opération, pour laquelle elle nous paroît avoir beaucoup de répugnance, on tâchera de remplir les indications i marquées par le long ufage des reme* des fuivants. ' j L A r E M E N T, , Prenez décodion ordinaire pour la* vements raffiraichilfants & laxatifs une livre; catholicon pour l’ufage interne, une once ; miel violât une once ; faites" an lavement qui fera pris à la com¬ modité de la malade, & réitéré toutes les fois que le ventre fera pareflèux. On fe purgera le lendemain avec ce bol & cette potion. BOL. I Prenez poudre de cloportes quinze j grains ; diagrede fix grains ; faites avec . . peu de pulpe de calTe un bol qui j SE M e D S C I K 1. 10 fera pris le matin à jeun , buyant paf deûas ia potion fuivante. POTION. Prenez rhubarbe choifie concaiîec groffiefement une drachme j faites in- Bafer pendant la nuit dans une fuififan- te quantité de décoétion de tamarins ; dans cinq onces de colature faite avec expreffion diflfolvez deux onces de man¬ ne de Calabre , faites une potion pour iufage fufdit. Le lendemain dé la boilîbn ^ on com¬ mencera d’ufer pour boilTon ordinaire daine ptifane faite avec parties égales de pîmpînelle, de capillaire, & de poly^ trie , qu’on mettra infufer dans une fufEfante quantité d’eau de fontaine bouillante ; le pot étant refroidi, on vçrfera la liqueur au clair, pour s’en fervir félon la foif, non - feulement pendant le repas, mais encore dans Tentre-deux la continuant auffi long- tepQs qu’on s’en trouvera foulagé par la voie des urines. On commencera auf- fi dès le lendemain de la purgation à î^endre une drachme de racine de pa- iitjcus réduite en pDudre très - fine ,^40 Consultations choisiïs délayée dans un verre de la fufdite ptifane , le matin à jeun pendant dix ou douze jours , au bout defquels on fiibf, tituera à cette poudre quinze ou vingt grains de fel admirable de Glauber, dillbut dans - la même ptifane , qu’on continuera pendant quatre ou cinq ' jours, inûûant fur celui des remedes qui aura rendu les urines plus abondantes. On peut auffi emploïer dans cette vue, îa poudre des cloportes, ou feule, ou mêlée avec les fuflits remedes. Après les chaleurs de fété , on fe tournera du côté des* hydragogues qui pourront convenir le mieux j le jalap, la feammonée , la coloquinte, & fur- tout i’eâU'de*vie allemande , dofés fui* Tant l’état de la malade. A Montpellier , Signés ^ B e zac, D E11) I E R . CONSÜLTATIOK ët MEDECî'H-E. 141 CONSULTATION XXXVL Sur une Haemqphtypi^e périodique. L e crachement cîe Êang que Monlîe^t a eu -par intervalle depuis quelque temsmarque la délicateflè des vàif- feaux du poulmon-qui doivent être foi- blés -, ôc par-là peu propres à réhftec au fang, lorfquhl eft poulfè avec pluif de force , & en plus grande quantité, dans les poulmons. Le vice peut être naturel aux petits vaiflèaux du poulmon , mais auffi on ne peut pas difeonvenir -que la conftitutiondu fangacrimonieux^ Sc le tHïufoibie & trop lâche de ce vif- cere , n'ait augmenté cette difpofitiondes vailTeaux. Outre cette dclicatelFe des vailîèaux du poulmon, & cette mau- vaifc conftitutioiî des humeurs , le ma-^ làde a encore reftomac .foible &: déli¬ cat , qui digéré avec peine & fouvent fort mal, de forte quil faut commen¬ cer par rétablir les digeftions , & don¬ ner un peu plus de vigueur à l’efromac, . Pour cec effet, dès que Monffeur fera , chez lui, & qu’ii fe.fera repofé quelqu^es Tome IL ' . L 24 i Consultations choisies jours , il fe fera faigner du bras , & fe purgera le lendemain comme il fuie. TV RG AT I O N. Prenez rhubarbe concaiTéeunedrach- me ; fleurs de violettes & fommités d’ablynthe; de chacunes une pincée • faites bouillir légèrement, & diflblvez dans flx onces de colature deux onces de manne de Calabre 5 faites une po¬ tion. Deux jours après il prendra l’opfate qui fuit. O T J AT E. Prenez conferve de kynorrhodon une , demi-once j eonferves d’aunée & d’ab- fÿnthe , de chacune crois drachmes ; cachou brut, deux drachmes ; antihec¬ tique de Poterius une drachme ; faites avec le fyrop de rofes feches une opiate dont la do(e fera de deux drachmes. Le malade prendra cette opiate le matin à fin lever , & le foir en fe cou¬ chant. Il prendra uii bouillon de poulet à la chicorée une heure après la prife du matin , ôtle foir il foupera avec un ©eMedecînî. 245 potage à la viande , & un morceau dé pain après , trois heures avant de pren¬ dre i’opiate, Lorfqu’il en aura pnV fix jours il fe repurgera , & le lendem'aia il prendra le matin au lit un grand ver¬ re de lait d’ânefe, adouci avec un peu de lucre -, &, afin que le lait ne-s’ai- griffe pas, le malade prendra en fe cou- ehanc Topiate qui eft ci-delTus Dès qu’il connoitra que fon eilomac fupporce le lait, il en augmentera la , doîe , & foupera avec une foupe au iait. L’été il prendra des bouillons faits avec un jeune.poulet & fix grenouilles j on y fera bouillir un moment une pin¬ cée de fommicés &de fleurs d’hypéricon, de centaurée, de feuilles ce méliirej ôc il continuera ces bouillons dix ou douze jours. Il les prendra pendant le même tems fur la fin d août. En automne le.malade repurgé pren¬ dra le matin un bouillon de poulet comme ci-deflus » il paflera enfuite au -lait d'ânefle , & àla dicte blanche, s’il eft pofEble 5 il pourroit cependant à , dîner, manger une foupe grafle aux écrevifîès. Afin de foucenir reflomac, on confeille au malade de boire de l’eau Lij 2.44 Consultations choi-sies .pendant Tufage du lait. .On invite beau, ■coup àce dernier, parce .qu il n’y a rien de plus propre pour engraiflèr le fang ^ U fortifier les petits rcfaux du pouL mon ; il le continuera donc jufqû’aux grands froids, parce qu’alors il ne con¬ vient pas -J & pendant cette faifon le pialade fe nourrira avec des viandes, du bouilli, du rôti, non Talé .ni é^icé.. Délibéré à Montpellier , S’il»/ , L A Z E K M E , F I Z E s , M jO N T A .G N E. CONSULTATION XXXVIL Sur un ^flhme humide, L ’Aftbme .glaireux & humide dont le malade eft attaqué depuis l’âge de •quinze ans luppofe une grande mollef- 3 ou plutôt un relachemenjt du tilTa Au p.oulmon , un grand épaiffilTe- menx du lâng & 'de la lymphe- H pour- ,roit bien y avoir aufli des embarras* .dans -les glandes de ce vifiiere , qui ne oontribuent pas peu à cette inaladie. Il eft vrai que le dérangement des digef- xions -y concourt auffi j & on ne peut D£ MeDEGINÏ. 24:^ en douter , fi on fait attention-^ au fou- îage-ment que les émétiques ont procu- îé au malade dàîis le tems de lès atta-* qaes. Cependant il eft- certain que la caufe principale de cette maladie eft le relâchement du poulmon , de maniéré que les vaiiïèaux de ce vifcere, aïant per, du leur relîort, donnent oecafion aui liqueurs de s’y arrêter , & même de s’y épaiffir par un féjour trop long jor com- medanschaque attaque d’afthmeles’i?aif- lèaux' du poulmon fe relâchent de plus en plus 3 on doit craindre aulïi que les humeurs ne s’y arrêtent en plus grande quantité ^ Sc ne caufent- quelque épan¬ chement confîdcrabie. On ne peut pas corriger Te vice dur pouîrabn ci-deflTus mentionné, & par conféquenc il neft pas polSblc de güé, rir radicalement cette maladie ; tout ce ' qu’on peut faire par l’ufage-des reme- des , eft de diminuer le retour & la vio¬ lence des attaques, & de prévenir les fuites, fàchèufesque cette maladie pour- ' îoit avoir. Pour remplir ces vues, il eft néceflâîê re de nettoyer l’eftomac, de rectifier les* dîgcftions, '&: d’attenuer doucement les^ BtuttieurSi. 15 j' 24 <> Consultations choisils Pour cec effet: dès que le malade fera arrivé à Paris, il prendra pendant huit jours de fuite ^ le matin à jeun , ui> bouillon fait avec un morceau de mai¬ gre de veau, dans lequel on fera bouih lit un peu de chicorée amere. Après l’u. fage de ce bouillon on le faignera, & on le purgera de la maniéré qui fuit, P V R G A T 1 O N. Prenez feuilles de fenné mondées deux drachmes j rhubarbe concaflée & fel végétal, de chacun une drachme 5 fom- mité d^abfynthe une pincée. Faites bouil¬ lir dans une fufSfante quantité d’eau de fontaine , & diffolvez dam la colatüre une once de manne. Faites une .po¬ tion. peux jours après cette médecine, il prendra pendant neuf jours quinze ou dix-huit verres, en cinq ou fix re^ prifes , des eaux de Balaruc ; le quatriè¬ me jour il fe purgera, & il reprendra cnfuite les bouillons rafraichilïànts pen¬ dant cinq, ou fix jours, après le.fquets îi prendra à jeun l’opiate fuivante'. O ¥ î A T B, Prenez faf&an de mars apéritif Sî dîMedecine. 147 rhubarbe en'poudre, de chacun un fcrupule J poudre de cloportes quinze graiiis ; faites avec le lyrop de chicorée compote une opiate pour unedofe. Il prendra immédiatement après cet¬ te opiare un bouillon rafraichif^nt , & en continuera l’ufage pendant neuf jours / après lefquels il _ fe purgera une fois le mois 5 & en décembre il prendra pendant vingt jours de fuite vingt grains d’acier préparé à la rofée, & bien tami- fé, qu’il avalera à dîner entre deux fou- pes. Pendant les mois de janvier & de - février , il prendra trois fois la femaine la poudre qui fuit. P O V D R E, ' Prenez fleurs de fouffre & de ben¬ join , de chacunes vingt-cinq grains, tû- cre roïâl autant qu’il en faudra -, faites une poudre. Il faudra prendre cette poudre à jeiin ^ & par detTus deux talfes d’infufîon des vulnéraires de Suiflè, ou de çitronelle/ On eft aufll d’avis que le malade s’accou¬ tume à fumer. Si le malade a quelques groflès attaques pendant l’hiver, on le raignera , & on lui donnera une po-; j 4:8’ CcmstrîiTATiONS, cHOîSîts. ©on cathartico-émétique , pour, déchar¬ ger l'eftomae des glaires quij pafTant dans Je fang , Ce jettent dans le poulmon. Le rnalade nous apprendra fon état dans le printemps... Il ne mangera que des; aliments de bon fuc ; il fe privera; des. ragoûts j^patifferies , &c. il boira le vin- lien trempe, & évitera le grand froid., I>élibc:ré à Montpellier , , C 0 :H:S IL L T A T'I-O^N XXXYLL. me- Hemoptyfie. L is fréquentes attaques dè crache¬ ment de fâng furvenues au malade depuis le mois dernier , font une fuite du rhume négligé qiiJl prit vers la'fiiidü» mois de novembre de Tan née derniere^, après s’être long tems expofe aux inju¬ res-d’ün air froid à la campagne , fans afer d’aucune précaution. Ce rhume- commençà par un fimple enrouement parce que la tranfpiration arrêtée dans le tillù du larynx gêna d’abord le cours des. li^ipeur.^, dans les. mufcles- de, D ï M E D'E CINE. 'z49 partie , & les empêcha de fe contrac¬ ter librement. A cet enrouement fucceda bientôt une toux forte & fréquente , fui vie de crachats vifqueux, parce que fhumeur bronchiale fe. ramalTe dans la trachée arcere, ^ont elle ne peut fortir que par reprifes , Ôc avec de violens efforts. • G’eftpar ces violens efforts fouvent réi¬ térés que quelques petits vaiffeaux fan- guins font forcés de s’ouvrir de fois à-, autre dans b cavité desbronchesjOÙ fournifïènt au crachement: de. fang. Il y a même lieu de foupçonner que ce- crachement eft entretenu par des coiii-- erétions skirrheufes du poulmon , (fou¬ tre Icfquciles les vaifîeaux fangjiins peu¬ vent fe déchirer lorfqu’ils font psuffés - rudement par la violence de la toux.. Ges concrétions paroiffent défignées par lè mairquc-de refpiratioB où fe trou¬ ve le malade, dès qu’il s’eft fatigué à- marcherdans des lieux élevés & dtASci-- ies‘, & par les attaques d’afthmè.&-, de: goûte auxquelles il écoiî fuiet.,. Là plupart des-crachemeni de ' fang; négligés ÿ,ou fouvent réitérés^ dégéne- lænt en phthifies lorfqu’ùne -partie det; mifîeaiîs: fanguihs; déchirés. tourne eiai z^9 Consultations GHOrsiEst fuppiiiarion 5 que le pus ,qui ne peut tout à fait fortir par les eraehats fe lucle dans le fang pour exciter une fiè¬ vre lente j & que celle-ci produit enfui, te la maigreur de tout le corps. Dans l’expofé qu’on nous a remis pour for¬ mer notre confultation, on ne mar- que pas fi les crachats font purulens ^ ni s’il y a fievre lente j on expofe feule¬ ment une maigreur anterieure au cra¬ chement de fang 3. qui peut avoir été produite par la longueur d’une toux vio¬ lente , & Ton parle de l’abondance des crachats que le malade rend, fur-tout le matin 3 à fon lever , & après le repas j ainfi nous ne feaurions aflûrer que la phthîfîe-foit encore formée. Mais, com¬ me il y a tout lieu de la craindre, nous tâcherons delà prévenir , en nouspro- pofant de modérer la violence de la •toux, de faciliter la fortîe des crachats ^ de calmer, ou de prévenir la fievre lente i & de rétablir rèmbonpoinr j in¬ dications _qu’on tâcltera de remplir par une dicte convenable, & par le long ufage dearemedes-fuivans:.. B B M 1 B E e I K iÿr t A r E M E n t: Prenez déco 6 tion ordinaire rafraîchir- fante & laxative pouf des lavcmens , nne livre ; calTe récemment extraite,deux onces miel rofat une once j Melez , faites un lavement, qui fera réitéré tou¬ tes les fois que le ventre fera parefleux, La faignée ne convient ici que dans îe cas où le crachement de fang fe trou¬ vera excefSf, que le malade.|era prefle de la douleur dont il fe plaint quelque¬ fois dans rexrcricuf de la poitrine avec difficulté de refpirer, & que le pouls-fe¬ ra affez plein & élevé. Il fera bon pour¬ tant d’ouvrir une fois feulement la vei¬ ne de l’un des bras , pour en tirer tout au plus fix onces de rang, Gn commen¬ cera par fe purger le lendemain du la¬ vement avec cette potion.. fVRGATION. ' Prenez rhubarbe choifie concaiïeff groffierement , & enfermée dans un îïouëtjun demi gros -, poîypode de chê- _me un gros ^ faites bouillir légèrement «ne fuififante quantité de dé- L vj Consultations cHOîsïîSs codion de tamarins 5 coulez avec fortes expreflioii, & diffoivez-dans trois on^ ces de colature deux onces de manne/ choifie,; faites une potion ^ qui fera pri-^ fe le matin avec, les attentions: conve. ' nables.. Le lendemain dé là purgation on„ prendra le matin à. jeun , deux heures; avant fortir du lit ,.une. épuelléede bon Iait.d’âneflè, frais, tire, & un peu chauf-' fé>^dans. lequel on aura fait fondre deux drachmes de fucre candi réduit en pou¬ dre. On fe nourrira le. refte- du jour avec.deux. bons, potages-à la viande^,, l’un à, dîner avec du mouton bouilli ©u de là poule bouillie , ,fuivaat lapps- tit , .& l’autre, à foupe.r avec la. moitié- d’un poulet rôti ; & l’on ufera peur feoilTon ordinaire .d’uneptifane faiteave-c,: la fimple racine de la grande confoude,., flippolé queje crachement fubfifte ,.oa* bien avec lé C4mphbrata Mdnjpelir/^fm 3 .^ fuppofé qu’il n’y ait point de crachementr de fang, & qu’on foit fort pre0e de ki, toux &.deroppreffion. On pourrafuf— pendre quelquefois., la violence, de k: toux pendant.la nuiten prenant le foh avant,, fecouchep: demi-once de.fyrop' dé payoLbkac, avec, trois.,cuiik,rées;d’.c»tti B r M'E P E C î'H Fi 25^ âb- fleurs d’oranges, ou bien un grain. de laudanum enveloppé dans de la cou— ferve de rofes j .infîftant fur celui dé ces-; narcotiques dont on s’accommodera lô:; mieux, au jugement' du Médecin ordî^ naire ,, qui en augmentera la.dofe, lors¬ qu’il le jugera néeeflâire,: Si l’eftomac; du malade smcçommo^- de du lait d’âne de entier après en avom" pris le matia'pendant quinze jours, ©115 en reprendra quinze autres jours le ma¬ tin & le fpir en fe mettant au Ht , fe - contentant ppur-lors, dé prendre un feut potage à la viande au fouper, qui fe fera deux heures avant la prife du lait dû ibir ; on fe privera auffi pour-Iors’^;., autant qu’on le pourra-, de l’ufage des ^ narcotiques.' ' _Après avoir ainfi ufe pendant un mois^ du lait entier d’âneffe, une ou deux fofs- par jour , . on prendra le matm à jeurir; lé lait de vache coupé , tantôt avec une légère infüfion dè plantes vulnéraires dé- Suilïè , pour faciliter la fortie descra-^ chats tantôt avec- une pareille infu- fion des feuilles d’ortie j pour calmer le- crachement de fang. L’on coupera auf¬ fi ledit lait avec une fimple décoclioix ^rge 5 Jorfqu’U fera queflion de. dé^ 454 COîïSULTATlONS CHOISIES terger , llippofc que les crachats parufl fent purulcns , Sc àans ce dernier cas on pourra ufer Je fois à autre de quin¬ ze à vingr gouttes de b iUme bUnc de copahu , verfées fur une demi-cuillerée de fyrop de capillaire & avalées enfem- Ble un moment avant la prife du lait coupé , qu’on prendra immédiatement tprès cebaume.Ceîui-cî ne doit être pris, que trois jours de fuite,faof à, y revenir quelque tems après jdî Ton s’en eft bien trouvé du côté des crachats , & q^u’oii n’en ait pas été échautfé; eonrinüanç pourtant ledit lait coupé autant de tems que le Médecin ordinaire le trouvera convenable ^ îaiiïant à fa fage conduke îe foin de varier, les infufîons ©u décoc¬ tions marquéeSj/uivant Fétat du malade,. Si malgré tous les fecours ei-defus marqués II toux continue , îa maigreur fübfifte , ou que k fîev re lente loit de îa partie, il faudra néceflfairement re¬ courir à îa diete blanche , c’efï-à-dire que Ton prendra le lait entier de vache én foupe quatre fois par jour ^ fca^oirle matin deux heures avânt fortir dû lit j. environ à midi ^ vers les quatre ou cinq heures du foir ^ & en fe mettant amlk^ ;Gtiacune de ces fbûpes d®k fe D i M E D 1 è I K ï, îjç svec environ chopine de bon lait de va¬ che frais tiré , & fimpleroent chauffé dans un poêlon fur le feu fans y bouillir, & fans en rien oter. Ou y fait fondre une fuffifante «quantité de lucre, fuivant le goût du malade Ton verte ce lafc ainfî chauffé dans une écuelle , où Toa a placé des irancbes trcs-fines de boa. pain blanc, en quantité plus ou moins grande, eu égard à fappetit du malade,, & à la portée de fon ellomac» Lorfqu’il ne fe trouvera pas alTez nourri, par ces quatre foupes, il mangera un morceau de pain fec , ou quelques bifcuits,oiï bien il avalera un ou deux œufs frais cuits à la coque, fur-tout avec la foupe du midi, qui tiendra lieu de dîner „ otî ^vçc celle du fôir qui conftîtuera le fou-. per. Il faut abfolument bannir toute autre forte d’aliment tant Iblide que'li¬ quide , à la réferve de l’eau panée ,, oiî des ptilanes ci-deffus marquées , fuppo- fé qffon foit prelTé de la foif, & non autrement. Il n’eft du tout point nécef- fàire d’ufer d’aucun purgatif ^ ni d’au« cune opiate ftomaebique , pendant le cours de cette diece, à moins d’une ex-^ trême néceffité ^ & il faut la continuer aulfî long £sms qu’on pour-ra s’en Coï^sjltations choisies commoder, évitant du reftc avec attciiîi don toutes les fatigues du corps & de, Bcfprit qui ont.donné oceafion au prcr-- aiier rhume,. Délibéré! Montpeîlièr ce 17. décerné iie. lÿiS, Signé, YEiî.Ny,DtiD. C O N SUX T A T ï O N X XXIX.'- Sny dès mMx de tête , avec engoHrdijfe^ ment, de tentes U s,parties dncorp. L Es pefanteurs de tête, les-aiToupiflè- ments avec douleur que le Frète; Eouis relfent^de rems ùautrC j marquent: évidemment un fang épaiffi 5, dénué de? partîcules .fines dont le mouvement, fe rallèntit plus, confidérabîemen-c dans-. îà tê:e , que dans lès autres- vifeeres 55 de man ere qu’y étant porté par les artè¬ res carotides , & ne pouvanrétre repris- avec aifance par lès veines, jugulaires ,, il doit néceirâirernent: féjourner dans?- dès vaifTeaux. fanguins. Or ceux-ci 3, • ffe- trouvant e sgorgés de liqueur ^ doi¬ vent nécelîâiremeùt comprimer lés fX- Brilles., nerveuies s!tini:siit,uiae.di£i* ni MiDîciîfF. i-)T tenffon douloureufe avec un léger af- foupilTement qui eft caufépar un défauC de liquide nerveux , dont le cours eft interrompu par le gonftsment ei-def- fus marqué. La foibleflè' du corps, la refpiratioiT, & l’expectoration,qui ne font pas toue.; à fait libres , confirment nos conjectu.* res fur ce même épaiiîilïcment, &' nous.. prouvent que ce même fang croupit en¬ core dans plufieurs autres, parties, com¬ me dans le pottlmon , & dans Ictilîù de- plufieurs-mo/cles. Pour ce qui eft der pituites épaifles faillies , âcres , que le malade rend , Bc dü goût amer qu’il trouve àda bouche, ce font des fuites certaines dès- indigeftions ^ qui, étant favorifées par cet épaiffiflemcnc de fang grolEflèni les molécules qui fe trouvent dans ce liquidé ^ èc celui ci s’épaiflilTant- dc plus en plus lailïè échapper la férofi- té qui l’accompagne. D’ailleurs- l’àgC' que le malade atteint' favorife beau¬ coup ces excrétions pitüiteufes, puifquc le fang fe trouve alors dépourvu de ces particules douces êc balfamiqucs qui- ont entretenu pendant- le cours de 1 é^ vie le relTort, & lé jeu des parties. Pour rejïicdier autant, qu’il, elî: poS?»- 1 i<;S Consultations choisies ble à ces Inconveniens , on doit avoir en vue deux chofes, la pre-miere dé ré¬ tablir les digeftions , par ralceratioa defqueiles rcpaifTiiremenc du fang eft toujours entretenu , ôc même augmen¬ té ; & la fécondé de fondre peu à peu, 8 c à la longue, ce même faag , après avoir diminué le volume de celui | qui fe porte à la tête. Cefl: ce qu’on obtiendra par l’ufage des remedes fui- | vans, L J FE ME NT, ' Prenez décodion ordinaire rafaî- chillante & laxative pour des lavemens, [ une livre ; caihoiicon , miel rofat,'dc chacun une once j mêlez; faites un la¬ vement qui fera pris à l’heure la plus commode , & réitéré toutes les fois que le ventre fera parelTeux. Après le lavement rendu , Ton ouvri¬ ra la veine de l’un des pieds pour en ti¬ rer huit à neuf onces de fang , ôc on fe purgera le lendemain avec la potioa &i vante. f V R G A T I O m . Prenez polypode de chêne deux onces % B K Médecin î. faites le bouillir dans une ruffifance quantité d’eau. Faites infofer dans fix onces de colature deux drachmes de fenné mojidé ; rhubarbe & Te! végéta! de chacun une drachme ; coule? une fé¬ conde fois, & diOTolvez dans la liqueur une once & demie de manne de Cala¬ bre , ôc une once de fyrop de fleurs de pêcher. Faites une potion, qui fera pri- fe le matin. Deux jours après on paflèra àî'ufage des bouillons , quon fera avec demi- once de racine, d’anonis ; autant de cel- ie d’éringium ; demi-poignée d’aigre- moine , autant de chicorée , autant de pimpinelle , fîx écreviflès de riviere, & un morceau de collet de mouton ; 8c pn y mettra un nouer de vingt-cinq grains de tartre chal^hè , & de vingt grains dcirhubarbe. On continuera ces bouillons, pendant neuf ou dix matins/e purgeant à la fin comme ci-devant. Leg bouillons étant finis , on vieiadra à l’o- piate fulvante. OTJATE. Prenez conferves d’abfynthe & de Icynorthodon ^ de^ chacune une demi- s.êo Consultations choisies once 5 ïeux d’écievitre de riviere une drachme j opiate de Salomon & écor¬ ces de citron ^ de chacun une drachme & demie 5 feLd’abfy.ntheune drachme - fai¬ tes avec le fyrop d’abfynthe une opiate ^ dont la dofe fera d’une drachme & de¬ mie, buvant par deffus un peu de viu modérément- trempé. Si l’eftomac ne. fe raecoraode- poiiir par tous CCS remedes , ik que les di- geftîons ne foient pas entièrement 1 éta¬ blies , OH prendra immédiatement après le dîner une taffe de cafFé fans fucre. On n’obfervera aucun des jours d’abf- tînence ordonnés par l’Eglife , & on fe privera des aîimens cruds, épais ; &de difllcile digeflion ,, ne mangeant aucune fritures ni Herbes,&, faifant toujours un fauper fort leger^ Délibéré à Montpellier ce odbi*- bre 1-72,^, Signés^ Eazirmb, Four> 35'’e Médecins.- ' t 6 i CONSULTATION XL. Sur m refie de Gonorrhée. L ’Ecoulement qui fait le fujct de cet¬ te confultation , porte avec lui ua caradere d’indéciiîon qui fe trouve ra¬ rement dans des pareilles maladies.. On pourroit dans le fonds le confîdercr comme une fuite de la première chau- depilîe qu on fuppoferoit mal guerie ^ & par conféquent en état d’avoir laif- fé dans le fang une caufe fourde ,«^ui fe ferqit développée après quatre annéesj inais comme les conféqueiKes tirées fur ces fortes de faits demandent des éclair- ciflemens particuliers qui nous man¬ quent pour nous déterminer ^vcc fon¬ dement on va prendre cette maladie fous .une autre idée. ^ ■ On compte qu’avant le dévelopement du nouvel écoulement, le malade a connu quelque femme fufpeûe, dcTon ■regarde cette avanture comme une fé¬ condé chaudepiffe , mais plus déguifée que la première, parce que Tes accidens paroiirent plus doux ,6c plus capables tët Consultations choisies d’impofer. L on voit cependant dans U pratique journalière beaucoup de chau, depllVes bénignes en apparence, & qui par les événemens font très-mauvaifes Sc cfès-diftîcilesa terminer par rapport à l’écoulement. Il s’agira donCjpuifque tous les balfaroiques, les adoucilfans, & les injedions, ont été inutiles, de fuivre d’autres indicarions, & de tra¬ vailler a l’extiiidion du virus j de deCfe- cher Tulcete qui fournit la matière de 1 écoulement ; & de donner du' reflbrt aux parties afroiblies. Nous efperons qj^eces indications feront remplies par le rabïen des rcmedes que nous allons confeiller. On pourra commencer par une faignée du bras , & le lendemain de la faignée , on fe purgera fuivanc cette formule. P V RG AT ION, Prenez mercure doux vingt grains ; faites un bol avec un peu de conferve de rofes liquide , & que le malade boi¬ ve par deffiis la potion-fiiîvante. Prenez pulpe de tamarins une once > fel végétal une drachme j faite.s bouillit dans Peau de fontaine , Ôc infufer dan* lîE MEDECINE, Z<35 îluîc onces de liqueur deux drachmes de fenaé -, diil'olvez dans la colature deux onces de manne de Calabre. Faites une ^ pot'on qui fera pnfe le matin. IiTimédiatemeiït après , il prendra pendanc dix huic ou vingt jours la ptL •faune qui fuit. P T I S A N N E, ' Prenez racines de falfeparcille coupées menu hx onces > rapure de bois de guâïac trois onces j faites infufer è chaud pendant fix heures dans vingt- quatre livres d’eau de fontaine , puis bouillir , jufqu’à diminution du quart , & gardez pour Fufage. Gn aura foiir de garder cette ptifanne dans des beuteiHes bien bouchées, & le malade en boira trois verres par j6ur, c’eft-à-dife, un le matin à jeun , le fé¬ cond vers les quatre heures de i’après- tnidi, & le troihéme en fe couchant. Il fera purgé après avoir bû cette première quantité.de ptifanne , que l’on compte hiffifaace pour neuf à dix jours ; oiïea fera alors une fécondé dofe qu’il fau¬ dra boire de même, réitérant la même purgation à la fin. CoNSUtTATïONS CHOI-sraS Pendant Tufage de cette ptifanne , c donnera de deux en deux , ou de trois «n trois jours, une petite fridion fur le |)érinée éc les bouiTes avec la pommade mercurielle compofée fuivant la mani¬ pulation <}ue fon employé pour les fric- ÆÎons du grand4-ecnede. La quantité de ^cette pommade qui fervira pour chaque iiiélion ne doit pas exceder une drach¬ me & demie ou deux. On appliquera :furles endroits fridionnés une eompref €e qui fervirÆ toujours ; pn pourra J’af. Cujetir par un petit bandage , ii on le juge nécelïâirc. Après ce remède le malade boira pen¬ dant dix mâtins les eaux de Camarcts ^ ■ de Vie en Auvergne ; on purgera avant & appès la bbitlon de ces eaux. Ces remedes étant finis,, ie malade fc réglera fur Pétât où il fc îrouvera, fi Técoulement fubfîfteon fe fervirad’u¬ ne opiatc compofée fuivant cette for¬ mule. O P I ^ T E. Prenez térébenthinè de Venîfe fis -drachmes; fang dragon en larrnes, aluni de roche ^ terre figillée, de chacun deux drachmes Sc demie j fuccin blanc pub^' îifé, D E Me DE CI ne: s.g-p tifë , & cachou brut , de chacun deux drachmes 4 camphre deux fcrupules ; faites une opiate pour lufage , avec un© fufifante quantité de fyrop de rofea fcches. Il prendra le matin à jeun , & le foie enfe couchant, une drachme de cette opiate, & boira pardeffus chaqne prilè une talTe d’infufion de plantes vulnérai¬ res de Suilfè préparée a la maniéré du thé. On pourroit aufli employer l’in- jeélion fuivante. JJ^JECriON. Prenez dëcodion de rapure de bois de lentifque dix onces ; faites-y fondre miel de Narbonire deux onces ; mer¬ cure doux réduit en poudre impalpable ■une drachme & demieîj faites une in- jeélion pour l’ufage. On employera cette injeâ’on tiede. On aura foin de la troubler avant de s’en fervir,j5c l’on laidera un peu fé- journer dans le canal la liqueur injec¬ tée, ' Suppoféque tous ces remedes demeu¬ rent in luffifans , il y. aura tout lieu de croire aue fécoulement nouveau eft' Tome J /. M tSS Consultations «hoisies une fuic.e de la première chaudepilîè • -qui ayant écé cordée entraînoic avec elle un caradere de malignité 5 & dont la caulè a travaillé fur les folides qui re- tiennent la femence i mais il y a d aîL leurs tout lieu de penfer que ces folides âSbîblis font hors de la portée des in> jedions, puilque celles qui ont été pra^ tiquées font devenues inutiles. Le malade pendant ces rcmedes évi¬ tera lés alimens de haut goût, cruds, pe- fants fiir reftpmac ,, & propres à échauf. fer. Il fe nourrira avec les potages à la viande, des crèmes de ris ,- du bouilli ^ êc du rôti ; il doit éviter pendant tout ce tems-là le commerce des femmes. Délibéré à Montpellier ce ad. mai 1719, Signé y ■Mo N T A « N E , F O O R N1 E CONSULTÂTiON;X L !. • ■' Sur me rêîenüon D’uritie^ H Ous ne pouvons pas douter que la-rétention ribdne que- rMonheur fou0fedètems à;aurre, & qùiéft accom¬ pagné de doukuL&defievrej ne lois 9 1 Ml B 1 C 1 H E» l(3f ae véritables attaques iecoiique^éphré- tique 5 qui font , félontoutes les appa¬ rences , oGcafionnées par des matieref glaircufès Sc épaiiïès qui, tirant leut fource de la maSè du -fang , & étant portées par la voie de la -cireulation auE tuïaux|urinalress les engorgent, les dif- tendent , empêchent la féctetion de cet excremeiit , & prodaifent tous les f⬠cheux fymptdmes que le malade rcf- fent. Il y a même lieu de croire que ces matières glaireufes étant fournies depuis fi iong-tems , ont altéré le tiiîu des reins , 6c que le vice de cette par« tie efi: préfentement de concert avec la dîipofition du fang , pour produire ces attaques fi vives & fi fréquentes | de maniéré que, fi nos conjectures fe trou- voient juftes furie vice de cette.partie, on ne pourroit jamais fe flatter d’une parfaite guéri-fon. Qn ne peut encore l’attendre qu à la longue , quand bien même- la feule difpoution du fang y contribueroît entièrement. Nous devons donc réduire nos vues à deux chofes , la première de fecourir efficacement le raatade dans i’étatle plus preflànc ,c’efi:- à-dire dans le paroxyfme , la fécondé d’en diminuer la violence autant qu’il Ml) téS Consuj,tations çhoisiês feiiâ poffibie,, & d^n prévenir le retour autant que le vice des reins, Sc laçoiÆ titutiondu fang paurron.t le permettre* indications,-qu’on tâchera de remplir par Tufage des.iemedes fuivans,. A la première attaque que le mala,. de aura, le lècours le plus efficace eft celui de la faignée, quon réitérera plus ou moins félonie danger de l’inflamma^ tion. On prendra enluite le laveipent fuivant, , L A r E M E N r; Prenez déeodîoa d’orge une livre I ^iflôlvez-y pulpe de oaffe récente une .once , huile d’anrandes douces tirée fans feu trois onces ; faites un lavemenr qui .fera donné à l’heure la plus commode. Le maladevufera euffiite de la pcifauff fulvante, ? T I S A NE. I Prenez fommités de pariétaire iine poignée ; graine àq lin conçalTéc trois drachmes ; faites bouillir pendant un quart d’heure dans fix livres d’eau de fontaine j ajoutez fur la fin de l’ébulli¬ tion une poignée de fleurs de meUt^tj coulez avec exprelEom Dï MeDICINÏ. Comme les attaques ne font pas de de longue durée , autant que nous en pouvons ju2;er par la relation qu’ont nous a adreflee j le malade fera bientôt en état d’être purgé avec la potion fui- vante^ FVRG JTIO N, Prenez rhubarbe concalTée & tartre' foluble ,de chacun une drachme • moelle, de cafle fraîchement extraite , une on-, ee & demie 5, graine ôe lin & fleurs de mauve, de chacunes une pincée ; fai¬ tes bouillir légèrement dans une fuffi- fante quantité d’eau de fontaine, & dif- folvez danslacelature faite avec exprefo fion deux oiïces de maiiné de Calabre^ Faites une potion. Dès que les accidens du paroxyfme' feront entièrement calmés , on doit s’attacher à en prévenir le retour ; ainfi^ après avoir donnné quelque relâche au malade , on lui fera prendre les bouil¬ lons luivans pendant une neuvaine» B O V I L L O N. Prenez racines de petit houx & d’afo pctges , de chacune une once , un jeune poulet faites bouillir pendant deux M iij 27®' CoNSVÏ,TATlOî digeftions , qui ,,étanr mal travaillées j,, Tourniflènt au fàng; un chyle épais, acU VJ% CoNStrtTATIONS CHOtISîEf (de, qui épaiiEt tellement ce liquide qu’il ne fçauroit enfuitc trouver avec fon aifance ordinaire le pafl'age difficû le des tuïaux du cerveau..: L’heureux fuccès des purgatifs qu’on a employés- (dans le tems de ces-deux attaques a(Fu- re nos conjedures , & nous détermine à remplir deux indications principales la première de détruire les mauvais le¬ vains des premières voies, & d’en tarir îa fource ; la fécondé de redonner fa première fluidité au fang ^ & d’empor¬ ter les embarras de la matrice^pour que les liqueurs y circulent à l’ordinaire ^ & puiflenc s’échapper dans le tems maE- que. C’eft ce qu’on obtieu-ira par l’o- fagè des remedes fuivans. Comme la. fâifon ne nous permet par d’employer ajauellement les remedes que nous' prefcrirons plus bas , & que Fon a été faigné depuis peu ,.on com¬ mencera d’abord par la potion fiiivantc- WR G AT ION. Prenez fènné mondé trois drachmes j fel végétal une drachme fommit-és d’abfynthe & de petite centaurée , de chacunes une pincée» laites bouillir leT DE MEDECINE. 11^3 géremeut dans une fuffifante quantité d’eau de fontaine. Diflblvez dans fix onces de colature deux onces de manne de Calabre , éleftuaire diacarthami une demi-drachme ; faites un potion qui fe¬ ra prife le matin. On commencera le lendemain de la purgation les eaux de Vais, qu’on pren¬ dra pendant une neuvaine , ayant foin de mettre dans la derniere verrée une prife de fel polychrefte. Comme il faut enfuite attendre la fin des chaleurs pour paflfer à f’ufage des- renaedes fuivans , BOUS fommes d’avis que le malade ufe trois.fois la fcmaine de l’opiate fuivante, O F I A T E. Prenez racines d’aunée, une demi- ôiice j quinquina en poudre , une drach¬ me & demie ; corail* rouge préparé , & ïeux d’écrevilfes de riviere de chacun une drachnae ; fel d’abfynthe un fcrupu- îe ; faites avec le fyrop de chicorée compofé uneapiate,qui iéra diviféé en trois parties, lefquelles feront prifes en une femaine - lailfant un jour d’inter¬ valle entre chacun^. Dès que les-ehaleurs auront diminué M V 2.74^ ÇoNStrLTATÏO’NS CHOÎSIES & que le tems fera, rafraîchi,on rciiouw vellera la faignée du pied , prenant le ’ lendemain la médecine ci-deiTus mar¬ quée, &on palTera enfuice à l’bpiatc fuf vante. O PL AT E, Prenez faftran de mars apéritif pré^ paré à Ta roféê de mai, une demi, once rhubarbe & fènné en< poudre , de cha- k cun deux drachmes ;.jalàp èc diagrede , ' de chacun une drachme;-, fels d’àbfyntlie j & de tamari{c,, de chacun un fcrypulc;; ( faites avec le fyrop de chicorée compo- ! ieune opiate dont on prendra tous les , |ours depuis un gros jufqu’a deux à jeun g, buyant-par deflùs un bouillon à la? chicorée, fauvage , & le promenant fui- vant l’ufage. ^ Onfe repofera pendant quelque tems. après cette opiate, & nous fommes d’a- i vis que la malade boive enfuke les eaux de Balaruc avec les précautions ordh naires. , Pendant Tufage de ces remedès om tfobfervera aucun des jours d’abftinen- ce ordonnés par TEglife -, on éviteras iés ragoûts , les fritures, &' les alirnens- de: difficile digeftion oa.fe. con tentera. D I M I D ï c ï N E. lyj de fouper très-légércmenc, & nous ne {^aurions afîez recommander un exer¬ cice modéré qui ne puifle pas fatiguer h malade , mais qui foit en état de donner un- peu de mouvement à foii .f&ng , & de diffiper la raélancholie. Délibéré à Montpellier ce i. août, î7 lo.Signé ,:C h î-c o y n e A u , Fou N-I E R,- consultation Lxin, Sm uns cbal-eur dsnîràilles ^ & de poitm- ne , uvsG des bmtons au vi/age, L Ès boutons qui ont commencé à paroitre furie vifage de la malade, ëc qui s’y font foutenus la derniere fois pendant toute rannée, dépendent^ félon: toute apparenceVTuii fang épais,,acri¬ monieux, & chargé de particules grqf. . .feres, qui, étant psulTées cfeiiE toutes les parties, fe foiu.d’abord' Mr|tées atix; glandes- de la- peau du- vifage. On ii£‘ doit pas être fürpris que cés mêmes par-- îicules ,.ayant ce caraétere d'épaiîïïTe-- -ment Sc- (Facrimonit Sc ayant - étf 17 ^ Consultations choisies mêlées dans la malTe du fang,aient pro^ duic un mal d’eftomac , des chaleurs de- poitrine,des démangeaifons,& des dou¬ leurs confiderables dans les extrémités ^ fjlon qu’elles fe font plus ou moins ar¬ rêtées dans difl'érens vikeres ^ ou dans les parties extérieures» Nous ne Içauxions déterminer e» conféquence du mémoire qu’on nous a . adrefle , fi c’eft la mauvaife conftitutioii tîu fang' de la malade qui fe trouve l’o¬ rigine de tous ces défordres , ou fi ceft quelque évacuation fupprimée qui lés ait produit. Dans cette incertitude mous ab Ions propofer les remedes que nous ju¬ geons, néceflaires. dans L’un & dans l’au¬ tre cas» Suppofé que la mauvailè qualité du fang fut la feule caufe de tous les acci- dens donc fe plaine la malade , & quelle ne fut pas encore fort épuifée on commencera d’abord; par la faire fai- ■ gner de run des-bras, pour en tirer fept à huit onces de fang- , & on la purgerat ' le léademain avec la potion fuivante.- i ?V. RG AT J O N: ftenez pulpe de tamarins fix draefi-^ B E M' Ë D E C' I N £. ïces ; graine de lin & dé coriandre, de chacune une pincée ^fleurs cordiales 5 c fleurs'de mauve , aufîi de chacune uae pincée; faites bouillir dans Feau de fon¬ taine , êc dilToudrc dans iîx onces de co- làttire paiïée avec expreflîon ,,une oncer & demie de manne de Calabre une once de fyrop de chicorée compoféi Faites une potion qui fera prife le matins.. Que ft le feu delà porcrine fe txou- voit extrêmement confideraÉle , on fe contenteroit dé faire un feuf bouillon de poulet, d’y ajourer une poignée dès- feuilles de cEicoréé\^, & d’y faire diffou-»' dre deux onces de manne.. Le lendemain de' la purgation on; Êommencera tés bouillons fuivaiis.. BOVILLOM Frenez un feune poulet écorche l. dont on remplira lé ventre avec une' poignée d’orge mondé deux gros de- graines dé pavot blanc ; écumez foi— ^neufement, & après deux Heures d*une- ébuliition douce, jetrez dans le pot feuil¬ les de chicorée fauvage , dé capillaire & de taffilage , de chacunes une poi¬ gnée ; coulez avec expréffion pour um Souillon^. 278 CoNSUtTATrONS CHGISÏÎS On pourroit même , (1 l’ardeur de- poicrine n’étoic pas conlîderable , ajoue ter trois écrevil&s rougies-dans l’catt Bouillante & écrafées dans un mortier de marbre. On continuera ces bouillons^ pendant dix à douze jours on pren¬ dra tous^ les foirs en fe couchant un de¬ mi verre dè décodion de coquelicot tié¬ die , avec une. once: de iyrop de tuffila- ge 5,àda: place duquel on metttoit derai-- once ou fix drachmes deTyrop dé' pa¬ vot blanc', fuppofé que la malade ne re-' pofât point' dans îà nuir. Après qu’on aura fini,ces- bouillons: ©n fe: purgera.comme cii-delBsi,! &,fi chaleur de poitrine &' Textindion de- voix continuoienr toujours ,, nous ne; fçaurions cbnfeiüer rien de mieux que- de fe mettre à':l’üfàge: du lait pour tou¬ te nourriture avec les- précautions or¬ dinaires , c’eft-à-dire qu’on retranchera les foupes,. les panadés , & les- autres: ' alimens à mefiire qu’on augmentera la- dofe du lait, ©n peut donner le matin: celui d’ânelTe , & fair e en fuite les fou- fes Se le ris avec celui de vache ,,00 de' âievre , recommaadant qu’on ait feim dès animaux dont on tire le lait y.i^ pre-- na.nt garde quuis ioient- nourtis- 4 è bo-iis-he-rbages* 9'E M E B E C IN E, Que fî au contraire la fuppreffion de i’évacuacion ordinaire au fexe produiroit les accidens- de la maladie,, on feroit an bouillon de poulet , avec les racines de brufeus, deringium y ajoUtancr des feuilles: de capillaire & polytric „ de chacunes une demi-poignée,,dans lequel on feroitdiiroudre v-ingucinq gmins.de.’ tartre chalibé».. Après- l’iifage dé cès bouillons on par" liera ineeflàmraent à l’ùfage d'uL lait cha- libé , c’èft-à-dire a un.: lait'écrémé com=^ me àirordinaire g,,dans lequel'on met¬ tra un fer rougi au feu,.. On pourrofe auffi ië couper avec parties, égales de- décoétion dè faffirairde mars apéritif préparé à la rofée. du mois-de. mal; On fera: ufer pour boiflon ordinaire;- d’une ptîfane faite avec le fer qu’onlaif- lèrain fia fer dans Teau Grdinaire,& mieux, encore dans de l’eau-de. Meyne fup»^'- pofé qubnfe trouve à porrée d’en avoiro. Oh emplbyera ces remedes pendant, lès chaleurs de cette année., après les¬ quelles , fuppofé que /es chaleurs & le feu de là poicrine fuirent un peu calmés , oh tenteroit.q'uelquesgra'ins d’acier dans;- la foupe , & afin d’en prévenir les moin=- dres. fuites , on fe déterminerok à. une- %%h CONSUETATIONS CHOISIES alternative & d’acier, & de lait pte» nant deux ou trois jours Tua,revenant en fuite à l’aurre. Suppofé que l’eftomac de Ta malade ne s’accommodât pas du lair,pn feraufer de tems à autre de l’opiate fuivante^ cpiate:. Frenez conferves d'e rofes une once5-. corail rouge , &' ïeüx d’ëcrevilTes de ri¬ vière ^prépares ^efè chacun deux drach¬ mes ; poudre de quinquina une drach- me & demie rhuBat&e en poudre une drachme 5 faites avec le fyrop db'rofes: feches,ou de tuffilage y, une opiate^doiic îa dofe fera jufqu’à une drachme & de¬ mie. _ , . ' On n’bbfervera- aucun jour d’ahfimen-- ce marqué par l’Eglife ; on fe privera de tous- les aîîmens faîés & épicés , de fricures,.& de légumes 5011 évitera toute forte de violeiit exercice , & de travaux: fatiguans». DélibéréràMontpellier ce rs. fuîfiëc Signé 5, V E B.N Y J E O XJ I E ht M Ê ô i c I N F,- aSf consultation: xliv. Sur une mélanchoUe joinfe à ta vérole, A Près avoir exaniiné avec toute PaC- tenrion poffiblc les accidents rap¬ portés dans le mémoire qui nous a été remis , on a connu qu’il- y a une corn» plication de maux , & qu’outre la mé- lancholie , & la difpofition fcorbucîque ,, lé malade avoir auSî la vérole-. Le téms que le virus a eu pour agir fur le fâng du- malade, ta difpofitiôn naturelle que le malade a eue dès fa jeunelïè à la mé-' îancholie , Ton jetté dans l’état ou il fé trouve à préfent, & dont on ne peut le tirer que par une'fuite de remedes^ continués pendant quelque tems. tl- nutilité de ceux qu’il a faits jufqu’ici prouve qu’on a jamais attaqué la caule principale de cette maîadre ; c’eft ce qui a déterminé le Confeil -à prefcrire un autre remede plus efficace & qui puiflè combattre le virus vérotique donc te fang efl; infeélé» Mais comme la fai- fon n’eft pas encore favorable pour cer remede que d’ailleurs, on ne peut" pas» â’Sii Consultations ch'olsîls «fperer de réudîr fans une préparation» convenable , on eft d’avis que le mala¬ de falTe incefrarament les remedes qui fuivcnt, tant pour rétablir fon eflomac qui eft fort dérangé que pour humedet & adoucir fon fàng. Pour cet effet on lui tirera deux palettes dé fang de l’un des l>ras, & le lendemain on le porgers avec la médecine qui fuit. V V R G A T I O K Prenez fenné mondé deux drachmes j rhubarbe concaffée & fei végétal de chacun une drachme fommités d’afa- fynthe Sc ie petite centaurée, de cha¬ cunes une pincée faites inftifèr pen¬ dant la nuit dans une décodion chau¬ de de pulpe de tamarins j diflblvez dans douze onces de cblature trois onces de manne de Calabre, Faites une potion pour deux prifes, Ott donnera ces deux prifes à deux heures de diftance l’une à l’autre, Si un bouillon ordinaire une.heure après le dernier verre,, Deux jours après il pren- le matin le bouillon qui fuit, - B'OV IL L O N. Prenez trois écreviffes de tiviere lavées. ÜE M £,» S C r N E. iîf ^ans l’eati bouillante , & écrafées dans un mortier; faites les bouillir doucement pendant une heure dans un bouillon de poulet ou de maigre de veau ; ajou¬ tez fur ta fin de la codion une poignée de crefibn ou de feuilles de chicorée :âuvage, des fommités de petite abfyn- îhe, & de petite centaurée'", de chacunes une pincée ; laiflez bouillir les- herbes- un moment, palTez à tra vers une fervie- ts 8 c exprimez fortement,. Prenez demi-drachme de tartre cha- Kbé 5 faites 4 e avaler avec deux cuille¬ rées de ce bouillon,prenant le relie par delTus. Le tems de ce bouillon fera de dou¬ ze jours , après lefquels le malade fe- repurgera, & deux jours a^rès il pren¬ dra le marin au lit un grand, verre de petit kit tiré du lait de vache clarifié avec le blanc d’un œuf^ & adouci avec un peu de fucre, dans lequel on^ éteindra deux ou trois doux rougis au feu ; enfuke en y ajoutera trois- onces de fiiG de cerfeuil dépuré. Le tems du? petit lait fera de. douze joursaprès lef. quels oit repurgera le malade avec la médecine ordinaire deux jours après il reprendra le bouillon. ci-delTus. avec GoÿîSULTATlONS CHOISIES k tartre, chalibé pendant douze jours après lefquels il fe repiirgera. Deux jours après cette derniere itié- decine , le malade prendra le matin au lit un gtand verre de lait d’ânef- fe fraichement tiré , & adouci avec un peu de fucre. Dès que Ton eftomac fera accoutumé au lait , on en augmentera l'a dofe jufqu’à une écueliée , & quel¬ ques jours aprèsil foupera à iîx on fept heures du- -foir avec une foupe de lait de vache. Il pourra manger après la foupe’ un morceau dé paru ou ün bifcuit, & il pourra manger de la vian¬ de au dîner , du rôti ou du bouilli. Il faut continuer le lait jufqu’a la fin du mois de mars, purgeant le malade lorf- qu’on le jugera néceflaire. Dès que nous ferons au mois d’avïil le malade prendrà le matin du lait d’à- neife, & le foir avant fouper le bain l domeftîque où il reftera uiie heure. 1 Quelque tems après qu’il en fera forti] il mangera une foupe à la viande & un morceau dé pain pour boire un copp. S’il aime mieux prendre lebain le manu, il pourra lé faire', fe remettant au lit en fortant du bain; & on lui donnera ïe lait d'ânelTe. Il faut continuer le lait B E M ï D E C î M 2 . ' 2 §,J . ^ânefîé julqu a la fia du snois d’avril | de fiorte que le malade prenne vingt- cinq QU trente bains domeftiques. Après ce tems il fera purgé avec la médecine ordinaire, & en foire il fe rendra ici pour faire les autres remedes. ,On doit voir par :cecce préparation quels font les menagemens qu’il faudra garder pendant le cems des friétions, fans quoi le mercure, qui peut être d’une grande milité au malade ^ com¬ me nous rerperons ^ léroic .non - feule¬ ment inutile i mais encore dangereux, pa.r les rayages qui! pourroit faire , s’il n’étoic donné avec beaucoup de prudence & de ménagement. ,On ne dit rien du régime de vie, parce qu’on eft perfoadé .que le Méde¬ cin ordinaire en fait garder un c-onve- nable^ Délibéré à Montpellier le décem¬ bre 17} I.» V,£ R.îiî I , L A Z :E R JT E J Fourni Eja_. CoNSUî,TATÎOKS CKOîSÏES CONSULTATION XLV. Sur m tintement £ oreille^ L Es tînEcmens & bourdonncraehs qu’oti reffent dans les oreilles ^ & .qui rendent le fentiment de l’ouïe obC, ■cm , font pour l’ordinaire des fuites de quelque fluxion qui s’eft faite fur cette partie. Quoiqu’on ne nous déter¬ mine point , fi le malade étant fort échâüiïe s’eft expofé aux injures de l’air s, nous penfons que c’eft un Ycm. un peu froid qui a d’abord rallenti le mouvement du fang qui fo diftribue .dans cet organe par un rameau de la carotide, & que ce fang, un peu épaif- li , n’aïant pû être repris par les ra¬ meaux de la jugulaire, a produit peu à peu un gonflement, êc une diften- fion qui .ont gêné Bc comprimé les nerfs de Cüîte partie , & par conféquent di¬ minué la fenfibilité de cet organe. Si nous étions aflùrés du tempérament du malade, nous pourrions con},edu- fer ^ fi c’efl: un fang un peu trop épais de laLmême, fujet d’ailleurs à produire D S M É P S c S N g. . %tj fluxions, qui a formé celle-ci; mais ûQ ne nous marque rien de pofîtif fur cela. Il n’eft pas même poflîble de dé* cider fl, cette fluxion s’eft formée en deçà ou au de-là du tambour, à moins qu'on ne remarquât quelque élévation vers les parties extérieures de l’oreille ^ qui fit ioupçoiiHer que les vaiflèaux . euflènt plus prêté en dehors qu^en de¬ dans.. Mais comme ces éclairciflèmns ne dérangent point les indications , &. la route qu'il faut tenir pour la maladie en queftîon J nous fommes d’àvis qu’on le mette inceflamment .à l’ufage des re*. medes fiiivans. L A r E M E N T, Prenez décoÆion ordinaire rafrau chtflaate & laxative pour les lavemens ^ une livre ; catliolicon pour l’uCage in- cerieur une once & demie ; miel Viola.c une once ; faites un lavement qui fera pris à la commodité du malade. Après le lavement r.éndu l’on ouvri¬ ra la veine de l’un des pieds ^ pour en tirer huit à neuf onces de fang , oii fc purgera le lendemain avec une po-; flou ordinaire. iSS CoNSULTATïONS ' «HÔISIEi Gomme ces remdes ne font prefcrics que pour diminuer un peu la fluxion de l’oreille , en diminuaiit le volume du ;fâng , & lui donnant un peu plus de li¬ quidité J i>QUS fommes d'avis que pour emporter en entier ces bpurçlonnemens on Ce rende inceffammenE à Balaruc pour y prendre la douche , aïant un foin particulier de fe tenir la tête chaude. On évitera au.ffi de s’expofer aux tems pluvieux^ Du xefte on Ce pri- /vera de tout aliment gcoflTi.er , & de dif¬ ficile djgeftioii , capable de fournir au iàng un chyle épais, êc dénué de par^, ticules fines, & on n’obfervera aucun Jes jours maigres ordonnés parTEglife^, Délibéré à Montpellier le 30. pdo’- ' bjc 1J17. Signé , FIZ e CONSULTATION XLVL S«r me ab£ces an col de la vefie., L ’Ardeur,.d’urine, les enyïes fréquen¬ tes d’uriner, la douleur que Monfieuf telîèntoit depuis long-tems au bout de M verge ^ fur-tout lorCqu’il achevoit de pi (Ter J ©Ï Medecïms. 1S5 pifïer , nous firent foupçonner , ou des urines âcres & ardentes , ou une ten- fioft inflammatoire de l’urechre ,ou une pierre dans la veffie. Les figues de la oaufe de cette maladie étant équivo¬ ques , nous nous déterminâmes à le faire fonder, ce qui fut fait par Monfieur Barancy , qui întroduifit diverfes fois des fondes d’argent Sc de plomb avec fa dextérité ordinaire fans trouver au¬ cun corps étranger dans la vclSe ; ce qui décruifît le premier foupçon que nous avions du calcul. On continua i’afâge des fondes de plomb pendant quelques jours pour tâcher d’emporter les embarras de Turethre qui s’oppo» foient au libre palTage de la fonde ^ pour dilater ce canal , & fraïcr aux. Urines un chemin plus facile. Pendant ce tems-là on n oublia pas les laignéeso On doiinoit au malade des étnulfîoas* des bouillons rafraichilTans & adoa- ciflans faits avec.les femençes froides,’ la femence de pavot blanc., dç on lu! faifolt ufer d’une ptifane faite avec les racines d’althea, de nymphéa^ les fleurs de mauve , & le criftal mméral. Ge« pendant les accidens fo foutinrent à peu près les mêmes, jufqu’à ce qu’en-, Têms IL N ^^0 CoNSU-LTÂTIONS CHOISIES hn le malade rendit une grande quan^ iicé de matières épailTes , gluantes , & blanchâtres, que nous jugeâmes avoir le caradere de pus, avec .d’autant plus •de vraifemblance que l’écoulement de ces. matières s!efi: arrêté peu à peu , & qü’il.avoit été précédé d’un pifTement de iang. Nous ne doutâmes plus alors que ,1e malade n eût un abfcès vers le col de la véffie ^ qui^ a'iant .crevé j foit par par rintrodudion de la fonde , ou par la troprgtande dilatation du kifte , avoir ,fourni les matières purulentes qui for?. roient .avec les .urines, & qui étoient la caufe de tous les accidens dont il étoit travaillé. J e çpnfeillai pour - lors au niaia.de de prendre le lait de vache coupé avec beau d’.orge , .ou là décoc¬ tion de iairepareiil.e de prendre auffi dit -thé n’^ec du lait j & de continuer ufage de la ptifane , aiant foin de fe pàrgeoxer .de t.ems en tems avec la dé^ cocHon des herbes rafraichiirantes, la -cadès la rhubarbe, la manne , le crif- îâi minéral, & la femence de lin *, aïanf loin auffi de lui tenir le ventre libre par de fréquens lavemens faits avec la £aSh P l’huile d’amandes douces ^ la ^écQÛio.n des.ir!,auves. le malade a pris; D =E M E D E € î N E.' £ 9 * ^nfiii vingt ou vingt - cinq gouttes de baume de copahu dans une cuillerée de iyrop de capillaire , avalant fon lait par delTus. Il Te fero.it allez bien trouvé de ces remedes s’il ne lui étoit furvenu une enflure aux pieds, & aux jambes, ac- ' .compagnée de douleur & de petites ta¬ ches rouges-livides., noirâtres , mar¬ quées & bien diftinétes ; en un mot c’étoit du pourpre qui avoir un caraéte- jc éryfipelateux. Je crus devoir omet¬ tre la faignée -, de peur de faire rentrer trop vite ces éruptions, & j’ai toujours ■infîfté aux remedes adoucilfans, balfa- iniques & rafraichilTans , que le mala¬ de a condnué jufqu’à préfent. Je crois : même qu’on doit les continuer encore j afin de rendre les humeurs douces & favoneufes , fur-tout les urines qui doi¬ vent déterger .^^ulcere en palTant par deflus , & le mener à cicatrice. Il fau¬ dra donc que Monfieur prenne le lait d’âneflè pur & fans mélange com¬ me ii fort de la mamelle, & qu’il le prenne un moisou un mois & demi de .fuite ^ fe purgeotant tous les quinze jours , & ufant trois fois la {èmaine i’opiate fuivante.* CoKSULTATïONS CHOiSiSé OP l A TM. Prenez moelle de caffe récemment excraite & tcrcbenthine de Venife de chacune une once & demie 5 corail rouge prépacé, ïeux dccreviflès de rivière^ rhubarbe choifîe, de chacun trois drach¬ mes ; fei prunelle deux drachmes ; maf- tie J fuccin , & baume de Judée fec , de chacun une drachme ; faites avec le fyrop de rofes feches une opiate, dont on ufera trois fois la femaine, buvant du lait par delTus. ' Si on ne trouvok pas du baume, de Judée , 011 y fobftitueia trois drachmes de baume de copahu. On pourroir elfayer de mettre le ma¬ lade au lait pour toute nourriture, en le donnant par degrés. Il pourrok prciir- dre le matin le lait d’ânelTe, ou de va¬ che coupé, à midi une foupê au lait de vache , après midi une bouillie du mê¬ me lait, & le loir un gruau , ou un ris nourri avec du lait, & quelques jaunes d’ccufs. .Suppofé que fon eftomac puilîè le ‘ Apporter 3 on le continuera de la forte 2>1 MsDECINï; 2^1 pendant un mois. Si le lait s’aîgrk, <^ail caufe des tranchées, des diarrhées ^ des naufées ^ ou des vomifTemens, on ie quittera d’abord , & le malade pétant purgé 3- prendra des bouillons faits avec l’orge entier, les femences froides , une .pincée de femence de pavot blanc, & altérés avec les racines d’althea , de nymphéa, les feuilles de chicorée, les fleurs de mauve , &c. qu’il contiHuetâ pendant quinze jours le matin à jeun , fe purgeant au commencement & à k fin» Les eaux minérales froides tellés que font'celles de Camarets, & les bains do- mcâiques d’eau douce tiède, pourroient ctre emploies pendant les grandes cha¬ leurs de l’été. Les lavemens rafraichif- fan 5 .adoucî{ïàns,& rendus purgatifs ave* îa moelle de caiîè , ne doivent pas être négligés ÿ fi le malade eft conftipé, ou qu’il fente des chaleurs d’entrailles. On n’^obfervera aucun des jours d’abf- îincnce ordonnés par l’Eglifc j on fe nourrira avec de bons potages, dt| bouilli j du rôti. Oa foupera légère¬ ment, & on s’abftiendra des ragoûts ^ des herbes crues, des fritures , &. corporis-^aliaqüe fytnptomata, ægrum- 55 lacelïant : quapropter utatur reme¬ ss diis. rcfrigeTantibus 8 c detergeiiti- 55 tibus , 8 c vidüs ratione ad eundeai: «tofinetn tendentei Hoc modo slyfterriiis-' » jiciatur. . C L T STE R. « Of. Hbrd., integr., 8 c furfur macr;- ^ a. m. j. liquîric. roC rubr. p. a deeodum ad ibj. in quo dilîbiv,.«ielU' îj^violac,. |iC £ clyfterc. S E Me S E d î- N É l'9 / Non aperienda eft vena ex eo qüod îèger a prægreffb longo morbd viri- « lus deficiat, & macie afFedus fit, « a qua gravior impendet afFedus. <«’ Poftea æger pur^bitur cum pulpæcaf- fiæ & fyrup. de chicor, cômpof. a « di(ïblvaiitur in jufculo réfrigérante. « Purgatus æger utatur fero ladis pjæ- parato cunifucGolimoiiüm,& faccbaro k per xij dies , fi ftomachus ferac. Dein- de utatur opiata fequenti. « O P î A T Conictv^. fymph. major. ^ j, «r- corall. rubr. præparar. §iij. rhab. pul- «- verat. 51 * cum Tyrup. de chicor. f. ©piata ad ufùm didum. «« F^inito féri ladîs uFu 3. & ptsaiifTa «- pürgatîone , capiet jejuno ventriculocf îadis afîiiini ^viij cum ^vj. decodi « liordei, ne lac corrumpatur. S tuffis ««• ægrum ftimület, vigilîafque paciatur ^ « julepum fequentem^ vefpertinis hotis Mmet. « rVLEPV'S. Âq. plantag. & rofar. a. fij. S N iiij. ■Â.f >6 Gonsvltatiohs choisies » fyrup. spâpav. alb. rn. f. juiep» » Q^od ad diætam fpcftac , fbbrîe SJ manducabitj&eptimis utetucalimeiï- » tis , ut carne vitulina , Tervecina j » hædina ^ pullîs juvenibus , vitando »imprimis falfa & piperata. Parvum » erit exercitium , &: decodum hordci a» pro potu ordinario propinabîtur. Datum Monf|)clii die 21. menfîs feptembris anni 1728. BizAe, Chicoyneau, Lazermï» TRADUCTION '3ïi LA Consultation XLVIÎ. F sur m malade attaqué d^ pênÿntumome , & qu'en foupçenne aSluellement l'être de yhth'tjte. T L y a tout îieu de craindre que îa J. péripneumonie que. le malade a ef- füïée ne foit dégénérée en une vraie phehifie , puifqull eft fatigué de toux , de fievre , & d’autres iymptômes, & que tour le corps eft émacié. Il fauç donc qa’il ulc de remèdes rafraidiif» s E M Ï B Ï e I w s. fants & détcrfifs , & qu’ii fuivs un ré¬ gime qui aille au même but. On com¬ mencera par lui faire prendre le lave- mène fuivant. L Ar E M EJSf T. Prenez ©rge entier , & fon de fro¬ ment de chacun une poignée ; regliflb une once j rofes rouges une pincée. Faites une livre de décodion dans la¬ quelle vous ferez fondre une once & demie de miel violât y pour un lave¬ ment.- Il ne faut point faigner îè makde , parce qu’il eft affoibli par k maladie précédente, Bc qui! eft amaigri, çe qui îc ménace d’une affedioa bien plus fâ- cheufe. Mais on le purgera avec la caf- fe mondée & le fyrop de chicorée com- pôle y de chacun une once, fondus dans unbomllon rafoaîchiiïaat,. Le malade aïant été purgé ufera pen¬ dant douze jours du petit lait tiré avec le fiic de limons y & adouci avec le fu- cre y fi fon eftomac s’en accommode- prendra cafuite l’opktc fiiivante,- Consultations choisie»; O P I A r E.. Prenez conferve de grande confoncTè* une onêe ; corail rouge préparé trois; drachmes J rhubarbe en poudre une; drachme -, faites une opiate pour l’ufa- ge avec le fyrop de chicorée.,, Aïant fini l’ufage dü lait, & s’étaiiE:- repurgé ,.le malade prendra le matin à: |eun huit onces de lait- d'anefic coupé; de fix onces de décodion d’orgef,. pour; empêcher le lait de; fe gâter. Si la toux fatigue le malade ^ qu’il nait pas les; nuits bonnes, 5, il. prendra, le fbir ié; fulep fuivant.- } V L B f: / Prenez-eaux de plaiitain 8 cAs rofës^f. de chacune deux onces j fyrop de pavot ; blanc , trois,drachmes ; mêlez..^ faites; an julep. Quant au régime, le maladé mangera ^ fobrement, & ufera de bons aliments^,, comme du veau , du mouton, du chs'-- Yreao.j du poulet; & évitera foîgneu- fement ce qui fera falé & poivré. Il ^ra,un,exercice modéré:3,&,fc fervi^- D E l^ÎE D E c ï’N-E. ÿa d’eau d’orge pour boiffoii ordinaire. Délibéré à Montpellier le ü, feptem- bre ijz 8 . Signé^B£ zac\ ChicoyneaUj Lazerme. . € ON S U L T A T I O N X L VI IL Snr me fluxion fur le Todrnom L a Dêmoifèïle pour laqüêîîe on de¬ mande avis a une fluxion fur le poulmon , qui la jettera infailliblement dans la phthifie elle ne la prévient par l’ufage des remedes fuivans. On lui donnera une fois-la femaine le lave'^- mentfuivant.- tAV^ÉMENT:^ Prenez feuilles de mauve ^ de vîo- îèttes& de bourrache , de chacunes une poignée ; des quatre femences froi-' des majeures mondées &: pilées-, un®- once - fon de froment une poignée ; re« glilTe trois^ drachmes- faites hcuiliiïr fùfflfammenr, Sfediflolvez dans-une lî--" We-de-eolatus^ 3^càtholicon"'pour Tufa-g^ ^30® CqKSUL¥ATîONS CHÔÏSÏÎi ‘ incerne une once j miel violât deux onces ; faites un lavement ,qui fera pris la commodité de la malade. Après le lavement on lui tirera huit onces de fang du bras , & , fi le fang paroît mauvais , oii la rcfaignera le îeademain. On la purgera cnluite avec la médecine fuivante» P V R G* A T I O N. Prenez pulpe de caflTe une once y rba- hzthe choific une demi - drachme ; ro- fes rouges une pincée. Faites bouillir dans Feau de fontaine , & difelvez dans, huit onces de colature fyrop de îofes folutif compofé une once faites sine potion. Si la fluxion iiétoic pas diminuée ©n la refaigneroit du pied & elle pren- droic le lendemain une écuelîce de, lair d’âiieffe avec, le fucrc rofat. Si elle-é toit preffée de la toux,, elle prendroit de îems à autre quelques cuillerées de fyrop de pommes , ou de tuffilage , & lorfqu’elle ne pourra pas dormir h- mlep fuivant. Ms »ECî. N 1 V L E P. Prenez eaux de coquelicot & de pîaiv îâîn, de chacune deux onces ; fyrop de pavot blanc trois ou quatre dracl£- Kies ; mêlez faites un julep. Elle ufera pour boifon ordinaire de de la ptifaiie d’orge, dans laquelle on fera bouillir deux onces de racine d’aL thea fur chaque pot. Elle fe nourrira avec quelques foupes, & de la volaille j, & évitera toute forte d’aliments faiés. j, épicés, & de difficile digeftion^- Délibéré à Montpellier le 17. août 1728. Sigfû\ C H I c O Y K E A Ü-J Margot. CONSULTATION XLIX^. Snr me Pardyfie^ L a paraîyfie de la moitié du corps la tumeur cedémateufo du bras , & de la jambe du côté droit, les douleurs que le malade a fendes dans les articu.» étions ^ & tous les autres accidens rap^^- ComutTÀtTONS CHOISïEr portés dans la relation de fa maladie; cju on nous a remife , montrent évidem¬ ment la conftitntion épailîe &■ acre de-" - fes humeurs ; & ceft fans doute le grand'appctîtdu malade , & les mauvaK- aliments dont il fe noürrifToic ,.qiii eni font la caufe éloignée. L'apopléxie quf a précédé les intommodités que le ma¬ lade a aujourd’hui a été produite par làî même caufe. Les humeurs trop épaif- fés roulant avec peine dans le cerveau,, elles- s’y: arrêtèrent, & par leur réjour comprimèrent les nerfs& comme le' fèjour des humeurs-fut plus‘confidéra- ■ Me à la bafe dùrcrâiie qu’à la partie fii-' pérîeure du cerveau , à caufe de la quan¬ tité des- finus quoii' y remarque , les' nerfs furent preffés dans^ leur origine,, mais l’iiîteriear du cerveau- refta plus libre , ôc le malade conferva le juge-- ment , & la-mémoirc,- Et parce que Ics^ battemens de la düre-mere & des arté-- res carotides-font-continuels , les hu-- meurs épaiffies furent peu-à peu divU- wfées elles-reprirent la- route de lai ©rrculation ,.fans pourtant que le fahg: perdît abfolumenîia vifc-ofi'té qu’il avoiî^ eontradée,&’elles ont été dépofées par le> @3ttrs=. des- humeurs dans, les. parties^afr B2’ M'ï^ D'E C Fiî’-Ii' fëctées.-A toutes ces caufes il faut en¬ core ajouter le dérangement des digef-- rions marqué par les goûts difïèrents - que le malade trouve aux-aliments& la quantité dé vents- qu’il fait par la; bouche, qui lui donnent quelquefois des** défaillances, .& des batîemens^decœuro. Pour- délivrer le malade de fes in-- commodités, & prévenir lè retour de^ l’apoplexie qu ôii doit appréhender , iP fëut.redifier les-digeftions , divifer le-: fang,,& le:rendre plus.fluide & plus- doux ; & enfin réfoadre la- lymphe ar¬ rêtée dâns'Ie- bras 5c: la- jambe du côtér droit j c’qft ce qu on efpere défaire par;, laifage dés reraedés fuvans^ lie maladé fe. purgera avec la potions füivante,. P v:b, g A TI O n: FrenezPenné mondé trois drachmes 5:; rhubarbe concaffee .& fel de tamarifc,,,. de chaGon une. drachme j .fommités de petite centaurée une pincée j faites bouil¬ lir dans l’ëâU 'dè fontaine j, ôc diflblvez: dans fîx. onces de colâture palTée aveu;’ expreffion- deux- onces de manne de:; Calabre , & une desni-once d’élecluaire- dîacarthâmi. -Faheâ-uiieporioUc., ^04 CoNSTytTATîONS CHOîSS-ïS Deux jours après cette médecine , ü prendra le matin à jeun l’opiate fui- "^antc, 0 FIA T E', Prenez fâfFran de mars apéritif prl- paré à rofée du mois de mai, vingt grains rhubarbe en poudre une demi- drachme j; jalap, diagrede , de chacun J^p.t grains -, antimoine diapho^dque un depai fcrupule -, trochifques alhandal, cannelle, fleurs dé fel ammoniac mar¬ tiales , de chacun fi.x grains extrait d^elleWe noir trois grains faites une opiate pour une dofe avec une ûiffifaa- se quantité de fyrop de fleurs de pêr cher. Le malade prendra une heure après; cette opiate un bouillon de poulet ^orr dé veau, à la chicorée, &, s’il peut fe pro¬ mener , il fera.quelques tours, de cham¬ bre, Il prendra ce retnede pendant dix jours ySc jS’il ne purge pas aflez onaug- ffiîentera la dofe des purgatifs j s’il vui- doit trop J, on retrancheroit rextrait-d’èl*- lébore. Après Pufage de cette opiate le.ma- fede fc tepurgera cosiipae deflus ^ (M -DE M E B 1 C I N i. 3 0 J retranchera l’éleduaire de diacartharai fl l’opiace Tavoit beaucoup purgé ; après il prendra te matin à jeun un bouillon préparé comme il fiik. EOVILL O isr. Prenez environ une, livre de maigre de veau , une vipere écorchée , dont on coupera la tête & la queue-, aiant 6té les entrailles , on la coupera par mor¬ ceaux -y une poignée des feuilles de bourrache& un peu de cerieuil ; met¬ tez le tout dans un pot de terre vernif- fé , que vous boucherez avec un par¬ chemin , ou un papier double *, ajoutèK auparavant fêpt ou huit cuillerées d’eau de fontaine , Sc faites bouillir pendant quatre heures au bain-marie ; palTcz en- mite à travers un linge, & exprimez fortement, pour le faire prendre» Il faut continuer l’ufage de ces bouil¬ lons pendant vingt jours , & purger Ie|palade à la fin-avec fa médecine or¬ dinaire. Si après ces rcmedes la tumeur œdemateufe du bras SC' de la jambe n’cft point emportée , il faudra donner tous les matins pendant quinze iouts 56 g' Consultations choisies line once d’eau-de-vie allemande ^ & repurger le malade à la fin comme au¬ paravant. Pendant l’été le malade fe purgera de quinze en quinze jours, & en autom. ne il reprendra Topiate apéritive, & enfuite les bouillons de vipere au bain- liiarieo Oh appliquera fur les tu¬ meurs osdémàteufes des feuilles d’hye- ble paflees au four ibn en enveloppera lès parties malades le foir lorfque b* malade fe- mettra lit obfervant de les appliquerchaudement.On fera le reine- de pendant dix ou douze jours , & , s’il foulage le malade, on le continuera plus liong-tems'; mais s’il ne produit aucuiï effet , on dilToudra le fei ammoniac dans^ une décodion de racine de. brioine, & -rn fdmentéra là’ ^pàrtîe avec cette’ dé ^dion , laiiTant par. delTus un linge trempé dans laonême décodion j.quon couvrira aY.ec une fèrviette chaude. Et comme tous les accidens que le malade a à' préfent foiit^ venus du^dé- rangement de fon eftomac , & de fa mauvaife maniéré de vivre, il faut qu’il garde un bon régime , s’il veut que les remedes fal&nt quelque efîèt» MSDECIN-E.. ^'ôJ- èoarrîra avec du rod ; il mangera peu- de foupe , 8 c jamais de viande falée^ ni^ de chair de cochon,. Délibéré à Montpellier ce 12;. rnai’ $7 i ^. Sipié , Y ERH Y 5, LAZEB-MEi. GONSU LT ATIO N L, Sur des ^hfl^m^ions au 'Sole. I L paroît patrie mémoire qu’on nous« a remis que la jaunifle dépend' deS' embarras qu’on a remarqué dans le foie..^ tes obftruétions de ce vifcere déjjendenc du dérangement des^digeftions^ de forte' que le chyle aigre & greffier fourni par l’eftomac a épaiffi le fang & la lymphe g, qui ont produit à leur tour les embarras des vifceres.. C’efl; encore à cet. epaif- fîflèment des liqueurs qu’on doit rappor¬ ter le pilTement de fang périodique qu’a le: malade il y atout lieu de croirequ’il- s'eft fait quelque varice dans les orga¬ nes qui fervent à là fecretion de l’uri— rine, Gcs varices fe rempiîlïant & défem-=^ plîffànt par intervalles font le retour: gériodiqug du.pilïement. de fang,. 5o8 Coîtsultations choisies Pour prévenir ies fuites de cette ma¬ ladie s il faut nettoyer l’eftomac, & rec¬ tifier les digeftions , déboucher les vif» ceres obftrués,& redonner aux liqueurs la fluidité néceflaire pour qu elles eircu- îcnt librement dans les parties. Le malade fe fera tirer deux palettes de fang de l’an des bras •, le lendemain il prendra trente grains d’ipécacuanha en poud're, ^ Le lendemain on le purgera atec la médecine qui fuit. r V R G AT 10 N. Prenez feuilles de fenné mondées trois drachmes 5 rhubarbe- concaflee , fel vé¬ gétal , de chacun une drachme ; fomrai- îés d'abfynthe & graine de coriandre j de chacunes une pincée j. faites bouilMr dans feau de fontaine, & diiTolvez dans douze onces de colature trois onces de manne de Calabre ; faites^une potion qui fera ptife en deux fois. Le Malade lailTera une groffe heure d’intervaUc d’une prîfe à fautrc. Qua¬ tre jours après on le repurgera avec ia même médecine , 5c deux jours après il prendra le matin à jeun le bouillua qui fuilr g) £ M £ D £ C I M .1. |0ÿ BOVII^LON. % Prenez racines de chicorée üauvage & d’afperges, de chacunes une once j racines d’aunée & d’ache , de chacunes une demi-once ; faites-les bouillir pen¬ dant une heure dans un bouillon de veau. Ajoutez &r la fin de la coétion feuilles d’aîgremoine j, de chicorée fauvagé, de- capillaires, & de Scolopendre , une poi¬ gnée en tout ; faices-boüillic légèrement 5 ,& palTez avec expreffion. F O V D R E, 7Prenez tartre martial foluble ,poudre de cloportes, & rhubarbe en poudre de chacun une demi-drachme. Mêlez j & faites une poudre. Le malade prendra cette poudre avec, quelques cuillerées du bouillon ci-delTus , & boira le refte immédiate¬ ment après. Il continuera cette poudre avec les bouillons pendant dix jours, fe repurgera avec fa médecine ordinai¬ re. Deux jours après il prendra le ma¬ tin à jeun fopiacé fuivante , prenant immédiatemeiK après un bouillon de ^naigre de veau à la chicorée* |io . «Consultations chqîslsi O P 1*A T E. "Prenez fafFran de mars apéritifprépa^ Te à la ro fée du mois de mai, une demi- once”,.feuilles de fenné mondées, & rhu- Æiarbe en poudre^de chacunes deux drach¬ mes ; xaffia lignea , fel d’abfynthe, & faffiran des indes, de chacun une drach¬ me & demie .5 jalap diagredede ■chacun une drachme.; canelle,, fel am¬ moniac., & faffiran oriental, de chacun ,'Une demi-drachme ; mettez tout en poudre , & faites avec une fuffifante ^quantité de fyrop des cinq racines ape.^ lîtives unc|opîate , dont la dofe fera de ■^deux drachnaes. Il faut continuer cette opiate pendant neuf jours, après lefquels 011 fe repur- .^era comme ci-deflus. Si pendant l’ufà- ge des apéritifs le piflTement de fang de- venoit un peu fort, on en fufpendroit , Tufage pendant ce tems-là. A près Topiate le malade prendra pen¬ dant douze jours Gonfécutifs un verre de petit lait tiré du lait de vache bien /clarifié, dans lequel on fera infufer à chaud pendant une demi-heure une drachme de faffiran de mars apéritif ,®E MEjPECÜÎE. âans un nouet à Taife. Enfuite il fe re- .purgera avec fa médecine ordinaire, & reprendra pendaiu neuf jours l’opiate ^peritive. Il prendra enfuite pendant ,quinze jours vingt grains de faffiran de mars apéritif dans la première cuille¬ rée de foupe, & ^ s’étant repofé fept ou .Euit jours,, il le reprendra quinze aUf- très. Pendant les chaleurs de Pété on Id ;fera boire les eaux de Cranfac avec les _pr:écautions ordinaires 3 &, comme cette maladie fera opiniâtre,, il faudra repren- ,dre l’automne prochain les bouillons apéritifs,, l’opiate, & le petit dait cha- libé, avec les précautions mentionnées. ,jLe malade ne fera pas maigre,, il fe privera de tous les alimens falés, & iu., idigeftes-comme fruits, .&-c. On le nour¬ rira avec de bonnes foupes , du bouilli !<. du rôti,, en préférant la chair des jeunes animaux & le gibier. Il boira le vin bien trempé ^ il.évitera les veilles les excès, & les exercices trop confîdé^ rables.o Délibéré à Montpellier ce 5. janvier î'f 17. Si^ ^ Y £ B. N Y , L> Z -E R M U ÿiri Consultations choisiis CONSULTATION L ï. S HT me Pardyjîe. L Ttat fâcheux où fe trouve îe mâla<îe ne nous permet pas de douter qu’il ne Toit une fuite nccelTaire d’une atta¬ que d^apolexie fanguine un peu for¬ te qu’il eut il y a environ un an & de¬ mi', qui fut occàfionnee , félon toute apparence , par une véritable pléthore, ic par de mauvais levains qui, ayant été fournis des premières voies au fang, caüferent un engorgement fübit dans le cerveau , capable de lui ôter le fenti- ment , & le mouvement des parties. Les fecours qu’on lui donna dans fou paroxyfme furent affez efFedifs pour ar¬ rêter rengorgement qui s’étoit déjà fait dans ce vilcere, mais ne purent empor¬ ter l’engourdiUement , & dilîîper ic re- iâchemenr qui avoir faifi les autres par¬ ties ; & ce fut prccifément celles qui furent pour-lors les plus engorgées de liqueurs, & le moins en état de les ren¬ voyer , qui fe trouvent préfcntement attaquées d’une véritable^ paralyfc; » ï 'M E B E C I H E. 5 qui empêche le mouvemenc & le jeut mis ad hune proiucendum afFeebum "concurrunt , temperamentum aegri » fanguinco-biliofum, regio quam inco- M lit câlidiffima, & navigatio diururntor. s» Ex his ultima praecipua eft. Abfumpta «fanguinis ferofa , b^l^^m'caque parte , » tartareas in iànguine kxuriare necef-. 51^ • GdKSULTATIOîîS C-HOISIES « le eft . quæ paulatim in dudus ren'um ** uiiiiofos intruræ moranturmora ve« »ro corapiaguiKur & quiefcunt, un, « nam que pone fe-quencem fiftunt. Di^ latati, nimis rcpleti , urinofi dudus fangmferos comprimuni; undedifiSd- « Uo.r fanguinis per renes circuitus , ip_ « fins mora & ftagnatio , renumque « diftradio dolorifica , unde gravaïiyu? «dolor. «Uîhuk morbo afferatur medela, convenir iis quæ rangu'inem dilueiv do & edulcando -parces ejuidemcarta- « reas folvunt dividüntque j fie urina « priftinæ refticucafluiditati libéré & ex- « pedire fiftulas .urinarias permeabir, M Exiiide fane ratio cur jufcula pulli , « balneaque domeftica prias, ufiirpata,- tanrum ægrotaïui .attulerint levameu « quapropter iifdem infillentes indicatio- » nibus , diiuentibus inprimts utendum « diè cenfemus, quibus diuretka quæ- » dam , & buic morbo quafi Çpecifica, « addemus,. Quapropter celebrata purgatione . « quam medulla caffiæ recenter extrada, j » rbeo, & manna, in aqua pulli infufe folutis' parandarn cenlemus , fe- » guens præfcribimus jafculum per dies « decemcontinuandum. *■£ M E rr E C I N ï. 317 J VS C V LV M. A 'yL. Pullum juniorèm gallinaceuna n exenter, cujus venter quatuor femin. » frigidor. eontuf. \ f. implearur ; coq. wper defpurriationem per duas horas in ^3 aq. font. Q. S. deinde add. cortic radicis acalcitrap. exfiecat.» coiituf. & in nodui. «fufpenf § j.rad. enul.eampan. coiv MtuC 5 - ijv coq. per hor. fub. fin.- cod. » add. folior cichor. borrag. & capillor, jsvener. ex omnib. m. j. eoq. ievit. col,- 3» & exprim. Cap,. 33 Elapfo jufculoruni' tempore, atque » iterata purgatione ut fupra ^ nobilîS' 3) Ægrotaiis afiumet mane per dies vw » ginti hauftum feri.ladis vaccini o-vi » albumine clarificati, & facchari caiv' M didi unciis duabus edulcati ; alternk- 3j vero diebus pi ulam fequentem aisr te hauftum feri ladis- aflumet. P I LV L A. ’ » Lign. nephritic. pulverat. g j. bal-- »fam. de copaiva gutt, xX. cum (yrupi- » capillor. vener. f. pilula ro una dofi, » Succedet deinde balneum d'omefti-- » cum per dies quindeciai continuan- s* dunî, Elapfis odo auc dedem diebus Oii} ' CoiîSVLTATlOitS CHOISTîS » poft balneatioiiîs tempus, Æger noBî- »> iiflîmus aquas Vallenfes , gallice de k » Marquife de dies novem po- » tabit, fîngulis dicbus novem vel decei» hauftus tribus aut quatuor vicibus aC. » fumet J prima die folvendo mânn^Ca- » labrin. ij. in primo kauftu^ «Fînito aquarum VaUenfium tcmpo- « re purgationem eelcbrare neeeflè eft, 5» Demum ut primum calor æftatis rc- 3> miferiî aerque temperatîor fadus « fuerit, fuâdcmus ut Eques nobiliffi- « muslade afinino utUvUr per unum aut » alterum menfem^ut, fie mafia fanguinîs » edukata, minor tartarearum partium copia generetur ^ fervatk tatnen âs fervandis, rd efi: præferipta idemtidein » purgatione , ac fervato eonvenienti » vitæ regiminei Tandem ut is affkàm » radicitus debellccur fequens præferibi- ^ mus remedium quodÆger n0biliflîine& » per annum & ultra fingulis meufibus a» afîiimer» FO T J O. , J» ; 5 > ^Fol. parietar. m. ]. lign^ a coiituf. .& fcrn. anis a. ]. cmnamoHrf wcoiituF g. f bull.levit. in,aq. font. x. Si dcin per nodem. infund. mane kérura »» levit, bulliantjdifTblv. facchar candid» » ij. coL&: exprim. Çapiat, s> Hoc enim efi: potens diureticam ^ SS cartareas partes fiftidis urinoiis inapaiC'f » tas folvens, JS Verum nul la expedanda ranatîo,ni-r SJ fi Eques nobiiiffimas coiivenienti vitæ SJ regimijae eifedus remediomm adja- sj vet 5 aç propterea coiivenic ut abfti-* JS neat a piperatfs , faîfis, ^ribus ^ car- » nibus falevel famo induratis , ab ufa SJ acetariorutn c^ei ladiciniorum ^ SS uno yerbo ab iis quæ partes fanguinis JJ cogurit &partiam tartarearam c^pifeîn ssaugcoc.- Vefcemr carnibus Imniorui» ■jj animaliiim ^ & inpritnis quadragefi- s> malibiis cibis fe abftinebk, yinuna iKOr JS dice & multa aqua temperatutn pota- ss bit. Vigiliasf motafque nimios vitabic,, » ac inprimis navigatioiienQ quæ aftèc^ d iiij. Ho CoiîSUtTATIOKS CIÎOISIÎS lîcphritici caufa prarcipua videtur tum ob motum affiduum , eutn pra- ” vatn vidus radonem qua. navigatores; » uti cogumur. Monrpellii die xy. menfis februarü anni lyaS, ^ Lazerme'^ Fitzge* R ALB, Fournier. : T R A D U C T I a N ®E EA CONSUSTATION PRECEDENTE; Sur une douleur Néphrétique. L a douleur gravative des reins, & ^ fur-tout-Fexcrétion d’une urine qui eharie cîes graviers au foulagement du malade , font conjedurer avec raifbii que Monfieur le Chevalier eft attaqué d’une douleur néphrétique. Trois cau- iès principalement concourrentalapro- dudion de cette affedion le tempera^ ment cholérique-fanguin du malade,, -la chaleur du païs qu’il habite , & fés longs voï-ages fur mer. Nous regardons la première de ces caufes comme la prin¬ cipale. La déperdition de la partie fé- ïêufe & balfamiq^ue du fan g rend nécef-^ ié È M £' » 1 C I N E. ^21 l’amas des parties tartareufes, lef- quelles s’arrêtant infenfiblement dans les eananx urinaires des reins , forment avec le tems des concrétibns qui arrê¬ tent l’urine qui vient par derrière. Les canaux urinaires , étant dilatés ôc trop pleins , compriment les vaîfTeaux fan- gains 5 d'e-là' vient l’embarras- de la cir¬ culation du fang dans les reins , fon re= taidement, fà ftagnatioa dans ces vif- ceres , & leur gonflement douloureux 5,. qui produit le. intiment de pefanteur. Pour remedier à cette maladie , il convient d’employer les remcdes qui agiflent en délaïant &■ adoucilFant îe iàng,refolvene & divifenc (es parties ta^- careufes. En confequence l’urine aïant recouvré fa première fluidité , paflèra; librement Sc fans peine au travers des canaux fecrétoires des reins ; & c’e'fb fans doute la» raifon-pourquoi le bouil¬ lon de poulet',, & les bains domeftiques',. dont le malade a déjà fait ufageg l’ont fl fort foulage. C’eft pourquoi fui vaut les mêmes indications,, nous eftimons »qu’ilfaut fur-tout employer les délaïans^ âufquelles nous ajoutetons' quelques- diurétiques^, qui font quafl fpécifîqueSj dans cette maladie.. & w . j2:2; Comm.TArwT^t cji&îsm- Auffi-tôt donc que le malade aura été' purgé avec la moelle de caiTe récetn- snent extraite ^la rhubarbe , Sc la mai- ne, infiilees & diffoutes- dans.Teaudé poulet , nous fommes d’avis-qu’il prenne pendant, dix jours le bouillon fuivanfc. B O V L Q: N:. Prenez nn jeune- poulèr vuidé,, dont -VOUS remplirez le ventre d’ime demi-Qn. ' ®e des quatres femenees froides pilées j; Jàites le bouillir pendant deux heures, daiisune ruffifantequàntité d’eau^de font taine , éemmant foigneurement 5* ajoa? îez alors écorce dé la racine dé chauîîè.- trape concaflee & enfermée dans üm lîoiièt, une drachme 5, racine d’aune- concaflee ,.deux drachmes 5: faites Bouil- lir encore pendant une heure , ajou¬ tez frir la fin de'la-coélion ,,, feuilles de- chicorée fauvage, de bourrache-, & de xapillaire, une poignée en tour f faites bouillir légèrement, coulez avee expre.fr- lion , pour un bouillon^, jLs malade ^aïâiît été repurgé'après lés boailions finis , prendra tous les ma- lâns pendant vingt jours une écuellée de périt lait, de, vache, clarifié avec, le blanc DI MiDîCï'Hi. ^cEuf, & édulcoré avec deux onces de fucre roïal, & il avalera de deux jours Tun avant le petit lait la pilule fui van¬ te. FILVLE. Prenez bois* néphrétique en poudre;., îan fcrupule ; baume de eopahu vingt gouttes ; faites une pilule pour une do- fe avec le fyrop de capillaire. Il prendra enfuice pendant quinze Jours le baindbmeftique , & huit ou dix jours après le dernier il boira tous les matins pendant neuf jours, neuf ou dix gobelets des eaux de la Marquife de Vais , lai (Tant quelque intervalle tous les fois ou quatre jours , & diflolvanc- fe premier jour dans le premier verre- deux onces de manne. Il terminera Tulage des eaux de Vals^ par un p ngatif; &,,dés que les chaleurs: ' de Tété feront calmées , & que l'air le— îâ‘devenu- plus tempe é\ nous Confeil- îbns au malade l’uiage du lait d’anelïe' pendant un ou deux mois afin que ,da mafife du fang; étant adoucie par fou ufage ,,ih s’engendre une moindre quan¬ tité de parties^ tartareufe^. Le malade? «îca- fiain de fe conduire comme il 0011=-: >©■■4 ; 3r2’4 CoiKtîil'ATICrNS CHOISIS vient dans le tcms du lait, c’eft-à-dn*- de fc purger de tems en tems, & de fuK vre un régime convenable.. Enfin, pour détruire radicalement la maladie nois coiifeillons au malade, d’ufer chaque? mois pendant un an cntiér. du, remede: luivknti, F O T I O NI Prenez, écorce dé k racine de chaufTe trape- feehe ôc concafTée une drachme faites-la infufer pendant la nuit daiîs huit onces du meilleur vin blanc , cou¬ lez le matin^avec expreflion 3, & faites prendre en. une fois. Le lendemaiu on luldonnera la dé— codion fuivantei 3 EGO C TI O ISt. Prenez feuilles de pariétaire, une poF gnéee ; bois, de fairafras concafTé., grai" ne d’anis.,, de chacun une drachme 5 cau- nellc eoncaflfêe, une denn drachme ; fai¬ tes bouillir légèrement, dans-dix. oiiees. d’eau de fontaine, puis, infufer pendant toute la nuit j,enfin bouillir encore un peu le matin. Diflblvez-y pour-l©rs- deux onces de fucre roïal ; coulez avec exprefïïon faites,avalerJa cplaruxc- «11 une. fois.. nt Me d e c I » r,. p,-^ €e remede eft un diurétique puiflant: qui réibut les parties cartareufes qui; ont formé des concrétions dans les ca¬ naux usinaires^.. Mais il ne faut point que Je - malade* s’attende a guérir fi le régime le plus; ■exaél: ne vient anfeconrs- des-remedeso^ Il convient em conféquenee qu’il s’abs¬ tienne de tout ce qui. eft poivré , fàlé 5, âcre,, des- viandes, falées ou fuméesdes -falades , du fromage 5, du: laitage , ea. un mot de tout ce qui épaiffif le lang, & augmente la quantité dé-fes parties tari-- tareufes. Il fe nourrira de viandes de- jeunes animaux , & ne fera aucun ufage du maigre.,11 boirai peu de vin;, encore- bien trempéï il évitera de veiller & de -&ire de grands-exercices; ,. &'fur-tout, de voïager fur mer -, ce quenous regar¬ dons- , comme la principale caufe dè- taftèétion néphrétique qui le-îourmeiî-- te, tant à caufe du. mouvement con- tiiiuel,qu’à caufe des mauvaifes nous?-- ritures auxquelles ce genre de vie expofe,. Délibéré à Montpellier le 17. fevriec' i- 7 Z 8. Signt \ L A- Z E R M E, F ïcr Zi=r- &£ R..A LD s F O V B..N1 •^X(3 CoNSUlTATTONS morSIES CONSULTATION LIIL Sur me Perte hlmche.- P A r tout ce qui eft rapporté dans Ib relation communiquée il nous pæ. ïoîc que la Demoifelle pour laquelle m nous fait l’honneur de nous çonfulter été fujecre depuis Tige de pube-rté à. une- perte blanche alTez confîdérable , & quaprès, s’être- mariés , & avoir fait flufieurs cnfans,, cette perte a vérita^ blementdiminué , mais qu’il lui'eft fur-- ■venu dès douleurs au bas -ventre avec: une chaleur excraordinaire- qui s’étenft . jufqu’aux parties génitales en der-» nier lieu que le-feu s’eft fait fentir dans- Tînterieur de la poitrine avec une grofe- fevre pen-dant la- nuitprécédée par uiï grand froid & par fe ferrement des cô¬ tés y & par une refpirarion gênée, 8c que la malade eft au furplus d’un tempé¬ rament bilieux , ôc fort maigre. Sur cet expofé il-eft alfez évident que^ ,îa lymphe n’ayant: pu circuler dans & naatrice & dans le vagin par rapporté épaiffilfement àliobitrudioivdê: S t M t B: ï e T K 1: ' ©c? parties ^,en a diftencules vaifTeaux ^ ëc les a fait crever, ce qur a donné lieiE à Ton épanchement ,, & l’entretient en¬ core.. Les obftrudion? & l’épaiffiiremene; des liquides arant augmentés’étanE: pour ainlî dire multipliés,dans les vifce- res du bas-ventre, & dans les, vaiflèaux: de h poitrine , ont auffi arrêté & gênéi le cours du fang d’ans toutes ces parties ce qui fufÊc pour rendre raifon des; grandes chaleurs , des douleurs „ des: üefremens v&r même de là ficvre , en ce* que tous ces embarras n’ont pas permise .au fang'de fe dépurer , & qu’ils’èft trou¬ vé fur chargé de beaucoup de particules étrangères qui ont. excité le mouyemeriK Lebrile. Enfin les embarras 8c répaiffiffemenc: des liquides viennent -fans doute des cru*- dités des premières voies , ou d’un dé^ feue de dîgeftion qui eft d’ailleurs indi¬ qué par le cours de ventre & le gon¬ flement d’eftomac que la malade ciiuya, îî y a quelque tems ; de forte que, pour remédier à toutes fos indifpofitions , jL ■cft néceflàire de détruire les obftruc— dons ^de redonner au fàng & àla lyna— ..^hé leur, fluidité ïiâtu|.elle 8 l de. ré,Sâà- JviS’ CoWSTTlTÀTlONS CfiorsTIS blir les digellions. Mais comme la mé:- lade eft d’un tempérament bilieux, qu’eb Ife eft fort exténuée, & quele fentiment de douleur & de chaleur dénotent un^ ^iig aifé à s’enflammer , 6c une grande' acrimonie des humeurs , il eft de Im¬ prudence d’employer feulement de lé¬ gers apéritifs en forme de liquidé , qui puilfont réfoudre peu à peu les embarras,, fans trop- animer ni échauffer , & qui fuient en même tems propres à répan¬ dre beaucoup d’humidité dans les vaif- féaux. Nous fommes d’àvis que' pour pré¬ venir le danger dé quelque inflamma¬ tion intérieure, dont cette^ perfonne eft menacée-, & pour faciliter i-effet des- remedes convenables, on réitéré la fai- gnée qui n’à été faite qu’üne fèulc fois ,- & qu’on commence par tirer fept à huit onces ffe fàng ded’ùn dès Bras , & que le lendèmain on donne une purgation eir deux-verres de ptifàne' laxative faite avec deux drachmes dé fenné,une drach¬ me de'fel- végétal, autant d’anis', & un: sitrom coupé , mettant le- tout infufer' pendant là nuit fur les cendres chaudes- avec une once dé polypode de, chêiîe; ^üs.dêux-' grands verres-., 4 ’eau-dê fo^ïr BS M E fi 1 c î M E. taiae, pour deux dofes, qu’il faut prea~ dtc le matin, à jeun à la diftançe de qua¬ tre heures l’une de l’autre^ ajoutant à la pçemiere deux onces de manne , & à la fécondé , une once de fyrep des^ fleurs de pêcher 3, & entre les deux dofes un, bouillon de poulet altéré par une poi¬ gnée de chicorée. Si après lapurgatbn Bc cette première faignéc, les chaleurs , 5 c les douleurs ^ auffi-bien que les ferrements,fefoutien- nent, ,, il faudra réitérer la faignée de l’un des pieds jufqu’à louable teinture » & réitérer eiiiuice la purgation en deux serres, faîfant auffi précéder la veille du purgatif, après la faignéeun lavement avec une Ample décodion émolliente à laquelle on. ajoutera quatre' onces d’huiles d’amandes douces, lequel lave¬ ment, pourra être réitéré par intervalles;,, comme étant très-propre à appaifer les feux 5 c les douleurs. Après ces remedes généraux , qui' font les plus convenables pour tempé¬ rer, chalfer ou éteindre le levain de la fievre 5c qui doivent être renou- vellés félon, les loix de l’art , 5c de la prudence, tandis que la fievre fc foiii- tiendra 3.011 s’attachera à,réfcmdre gcia CoKStTLTATlONS CHOÏSÏÏS à pea les embarras des vifccres par fage d’une ptifanc compoféc des racine? de fraiiier , de Upathum acmum , & de garcnce, de chacunes trois onces, qu’on fera bouillir pendant une heure dans neuf à dix livres d’eau ^ & fur la fin on dilToudra dans ]a colature deux gros de eriftal minéral , pour en boire chaque jour quatre grands verres de dix à dou- 2C onces chacun dans le cours de la matinée , & autarvt l’après dîner à deux heures de diftanec de la nourriture , à une heure d’éloignement l’un de l’au" tre J obfervaiit. de les faire chauffer& de les boire auffi chauds qu’il fe pourra, L’ufagc de cette pcifane fera continué pendant dix à douze jours,après lefquel& il faudra fè repurger avec la ptifane xative ci-defTüs. Après, le premier remede la malade prendra tous les matins à jeun unbouih ion fait avec un poulet farci d’une poi¬ gnée en tout de chicorée & de crefTon d’eau y& d’une pincée de cerfeuil haché fort menu,ajoutant cinq à fix écreviffe^' de riviere lavées dans l’eau bouillante ^ écrafées & mifes en pâte , qui ne bouil- iira que trois quarts d’heure,avec fix on- (fc racines d’ozcille & autant‘de eel- BE MïDEcrKî. 55^1 îes d’^aigrcmoinc, & après l’avoir coulé on y délayera quatre onces ou environ de ujc de bourraelie bien dépuré, & on y dilToudra vingt grains de nitre puribé, pour un bouillon qu’^il faudra avaler le matin à jeun , continuant pendant doo» ze à quinze jours, & fe repurgeant à la fin ; ce qui étant fini, je ne vois rien de plus elficace pour achever de détruire ces embarras, pour rendre les humeurs plus coulantes , & pour adoucir leur acrimonie , rur-toat dans la failon des chaleurs où nous Icrons pour-lors , que ïaboiiîon des eaux minérales rafraiehif- fantes,qu’il faudra boire non-feuîemenç une neuvaîne mais même deux ou trois,, de forte qu'mon commencera par des eaux un peu plus chargées de minerai,, telles que font celles de Vais , & de Camarets , paflànt enfuîte aux plus lé¬ gers , fçavoîr aux eaux de Meyne ou de Lodeve ; lailïànt an intervalle de huit k neuf jours entre une neuvaine Sc l’autre^ pendant lequel la malade prendra tous les matins un bouillon de veau ou de poulet altéré avec une poignée de ca¬ pillaire ; obfervanc p'r rapport aux eaux que chaque neuvaine doit être pré- cédée & fuivied’un purgatif médioareij, f)Z ConSUITATIONS CH'bl'flES qu’il faut boire chaque marin quinze à dix-huit verres ,, ou environ trois pots d’eau minérale dans une heure de tems- Sc finir la boi{Ton par un bouillon altéré par une poignée de bourrache, gardant au furplns un régime exad , eu égard à k quantité & à la qualité des alimenS j comme auffi par rapport aux mouve- mens du corps & de refpîit qui doi¬ vent être modéré^s ■ ce que nous laiflbns. à la prudence du Mcdeciu ordinaire, qm jugera aifément par les effets de la mé¬ thode fufidite de ce qu’il conviendra faire pour parvenir à une entière gué'- rifom Délibéré à Montpellier ce it. md 17 3 O . , C H I C O V N ï A U. CONSULTATION LIVL Sur m F'omijfemem de fang, L Es vomiCfemens de fàngexC'efiif^ dbiit le malade a été attaqué plU' ficurs fois depuis ciiiq à' fix ans étoi'eiit occafionnes par! le gonflement fchirreux de-la rate ,;doat le volume mqutoit juf- s :E MeIÎECÎNï. 53-5- qtî’aa cartilage xiphoide& s’écendoic jiiiqucs à l’ombilic , d,e maaiere que la veiae fpleriique trop tiraillée 11e pou^ vaut recevoir le fang qui lui doit venir par le -vai brève de tout le fond du ven^ tricule, ce vifeere membraneux -s’engor-^ geoit à fake ouvrir dans -fon intérieur quelque vailTeau fanguin jcenliderable qui foumillpit au vomi{ren3.eiît toutes les fois que par quelque -violent effort les liqueurs étoient portées avec violent ce dans les vifeeres du bas ventrecom¬ me il arriva lors du violent effort que le malade fit pac -une rude ebute, après laquelle le premier vomifiement parut. Les enflures cpiifidecables des jambes, des cuiffes , & du bas-yentre , qui pa^ rolflent après Içs grandes attaques de vomilîèmenc , font une fuite n.éceflàire des pertes de fang , qui devpicnt être exceffives, puifque non-fèalement pn le vomiflbit en affez grande quantité pour remplir de grandes baffines , mais qu’il fortoic encore une bonne partie par les fcl'es de celui qui paffoit de l’efto- mac trop plein dans les baiaux, C’efl à raifon de ces grandes pertes de fang que les vaiifeaux fanguins vuides &trop affailfés ne pouvant recevoir toute Iç 534 CONSULTATIOIÎS CHOISIES iymphe qui leur devoir venir dés vaîî- feaux lyrti'. hatiques ceux -ci étoient -obligés de s^engorç^ec au point de pro- ipintures,, mais fur-tout, i’épine 'É t M 1 D E C î N ÿ. 5 4 ^ jlu furplus on doit s’attacher extrê->" ünernent à regler cet enfant pour le ré¬ gime de vie , lui réglant Tes repas, qu’il' |rrendra^ fobrement & à des heure?' marquées lui faifan: éviter toute force' d’alimeus gluans. groffiers, & de diffi-' eile digeftion, falés ,,&£»• le aôurrilîànt- avec de bons potages de petits oiféaux-: r-otis, quelque peu de volaille , & lui: donnant un peu de bon vin mêlé avec' de l’eau. Délibéré- a M'ontpelïier le zzv avrîli Signé, Fizes^ €0 N S F t TA T 10 N LT li SHr me mêlanchoUe avec rnmuemenÿ involontaires^- L Es vapeurs convuliîves donc le Con^* fulcant eft fréquemment atteint de¬ puis près de deux ans , ne doivent être attribuées qu’à la confticucion d’un fang;: épais & réfîneux , & qu’à la mauvaife ■difpolicion que les tuniques des vaif**' féaux oiu contraftéc,- Puîij; |,•44' Consultations cïioisîss Le tempérament mélancholiquc dir Confultant qu’il a apporté du ventre de- famerej. & qui a augmenté toujours avec râge, puifque dès fa plus tendre enfance il s’eft éloigné du commerce du monde y & s’eft privé des plaifirs les plus innocens & a préféré la folitude à la compagnie , ne prouve que trop la- difpofitionde fes liquides ; & la grande attention qu’il a eue à. remplir fes fonc¬ tions , & l’application continuelle à la îeéture , ne permettent pas de douter qu’un fàng' gluant & vîfqueux n’ait été forcé de féjourner fouvent dans, leav.aif^ féaux du cerveau , & qu’il n’en ait trop: diftendu les tuniques , & ne les ait ren¬ dus y-ariqueux.-. De forte qu’à préfent le fang ne dr* calant qu’avec peine dans les, vaifleaur îoEtueus du cerYeau y & y féjournant trop long - tems , comprime telle- ' ment ce vifeerè, & preflfe fi fort le^ principe des nerfs, que leur fluide ne fçaüroît fuivre fon cours naturel & ré¬ gulier , & fe diftribuer dans les parties^ forcé donc de s’arrêter dans le cerveau,, fl s’entrechoque J & fe met dans une çonfofion qui eft fuivie du. trouble. de& idées» Tit Médecins. -54^ Mais parce que les principes de tous îes nerfs ne font pas également com¬ primés , l’efprit animal paflè dans Tou- verturc de ceux qui font les'moins fer¬ rés, & fe porte en fi grande quantité dans les mufcles où ces nerfs vont aboutir , qu’il y excite des- mouvemens violens , involontaires & déréglés, en un mot les convulfions les mouve¬ mens convulfifs qu on y apperçoit. Gette infirmité ne menace le Gon- fiiltant sl’aucune fuite fîunefte quant à préfent elle n’eft. pas meme ineurablè dans un homme de £bn âgemais il faut en prévenir les fuites, & tâcher' d’en faper la racine par le moien , èc par fe long afage des- remedes. On tirera^- au malade huit onces de fàng de l’mi des bras , & le lendemain de la faignée il fera purgé avec la médecine qq|; fuit,- Iiy R ’ G A T l 0 N... Fteirez pulpe de tamarins une once 4: . fenné- mondé deux^ drachmes ; faite# houillir légèrement', puis-infuièr. daus- une- livre d’eau-- de fmuaine 5. diilblvez- i^nij|a<..eolkîïi:e;înmïaexhoiûe'trois-o-i^ CÔNSülTAVIONS CHOISIES ces ; fyrop de rofes pâles une once; mêl¬ iez , . faites une potion pour deux- dofes.. Il prendra un verre de cette médecin ne à fîx-heures dù matin,l’autre à huit „ à dix il avalera un bouillon , ,& il dîne¬ ra à une heure après-midi. Le furlendemain de la médecine om lui tirera la .même quantité de.;fang de: l’un dés piédso . Il prendra enfuite- pendant douze* purs fix. grands verres d’eaux de Vais; de la fontaine la-Marquife , Je matin ii 3éun,en trois reprifes dilfcrentes', à un, quart d’heure dé diftanea.- LoEfqull au-- ra fini les eaux- de Vais, il prendra pen¬ dant neuf jours lé matin à jeun le demi— ^in dans Peau douce un peu plus: que *tiéde ; ,il refedra une bonne heure cha¬ que fois, & lorfqu’il fera fort! du bain, & qu’on l’aura eflùyé , il avalera I^’ bouillon ci-après décrit.'. B^o v îL,Lon: Prenez' un jeune poulet ;, racines de " gîvoine mâle, & de valériane fauvage,, de: chacune deux drachtnes ; coupez les racines par tranches ^ &, faites bauilhc le tout îe foir lïne fuffifante ine ; & faîceswy bouillir le matin pen¬ dant un quart d’heure une poignée de chicorée (auvage. , ' Après rulage du bain il prendTa tous ’ lès jours le matin à jeun demi-drach¬ me de poudre de guttete détrempée danS' une cuillerée d^ëau , & il avalera par deflTus deux- tafllès d’infuEon de feuilles • de mélidè feches en forme de- thé avec - mi peu de fucreo - Aianc fini ce rémede il prendra le demi-bain , & le bouillon de la même- maniéré que nous l’avons marqué , & , • lorfqu’il aura fini le bain „il reprendrai la poudre &; rihfufiôn, lé tout autant ■' de tems - , ôê- de la même ' manière que - îïôus l’avons ordonné.,. L’automne prochain on îe fàignera-î - du bras, on le purgera ^ & on le dai- . gnera du pied il prendra enfùitè -* pendant douze jours le matin à jeun i i’bpiace ci- defibus 3,.avalant par defTus - chaque prife un bouillon fait avec une ■ demi-livre de collet de mouton une ' poignée en tout des feuilles de chico-- corée fàuvage , & de crelfon d’ëau , 0 C~ ©li -le-repurgera la- fin. J pendant trois heures dans quantité d’eau de fontai- ^48 CoNSVlT'ATïONS éHOÏSH&; O ? IA T M. Pfeneziiconfervc de îtynorrhodèn ■,. 6^- extraie de rhubarbej. de chaeuu fîx, drachmes ; faffran demars apéritif une' demi-once J racine de pivoine mâle , & de grande valériane, de chacune deux drachmes -poudre de guttete trois drachi mes ; feites avec une fuffifance quantité -^e fyrop de chicorée eompofé une opisi , pour douze dofes. '.orfqur’il aura-fini cette‘opiare, iP i, Soulies-, où il prendra pendant oeu mois le matin à*? jeun un grand verre de lait d’ânefie tout: chaud avec une drachme & demie de fucre rofat, & comme.' il fort des- mamelles, dé ®n ne le purgera.qu au milieu , fcide rufage-du laito- Si' fon eftomac s’en accommode îî^ prendra non-feulement le lait d’âaelTe ' ' le matim, mais il . mangera une foupe faite avec dm lait de vache- à. la place- dui louper; iLdoit obfervcr : un-boiY régîine da vivre, ne fouper que très-légérement jae.fe., no.urrir.quc de foupe à la viande-,. 4e bomlii .de rnti,ne, manger. c- F M" F D E C r H S. €[ue de la viande de boucherie, de la vo¬ laille , Sc du gibier, & boire le vin bierr. trempé.. Délibéré à Montpellfer, lè 17. maf T73 1. Si£f^e , Y E F« N- Y , M A R c O T 3, jLazermb. e O N S I L I U M L-V LL^ Dyfdria cHm tumore fcreù,. « 'CX iis quæ in hiftoria mprbi contîA- w nentur ^ notum cft ægrum duplicf » aiFeélu laborare, quorum prior tumor «'eft in fcroto ab aquis veV flàtibus fimut » colledis produétus , eu jus caufa non M fatis innocefeit, ob“ brevem & non » fatis accuratam ejufdem expofitio- » nem , quem tamen manu chirurgica î> lànandum cenfemus. Ejufdem metho- « dum curandi hic non proponimus, 3 > quia non fatis natura U e-aufæ.mor- a> bi patent; 33 Alter & præcipuas afFèétus pro quai 33 æger a nobis conhlium petit, dyfuriar; « qua a duobus circiter annis per inter^- » vaiiâi divesâtupj, eum urina. sraeiKi^ 5^0 CÔNSULTATÎÔH-S CHOrsIES;' œcJoloritica, & aîTiduo mhigendi cîefi^i 5> derio dolore. ipfius urethræ quali-i sr pundorio qui ad gràiidem potiffimumv; »»extenditur. Hæ,c idpra laudata fymp-- w tomata primo poft equitacionem in. «• valere , recrudèfeunc:- quoties ægerr a»aut equicat velcurru vehitur;,âuEqupdi w’dam aliud exercicii genus facic, & vi— w ta tranquillâ & quiere evaneTcunt; » Hanc dyfuriam anteceffic calcule-^ »rum & materræî-areiiulofæ exc-retio,^ 3’=qiiæ jam ab aliquot'lnnis æger fat fa- s>î cile, ot' fine labore per incervalla excer— nebac ; ex quibus rite perpenfîs & pro- • »be conrideratis fufpicari raerito pof— 5>: fumus calcuium in veika latere 5.qui ■ w identidem ( & pvæfertim dum ^ger- âj:equicat, aut quovis alio modo fe exer- cet) ad coUum veficæ accedens ner— J5-VOS fua duritie , & afpera imprimk; fiiperficie acritet pungit vellicac j,, 3}- dudufque faBgaiferos capiilares hanc"' » partem permeantes aperic dilace-- w'rac, uiide dolorifiG-a , èç affidua min— >5- gendi' cupiditas \ , 8c eruenta urinæv“ 33'excredo oîiuntut ‘ quae- perfeverantît » donec calcutus ad fonduna veficæ^ ®»=tepüiius^,. ac in fpatio ampliori con^r «j’-ceiîtus J yedeam- lacei&rexiêfinat.-. T3 i: M ï; îï F G'î !€■: Si ^ U ïx-Dolor autem qui in extreinirater » glancjis perfentitnr ulcus in urechra.; » fâitum minime fupppnit ^ cum nuîîa - »> fit in hiftoria morbi depuris exere_ »-tione- mentîo ; hic veto pendet a iieBr' M'vis in coîio veficÆ. irritatis qui perr s> ureth'ram eontiimati in extrema glan-- » de terminantar , eodem fëre modo'^ M quo vidëmus percuflo cubito dolorem > jifcin extremis digitisvmanus referri,. Qiianquam quai Jupra - allata funt : ». fâtis certa & admodum yerofimiliai 5* videantur-, figna tamcn fnat ealculi ' »-in vefiea latentis æquivoca ,..cum ea ; SJ’fine calenlo aliquoties fuerint obfer-- ss^vâta t'puapropter ad cxplorationem ? SS ope catbereri faâiam deveniendum , sj^ de qua certiffima poteft reddi diagno- - s» fis. üt primum morbus hic innotuerjt ^ »ad,Ghirurgum in hâc operaüone pe— rirum, exerdtatum , confugiendum 3 , sscum nullum adhuc repertum fit 1:-^ s:t thontripiicum , qaidquid de illius vir— s»ture nonnuili autores dixerint. Cal=- »j culi extradioncm fuadént ægri ætas s);& opdma conftimtîo - ëidém favec. »s. ventura mitiffima annh tempeftas , SS ejüfdem neceffitatem probat conti- îSi-iiuus urinæ.ad yeficaiaadventusL 5 cd“- CoH«VLTÀTioNs eîîoîSïîr w jus tartareæ partes calculo continu©! •» adhærentes moleni ejufdem citiflime. » augebunt , iu ut,, fi mora ejufdem, ’> fiat,.e)ufdenîextra£tio impoffibilis fit,. «Hanc operationetfi feliccm haber efuc-» « cefium quotidiana nos docet expe- »» rientia^ ^ modo a Ghirurgo perito &. exercitato fiat : quapropter cætera re- » media non præferibimus, utpote inu- » dlia , quæ- vix calcul! fymptomata. mirigare valent J minus adhuc ejuf- » dem incrementum prascavere^. » Intérim a cibis. falitis piperatis^, «►vel fâle condins , crudis , acidis-, ter— a> reifve partibus gravidis,æger abftinere »' debet,. Pariten potus vini nirnius aut- » liquorum-ardentium calculi incremen- âj-tofavere poîeft-, exercina vero dyfiiriæ w paroxyfmos frequeutiores efficient,, « vira veto tranquille &. otiofa, opti- 9> mumque viârus regimen. fervanda.,, » dônec celebrata operatione æger » morbo cortYaluerit,. Datum Monfpeiii die ijv. meiofif ^bcuarli aani 1730, Laz DF M I B É C I K E. 5Tr TRADUCTION m LA Consultation precedenteT une Hyfurie avec tumenr fcrotm.. I L paroît par THif^oire de îa maîadie* que le maiade.en a deux, donc la pre- laiere eft une tumeur du. fcrocum ,.pro- ■ duice ou par des eaux feules , ou par des vents qui y font joints -5 mais rieir ne nous conduit à la decouverte de la. câufe de cette tumeur fur laquelle oit ne s’explique pas- fufKfammenc. Nous croïons pourtant quelle demande une opération chirurgicale , fans pouvoir- rien dire de plus , ne connoilFant pas- ailèz la nature- & les caufes de la mala--’ die en que-ftion» La fécondé & la principale maladie pour laquelle on nous fait f honneur de nous confulter efl: une dyfurie , qui de*- puis deux ans ou environ tourmente lé malade de tems en tems, St qui elt accompagnée de réxerétien douloureu-. & d-une urine fanglancc ^ d’une envie 354' CONSUITATIONS CHOÎSï?® continuelle d’uriner, & d’une douleur comme poignante de rdrethre qui fe faic fenrir principalement au gland. Ges ac- cidens, qui ont commencé après un voïage fait à chevalfe renouvellent; toutes les fois que le malade y monte , ©U va en voiture , ou fait quelque au¬ tre efpece d’exercice fe diffipent pas le repos y,& par une vie fédentaire. La dyfurie a été précédée de l’excré¬ tion de calculs & de graviers , qui for-- toiént depuis quelques années de tems- à autre alTez^. aifément%, ôc fans dou¬ leur.. Tout bien pefé, & Bien confideré^ il y a tout lieu de foupçonner l’exiften- ce d’une pierre dans la veffie , qui s’ap- prochaiit de tems à autre de fon col.j* ce qui arrive fur-tout lorfque le malade' monte à cheval ,ou qu’il fait quelqu’au* rre exercice, picotte y, & tiraille vio- . lèmment les nerfs ,.tant par fa pefan- teiir que par l’afpérité de fa fiirfacei; & déchire lès capillaires languins qui' fe diftribuent dans cette partie. De-là- viennent' la for de douloureufe. & fan- glante de l’urine , & l’enviè continuelle' de la rendre , qui durent jufqu’à ce que- îà pierre, repeuifée vers, le, fond-de-la- B 1 M S D S C I K rci£e , 5 c fe trouvant plus à l*aife, ceflè d’irriter ce vifcere.. Il ne faut pas croire que fa douleur qui fe fait fentfr à l’extrémité du gland” foppofe un ulcéré de l’urel&re puiC que dans l’Wftoire de la maladie on ne* dit pas un mot delà fortie du pus. Elle dépend ici dé Hrritation des nerfs, quE du col de la veffie fc contiiiuenr le long' dé l’urethre , & fe terminent au gland'5; comme l’bn fent de la douleur à l’extié- mité des dbigtslorfqu’bn fe heurte hs coude. ' Bien que tes figues cî-d'elîùs rapportés paroiiïenc des figues allez certains Sc aflez vraifembiâbles de l’exiftence d’une' pierre dans la veffie,.iis ne font pourtant: que des fîgnes équivoques ^ puilqu’ils fe prcfentent quelquefois fans qu’il y: ait de pierre. On ne peut donc connoî— tre' au julte la caufe de la malàdié que* par le moïen dé l’algalie.. Dès qu’on aura fça que le malade eft réellement attaqué de la pierre, il faut; Eè mettre entre les mains d’un lîtho- tomifte habile & expert ; puifqu’on ne; Gonnoït jufqu’à préfent aucun lithon- îriptique, quoiqu’en dlfent quelques: swtêurs.. Kaus. confeilierons. d’autânrr CôNStJLTATlONS CHOÏSItr plus au. malade de ne point difFeret ^ que fon âge , la force de Ton tempera^ ment ^ & la faifon. favorable où nous, allons entrer , y invitent ; & la néceC. fitc de faire promptement cette opera¬ tion fe prouve par l’abord continuel de Furinc dans la veffie ^ qui augmente £rès-promptement les- pierres qui y fé- journcnt par Fadherenee fucccffive de fes parties tartarcufes ; de forte quefi' Fon tarie trop long-tem-s, Textradion devient impaüible. L’expérience noùs- apprend tous les jours que cette opéra¬ tion réulEt parfaitement quand' elle; cft faîte par un Cbirurgien haîaile &. expérimenté, Cefi: pourquoi nous ne confeillons point cFaUjtres remedes, les regardant comme inutiles , puifqu’à peine peuvent-ils adoucir les fymptôincs; du calcul, & qu’ils faut encore moins, en état d’empêcher, fon accroilTement. Cependant îc malade s’abftiéhdra de.’ tous alimens fàlés-, poivrés-, épicés ,, cruds , acides , ou chargés départies- rerreftres,.Une trop grande quantité de vin ou. de liqueurs^ ardentes, peut enco¬ re augmenter le volume de la pierre,- Les exercices rendent' plus fréquentes, iés .attaques de dy furie j,, il faut doue: beMebicinî. ^0 il mene une vie tranquille & féden- îaire & garde un régime de vie exaét , jufqu’à ce que fa fanté foit rétablie par. 4 e moïeiî de ropératiqn. Délibéré à Montpellier le ferrie* 'J 7 3 O. Lazermi. O N S I L I U M LVIIL Marcor cum dolore mmbromm. ^ ¥ N appetentiam, doiores înèrachi©, 3>  fcapulis, ôi-dorfo, cum proftratîa- » ne virium , etfî alFcdus prorfus diffi- 33 miles fint ab eadem tamen caufa ori- »> ri exiftimamus, nempe humorum fîe- «.citate & acrimonia. Hæc demonffccate 33 videntur. Temperies ægrotantis 33 tenera & delicata mmis. z®. Naviga» » tio longior. 5®. Mosrores domefticL 33 4®. Mutatio aéris craffi humidique 4 n U ficcum &- fubtilem ; liis enim ( ad- 33 auda iiimis tranfpiracionisinfenfîJis r» excretione ) fanguis ficcitatem Sc acri- 39 moniam contraxk, totumque fyftema 33 vâforum aridum & excorrugatum fac- jssiom eft^ acpropterea non Iblum dr^ CoNSüLTÂTI©NS CHOÏSflS « cuitus humorum turbacus & alteràtiis fuieverum & fecreciouis ratio nota- » bilicec alcerata , ac propter^a in vea- 45 triculo defuit fucci ftomachaiis fe- « cretio unde appetitus praftracio « ptavaque ciborum aflutnptorum di- »> geftio. Verum liquida quæ ex plurL •« bus organis ad inxcft-ina confluunt fo- 55 lito acriora fibras inteftinorum ner- •*» veas validius irritaïuiadiarrhæam pro- » duxere. » Rurlus quoniam indefînens corpo» î5 ris huraani jaûura non nifi chyli pro- véntu ad fanguinem reparatiir , eo » déficiente , déficit quoque parcium re- 53 paratio,ac perconlequens vires ægro- ;S3 tantis proftratæ fuere : demum , cnn- as fumptis ac diffipadspartibusfanguinis » fpirituofis & bâlfamicis , maflTa hu¬ as morum fîecitatem &âcrimoBiam con- 35 traxit, unde dolorcs in brachiîs, fea- sj pulis & 4orfo lub&rti foere , ob ii- .45 quidorum in-dolem membranas muC- 53 culorum his partibus adjacentium , as permeautiutn, >5 Is afiedus nobi-s ^videtur periculo svplenus, quia a pluribus annis perfe- 35 yerat, pluribus irritis mcdicamentis, as quæ tamen oportune præfcripta fuit» ■ :® E M E B E :C I -N E. -3 rj> îe videiitur. Præcerea humorum in- 31 dole&peiErnagraviflimainlaBemeriata ,s3 partibus iuternis afferre poteft, adeo- 33 que periculum eft ne iuppuratio ia 39 parce q'Jadam interna excLtetur -, nihi- ^3 lominus tamen cum non liquide conC- ^ tec de fuppuracione interna, ut ex -^3 abfentia'febris conjkerfi poflTumus & hurnor-um fiedeas , &c acrinaonia 33 convettiencibus adhibicis remediis éx- i33 pugnari poffit ^ ita decence experieii- . 3» tia-^ idcirco confidimu-s hune mor- M bum raedeiam iufeipere poiïe, dum- 33 modo remedia ftomachica, fangui- il nem diluencia & edulcantia y adhi- â3 beaheur , quem in finem pr^emitteenr puxgaxip-fub fèquentc formula, PVR G AT 10. •SJ Rhe. contuf. & tartar. foluK aj 33' 5 -j. km., bn. p. j. bullianc leviter in 33 aq. pulhg.viij.didôlv. mann.Caiabrin, 33 |.ij.in coiat. Se expreflîon.diluefyrup. 33 de cichor. corapohe 3. j, f. poo, 33 Altéra a purgacione die ieq. p.ara- M bic,ur juièulunLî» 1^0 ConsultAtï-cks êHoim» 3 V S C V L V M » Pull. Junior, exenterat. cujuj « Ycnter implebitur 4. feni. friq. major. 95 mundat. g.C defpum. & cog. per hôc, ^ 3> ij, in aq. font. f. q. dein. add. ca«-' » cror. fluviatiL ad rubedin. cxtinâor. » & in morcar. marmor. contuf. n®, y, 39 olla opcimeclaufa ballianc per horam » j. fub fin. codion. add. fol. nafturt. J* aquat. vel borrag. m. j. poft levem .cod:ion.^Gola & exprira. f. juldilum. ' » tJfus borum juiculorum erit duo- ^ decim-xiierum , quibus elapfîs purga- -3» lio ut fupra iterabitur. Aloera a pur- ^3 gatione die ægra fumet mane in Jec* 33 to hauftum iibræ circiter unius ladis afinini fuffickçfî Cacchari quantitate » edulcati. Verutn ne lac in fiomacho » Ægrotantis acefeat , fumet ante ladis Æj bauffurn pulverem fequentem. j> V L r I S. M Corail, rubr. præparat & ocu-.- 4» lor. cancror. fluviacil. a,, g. j,. anîfiied. 33 Pocer. g. fimifee f.pulvis pro unadofi. j>üt prinaum patebit ftomacfium zgd 6 S M E 'D î 'C I Nï^ Jgt 3 > la(îH fui 0 e affu^fadtumàker exht» a» bebituE lâdis haùftu s fero, dum Ægta. 33 àd fomnum fc componet, & idcirco .«) circa horam quintam ccKiiabic cam -33 ofFa vel oriza jure ca'rnium parata, ' 33 P”fus ladtis afîninierit duorum cifciter 3» n^enfium , {)ræfcripta pui^atione in . 33-iïiedio uius-èc fine, 33 Ut pririmm ver redicrît præfcriban* , *3 tur jufGula cancrorum fluviatilium ut ,33 fupra. Finito horum ufu, ac celebrata 33 purgatione , exhÜïebitur fero & mane 33 lac vacciimm ebutyratum ad Ife j. pro 33 quolibet hauftu, augendo dein dofim .33 qua proportione ftomachus iadli ail ,33 fuefcet, ac tandem intra -paucos dies « diætaîadea utetur, ita- ut prandeat Sc ,33 ccenetcumofFaex ladeparata^vel oriza 33 ^ hoîdeo mundato in lade vaccina 33 decodis. .Sumere tamen poterit iden- 33 tidem ovum forbile cum fruHulis pa- 33^^, nis. Ægra perfeverabk in diæta ladea ■33 donec æftatis calor accefièrit , cèle- . » brata purgatione quoties neceflè vi- 33 fum fuerit, 33 Per æftatem Ægra balneabitur ia 33 aqua tepida per dies duodecim aüt 33 quindecim.üt ptimum ex balneo exie- *3 rit in ledo fc componet , & - fumet Torne IL 1 CowsultAtîox-s choisies ■» jurculum foliis nafturtii aquatici alte- ’ .-3’ ratum.. Poft balneadonis tempus aquas acidulas levker aperiences balneo- M inari^ ealefaûas per dies decem po- » tabic , ita uc ûugulis diebus quinde- cim cyathos potet, quatuor partitis » vicibus^ Prima die potus folvemr ia ^3 primis duobus cyathis falis anglid I « I i,. Fînito aquarum acidularum tem- 9» pore præfcribatur purgatio uc fupra, j » Sub finem menfis augufti kerabitur 3J potus earumdem aquarum cum üL i> dem Câutionibus. Tandeni remiflb æf- tatis calore ,, & aummno redcuntc, 93 præfcribetur icerum lac afininum fero 93 & man.e fumcnd.urn , vel lac vacci- 33 iium pro Omni cibo alTumendum g 33 proue alterutrum Ægrç magis profit 33 cuum erk , quod Medici ordinarii 93 çonfilio relinquitur. 39 Perutile quoque futurum exiftima- 93 mus uc Ægra accedente æftate ad regio- 93 nem minus calidam le conférât, ubi 33 a^'rem frigidiorem & bumidioreju ref- 33 pirec cum çalidior regiohis quam iiv 35 colle temperieSjporoscutis nimis refe- 30 rando^humorumæftum arque fervorem 33 inducendo^ fanguinem partibus fpkk » tuoÇs humidis ik balfamicis orbet, fier Bï MîDÏCÎNî. «rque caufam morbi foyeat, Sr effedue ^ rcmediorutn impediat, Ægra diætaia convenientem fervabic, abftinendo a » cibis fâiitis, |>iperads, abufu pifeium ^ » legumiiiam, olerumve5 utetur dbîs bo- „ » ni fucci., & facilis codionis , uti carne 3j agnina, yitulina , vervedna , pullis ^ » capenibus, pcrdicrbiis, aliirque avi¬ so bus fimilis iudolis j irricamenta gulæ M rejiciet, nec yinum , nec liquores ar-' « dentes pocabic , fed aqua tantum foii- « tana pro potu ut-etur. Vjgilias nti » exercitia nimia vitabit ; a mœrore, » cætedfquc anîmipatbematibus immu- » nem fe præftabit,cum fanguinehi par- » tibus humidis orbent, vaia exficcent » nimis, & tendant ^ vimque domacM ^ digeftivam frangant. Datum MoiTfpelii die 13, . menfij i®ïgtilli anni 1730. L azêrme, '#' 4 ' 4 ' Q-ij 5û que produire la ^echerefle & l’acri¬ monie du fang ,;defiècher & râccornir tout le fyftême des vailfeaux 5 & par, .conféquent non-feulement la circula¬ tion du ,fàng en a été trouMée & dé- è'Ë MId’ecinî,'' iâïigée, màis les fécredons ont dû fouf- frir des altérations confidérables. Celle du fuc ftomachat a donc dû manquer dans reftomac,& de là-la perte de i’ap-j petit, & une mauvaife digeftiondes alh mens qm ont été pris & comme les? liqueurs que plufieurs organes verfenr dans lés inteftins font devenus plus âcres, elles ont krité-puiiTamment les fi¬ bres de ce canal, & produit k diarrhée. Comme les pertes continuelles que fait le corps humain ne peuvent être réparées que par l’abord d’un nouveau ehyle dans le fang', s’il vient k y man-»’ quer , il Faut cpe la nutrition ceffe de fc faire ^ & que les forces diminuent à proportion. Enfin les- parties fpiri- tueufes & balfamîques du fang étant dîffipées , la maflè des liqueurs-sft de=^ venue fèche & acrimonieufe, ce qui produit les douleurs des bras, des épau¬ les , & du dos,à caufedu caraétere des liquides qui arrofent les membranes des mufcles qui font contiguës à ces parties^, Cette maladie nous parok fort dan- gereufe, parce qu’il y a plufieurs années» qukllè dure’, malgré l’application ds beaucoup de remedes qui. paroîiTenC pourtant appropriés. D’ailleurs^ un ca« Qjil. T Consultations chotsîîs radere auffi mauvais des liqueurs e(^ ' fort capable d’avoir porté un préjudice 1 notable aux vifceres internes par 1 confequenc il eft à craindre qu’il ne fe | falïè quelque fuppuration dans les par- I sies> internes. Cependant comme il n’y a point de figne de cette fuppuration puifqu’il n’y a point de fievre 5,& qu on. peut remedier par des médicamens con- Tcnables à la fediereflTe & à l’acrimo-. nie des liqueurs, nous croïons ,d’àc- feord avec l’expérience , qu’on peut guérir radicalëment la maladie par l’u-- fege des remedes'ftomachiques, dé- îàïans adbuciirans..Pbur y patvenît ®n com-mencera par purger le maladt £ïivantda formule ei-jointe. f V: R a A T I O m Prenez rhubarbe concalTée , 5 c fet ■«légétalde chacun une drachme ; graiî. ne de lin , une pincée ; faites bouillir légèrement dans l’eau de poulet j difTol-. vez dans huit onces- de liqueur deux onces de manne de Calabre j coulez avec exprelîîon , & délaïez dans la co«- làture une oncê: de. fyrop de: chicQréê: tompofc». &-E M E 6 E C I N ï. 3:^7 te lendemain on mettra la malade' âtufage des bouillons fuivans»- gOV ILL O iV. Prenez un jeune poulet dont on rem^ pîira le ventre d'une demi - once des^ quatres femcnGes froides rnâjeures mon¬ dées & concairées faites-le bouillir’ pendant deux heures ^ en écumant fow gneufement, dans une fuf&faiite quanti-- té d’eau de fontaine; ajoutez alors cincj écreviflès de riviere cuites jufqu’à rou¬ geur , & pilées dans le mortier'de mar-^ bre ; faites bouillir encore une heure' dans un pot bien fermé ; ajoutez fur la; fin de la coÆion une poignée db feuilfcs de crefïbn de fontaine , ou de bourra- ehe ; coulez avec expreffion après une îégere ébullition, & faites un bouillon,. Après avoir pris ces bouillons pen-. dànt douze jours, on repurgera là ma-- fade arec la médecine précédente Te lendemain de la purgation, on leA fera prendre le matin au lit une chopi-- ne de lait d’ânelïè où l’on aura dïtfous une fuffifante quantité de fucre. Mais de peur que le lait naigriffe dans Tel- ëomac de la malade , on lui fera prene- Qiiij; jéS. Consultations choisies «îre auparavant la poudre fuivaiite», P O V D Z E.. i Prenez corail rouge préparé , ïeux: 1 d’écreviCfes de rtviere , de chacun ûn ihrupule antihedique de Poteriu& uii, demi fcrupule mêlez 6c faites une pou-, dire pour une dofci C^and on verra que Pèftomac de U, malade efti accoutumé au lait , on lui en donnera le foir une quantité pareille k celle du matin ,.un moment avant qu el¬ le s’endorme ^ & pour eet effet la ma-., lade foupera à. cinq heures avec uhej foupe ou un ris au Bouillon dejviande., Elle continuera' le lait d’ânefTe pendant environ deux.mois, fe. purgeant, au mU £ieu ^ & à la fin.. Le printems prochain elle, recom¬ mencera les bouillons, d’écrevidès ci- defl’us preferits., 6c. s’étant purgée à la fin dé leur ufage., on lui fera prendre foir & matin une chopine de. lait de vache écrémé, augmentant, fucceflive- ■ ment l'a dofe autant que foneftomac le permettra ; afin qu’en peu de jours elle fe mette au lait psur toute nourriture^ Sllè prendra dojic au dîner 6c au foupet D î MEDECINE.’ 5 <59; une ieîipe, du ris , ou de Torge mon¬ dé , au lait de vache ; çe- qui ne l’empê-; ehera pas d’avaler detems à autre quel¬ ques œufs frais avec quelques morceaux de pain. La malade continuera la. diete^ blanche jufqu’aux chaleurs de l’été, fe- purgeant"toutes les fois qu’il^ fera né- eeflâire,- Pendant l’été on la baignera pendant' douze ou quinze jours dans l’eau tiède. Elle fe mettra au lit en Portant du bain Re prendra un bouillon de creflon d’eau»^ Le rems des bains étant expiré, elle boira pendant' dix jours des eaux miné- r-ales froides, légèrement apéritives, êC chauffées au bain-marie- elle en boira tous les j'ours* quinze verres en quatre fois. Le premier jour on fera fondre- dans le premier verre une once de fel d’Epfom. Le tems des- eaux- minérales: éranLpaffé,onréiterera la purgation ci-- deifus'décrite.à.la finda mois d’aoûc- on recommencera les eaux avec les mêmes précautions. L’automne on re¬ viendra au lait d’âneife foir & matin cm au lait de- vache pour toute nour* riture futvant lé bien qu’aura produit lïun ou l’autre à la malade , Se dont on' kiffe juge- Mqafieur le-Médecin ordl*-. saire,. ’ 17®^ CôNSOTT-ATî©NS^ CHOISIES' Il nous paroît qu’il fera encore trèsi utile à la malade à l’approche; de l’été' d’aller dans un pais moins chaud que le lien , où’ elle refpire un air plus froid- & plus humide *, parce que la.trop graii-. de ardeur du çlimas qu’elle habite ou¬ vrant trop-, les-pores de la peau-, caufant une trop grande chaleur dans: les humeurs: , dépouille le-fang: de fouv humidité:^. & de fes.parties.fpiritueufes êc ballaraiqués , entretient en confé-, quence là caufè de la maladie, .& fait: ©bllacle au fuccès des remedeSo, La malade -fuiv-ra un régime convena-- îsle, s’abftenant dé tous alimens-.falés . & poivrés 3 dèl’üfage des-^poilTons , des, ilgumes- , dés plantes potagères. . Elle • ne prendra que des-nourritures^ de boii; fuc ôc dé facile digeftîon , comme- Eâgneau , le veau > le -moutoti', lés - pou- ilts 3., chapons , perdrix , & autres, oifeaux dé même nature..Elle évitera;' les ragoûts 3, &;ne boira ni ^nn ni li¬ queurs Ipkitueufes ;-fa boilTôn ordînai-. re fera ded’eau de fontaine. Elle évite¬ ra les veilles, les exercices trop forts ,., lé chagrin toutes lès autres paffions. de l’àme , parce que tout cela dépouil-- JéJe rang;dè. foa huEnidicé.r, défléche.&;: D E M É D S"C I'N'E'. tend trop les val(Teaux détruit la force digeftive à l’eftomac. Délibéré à Montpellier le a 3. ao^ P730. Lazerm.e. G O N S I L lU M LIX. , Jws namm dctts. E X his quæ in hiftoria^ morbi ex- «î- ponuntnr fatis fuperque patet no- « iilem adolefcentem ozæna five ulcéré « narium laborare , quod a variolis con- « îaraxifle credimus , eum ah eo præeife tempore Hoc morbo corripiatur. Nam,«- tametft variolæ copiofam fuppuratio- nem in cute efFccerint, nihilominus ta- « 'îîien tota virus variolofî quantitas quo «- fanguis eo tempore feetu&*erat non po- «* mit in cute deponi, ac per confequens «- perfeda &■ integra non fuit fanguinis «- dèpuratio. Qtiapropter verofimile efi; variolarum viru&;:in membrana pitoi- «> îatiafuifle dèpofîtumvibique cümores «« pblegrnonodæos-- produxilîe 5,qüi ,„in «' îüppuratum'a beuates-i uieus membra- «j cât-ietn» farfanÆffium" vicino-'«^‘ ^72. CcNSÜLTATIOHS CHOISIES- ai rum produxere ; olTa.veto carie fiiiCl » fe erofa indicare videtur morbi ; diii», î> turnitas qui a deo pertinaeiter rcme- ivdiis oportunepræfcripris jefiftic jcutn- experientia nos doceat offium cariera JJ adeo difficile fanari. Præter morbi - 3 »;dmturnitatem,_ textus partis affed^' JJ non levem cariéi fufpicionem movet,, » cum fuppuratio tam diu in partibus. » membraaofîs fieri nequic niiî olïà fub-- »jeda erodantur. Id autem ulcus aj iiarium depjeffione repetendutn «^ minime nabis, videtur , cum quidpiam » fimiïe adalefcentulis,conci,gi{]fe nee ra^ JJ tio fuadet,„nec experientiæ demunH, jatrat J qu.apropter,.is marbus.a variolia JJ: tantum natales accepit, , JJ QuonLani verb membrana pituftaW ' »-ria non tantum, narium cavitatem, JJ: fed &Jîhus, offis coronalk. obveftit,^ SJ fieri ig.itur, poteft- ut .ulcus fedem ha^ JJ. beat. in narium cavitate, , vel in fini? jî: bus offis coronalls. Si primum ,mor-r jj-bus cur-atu paulo. facilior yidétur ; fi », fecundu-m , ejus curatib difficilior., as quiâ reme.dia .-ad taies, fimis difficilius sj^duci pofiùnt,.Ih quacuœque tamen ». parte fir, eum difficilem ' fore fiahatà ?j.exiûiînâmus oK offium cariem ^ adep^ DB M'e-d E-C. I îjie;. 3 ,7^- non ihregra expeftanda eft fana- nô donec offa^^orrup^ca decifàfuerint, » feu exfoliata. Ad id iane obtine.ndum ztas nobilis ægrotantis non pariim «■ conducet ; fàvebit quoque. ejjjfdem conftitutio quæ fat bona videcur vcum ««- îpfc liée macileiitus*, ,nec febricitans , <«- neque alio quovis, marbi genere la- «*- Boret. « Ut intégra ©btînerî'polîit.hujus «fc- morb'i folutio dùo remedîorum gene- ra faut adhib’enda ,,,extcnia.fcilicet& <*- mterna, ifta ad fanguinem diluendum «*. ^ edulcàndùm, iîfa ad ’ulcus-detergen* dùm, mundandùm , & confoUdandum. «■ Quapropter. fequens parabitur pqtia «s^ pUTgans' ftatim fùmeiida,^», ZVKGATIO: ^rSénn. mundâc. J. j. rhe^contuf. <*•' «It tàrcar. folub. a. ^.,f. coq.; in_decod,ï«' îamar.ping. ^v. in colat. & expjeffion. q dîflblv. mann. Calabdn. §. ij. f. poo. q- enm regîmiiie feiîTienda,^ - Altéra a. potione purgante dié æ.ger Kauriét maire in ledô ladis afinini xe- cens mulfi, & tantillo facchari edul- « cati circiter |.viîj.üfûs ladis.per mea- CoNSULTATIONr CÎTOTSÎET ” fem integcum continuabicur, &, ur ” pdmum Æger ei fueric atruefadds,, " ad |-xîj. vel ife; j. exhîbebitur. Finita- ” ladis afîiiini tempore purgatio ite- » rum celebrabitur ut fupra , & altéra-: » a pürgationc die Æger fumet mane’^ » in ledo hauftum ladis ivacciiii debi- » te ebutyrati 5;addita tertia parte infufti ^ plantarum vulnerariarum SeneveA— » uurri^.Sero ,.düm ad fomnum fecom- » ponet 5,, alterum hauftum ladis fimi:- » liter præparad fumet - cnm hac cau- » tione ut hora< quinta ferotina offam-: ^ tantum jurercamiura paratam. corne— » dato- < » Elapfîs aliquot dîèbus, fi ftomaehus: » ægrotantis majorem ladis quanti- » tâtem ferre poffic ,..prandet offa lac— »tis;ccEnabk pariter ofïa Tel brizaex: »’lade parata.-Porerit tamen panis fruf- » tulum comed-ére , vel ovum quod— » dam-^. forbile , & in diæta ladea pef’ S5 duos aut tres-rnenfes perfcverabit 3, » celebrata identidem purgacione j-quo- âï ties ita. ne'celEûs -poftülabit. Verumî t> Ci æger ndbilis tantum, ladis quanci-*- » tatem haurire:- nequeat , fumet-tan-- »itum bis in die mane &'fero.' quoniam- v-irus^variolofaEP nr.f M'E'-D'B c rN-Fi» fiiccos quofdàm acres in.Tanguîne po- a tuit generare qui hune naorbum for-.«^ fan fovent, idcirco exiftimamüs fonça- « nellam cibiæ eflfe applicandâm ,,uL-ibi emuiidorium parecuc quo fanguinis depuratio. abfolvi poffit,, iCccédènte**- æftatis, calore balnea dome{lica5. & « deiii potum aquaruni àcidùlârum ^ utî-- lia fore ppihamur r aucumao vero re- deunte lac afininum 5,, vel vaccinura ebutyratum , uc;fuprâ ad duos menfes præfcribetur. œ Ut decergatur ulcus fequens paraBi- £ur decodum. « i: N r E c r 10, . FoliDr,,plântag..m. j..rcord. m. Û. abfynth. p. j.. coq. per hor, 4àni. part, in decodo.hord. îB. iij.fub. Godion; add. fumîttat. byperico-flori. dar. Sc flor^ melüoî. p. ij. rofar. ru-**^ brar.. m..f, poil levem ihfufion. col. « êc exprim.in coiàc. expreffion. dif- « Ibly. nnell. rofac.,.§. iij. lapid. medica- «« HicntofiCroî. pulyerat. 5 .ij,deco.dum.s&t feryecur ad ufunî. y]& Coî!rSTJLT:A.TÏON§ CMOlSÎES ” Hoe decodum pluries iii die Ope *» fiphoiiîs minoris-tepi-de iii nares iiijî- V cietiu'.Si neque ab his fublevetur Æger » fequÊiis iiijcdio parabitur,- I^NTECtTÎO. ^ Æris virid. 9^ f. in fond ^ in de-- w eod. fupra prærcript. vi. colaturj » ferveturad' nfanci. Hoc decôdum ter « apc quater in nares tepidc injiçiet;. wECjii ulcus attingi poffèt, goiTypium. » eodem decctdo .' imbüEum repbnen—, » dum.. » » Si néque hæc fat profoerinc, fuade-- mus injicere. aquas Bbüiiùcanas fer-r ventes fæpius in die -, hæ entra aquæ* ?» cercfffiraura nonnuHis foere pr.æiidîûm' ?» qui hoc raorbo affligeba«tur, -Tan^ » dera in hac furaus- opinione ut ægro^ »» tantis. caput - radajur, ftcque- augea^ ?» tur ejufdera rranfpiracTo- , Guj'us co- A» piofâ^exorecîo^ taies ægrotos non fe^ ?» mel levavit. Ab ufu reraediorum iti'^ P ternorum exfîccantium abftinendutn Aï ctediraus j, ne; humerum- actimonià » His iatendatur.- Üâtum Monfpeîiî die raenfis^ ||jmatii anni 17 3 1, ■ ti- a z eji à: E Me- ml c !■ N'S* 3 -jŸ TRADUCTION lyÆ LA Consultation erecedentec-' Sur une OxJène^ ou ulcéré ford^de des narines,, I L parort évîdèmmenî par le détMÎ^' qu’on nous a- communiqué que le' jeune malade' efi: attaqué d’un ozêne ^ ou d’un ulcéré des narinesr, dont nous' croïons- devoir rapporter la caufe à la petite vérole qu’il a eue , puirque cette' makdie a-commencé précifément dans' ce tems. Car, bien quela fuppuraEion de la petite vérole ait été fort abondante , la matière morbifique n’a pu fe dépofer touteeiiticrerâ la‘peau,& par eonféquenr le fang n’en a pas été entièrement puri- fiéi C’eft pourquoi il'eft vraifemblable qu’une partie du venin s’eft dépofée fur la membrane -pituitaire , ou elle a pro¬ duit des tumeurs phlegmoneufes , qui'^ venant à- fiippuracion ont- ulcéré lac membrane J., & peut-être carié les or voifins. Ce qui indiqué la-Gariè de ces os,^ c’eft k longueur de la maladie j^qui réé fifte ayec.tâiit.d’opiiiiâa:eté, auxiemedcr^ af78 Co'KiîirLTATioKs cktoîsies' appropriés donc on a fait ufage -, caf Texpérience nous apprend que rien ne fe guérie plus difficilement que la carie. Mais ce qui nous détermine encore plug; que l’opiniâcrecér de læ m dadic à juger, , que les os font cariés, c’eft qu’il n’eft pas> pofîible qu’ily ait une fi lon^efuppura- tion des parties membraneufes fans carie dbs os du' voifinage.. Nous ii eftimons< point que Tulcere vienne de l’applatifiè- îïîcnt. du nez. Car l'expérience ni la rai- fon ne nous apprennent pas qu en confé-^ quence de cette dirpofition il foit jamais; arrivé rien de femblable aux enfaris 5; d’où nous concluons que la maladie ac- Suelle eft une fuite de la petite vérole. Or comme la membrane pituitaire ne recouvre pas feuFement les os. du nez^ mais qu’elle revêt les finus de l’os fron¬ tal, il eft poffible que le fiége de l’ul— cere foit dans là cavité des narines,,ou dans les finus frontaux. Au premier eas la|maladie paroîtplüS'âifée à guérir- au fécond il eft bien plus difficile , par¬ ce qu’il n eft rien moins qu àifé de por-* ter les remedes jufqu’à la partie malade;. Quelque foit au refte le fiege de la ma- ■îadic , i’éftîtne qu’il eft très-difficile de' fe. guérir., à^eaule de la carie des.os,, &. S I Ki F H 1 C r N 57Ç= ^ubn ne doit s'attendre à une cure ra-' dîcale qu’après i’exfoliation acHevée j ce que l’on peut efperer de l’ag.e du mala¬ de , & de fà conftitution qui' paroît allez bonne , puifqu’il n’eft, point mai¬ gre , & qu’il n’a point dé fievre ^ ni d’au¬ tre maladie.. , Pour parvenir à la- cure radicale , il' ■faut employer deux fortes de remcdes ,, les uns externes , les autres- internes ceux-ci pour délaïer êe adoucir le fang j, eeux-la pour dérerger j.mondifier ci»; . Câtrifer l’ulcere. ©n commencera donc par purger le malade avccleremedefui- 'i:anE. P V R G A T I O N: Prenez feuilles de fenné: mondées «ne* drachme ; rhubarbe eoncalïee & fèb végétal, de chacun une dèsni-drach— mej faites bouillir dans une fuffifante quantité de décoction de tarnarins , &: dilïblvez dans cinq onces de colàture* £iite avec expreffion , deux on,es de- manne de Calabre. Faîtes une potion.. Le lendemain de, la purgation le ma¬ lade prendra lé matin au lit environ^ Luit onces dc-lait d’âneflê nouveau traie avec un gen. dcfucre. ^ il eii-continuê- fSo C©>}SÜLTaxions'GHO rSTES' ra l’ufaoe pendant uir mois entier & • dès qu il y fera^ accoutume y, on lui en donnera douze ôiices ou luïe livre. On, filiira rufàge-dü lait par le purgatit ci- dclïlis décrit ', & le lendemain de la pur- gàtion le malade prendra le matin au lit huit onces de lait de vache coupé d’un tiers dinfulion de vulnéraires de SuilTe; Le foîr avant'd'ë ÿéhdbrmir il prendra pareille quantité du m’crneTait ainh pré¬ paré , avec la précaution de fouper k.. cinq heures après midi avec une feula, fbupe à la viande. Si l’on s’apperçoft aù Bout dé quel¬ ques jours que l’eftomac du malade peut fupporter une plut gtande quantité: de lait ,.il prendra au dîner & au fouper une foupe oü du ris au lait ; il pourra ce¬ pendant üfer de queKpues morceaux dé pain , & de quelques œufs frais. Il con¬ tinuera îa diete blanche pendant'deux ou trois mois-, fe purgeant toutes leâ fois qu’il fera néceffaire'; Mais h la malade ne'peut prendre Uile’fî grande quantité dé lait , if fe réduira à-n’eit prendre que lè foir & le mâtin. ^ ; Mais-comme lé veniii de la petite vé^' rolé à pu engendrerdans’le'farîg de's fücs:' actes qui entretiennent la maladie ^Jious^ P E M E P .S C I N E. fommes a’avis qu on lui oûv.re un cau¬ tère à la jambe , afin de procurer ua ;ëgout qui terve à purifier le fang. Nous iomm£s auffi d’avis que pendant l’étc iil premie le s-ijains domeftiques ^ & lés ' eaux minerajes froides , &: qu’au retouc de l’automne , il reprenne pendant deux mois le lait d ’ânefie ^ ou c^elui de vache écrémé comnie il faut. On fe fervira de la décoûiqii fuiyan^ 'Vante pour déterger i’ulcere. , iN] EcrioN, J’renez feuilles de plantin une poignée 5 feuilles de fcordium uqè demi poignée^ feuilles d’abfynthe une pincée 5 faîtes bouillir pendant un quart d’iiçure dans ■ trois livres de décoéfion d’orge^ ajoutanji fut la fin de rébuUition , fommités fleu- ■ îies de mlUepertuis,de fleurs de mélitop, de chacunes deux pincées, rofes rouges une demi-poignée ; coulez avec expref- flon après une légère infufion ; & dif- folvez dans la colature trois .onces de miel rofat ^ pierre n\édicamenteufe de Çrollain en poudre deux drachmes, ■Gardez cette décoction pour l’ufage. il faut inieder plufieurs fois le jour cette décodion tiede dan^les narines ,a ^8 Z 'CONSTJLTÂTIONS CHOISIES îïioïen d’une petite feringue. Si elle ne foulage pas le malade , on lui fubfâtuert dafuivanEe. INI EC 7 I O Prenez vert de gris un demi fcrupui le-, faites-i’infufer dans fîx onces de dé- coftion d’orge, & gardez la oolaturc your Tufage. Il faut injeétcr trois ou ‘Quatre fois par jour cette décodion tiede. idans le nez, & fi l’on peut aiteindrc à î’ulcere, laiflèr deffus du cotton qu’on -en aura imbibé. Si cette décodion ne produit pas l’ef¬ fet qu’on en attend, je confeille dé fai¬ re desinjedions d’eau de Balaruc tiedcs, -qu’on réitérera fouveat chaque jour, Nous fçâvons quelles ont été fouvent très-utiles à des malades attaqués de cette maladie. Enfin nous femmes d’avis qu’on rafe la^tête du malade pour aug¬ menter la tianipiration dé cette partie j moïen qui a fouvent réu0î dans ce cas. Nous eftimons qu’il ne faut faire uiage înterfeurement d’aucun remede défîcca- tif, de crainte d’augmenter l’acrimonie du iang. Délibéré à Montpellier ce 04. janvier SJ 31, Signé , L A Z E B. M ® ,E M ;E D E C î N E. ■ 385 consultation L X. Sn>' une Dyfun-e jointe k Cafthme^ L £ malade qui nous confulte a deu* maladies , Pafthme &une dyfurie qui revient par périodes, & qui eft fi ^grande qu’il rend du fang mêlé avec les . «rines. La première maladie efl habi¬ tuelle , & nleft pas guerifiàble à caufè ^e la difpofidon des poulmons. Tout ce qüon peut faire eft; de diminuer la •violence des attaques. La fécondé, qui eft la dy furie ,3 eft plus récente , & quoi qu'celle paroiflè differente de Tafthme , on ne doute pourtant pas quelle ne vienne de la même cajife , c^eft-à-dire d’une Gonftitution du fang feche &: acrî- monieufe ^ qui rend les urines tartareu- fes & picquantes , & qui a occafionnc quelque gonflement des veines qui ram¬ pent au col de la veffie ; Ce qui parole marqué par les hemorrhoides auxquelles le malade eft fujet^ Le tempérament vif & ardent du malade , fa profeflion qui l’a ©biig'é de travailler long-tems fur le feu ^ de rei^ ^g 4 CONSTJLTÀTIONS, CHOIStlS pirec la vapeur du chardon., & celle' .gui s’élève de l’étain dans le tems de ‘la fonte , ont fans doute produit la difpo- fiaon des humeurs ‘ïscntionnée^cûdeC. ■fus,.de,forte qu’il faut àpréfenx la cor¬ riger par des remedes délayans, légère¬ ment incififs , & enfin adouciüants. 'Pour cet effet le malade -fé fera ,tirer •deux palettes de fang de l’un des bras, &c le lendemain -il Jeta .purgé avec ia ;ÆiédsGine qui .fuit, TV RG AT 10 U. Prenez pulpe de ca.(ïè récemment ;moiidée,j une demi-once /, fel végétal une drachme ; ,graine de lin^concaflee une pincée - laites .bouillir légéEemeiit idans une décoélion de feuilles de chico¬ rée fauvage ; düTolvez dans fîx onces de coîature deux onces de manne de -Ca¬ labre , faites -une potion. Deux jours après il prendra le-matin au lit un isouillon fait avec un jeune poulet, ou nn morceau de collet de mouton , dans lequel on fera bouillir pendant une heure quatre écreviffes de riviere lavées dans l’eau bouillante . faites avec, le fyrop d’abfynthe une opiate qui fera prife. à. la dofe d’une drachme &: demie.. Il faut prendre un bouillon dé'poulet à la chicorée par deflus cette.opiate , & la continuer pendant neuf jours , après, îefquels la malade fe repurgera, -, & com^ me on-a tout lieu d’efperer que ces re^- medes auront diffipé- les enflures , que l’eftomac de la maiadê^fera-en meil¬ leur état ^ 911 croit auffi quelle pourra foutenir-le lait- d’âne{re;v,,qu’il faudra lui- faire prendre tout, de fuite; jufqu’aux f raudes chaleurs de l’été,.la purgeant: e tcfflseiTtems avee fa.médejcine.ordi- na’re. On ne, prefcrit pas-le régime'de' vie |>arce qu’on eft perfuadé que le Méde¬ cin ordinaire lui. en fait garder un con¬ venable.. , Délibéré à Montpellîer'ce.-iji^mars, .. Sig^é ,-.V, JE R N y ,• L A Z t R M , i. © £ M'e D E: C I N Eî'. €.0 N S U LT AT I ON IiXXLlli- S.m me' Mélaneholle.. O N ne peut'pas" douter que l’étudé^ forcée de Monfîeur, les grandes, contentions* d.’erprit, & l’applicatiotî qu’il a eu à; remplir les devoirs, de fou miniftere, ne foit la véritable eau fe de la mèlancholie dans laquelle il eft plongé & de tous les accidens= qui raecompa.i gpent.Xes humeurs ont perdu leurs par¬ ties douces Sc balfamiques , Sc les-lblk des , fur-tout le cerveau Sc les nerfs ont'été delïèchés peu à peu*, ôi ont ac¬ quis une tenfion contre nature , un vé^ ritable éréthifmei. Il eft;inutile-de déduire de cette cau- fo tous les accidens rapportés dans le mémoire,, ils en. coulent fi ■ naturelie- ment qu’à la moindre attention qu’on -ys falïè,il eft facile dèlesconnoître. ' Cette maladie n eft nullement dan^ gereufe à préfenc là poitrine qui paa. ïoît la partie la plus attaquée par la toux^ êc par la-chaleur que le malade y fent fhaleur qui paroic û grande que le ma*- CoNSÜITATÎOfNS CH<5T$I2S l'ade feiit fou haleine btûianre ^ pourtant point endommagée , puifque-, lé malade eft fans fievre qu’il n’a;, pas maigri. On doit pourtant en crain¬ dre les mites, parce que la conftitutiom des humeurs feche & acrimonieufe, &' la tenfîon des foUdés peuvent augmen¬ ter caufer de plus-grands défordres,, qu'il faut prévenir en 'fe fervant des re=- medes humeétans-, & adouciïTans., Pour cet effet on eft d’avis de faire* ■feîgner le malade du pied. Deux jours; après on réitérera la faignée, & le len¬ demain on le purgera avec la médecine- qui fuir. FVRGATÎOI^.. ffenez- feuilles de fenné-mondëésR ' deux ■ drachmes ; tartre foluble une drachme graine dé lim & fleurs de- mauve , de chacunes une pincée ; faites* Bouillir légèrement dans une décoétioîi' de tamarins 5-. difl'olvez dans- douze on» ces de colature exprimée deux onces de;* manne de Calabre 5 faites une potion? pour deux prifés.- On donnera ces deux prifés à dam heures, de-dilîance l’une fàüt3K 5, ^ B S' M 1 B E G T N ï; ■^9^5 ün Bouillon de poulet une heure après-. Ùi derniere. Deux jours après le mal’ade prendcsï ^ matin le bouillon fuivant^ B O V IL.RO m Prenez-un jeune poulet plumé& vuî'de^, ferci avec une demi-once des.quatre fe-- mences froides-majeures concairées.Faî-, tes le bouillir pendant deux heures dans^ Peau de fontaine pour une prife debouiît ton';, ajoutez trois écrevirfès de. riviere,^, fi elles font grolTes j, & quatre fi elles font petites, lavées & écrafées laiffez bouillir doucement pendant une heure ajoutez une poignée de creflbn de fon¬ taine , lailîez bouillir un moment j.pafo- fcz le bouillon à travers une ferviette ,, & exprimez. Le tems de ces bouillons- fera de dix- purs, après lefquels on repurgera le* malade comme ci-défiùs, 8c le lende¬ main on lui dcnnera un grand verre de îait d’ânefiê fraîchement trait.. Quel¬ que tems après, fi fon eftomac foutienf: le lait, il en prendra une prife en fe cou¬ chant, &, fi fon eftomac foutient bien le lait il foupera fur les ciaq^ heures- ^■OÔ. CoNSUlTA-TIONS GMOISlEr avec une foupe de laie de vache, fin quelques jours après il dînera avec uiîè loupe au-lait, & quelquefois: il avalera après.la foupe un ou deux- c&ufi mollets J dès qu’il prendra le lait trois.- fois le jour,, on ne lui donnera plus de-' viande à dîner. ïl continuera kfdieïe blanche jufques aux. grandes' chaleurs & fs purger^ avec la médecine ci-delTus.. Lorfqu’il quittera le. lait pendant llété il prendra dix bains domeftiques , prenant un bouillon de poulet enfortaiit- du bain.-.Quelques jours après les'bains il boira les eaux de la Marquife de Yals, pendant neuf jours de fuite. Il en prendra une bouteille, chaque jour , en cinq ou-fix. reprifes-, laiffant un quart, d’heure, ou un peu plus j d’üne prife à Fautre. Il les boira dégourdies au bain-^ marie,. pour qu elles fe. mêlent mieux avec le fang , fi les eaux de Vais le vuident trop ,.on les affoiblira en mâ- lant le tiers, ou. le quart d’eau-de fon¬ taine.- On dilToudra trois o.ices de man^. ne. dans la prife du premier jour y, 5 $: autant dans le.deruier du neuvième.. . Quelques joucs api es les. eaux de ¥alf' lbïiâlade-regr.endr.-t le.baui.d©mêfl:ique;j^ DE M E B E C I N E=. ^01 Sc îè bouillon de poulet pendant dix- jours 5 enfuite les-eau'x de Vais avec les-' précautions- ci'-delîiis; Si malgré ces remedes la chaleur-in.. commode le malade ,,011 le fera faigner du pied , ou du-bras. Dès que nous fe¬ rons en automne, on réitérera- la faignée du pied J enfuite la purgation ordonnée si-deflus. après laquelle on- lui fera- prendre lès bouilîoiîs d’écrevilfcs ordon¬ nés ci-delTus, 8 c ayanrécé rcpurgé oit îe mettra-au lait de vache écrémé. Il en prendra le- matin une grande écuellée; ^elqties jours après il en prendra* le- &ir autant en fe couchant ; n ayant man¬ gé qu’une foupeà la. viande quatre heu¬ res avant le lait ; 5 c enfin dès qu’on? connoîtra que fon eftomac foutient bien le lait on le lui donnera pour toute nourriture , c’ell-à-dire quatre fois le- |our, ou écrémé,-ou en foupe. Pendant- Pufage du lait le malade le mettra à* l’eau. On eft même d’avis qu’il s’y m^t- te dès-à préfent, le vin étant très-con-* • traire.à fon état.. On ne pourra gueres le palier du aar-- cotique nous fbmmes d’àvis-de lui' donner les gouttes tranquilles,ou anody- nss 3 commençant par- quinze ou • vingt ^ Consultations choïsieS' & augmentant la dofe félon la néceflîtéi On les lai donnera’pcndant le cours deÿ lemedes ^rexcepté pendant le tcms des, eaux. Il eft abfolument néceffaire que le malade abandonne la chaire, l’étude^ le confeffional ,, & toute application d’efprît qui entretiendra fon mal ou Taugmentera, îl faut encore qu’il fré¬ quente les compagnies ^ & fur-touc quil aille fourent à la promenade , qu'il évite la triftelTe, Bc la trop grande réfléxiôn fur îm-même ; mais auffi pii ne peut Fen délivrer^ s’il,ne met ïbi® efprit dans une ficuation tranquille , eiî faifant ufage de fa raifon & banniiTanr routes idées fâcheufes & chagrinantes. Délibéré à Montpellier 14, avril 27 3 a. , Signé , LazïrmH;^ Montagne,. CONSULTATION LXTV... Sur des Naufees & ‘vomjfement,. L Es naufées- Bc le yomiffement font FefFet delà fenfibilité, & du rétré- Êifièoaeut de l’eftomac s^occafionnés par » E M E B E e I N î. 40*1 la tumeur qui paroît à la région épigafl- trique , & qui s’étend dans rhypocon- dre gauche.. If n’eft pas aifé de déter¬ miner quelle efE la partie affeétée , mais îes douleurs que la malade y fent dès qu’on touche cette partie font foup- Gonner que les mufcles droits, & peut- être les tranfverfes font ai^âés. Il y a même apparence que la rate & le foie ne font pas éxerapts d’embarras & que îe ventricule prerfe de tous côtés ne peut fe dilater pour recevoir lesalimensv D’ailleurs la quantité du fang qui y eft déterminé doit le rendre extrêmement fenlîble» On a tout lieu de foupçonner des embarras dans les glandes du méfente- re, & encore plus quelque fiippuratiou dans la région épigaftrique ; ce qui fait qu’on ne peur porter qu’un prognollic fâcheux de cette maladie j & qu’il ne paroît pas aifé de concilier les remedes qui peuvent déboucher les parties obt. îruëes, & adoucir la malTe des humeurs qui paroît être acrimonieufe- On tache¬ ra pourtant de remplir ces deux indica-- dons par les remedés fuivans. On eft 4’àvis de faire une petite làW gnéfi du bra^ à la malade^ Le lendemaiïfc .'■•1 404 Consultations choisics 011 la purgera avec la médecine^ quf. iùit. » fVRGATION:- Preiiez feuilles de fenné mondées^ (âeux drachmes ; tartre- loiuble & grai¬ ne de lin,,de‘chacun une drachme 5 far¬ tes bouillir dans une fuffifante quantité de décodfeion- de tamarins-, diflblvez- dans douze onces de eolature faite avec* exprefîîoii deux onces dé manne deGa- labre; faites une potion pour deuxdofeS;^ dans la première defqudles VOUS'délaie- tez dix grains d'ipecacuanha en poudre^ On donnera ces deux verres en laif* lant un intervalle de deux heures de l’un à l’autfe& quelque tems^ après le fccond verre on fera prendre un bouil-^ Ion de poulet. Deux jours après cette médecine la. malade prendra le matin à îeuiiiapomdrequifuit.- F Q U D R Ei Prenez faffran de- mars apéritif prépa" T& 3L la. rofée du mois de mai, douze grains ; rhubarbe &' cloportes en pou¬ dre, de*chacun quinze grains faites une poudre poux une grife^- T) tE M î D E , C I -ü %. 40 ^' On donnera par deffùs cette poudre tin bouillon de poulet, dans lequel oa fera bouillir pendant une heure trois écrevilTe^s .de tiviere lavées dans l’eau bouillante ,^ .&écrafées dans un .mortier , de marbre, & fur la fin on y ferabouil'» Ik un moment une poignée de feuilles de chicorée fauvage. Xe.tems de cette poudre &: -da bouil¬ lon fera de" neuf .jours, après lefqiiels on repurgera la malade avec la médeci¬ ne qui eftci-delTuSjdont on retranchera, l’ipecacuanha. Deux jours après laraala- ,de prendra le bouillon fuivant. ^ O P I L L O . î’renez-une livre de maigre de veau coupée par tranches ; de rhubarbe en poudre demi-drachme ; de cloportes vingt grains de tartre martial folubl^ un icrupule 5 de feuilles de chicorée fau- -vage bâchées menu une.poignée 5 de cer- ' feuil auffi haché deux pincées», faites une couche dansnn pot de terre vermflTé avec -les herbes ; mettez enfuke une couche de tranches.de veau faupoudrées par defius, enfuite une couche d’herbes, & par delTus la tranche de veau faupou- drée ÿ continuez de même jufqu’à cê 4'OS CcWS'tJlT'ATIOWS CHOISIES ï Médecine. 41^- êes mufcles fe trouvent pour-Iors dans un état dlnaLéEion. Nous pouvons bien d’avance fauver la malade de toutes les allarmes qu elle peut-avoir fur fou iudâf-. pofition • elles ne peuvent tirer tout aur plus à d’autre co.nféquence ^ qu’à cell©- de remuer dans la fuite la jambe avec moins de liberté , mais nous nçi J^u-/ rions lui promettre de remedier eu en¬ tier à cette douleur ^elle eft trop.ajicieii-. ne, & îe relfort des vailTeaux nous pa- roîî trop a^oib'â pour quoia puiffè le flatter de les ramener à leur état na¬ turel. Tout ce que foii peut efperet , & c’efl: à qdor nous réefuifons nos prra-^j cipales vues, c’eft- de calmer d’abord au-ü. tant qu’il eft polEble la douleur qu’oia re{ïent,dans cette partie, en relâchant les tendons qui en prorduifent les mouve- mens , 8c de remettre par couféquent. cette partie dans un état à fe mouvoir avec plus d’aifance. Pour en venir à bout îa malade ,ïè fera tirer de fun des bras huit à neuf onces de fang , & prendra le foir le lavement qui fuit. S iiij Consultations choïsiês L ^ V E M E N T, Prenez dccodtiion ordinaire pour la- Temens rafraichiffans & laxatifs une li¬ vre J pulpe de calTe une once & demie • miel mercurial une once j faites un la¬ vement. Le lendemain elle prendra la potion fuivante. ' P V R G I 0 N. Prenez feuilles de fenné mondées deux drachmes ; rhubarbe choifieune drach¬ me ; fel végétal une demi-drachme j faités infüfer dans une fuffifante quanti^- té d’eau de fontaine ; diflblvez dans h liqueur coulée avec expreffion deux on¬ ces de manne de Calabre, & dix ‘grains de jalap en poudre. Faites une potion qui fera prife le matin. Après ces remedes généraux il faut avoir foin de froter la partie malade avec l’huile de laurier, de pieds dé mou¬ ton, l’huile de brique philofophique- quement préparée , l’huile de' petits chiens \ & fuppofé que ces huiles que noüs vêtions de prefcrire ne foulageaf- T>t MEDECINE. 4T7 fent pas la malade on tentera une em,. brocation des eaux de Balaruc , ou de leur bouerecommandant d’éviter les iîcuations gênantes, Sc principalement celle de re&r à genoux. ■ Délibéré à Montpellier le xo. mai Signé ^ Margot. CONSULTATION LXVII. Sur me Perte blanche, accompagnée ds plufienrS''autres accidens avec foupçon de vérole, L ’Opiniâtreté de la maladie de Ma¬ dame , & fur-tout l’incertitude où i’on eft , fur la caufe de cette maladie , ont obligé Mondeur fon époux de ve¬ nir dans cette ville pour confulter ■ fçavoir de nous , s’il n’y auroit pas un virus véroliqüe dans le fang de fon époufe, qui fût la -caufe des incom-, modicés quelle a , & qui la fatiguent de¬ puis pludeurs années. Or, pour mieux découvrir cette -Caafe ,, & ré.foudre;ia queftion propofée, nous avons crû de-' voir examiner J i Lesfincommodicés S y ifiS Consultations choisies de Madame ; %Q. L’état de Monfieur fotï- ; mari 5 j . Celui des enfans qui font nés ' | de ce mariage. Les principales, incommodités dé Madame font des douleurs vagues, & erratiques -, une fiuxion catharreufë qui fe fait fréquemment fur la narine gau- \ che, & qui enflammé la membrane pituitaire par l’âcreté de l’humeur ‘qui 'en coule J une concrétion polypeufe dans la même narine ; une perte blan¬ che fale de toutes couleurs^jaunâtre „ verdâtre j des douleurs & des pefanteuis de tête par intervalle j. enfin une roai^ greur confîdérable avec dégoût j; & une petite fievre qu’on a obfervée par inter» valles.Ces incommodités ont été précé¬ dées par des pâles couleurs qu’elle a . eues dans fa jeuneflè , & qui avoient fl fort afFoibli fon tempérament,d’ailleurs- fort délicat, quéîle paroîfloit être mala- dehors défon mariage;,dë lotte que fairant attention à-fon tempérament déüçat dé mélancholique, & aux pâles eôiileurs qu’élie a eues pendant plufieurs années . à la nature des aceidens mentionnés ci- dcfliiSjOnne peut pas être'convaincji qu’il y ait un virus vérolique dans les- iiumeurs dé: Madame, puifque h conf- © E M E D E C r N Ê. 419 ' dtotîon feiche & acrimonieufe d^es hu¬ meurs peut feule produire les douleurs vagues, la fluxion eatharreufe fur la narine gauche , & les fleurs blan¬ ches, qui font les feuls accidens qui pourroient faire foupçonner Texiftence du virus vérolique. Mais d’ailleurs Ma¬ dame ne fçauroic avoir la vérole , fl el¬ le ne lui a été donnée par -Monfleur foii époux, Ceft à préfent l’étdt de Monfieur qu’il faut examiner. Or Monfleur a eu des maladies de galanterie , il a même emploïé les fridions , & a joui dans la fuite d’aune fanté parfaite s- jufqu’à ce qu’aïant beaucoup fatigué dans un voïa- ge qu’il fit à Paris& paflant par la Champagne pour s’en rétourner, il y but beaucoup de vin , ce qui fit paroi- tre une dartre confidérable qui s’étendit depuis les joues jufqu’aux . clavicules , & qui fuppura en plufieurs endroits. Cette. dartrë_,, qui céda aux remedes ra-* fraichiflans, reparok encore quelque¬ fois ,, mais moins confidérable , lorf- que le malade fatigue , &. fur-tout lors¬ qu’il boit du vin de Champagne J tour antre vin ne faifant pasde même effet. Il efl. suffi fu|er aux douleurs des dents'^ S vj 4 ZO ConSTJLTATÏÔNS CHOISÜES à des tuméfadions, ou gonflemens des tefticules ; ôc enfin il fenc quelquefois comme d,es fufées de liqueur chaude qui coule dans le b/as'. Or de tous ces accidents on-^ne peut pas condurre po- fitivement que le malade .ait fon fang, infedé par le virus, i". Parce qu’il a déjà pafie par les fridions d’une maniéré méthodique, & telle qu’on peut la fou- haiter. 2®..,Parce que u les dartres qu’il a eu depuis venoient de cette caufe., elles nauroient pas cédé.aux feuls re- medes rafrakhiffans , & ne reparoî- trpient pas par la boifibn du vin de Champagne ; les dartres étant un des fymptômes de la vérole le plus difficile à guérir , qui réfifte très-lbuvent aux fridions mercurielles > & qui ne difpa- roiffient en un endroit que pour attaquer une autre partie. 3 ®. Parce que fi Mon- fieur avoit donné du mal à-Madame Ton époufe , la perte blanche feroit une véritable gonorrhée ; & par conféquent le mari & là feraiRe fe feroient commur niqués le virus dans l’ade vénérien jce qui auroit rendu la vérole fi-:Confîdé- i derable quelle fe découvriroit par des lignes univoques^ & tels qu’on ne pourroit pas la mécoanoître. B E M Efi EeiNÉ. 4xi Enfin les fluxions qu’ont quelques- uns de leur&enfans fur la levre , ni les- tumeurs froides dout quelques - unes font en fappuration qu’on remarque- dans un des enfans , ne nous paroifl- fent pas des raifons aflez fofres pour condamner les denx: malades & arfùrer qu’ils ont la vérole , puifque leur mere a été toujours' valétudinaire J que les pâles couleurs àïant gâté fon fang , elle a fourni un lait aflèz itiauvais à fes en- fans pendant fes grofliflfes ; & qu’enfia' la nourrice de celui qui a les tumeurs froides lui a fait manger des legumes y & d’autres alimens fort mauvaisdans; le tems qu’il tetoit, qui ont pour ainft dire ruiné le tcmperam.ent déjà mau¬ vais , & augmenté la mauraife eonfli- tution des humeurs qu’il avoic dans le ventre même de fa mere 5 de m-aniere quaïant bien confidéré toutes ces rai¬ fons & examiné les, ittcommodités de Monfieür & de Madame , on n’a pas trouvé alîez ,de fondement pour établir le virus véroHque» Ainfi on a été d’avis que les incommodités de Madame , ve¬ nant d’une conflitution du fang feiche Sr acrimohieufe , il falloit s’attacher à bien humecter , & adoucir fes humeurs j 42 , 1 ^ CoNSÜLTATroHS CHoTSIES |our èet efFet on eft d’avis de mettre le plûtôt qu’on pourra la malade à la ; diete blanche. En conféqucnce fi elle n’a pas été purgée depuis quelque tems. y, on la purgera, comme il fuit. VVKGATlOn. Prenez pulpe de cafiê récemment extraite une once faites bouMlir légé-ï rement dans huit onces de petit lait diflfülvez-y deux onces de manne f fai¬ tes une potion. Si la malade a lin fort grand' dé-- goût pour la médecine , elle pourra lè" purger avec la médecine clarifiée avec laquelle elle, s’cft déjà purgée j, obfer^ vaut pourtant que cette médecine ne fok compo fée qu’avec des purgatifs très- doux &-bénins. Le lendemaiiî du jour de cette mé^- decine elle avalera le matin au lit une écûellée de lait de vache fraichemenc trait, & écrémé ^ y mêlant une talfe dln- fufion légère des feuilles de citronelle ou mélifie. A-dîner elle prendra une foupe à là viande „ -pourra manger un peu de rôti -, fi die veut à fix heures du foir die m-a-nger a, un ; potage à îa viandé j, Sc ©s MlDECrNÏ. â dix heures en fe couchant elle avale-- ra une autre- écuellée de lait de vache écrémé , & préparé' comme celui dit' matin. Elle continuera de prendre le lait matiia Sc foir pendant îepe à huit jours ; &, fî on coiinoît qiie fon eftomae’ le foutient ^ on lui donnera a fîx heures du foir une foupe au lait à la place de celle de viande ,, êc on retranchera le peu de viande que Madame mangeoit à dîner. On lui- donnera feulement uiit morceau de pain après la^ foupe ; & quelquefois un e&uf frais. Quelques? jours après on retranchera k'foupe à la.viande du dîner, & ©n donnera à- Madame une autre foupe au kit. Tl faut qu elle prenne dan s-le jour environ deux pots dé lait,.Mais fi fon efîbmarne peut pas foutenir le lait pour toute nourri¬ ture on lui en donnera trois fois le jour, & on. Ja fera dîner avec une foupe à k viande, quelques oeufs mollets, ou quel¬ ques êcrevifies. Madame continuera la diete blanche pendant tout le priiitems ;; elle ne la quittera qu’aux chaleurs de- rété ; on la purgera lorfqu’bn le ju¬ gera néceflâîre, mais pourtant le plus .rarement qu’il fe pourra. fendant les chaleurs de Tété Madame* 4^4 CoKÎSÜLTAtlÔNS ÜHOISÏES .. prendra les bains domeftiques peiidan dix à douze Jours- ; enfuice elle fe pur¬ gera avec fa médecine ordinaire. Elle prendra pendant quinze jours les eaux de Meyne. Après Fiifàge des eaux elle fe repurgera , Sc quelque tems apres el¬ le prendura les bains domeftiques, .& enfuite les eaux de Meyne , de maniéré qu elle palTera tout l été dans une alter¬ native' des bains domeftiques & des eaux de Meyne. Nous croïons même que Madame feroit bien d’aller paftèr à Meyne les mois de juillet & d’aoûr, pour y faire fes remedes plus commo¬ dément , & rerpirer- un.ak moins fec que celui d’Arles. En automne on remettra Madame à la diete blanche qu’elle continuera juf- qu’à ce que le froid foit venu , avec les mêmes précautions qu’on a- marquées' ci-deftùs. , - Nous ne preferivons pas le régime de vie , étant bien perfuades que fon Mé¬ decin ordinaire lui en preferit un con¬ venable 5 mais' nous iie pouvons faire à Madame , qu’étant fort trifte ,• & mé- 'lanchoUque, elle a befoin de fe diffiper, & de voir du monde , & de ne pas.fe livrer aux idées triftes&r ficKeufes qu el- B I M E n î C I K E. 415 le peut avoir fur fa maladie. Il nous a paru par le récit qu’on nous en a fait qu’elle eft fort allarmée, & nous ne doutons pas que cet état fâcheux de fou efprit ne s’oppofe au fuccès des reme- des , & îi’cntretienne les incommodi¬ tés quelle a ; & ainh il faut quelle fe rranquiliife , & qu’elle fe diffipe par la fréquentation des perfonnes propres à la réjouir. Pour ce qui eft de i état de Afonfîear fon mari. comme les douleurs mar¬ quent l’acrimonie de la lymphe, on fc- roît d’avis que, dès que la faifon fera prom¬ pte pour les remedes, il fe fallè ûigner du bras, ciifuite purger avec fa médeci¬ ne ordinaire ; qu’il prenne un bouillon fait avec un jeune poulet, quatre écre- viftès de riviere, & une poignée de crefr fon pendant douze jours, & que s’étant repurgé qu’il prenne le lait d’ânelfe , fe purgeant au milieu & à la fin. Pendant l’été il prendra les bains do- meftiques avec l’eau du Rhône pendant dix jours , enfuite les eaux de la mar- quife deVals pendant neuf jours, fe pur^ géant avant & après. Au mois d’août il reprendra les bains, & en automne le lait d’âneflè, s’il en a befoin > gardant 4 ^(J CONSULTATÏONS CïiOÏSïÉS' un bon régime , évitant les excès, les alimens falés, & généralement tout ce qui jTeut entretenir la falenre du fang^ Délibéré à Montpellier le 16, février" 1731. Si^né y V ERN y , L azerme. CONStJLTATION LX VII-L Sur me u^ffeüim Hyfochmiriaque-. L Es difFerens accidens qui faifillenr de lems à autre le malade , leur fource-,& leur durées, portent avec eux un véritable caraétere de vapeurs , & nous, les font regarder comme une vé¬ ritable affedion hypochondriaque,, qui' prend differentes formes. Nous eroïonÿ encore,quoiqu’il y ait des embarras con- fidérables qui entretiennent ce mal, l’i- raagination frappée,^ que la fra'feur en a été la première caufej E <, malgré lesaffu- rances qu’on nous donne qu’on n’eflr allarmé ni des accidens , ni de leur fui¬ te, nous fornmes toujours dang uiï juf- te. défiance des craintes qui en font in- féparables,,& nous ne içaurions. dou¬ ter que lors de cette chute, & de cé D B M E D E C I N E. ‘41:7 ctagrin, les fibres du cerveau, êctous le Herfs i/aienc été fi violeiHent fecoués que feue propre mouvement, & celui de la liqueur quils contiennent îï’en ait extrêmement dérangé , & tfaît pro¬ duit peu à peu dans ces mêmes tuïaux un vice capable de déranger la circula¬ tion & le cours naturel des liqueurs dans toutes les parties. Nous fommes per» fuadés auffi que ce vice a pris de jour.à autre des nouvelles' forces par les digef- tions mal travaillées, ôc par un ehyre épais, Ôc -dénué de particules fines , qui a foutenu & , augmenté la maùvaife conftitutîon du fang. On ne fçauroit flatter le malade d’u¬ ne prompte guérifon , ne pouvant re¬ médier qu^à la longue, & à un dérange¬ ment du genre nerveux , Ôc à Tépaiffif- fement des liqueurs dirpofitions qui doivent être générales j & qui ne font que trop marquées par les accidens ci- deffiis décrits; mais il peut être afliiré d’avance que fbn îndifpofîtion ne le conduira à aucun mauvais événement , fur - tout iî la tranquillité de fon efpric agit de concert avec les remedes ^ ôc travaille d’intelligence avec eux ; car ^ malgré les fortes allùrances qu’on nous; Consultations choisies donne de ne, pas être allarmé des âCGÎ- dens ni de leur fuite , nous fommes tou^ jours dans une jufte défiance fur les craintes qui en font inféparablés. Ainfi le- malade fera tous fes efforts pour fe délivrer de toutes les fâch'eufes pré- ■ ventipns quü auroit pu prendre pour £bn mal, 5 c commencera d'abord j fup- ’ pofé qu’il n’ait pas été purgé de-puis quelques jours, par prendre la potion . fuivante , aiaot foin d’avaler le foir avant de fe coucher quinze grains de mercure doux , pour prévenir les violen¬ tes tranchées dont il eft tourmenté quand il prend le moindre purgatif, P V RG ATI O N,: Prenez 'feuilles, de fenné mondées deux drachmes P fel végétal une drach^ me ; fommités d’aofynthe êe. de petite, r centaurée, de chacune's une pincée ; fai¬ tes bouillir doucement dans une décoc-^ don de polypode de chêne ^ dilTolvez dans la colature deux onces de manne de Calabre, & deux gros d’éleétuaire diacarthami. Faites une potion qui fera prife le matin. i Le fuclendemaîtt de 1 ^ purgation il prendra les bouillons fuivans. 9 E MEDECINE. 'J^ï^ BOV IL LO NS. Prenez racines âe chicorée fauvage gc d’afperges , de, chacune une once ; racines d^énula campana, & d’ache fau¬ vage, de chacune une demi-oncej fai- tes-les bouillir pendant une .heure dans an bouillon de veau. Ajoutez fur la fin de la coclîon feuilles d’aigremoine, de càpillaires , & de fcolopendre en tout une poignée;CGulez avec expreffion après vue légère ébullition. , Ces bouillons étant finis, ie ffialade fe' repofera une femaine*, pendant la¬ quelle pourtant il prendra trois' fois en fe mettant au lit deux drachmes de l’o- piate fuivante. ' OPIATE. Prenez conferves d^abfynthe & de ky- norrhodon , de chacune une demi-on¬ ce; corail rouge préparé, ïeux decre- viÆs de rîviere, aalÈ préparés, de cha¬ cun deux drachmes ; corne de cerf brû¬ lée, une drachme ; antimoine diapho- récique deux fcrupules. Faites avec une fufhiante quantité de fyrop d’abfynth 450 Consultations choisies unc 'opiate dont la dofe fera d’une ou deux drachmes. Si les chaleurs commencent à être un peu confidérabies, on pourroit prendre les eaux de Vais, Sc après leur ufage fe mettre à celui de l’opiate d’acier qui fuir, O ? î A T E. Prenez fafFran de mars apéritif pré¬ paré à la rofée du mois de mai une de¬ mi-once ; lênné & rhubarbe en poudre , de chacun deux drachmes ; extrait de genièvre & antimoine diaphorétique j de chacun une drachme & demie ; co¬ rail rouge préparé deux drachmes; fel d’abfynthe, mercure doux , & jalap, de chacun une drachme ; faites avec une fuâifante quantité de fyrop de chicorée compofé une opîate qui fera prife pen¬ dant huit jours, buvant par deiras un bouillon à la chicorée fauvage. - On ménagera l’ufage de cette opia- te , par rapport aux chaleurs de la fai- ibn , & à lagîtation quelle pourroit caufer au malade., en ne la donnant dans ces circonftances que de deux jours l’un , & diminuant même la dolè des purgatifs. deMudecikï. 431 On efïàyera enluice une écuellée de laie écrémé ôc coupé avec parties éga¬ ies d'eau de chiendent, ou de trois on-; ces de fuc de creflpn, quon continuera pendant Vingt, ou vingt-cinq jours, iè purgeant avant & apres avec la potion purgative ci-devant niarquée ^ de retranchant l’éleétuaire de diacarthamî qu’on y a mis. On aura foin auffi de n’obferver aucun des, jours d’abftinen- ce ordonnés par l’Eglife , & d’éviter foutes les fritures ^ alimenf faiés , de de difficile dlgeftioii. Délibéré à Montpellier le ï ï. février’ , Î7 II . Si^né ^ M A & c o x,- • ; C O N S ü LT AT ION LX IX ' Sur me f mdjfie de ^(S-fo^hage. L a grande difficulté d’avaler les foA lides , comme le pain & la viande, dont le malade, pour lequel on nous ; fait l’honneur de nous confulter, eft - attaqué depuis un mois & plus -, en forte ' qu’il fent les morceaux, quoique très^ 4 J1 Consultations choisies petits , s’arrêter au gofier vers les mi¬ lieu de la poitrine , ou à leftomac , où étant parvenus ils lui caufent une fi grande irritation qu’il ne fçauroit les garder, & qu’il eft forcé de les rejctter fur le champ , tandis que les liquides defcendent ,&: palTent avec plus de faci¬ lité, de façon qu’il ne peut fe nourrir que de foupe ou pour mieux dire du bouillon, dans lequel on fait tremper du pain rô¬ ti & pilé , ou réduit en poudre, ou de la crème de ris bien délaïée, d’oeufs naol- lets , & de bifcuits, qui ne peuvent auffi être avalés fans être trempés, ou qu’à la faveur de la boifibii, fe lentant au forplus bon appétit , nulle "êevre, ni aucune autre incommodité, excepté que les forces paroilTent diminuer tous les jours ; cette difficulté, dis-je, d’avaler les folides ne dépend, autant que j’en puis juger , que d’une efpece de paralyfie de rœfophage, c’eft-à-dire du défaut du mouvement fuccefîîf des fibres de la tunique charnue de ce conduit , qui porte, ou par lequel pafTent & defcen- ^cnt, les alîmens du fonds du gofier jufqu’à l’orifice fupérieur de l’eftomacî enforte que les fibres mufculaires de - canal étant dans le relâchement, & DE MEDECINE. 4;j ne pouvant le mettre en contradion pour pouller, Sc faire avancer les ali- mens folides , lefquels par cette raîfoii doivent nécelTaireracnt s’arrêter dans difîèrens endroits du même conduit y tandis que les liquides entraînés par le feul mouvement de fluidité , & par la pente ou fituation perpendiculaire, paf- fent & delêendent fans beaucoup de peine jufqu’à ce qu’ils foient pour ain- û dire tombés dans la cavité du ventri= cule. . \ Lorfque les alîmens folîdes font par¬ venus à l’extrémité de rœfophage, & qu’ils font obligés par le défaut de con¬ tradion de la membrane charnue de ce conduit de s’arrêter à l’endroit de l’o¬ rifice fupérieur de reftomac , qui eft d’une très-grande fenfibilité, & ne par» ticipe en aucune façon de la paralyfie , comme il eft aifé d’en juger par le grand appétit du malade , les alimens folides, dis-je, étant arrêtés , & s’appliquant aux parois fenfibles de l’orifice qui eft dans fon état naturel, ne peuv^it que l’irriter fortement , & l’obliger de fe mettre dans une violente contradion qui repoufle les alimens, & fait que la malade ne fçauroit les garder un feu|. Tome 11, T 4?-4 Consultations choisies inftant fans (ouffirk de vives douleurs^ dont il iTcft dégagé que lorfqu’il les a totalement rejettés. Sur ces principes , qui me paroilTent aflfez bien fondés, il eft évident que nous ne fçaurions re¬ médier à cette indifpofition qu eïi réta¬ bli {Tant le reflfort du conduit relâché, par des fecours propres à ranimer le fangSc lesefprits,& à fortifier les nerfs, en un mot par des remedes antiparaly¬ tiques. îl eft vrai quaïant été fujet avant cette derniere indi^ofition à une efpece de crachement de fang par inter¬ valles /enforteque depuis l’année 17L5 jufqucs au mois d’avril pafle il en a été attaqué cinq à fix fois , dans cette fituar don , dis je, il eft à craindre que les antiparalytiques, qui doivent mettre le fang en mouvement, & qui l’animent auiîi-bien que les folides,.ne renouvel¬ lent le crachement de fang ; mais outre que cette efpece d’expédoration , ou d’évacuation de fang contre nature , a paru être du genre des critiques, je vreux; adiré falutaire ^ ou plus propre à décharger les vaiftèaux du malade d’u¬ ne trop grande abondance de cette li-* queur , à prévenir par conféquent des inflammations ^ & à le foulager, qu’à O î M E D E C ï N E. 45 f îuî caufer aucun préjudice , puifqu’elle n’a eu aucune mauvaife fuite, qu’elle s’efl: arrêtée d’elle - même lorfque les vaiflèauxoïit été fufEfamment defemplis par les feules forces de la nature , & que le malade attaqué de ce crachement ne s’eft jamais mieux trouvé , & n’a gueres été en meilleur état, que lorf^ qu’il a fuivi le dernier confeil d’un Mé¬ decin de Lyon, fçayoir de n’y faire au¬ cun remede *, outre cette conudération , qui me paroit elTentielle , je croîs que nous devons remarquer aufli qu’il y a tout lieu de préfumer que le défaut du retour de cette évacuation ou du cra¬ chement de fang qui a occahonné la parai ; fie de l’œfophage ,1a portion fu- perflue du fang qui fe déchargeoit par cette première route s’étant félon tou¬ tes les apparences jettée , & s'arrêtant à l’extrémité des ruraux capillaires qui iè diftrîbuent aux nerfs de l’œlophage , de maniéré que ces nerfs étant compri¬ més , la tunique charnue de ce conduit doit tomber dans le relâchement , & que le malade n’en feroic que plus heu¬ reux , fi le fang reprenoic, pour ainfi dire, fes premiers errements , & la cau- fe de la preffion des nerfs étant par 43 <5 Consultations choisies confcquent écartée k paralyfie difpa- roîtroit. Nous ajouceroiis enfin qu’in- dépcndament de ces confidérations , c'eft ici , fl je ne me trompe , le cas de fuivre la maxime faccurrendum ur^n- tiori , qu’il faut toujours obvier à cç qui prelîè le plus , & on ne fçauroit dif- convenir qu’il ne foit plus important de remedier à la paralyfie du conduit des alîmens , & d’en prévenir les fui¬ tes 3 que de s’attacher à garantir d’un crachement de fang, dont les effets, s’il en faut juger par le paffé ^ fcroient plu$ klutaires que dangereux. Venons préfentement aux remedes qui peuvent convenir , & qui font re¬ connus pour très efficaces ^ lorfqu’il s’a¬ git de rétablir le reffort des parties pa¬ ralytiques. L’un des plus approuvés, & dont l’expérience journellement prou¬ ve les bons effets , du moins lorfquc les paralyfies font récentes,eft notre eaii tfiermale de Balaruc^Sç mon avis eft non- feulement de conimencer par celui-là, mais même , s’il a quelques fuccès, comme il y a lieu de l’efperer , de per'* fevérer dans fen ufage , & d’en réitérer l’épreuve pat intervalles ,. autant que l’air , la faifon , & fon opération pour^ DE Médecine. 457 ïôrit le permettre, faifaiit précéder une potion purgative , pour en faciliter le paflàge, & mêmeune faignée médiocre, n -letat des forces & du pouls ne s’y oppofe pas , par rapport à la raifon dé¬ jà rapportée , je veux dire à la caufe antecedente affignée ci-devant, fcavoir, le retardement du cours dü fang dans les tuïaux capillaires des nerfs de Teefo- phage,dont il faut par conféquent faci¬ liter la circulation. Je fuis donc d’avis de faire tirer fix à fept onces de fang de l’un des bras, Sc de purger enfuite le malade avec la po¬ tion fuivante. TVRGATiOl^. Prenez huit onces de décoétion de feuilles de menthe & de mélilTe j faites- y infufer feuilles de fenné mondées 5 graine d’anîs, de chacune une drach¬ me 5 rhubarbe choifîe, & fantâl , de chracun une demi - drachme -, dilfolvez dans la colaturê f^te avec expreflîon deux onces de fyrop de rofes folütif j èc ajoutez fue de limons, & eaux de fleurs d’oranges de chacune une cuillè- rée J faites une potion qui fera prife le T iij 438 Consultations choisies madn avec les actentions ordinaires. Après ces remedes généraux, il faur commencer l’épreuve de la boilTon des eaux de Balaruc , fuppofé que les cha¬ leurs ne foient pas exceflîvcs , quelles foient modérées comme elles-le font en ce pais , ou l’ont été du moins jufqii’à prêtent, pourvu dis-je , quelles ne fe fafïènt pas fentir auffi vivement qu’el- les le font ordinairement. Il faudroic boire vers les trois ou quatre heures du matin la dofe entière de douze ou quin¬ ze grands verres pour bien nettoïer les premières voies, dans une heure ou deux de teras, & une heure après la boiflbn un bouillon altéré par quelques feuilles de. menthe , ou de mélilfe ; mais les matins fuivans il faudra fe conten¬ ter de boire la moitié ,moins m-ême , de la dofe accoutumée jC’eft-à dire cinq à fix verres chaudement , laiflfant un quart d’heure de diftance de l’un à l’au¬ tre , pour que lés eaux féjournent plus long-tems dans l’eftomac , &. quelles aient, pour aiiifî dire, le loilîr de pro¬ duire leur effet. Eif les buvant de cette . façon le malade au lieu de trois jours de boidbn , ftiivant la coutume, pour¬ ra les boire confécutivement pendant DE MEDECINE. 43 ^ huit OU neuf jours. Suppofé qu’elles lî’eufl'enc pas bien paflTé, non-feulement il les rendra purgatives les derniers jours en y faifant difîôudre une ptife de fel polychrefte , ou une once de feld’fp- fom , mais encore il fe purgera- un jour ou deux après les avoir finies. Outre cette méthode commune d’u- fer de ces eaux , je trouverois à propos que le malade s’en fervit ^ & fréquem¬ ment , en forme de gargarifme, èn avar¬ iant de tems en tems quelque petite gorgée en fe gargarifant , pour que l’appliquant fouvent aux parois de l’œ- fophage/ elles puilfent exciter fon ref. fort, & faciliter le débouehement de fès petits tuïaux , en farte que. le gar- garifme peut être réitéré cinq à fix fois dans le cours de- la journée, ôc renou- vellé par intervalles , obfêr-vant toujours de faire chauffer l’eau au bain-marie de même que pour la boilfon. Après la première épreuve de ces eaux , & la derniere purgation, Mon- fieur prendra pendant douze jours le matin à jeun un bouillon fait avec une livre de gigot de mouton , & la moitié d’une bonne volaille, ajoutant cinq à fix écreviflè.s de rivière lavées Sc étaaf- T iii\ Consultations choisies fées dans leau bouillantejécraféesdans un mortier bien net, & réduites en pâte 3 qui ne bouillira que trois quarts d'heure avec demi-once de racine d’éringium , deux drachmes de celle d’énula , & au¬ tant de celle de la véritable impératoire ou d’angelique, y ajoutant aufli quel- -ques feuilles de mélilTe ou de menthe j. Sc des fleurs de camomille , & de mé- liiot^de chacune une pincée , qui ns bouilliront qu’un quart d’heure, & le bouillon coulé on y mêlera dix à douze goutt&s de l’élixir de propriété de Pa- racelfe pour un bouillon qu’il faut pren¬ dre le matin à jeun ^ ne mangeant ^ ou ne dînant, que quatre heures après. Ces bouillons finis le malade fe re^ purgera , 5c renouvellera enfuite l’é-^ preuve de la boifibn des eaux de Ba- Iaruc,& de leurs gargarifmes dans lame- me forme que ci-devant. Nous obfer- verons que ,fl maintenant la chaleur étoit trop vive, ou que le premier & le fécond jour de la boifibn animalîènc trop la mafiè du fang , on fe conten» tera à préfent après la faignée & la pur¬ gation de prendre les bouillons que nous venons de prefcrire , y mêlant à la place de l’élixir de propriété trois » ï M ï B ï C I N E. 44! ©nccs ou environ de fuc de crefîoii d’eau J & après le deuxième bouillon on ufera des eaux en la maniéré preC- crite. Mais lî le premier effai de ces eaux iiéçhaufFe pas trop, il eft encore mieux de les continuer jafqu au tems marqué , quand même on ToufFriroit un peu de chaleur, pourvu que ce ne foit point dans un certain degré 5 la principale attention devant être ' dé ne pas at¬ tendre que la Paralyfie fe confirme ou qu’elle falTe des progrès pernicieux. Si la faifon obligeoit d’en difFérer l’ufage , & de commencer par les bouil¬ lons, il faudroic’après la première épreu¬ ve des eaux reprendre encore douze ait- tres bouillons , palier enfuite à la Fed conde épreuve des mêmes eaux , mê¬ lant dans le deuxième ellai des bouil¬ lons l’élixir de propriété, & palier eiî- fuîte à l’ufâge de ces deux remedes juf- qu’à une troilléme épreuve, qui Fufiîra fans doute pour la guérifon. Nous de¬ vons aulïi remarquer que quand même ■la première tentative procureroit le ré- îablillênient du conduit dans l’état,,na¬ turel , il ne fâudroit pas lailFer de la Ï42. CoNSÜLTATIONS CHOISIES réitérer au commencement de l’Au- tomne, pour prévenir le retour du mal , & pour bien confirmer la guérifon. Nous ajouterons en finifiant que Tufa- ge de l’infufion de la petite fauge pré¬ parée à la maniéré du, thé nous paroît être très-convenable dans cette occa- fion, & que le malade fera très-bien d’en boire journellement une talîe ou deux avec un peu de fucre , après avoir pris fon potage ou bouillon du midi. . J’approuve aulE dans le même cas l’ufage du chocolat, pour l’employer de la même façon , & l’expérience fe¬ ra voir lequel de deux doit être préfé¬ ré , bien que le dernier lèmble être en¬ core plus propre à foutenir , ou à ré¬ veiller les forces abbatues. Enfin on peut fubftituer utilement , & avec beaucoup de fiiccès, pour rem¬ plir la même indication , la gelée faîte avec une bonne volaille-, le jarret de veau , la corne de cerf , & le fuc de citron , en avalant journellement quel¬ ques cuillerées avant ou après la ibu- pe. Le fuccès de tout ci-deffus nous fe¬ ra juger fi nous ferons obligés d’a- B 8 M î B E c r N ï. 44| ’Ç'oîr recours aux bouillons de vipere , ëc à la ptifane fudorifique. Délibéré à Montpellier le zo. juillet Signé y Chicoyneau. .CONSULTATION. LXX. Sur un Scorbut. L Es ulcérés des gencives, du palais, & du gozier /, les douleurs des gen¬ cives & du bras, la noirceur des dents, dont deux fe trouvent gâtées , tous çes' ^mptomes reconnoiffënt pour caufe un fang groffier acrimonieux , ' très- cliargé de faleure , tel qu^’eft celui des fcorbutiqucs , en forte que la maladie donc cette Demoifelle eft atteinte eft vraiment une afîedion fcorbucique ca- raderifée par la pourriture & les dou¬ leurs des parties de la bouche dont il vient d-être fait mention. Si fon confidere le tempérament bilieux & mélancholique de la malade, É Ton fait attention aux maladies aux¬ quelles elle a été fujetie, telles que "444 Consultations choisies font des inflammations de gozier, des ophthalmies , des furoncles , la paffion hyftérique, la colique, Ton fe confirme¬ ra de plus en plus dans le fendment quelefang de "cette Demoifelle eftfec, . épais, vifqueux ôc Talé ; enfin la douleur de la poitrine qui fe fait fentir lerfque les incommodités augmentent, mar- qi^e encore racrimonic & réchauffe¬ ment du fang. Cependant la douleur d’eftomac, Sc la colique, auxquelles cette Demoifcller eft fujette , marquent auffi que les di- geftions fe font mal chez elle, & il y a lieu de penfer qu’elles entretiennent le mauvais état du fàng, Cêtte maladie attaque principale¬ ment la bouche ^ parc^, queda falive fo trouvant épaiflè &c falée, elle emlmur- be fes couloirs en dirferens endroits, comme dans le tilTu des gencives, au palais, au fond du gozier ; elle s’y cor¬ rompt par fon féjour-, & ''devient de plus en plus acrimonieufe. De-là les gonflemens inflammatoires de ces par¬ ties , les douleurs 6c les érofions avec exulcéradon , & la carie des dents , la- corruption de leur émaif , leur noir¬ ceur , ÔCC>- S E M E ©• E e I S ï. 44^ Cctre maladie ne ieauroit qu être re-' telle aux ciFecs- des remede& , la caufo s’^étant produite peu à peu ,, & venauc de longue main. Il né faut donc ateen-'; dre du /oulagemenc eu la guérifon j, que d’un long ufage de certains rcme-- des, 6c. d’un régime de vie obfecvé exac¬ tement 6c pendant très-long tems. Les vues que Ton doit avoir en ce- cas, font de reéïificr les digeftions ,, 6C- de les confervêîT en bon état-, de divi- fer doucement le fang , derhumeéter ,,, 6c de l’adoucir. L’oii profitera de la- belle failbn pour faire fans përdre de tems ,.les remedes fuivansqui rempli¬ ront les indications que nous venons- d’énoncer^ • j P V R G A T 1 O B. Prenez^polypode de chêne, fix dracfi-' ïïies; faites-les bouillir dans une fuffi - fànte quantité d’eau de fontaine -, faites infurer dans une livre 4e colacure trois drachmes-de feuilles de fenné mondées trois tranches de citron, une pincée de fleurs de mauve; coulez pour deux dofes, dans la première defquelles on dilTou- dra deux onces de manne de Calabre ^44^ CONSTJLTATÏO \ÎS CHOISÎÏS &C dans la fécondé une once de fyrop de fleurs dépêcher; faites une potion qui fera prifc le matin avec la préeau^ tion ordinaire. L’on prendra entre ces deux* verres un bouillon fait fimplenaent avec un jeune poulet, trois ou quatre écrevilTcs de riviere, une poignée de creflbn d’eau , & deux onces defuc de fume- terre. Aïant pris ce bouillon neuf matins ^ l’on fe purgera comme ci-devant, pour paflcr tout de fuite à l’ufage du petit lait de vache clarifié, dont on prendra une écuellée le matin à jeun , après y avoir éteint trois ou quatre gros clous rougis au feu , & y avoir ajouté deux onces de fuc de crelfon d’eau. L’on coiiï tinuera l’afagc de ce- petit lait une quin¬ zaine de jours,après lefquels on fcpur¬ gera avec la médecine marquée; 5c fans perdre de tems, on paflTera enfuite k l’ulàge du lait d’âneffe que Fon copti- îiuera jufqu’aux grandes chaleurs. S’il fe peut pendant l’ufage du lait d’ânef¬ fe , on prendra le foir en fe couchani ropiate fmvante. DE Me&ecinï. 447 O F I AT E. Prenez cachou brut , ’leux d’écre-- viflesde riviere,&:trochifques de lacque^ de chacun trois drachmes écorces de citron feiches réduites en poudre fubtile' deux drachmes ; faites avec le fyroj^ de chicorée une opiate pour prendre le foir avant de fe coucher à la dofe d’une drachme & .demie. Aïant pris le lait cfâneflè vingt ou trente jours , û le lait a bien pa& , il ne fera pas néceflàite de fe purger, mars fi l’on fent quelque aigreur, ou pefan- teur J, ou douleur d’eftomac ^ Scc, oiî iè purgera avec la médecine ordinaire , mais s’il y avoir un commencement de cours de ventre, on le purgeroit de cette maniéré. F V RG A T I O N, Prenez rhubarbe choifie, une drach¬ me ; faîtes-la infufer dans une fuffifante quantité de décoétion de chicorée fau- ▼agej & dilTolvez dans fix onces de coiature une once & demie de manne de Calabre 5 , & une once de fyrop de ' 4 i ^’ ConduitAT ioNs choisieî chicorée compofé j faites une potion «jui fera prife le matin. Lorfque nous ferons arrivés aux grandes chaleurs defété,: il faudra boite une neuvaine de quelques eaux miné¬ rales acidulés, de force alTez médiocre,, obfervant d’ajouter au premier verre du premier jour deux onces de manne , & tout autant au dernier verre du der¬ nier jour, avec trente grains de rhu¬ barbe en poudre. Quelque Méde¬ cin du pars indiquera les eaux conve- nables/ Après avoir fini les eaux minérales ; il faudra prendre des bains domeftiqucs,^ On les prendra vers les quatre heures du foir , & l’on avalera eu fortant du bain uu bouillon de poulet altéré d’une poignée de crelTon d’eau ; l’on prendra de cette maniéré dix ou douze bains. L’automne prochain on réitérera les bouillons , le petit lait, le lait d’ânelfe, tout comme ils ont été prefcrits ce printemps ; & pendant qifon travail¬ lera à corriger le vice général des fluides par le moyen des remedes m- ternes , on appliquera à la bouche ceux qui fuivent. L’on aura toujours prêtes deux B £ M E D E C ï N É. 44^ îjaeurs pour en laver la bouche. La première fera de' la décodtion d’lar¬ ge ÿ avec une once de miel rofat fur une demi-livre de cette décoition. L’autre fera quatre onces de fuc de creiïbii d’eau avec trois drachmes de teinture de gomme lacque mêlées en* femble. On lavera la bouche trois fois le jour avec chacune de ces liqueurs emploïées alternativement , commen¬ çant par la première,. Si les gencives ulcérées font mo'îa.iïès, êc verfent uii fang purulent, en ce cas on les touchera avec la teinture de myrrhe , fans préjudice des fufdits la¬ vages. . - , Enfin ou obfervera un bon régime de vie, n’ufànt d’aucune viande falée ^ d’aucun ragoût , d’aucun fromage , d’aucun légume, d’aucun herbage crud^. fè nourrifiànr principalement d^e bons potages,.de bouilli de rôti, & fur- tout de jeunes poulets. Dans la faifon des raifias bien meurs , on pourra en manger , pourvu que ce ne foit pas pendant l’ufage du petit lait ou du lait„ Conièillé à Montpellier le 5. niai 5^52» F îzES. ^450 Consultations choisies CONSULTATION LXXL Sw un md aux yeux, L e mal aux yeux (^ont Mademok felle eft tourmentée depuis. envU ron cinq ans , fe déclara d’abord par une cphtajmie alTez confiderable au gauche qui réfifta à tous les remedes ordinaires, & qui, laiflànr dans la fuite un épanchement de féroficés affèz vif- queufes, détermina un leger épaiffilTè- ment dans le eryftallin. On tenta d’a¬ bord pour. lors les bouillons d'écre- Tdïès avec le tartre chaiybé & les clo¬ portes , qui parurent la foulager un peu ; après quoi on la mît à, l’uiage du lait d’ânefîè , qu’elle continua pen¬ dant un mois & davantage. Les cha¬ leurs de l’été étant enfuite furvenues, Comme on yonloit foutenîr l’effet des premiers remedes ^ & adoucir un peu la maffe de fes liqueurs , elle prit les eaux minérales, & meme les bains do- meftiques, qui lui firent palTer avec moins d’inquiétudes le refte de Tété & de l’automne , mais l’iiyver étant ve- SI Mei>ecîne. 4|i: nu, le mal recommença avec la même' violence , & les férofités fe débordé- lent, non-feulement dans fœil qui avoit’ été attaqué le premier, mais fe portè¬ rent encore à l’autre , qui n’avoit reC^ fenti aucune impreffion, & y cauferent les mêmes troubles & les mêmes defor- dres qui avoient paru dans la premier^ attaque du mal à l’œil gauche. La flu¬ xion qui paroiiîbit redoubler de tems à autre, & qui l’empêchoit de jouir de la plus foible lumière J jointe aux rigueurs de la fâiibn, jetterent bientôt la mala¬ de dans une trifteflè , & dans des in¬ quiétudes telles qu elle ne iè connoif» foit pas elle-même. Elle perdit l’appé¬ tit & le repos de la nuit ; fuites aflèz ordinaires des peines du corps de de l’efprit. Ce fut dans ces facheufes cir- eonftances que je commençai à la vifî- ter avec Monfieur Verny. Nous nous attachâmes d^’abord à cal-*^ mer le feu qui paroiffoit dans l’inté¬ rieur & dans le dehors de l’œil ; & nous appercevant que les férofités ac- queroient par leur fejour une eohfiften- ce d’un mauvais caraétere , nous em-^ ploïames le vin, l’eau-de-vie , ou feule- QU mélangée j les eaux de laiaruc ©is ^54 Constations 6hotsies celles deBareges, félon que nous potr^ tions nous flatter d’un plus heureux fuccès, des unes ou des autres. Nous crûmes même que pour épuifer la four* ce de ces férofités ou pour les déter¬ miner vers les parties extérieures, un cautere à la nuque lui étoit abfolument rcceflaire. Peut-être auroit-fl répondu à nos intentions- fl le Chirurgien avoir pu l’entretenir , mais foit que la peau fe trouvât extrêmement feicheyOu qu’il ne l’eût pas bien pratiqué dans Tendroit ordinaire, cette fource qui fqurniffoiE aflèz de. férofltés manqua fept à huit Jours après, quelque précaution qu’on pût prendre, & me foulagea prefque pas la- malade. Rebutés cependant de ne rien ayan- , cer pour Ton foulagement, comme la tête efl: extrêmement grofle , chargée d’aiileurs de beaucoup d’humidités, je lui confeillâi la douche de Balaruc. Mon avis fut d’autant plus aifément fuivi que Monfleur Gauteron étoit de monienti- ment. J’y accompagnai la malade vers la fin-d’Oétobre. Les premières douches parurent lui faire beaucoup de bien ^ fes "ieux étoient moins chargés j elle diftinguoic mieux les objets, mais les JP E M E ,D E C l'N E. 455 ' fn'aüvais tems &" les grolTes pluies s’é- ^ant un peu plus avauçéeiS dans c.etce fin «l'automne, & nous menaçant des ap,. proches de l'hyver , nous ne pûmes point fuivre ces premières lueurs de guérifon;.' La malade pafià cnfuice cet 'hyver comme les autres, ayant toujours de fréquentes fluxions, & ne pouvant fou- tenir la lumière mais l’efpérance d’al¬ ler au mois de mai aux bains de Ba- laurc lui fauva une partie de fes inquié¬ tudes. Elle y ,fut dans le tems marqué ; & n’ayant pas reçu dans le commence¬ ment le foüiagement dont elle s’étoic flattée & fe trouvant dans des grandes inquiétudes , elle prit bientôt le parti de la retraite. Dans ces fâcheufes cîrconftances , ôç yoiant le peu dcfuccès des remedes qu’on a employés, nous ne fçaurions mettre notre confiance que dans l’exécution de ceux que nous allons propofer. On commencera d’abord par faire une faignéc de l’un des pieds, & on prendra le lendemain la potion fufe yante. 4j4 Consultations choisies TV RGATIO N. Prenez une once de pulpe de tama- dns ; faites la bouillir dans une fuffi- fance quantité d’eau commune j puis vous ÿ ferez infufer deux drachmes de feuilles de fenné mondées 5 fommités d’abfinthe & de petite centaurée dde chacunes une pincée ; coulez & diflbl- ■vez dans la liqueur deux onces de manne de Calabre , & une demi-drach^ me de rhubarbe en poudre j faites une potion. Le lendemain de la purgation, ou deux jours après, la malade recommen¬ cera les bouillons de vipere j ou , fi fon fang fe trouvoit trop animé ou trop difpofé à la fougue , ceux de ferpents du pays,qu’on partagera en petits mor¬ ceaux , qu’on fera bouillir pendant une heure & demie , ajoutant fur la fin de la coftion une poignée de chicorée fauvage , de creflon d’eau 3e dé bour¬ rache. On continuera ces bouillons pen¬ dant quinze à vingt jours, après lef- ' quels, s’étanï répurgée avec la potion ci-deflus marquée, la malade prendra 0 E MEDECINE. 4^1 i ôlixir blanc , pu les gouttes du Géné- lal la Motte , en commençant par huit gouttes dans deux cuillerées d’eau de &eurs d’oranges qu elle continuera peii' dant dix jours. Enfuite elle fe repofera quatre ou cinq jours, & recommencera d’en prendre jufqu’à dix gouttes dans deux cuillerées d’eau de fleurs d’oranges comme ebdeflus ; Bc après s’être ré- pofée pendant huit jours , elle pourfui- ¥ra les gouttes jufqu’à la fin de la bouteil¬ le en augmentant la doze jufqu’à douze gouttes, obfervant pour^lors d’y met- £re trois cuillerées d’eau de fleurs d’o-» ranges. Nous nous promettons un grand fuceès de ce remede , qui a fait des miracles à Paris , & dont la bafe eft le çinnabre d’Hongrie, qui eft pap i’ôpéradon extrêmement divifé, Bc en état de pénétrer jurques dans les plus petits Yâiflèâux lymphatiques^ ■ Délibéré à Montpellier le 4. mai 1732,’ Signé VERNy, Sîi>obre, G a ¥ t e b. o n, Epurnieb.. t Fm du fecend Tom?.